L'arrivée d'un enfant est un événement unique et bouleversant. Si vous êtes sur le point d'assister à un accouchement, il est naturel de ressentir un mélange d'excitation, d'appréhension et de questionnements. Quelle est l’intensité de la douleur ? Combien de temps cela dure ? Qu’est-ce que l’on attend de moi ? Cet article vise à vous préparer au mieux à ce moment important, en vous fournissant des informations clés et des conseils pratiques pour soutenir efficacement la future maman. Il est très difficile de prévoir un accouchement. La seule chose que l’on peut dire avec certitude, c’est qu’il se terminera par la venue au monde d’un bébé, et que ce sera douloureux pour la maman.
Se préparer en amont : un investissement essentiel
Si vous vous impliquez dans la grossesse et la considérez comme une aventure commune, vous saurez sans doute apporter le soutien approprié pendant l’accouchement. Devenir parent, c’est être présent et prendre sa part de responsabilité. Vous pouvez faire beaucoup de choses pour vous préparer à l’accouchement.
Cours de préparation à la naissance et à la parentalité
Participer à un cours de préparation à la naissance et à la parentalité est un excellent moyen de s'informer et de se familiariser avec le processus de l'accouchement. A partir du moment où elle a déclaré sa grossesse, la femme enceinte a droit à des séances de préparation à la naissance et à la parentalité. Cet accompagnement vient en plus du suivi médical de la grossesse. Cet accompagnement débute par l’entretien prénatal précoce, de préférence au cours du premier trimestre. L’entretien est proposé par le professionnel qui suit la grossesse. C’est lors de cet entretien notamment qu’on pourra discuter et programmer les 7 séances de préparation à la naissance et à la parentalité. On peut choisir de les faire avec le professionnel qui suit notre grossesse, ou un autre. Elles sont souvent collectives, ce qui favorise les échanges entre futurs parents. Elles peuvent parfois être individuelles. Ces cours abordent différents aspects, tels que :
- Les phases de l'accouchement
- Les techniques de gestion de la douleur
- Le rôle de l'accompagnant
- Les soins au nouveau-né
Se documenter et s'informer
Il est également recommandé de se documenter sur les phases de l’accouchement et les différents moyens de soulager la douleur. On ne vous demandera pas de maîtriser les aspects médicaux, mais il est bon de connaître quelques termes spécifiques pour savoir ce qu’est le bouchon muqueux ou ce que signifie un col ouvert à 5 cm. Si votre partenaire souhaite rédiger ses volontés pour l’accouchement, aidez-la. De nombreuses ressources sont disponibles : livres, articles, vidéos, sites web spécialisés. N'hésitez pas à poser des questions aux professionnels de santé qui suivent la grossesse. Le soutien actif de la personne qui accompagne la femme qui accouche peut en effet atténuer les douleurs de l’accouchement.
Anticiper l'organisation pratique
À l’approche du grand jour, mieux vaut avoir préparé la valise pour la maternité, connaître le numéro de téléphone de l’hôpital et savoir comment s’y rendre. Outre les choses évidentes, comme veiller à ne pas se perdre en plein stress ou savoir où se garer, il est bon de pouvoir se concentrer sur des aspects concrets, réellement contrôlables. Question logistique, tout est prêt : la valise pour la maternité, les documents administratifs… Mais avez-vous pensé au moyen de transport ? Si vous avez prévu d’y aller en voiture, n’oubliez pas de faire un repérage des places de parking à l’avance. Sinon, gardez à proximité le numéro d’un taxi ou d’un chauffeur privé (pensez à demander un bon de transport si la note est salée : la Sécurité sociale vous le remboursera), ou d’une ambulance.
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Le jour J : être un soutien présent et actif
Si vous réalisez la situation un peu tard, que l’accouchement approche et que la panique vous gagne parce que vous ne vous êtes pas suffisamment impliqué, la meilleure chose à faire est de garder votre calme. Mieux vaut commencer tard que jamais, car il est important pour la femme enceinte d’être accompagnée par une personne calme et posée afin de se sentir en sécurité.
Gérer la durée et l'intensité de l'accouchement
L’accouchement peut être terminé en quelques heures ou se prolonger pendant plus de 24 heures. Le plus souvent, sa durée se trouve entre les deux. Il est impossible de savoir à l’avance combien de temps cela prendra (sauf évidemment en cas de césarienne programmée). En cas de naissance par voie vaginale, il faut donc se montrer flexible, car il n’est pas possible de prévoir comment les choses se dérouleront. Suivez simplement le cours des événements et préparez-vous à ne pas dormir pendant de nombreuses heures. Il est essentiel que vous teniez bon jusqu’au bout vous aussi. Alors, veillez à manger et à boire régulièrement, mais évitez les aliments qui ont une odeur, car ils peuvent provoquer des nausées chez la femme qui accouche.
Aider à la gestion de la douleur
Vous serez peut-être amené à l’aider avec le protoxyde d’azote, c’est-à-dire lui indiquer quand et comment respirer pour soulager au mieux la douleur. Vous n’avez pas besoin de vous former au préalable, le personnel médical vous donnera des instructions le moment venu.
Être le porte-parole de la future maman
Vous êtes en outre la personne qui connaît le mieux votre partenaire et vous savez ce dont vous avez parlé avant l’accouchement, alors assurez-vous de parler en son nom si elle ne peut pas le faire. Vous avez un projet de naissance ? Votre femme ne veut pas d’épisiotomie ou veut faire du peau à peau après la naissance ? Alors plongée dans le travail de l’accouchement, la future maman peut avoir du mal à exprimer ses souhaits ou tout simplement oublier de les expliquer. Vous êtes sa tête et sa raison : rappelez à la sage-femme ou médecin accoucheur ce qu’elle désire, quitte à devoir dire non à sa place. Toutefois, ne soyez pas surpris si ses désirs changent pendant l’accouchement, cela dépend beaucoup de la manière dont elle vit cette expérience.
Apporter un soutien émotionnel inconditionnel
Plus important encore, vous lui apporterez un soutien émotionnel, du réconfort et un sentiment de sécurité. Votre partenaire a besoin de sentir votre présence physique et mentale à tout moment, même si elle vous dit qu’elle ne veut plus vous voir et que tout est de votre faute. Donner la vie à un enfant est un effort énorme pour l’organisme. Dans les pires moments, elle aura donc peut-être envie d’abandonner et de rentrer à la maison. Il est alors bon de lui rappeler que vous ferez bientôt la connaissance de votre bébé et le tiendrez dans vos bras, et que chaque douleur vous rapproche de cet objectif. Vous pouvez aussi choisir quelques phrases positives à répéter calmement et régulièrement pendant l’accouchement. N’oubliez pas que vous aussi vous pouvez poser des questions à tout moment aux sages-femmes ou au personnel médical si vous vous sentez un peu perdu et ne savez pas quoi faire.
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Le rôle du père : bien plus qu'une simple présence
Si l’idée d’assister à l’accouchement était impensable pour les futurs papas il y a quelques décennies, de nos jours les pères sont de plus en plus impliqués dans la grossesse, et sont très souvent présents dans la salle d’accouchement le jour J. Pendant toute la grossesse, la femme enceinte subit des changements physiques ou émotionnels parfois difficiles à vivre, et surtout bouleversants, et épuisants ! Le père ou le co-parent est là pour l’aider à traverser cette période, mais également pour l’aider à préparer l’accouchement et l’arrivée du nouveau-né à la maison. Dans tous les cas, il est nécessaire d’aborder le rôle qu’aura le père dans l’accouchement. Discutez-en entre vous. Vous pouvez même vous entraîner pour le jour J ! Que fera-t-il pour aider sa compagne : la rassurer en lui rappelant les cours de préparation à l’accouchement ? La rafraîchir avec un brumisateur ? Toujours avoir une bouteille d’eau à portée de main quand elle a soif ? Si les contractions commencent mais que le moment de partir à la maternité n’est pas encore arrivé, rejoignez la future maman à la maison, pour la soutenir, et l’accompagner ensuite à la maternité !
Être un soutien moral et physique
Peut-être aurez-vous l’impression d’être totalement inutile alors que la maman souffre ou pousse : vous vous sentez bien peu de chose ! Et pourtant, vous avez un grand rôle à jouer, si si. Vous pouvez être d’un grand soutien pour votre chérie. Mots encourageants, massage du bas du dos, présence réconfortante, ne sous-estimez pas ce que vous pouvez lui apporter. Si elle a mal, vous pouvez l’aider à sortir un peu de sa douleur : parlez-lui doucement, évoquez de joyeux souvenirs, ou des endroits qu’elle aime. Elle voulait accoucher sans péridurale mais est sur le point de craquer psychologiquement ? Rappelez-lui ce qu’elle voulait, dites-lui que ce sera bientôt fini. Et puis rassurez-là… même si vous avez peur. Si vous ne pouvez pas prendre sa douleur ou accoucher à sa place, votre soutien est cependant extrêmement précieux, n’en doutez pas !
Communiquer avec l'équipe médicale
Pour vous assister lors de l’accouchement, une sage-femme, une aide-soignante, éventuellement une auxiliaire puéricultrice (parfois un médecin) seront présentes. Le gynécologue-obstétricien prend le relais de la sage-femme en cas de complication. C’est aussi à l’équipe médicale de faire l’effort d’inclure le père ou co-parent - lorsque cela est possible, évidemment. Oui, le papa veut bien soutenir la maman, être là, la rassurer, mais cette expérience lui fait peur, l’angoisse. Saura-t-il assurer ? Pourra-t-il supporter la vue du sang ? N’hésitez pas à lui dire votre ressenti, sa seule présence peut être apaisante pour vous. Il n’est pas là pour vous aider à accoucher : c’est le rôle de l’équipe médicale. Dans tous les cas, inutile de le faire culpabiliser. Expliquez-lui plutôt qu’il peut essayer de vous accompagner et partir à tout moment, ou arriver seulement pour la naissance de votre bébé.
L'importance de la communication
Dans des cas plus rares, le papa a eu neuf mois pour imaginer la scène, il s’est informé sur le déroulement de l’accouchement, et il n’a pas du tout envie d’être là. Les papas vivent l’accouchement chacun à leur manière. Si vous avez assisté tous les deux aux séances de préparation, le papa a pu discuter concrètement de son rôle et sait donc ce qu’il lui reste à faire. Il peut vous masser pour vous détendre entre deux contractions par exemple. Il doit se montrer affectueux, rassurant. C’est lui qui est chargé d’appeler la sage-femme ou le médecin si vous avez trop mal et que vous souhaitez opter pour la péridurale. Il peut aussi vous rafraîchir à l’aide d’un gant humide ou d’un brumisateur. Décontenancé, habillé en blouse avec des chaussons et un bonnet, le papa ne sait parfois pas quoi faire. Il se sent exclu alors que toutes les attentions sont posées sur la maman et le bébé. Si c’est le cas, même si ce n’est pas votre priorité et que vous auriez préféré qu’il prenne les devants, dites-lui ce dont vous avez besoin, faites-lui passer des messages : “tiens-moi la main”, “embrasse-moi”, “aide-moi à respirer”. Ne parlons pas de ces papas qui comptent filmer la scène de A à Z.
Et si le futur papa ne souhaite pas assister à l'accouchement ?
Être présent dans la salle d’accouchement n’est pas une obligation. Vous avez le droit de ne pas être là : gêne, peur, crainte, bien des papas ne sont pas à l’aise avec l’idée d’assister à cette naissance. Parlez-en ouvertement avant la fin de la grossesse avec la future maman afin qu’elle comprenne et entende votre ressenti mais aussi qu’elle puisse demander à sa maman, sa sœur ou une très bonne amie d’être là pour elle. Si un bébé se fait à deux, dans certains cas, la maman accouche seule. Pourquoi le futur papa n’est pas à ses côtés, lui ventilant le visage et lui massant le dos, pour ce moment si important ? Quelle excuse autorise un futur père à ne pas se rendre dans la salle de travail auprès de sa femme ? Ce choix le range-t-il d'emblée dans la case "mauvais père" ? Assister à l'accouchement, "c'est avant tout une question personnelle, les raisons de la présence ou non du père dans la salle de travail sont vraiment variées" affirme Nicolas Dutriaux, sage-femme. "Certains papas témoignent, bien avant l'accouchement, de leur peur de ne pouvoir réussir à 'tenir le coup' face à cet événement si particulier qu'est la naissance. Ils expliquent par exemple, redouter la souffrance de leur femme, allant même jusqu'à craindre de s'évanouir". Pour certains, c'est la vue du sang qui les angoisse si fortement qu'ils restent bloqués, incapable d'assister à la naissance… Enfin, la pudeur s'immisce parfois dans la salle d'accouchement. Certains hommes (et certaines futures mamans également) expriment une grande inquiétude à l'idée d'être confrontés à une situation de véritable lâcher-prise, de perte de contrôle où le corps prend le dessus… Nombreux sont ceux qui pensent d'ailleurs ne plus jamais réussir à voir le corps de leur femme comme avant ! Si pour certaines mamans, la décision de leur conjoint est bien acceptée, pour d'autres, c'est un véritable séisme ! Attention toutefois, "à ne pas créer de situation de forcing en obligeant le futur papa à se rendre en salle d’accouchement, rappelle pourtant Nicolas Dutriaux."Cela aurait pour effet de le mettre dans une impasse, conduire à de véritables chocs. D’où, parfois, des évanouissements en salle de travail ». Sont-ils alors perçus comme des ‘mauvais pères’ aux yeux des futures mamans ? En dehors de la présence à l’accouchement, il y a, pour notre expert, bien d’autres moyens de s’investir auprès de la mère et de son petit. Et de citer : « le peau à peau avec bébé après la naissance, la présence et le partage des émotions à côté de la maman après la naissance, l’implication au quotidien auprès de bébé ». Etre là ou non pour l’accouchement ne détermine en rien la qualité de la future relation entre le père et son bébé. Au cours du 3ème mois de grossesse, une entretien prénatal précoce est organisée avec les professionnels de la maternité en vue de discuter du jour-J avec les futurs parents. Notre « homme » sage-femme précise : « les réunions prénatales sont l’occasion de poser la question de la présence ou non du papa en salle d’accouchement. Personnellement, je demande en priorité à la maman quel est son choix, puis je me tourne vers le papa pour connaître son ressenti ». Ces entretiens ont pour objectif de lever certaines peurs mais aussi de communiquer en couple sur ce qui semble essentiel avant d'accueillir un bébé. Un rituel qui a fait ses preuves : de nombreux hommes changent d'avis en cours de grossesse…
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Le rôle de la doula : un accompagnement personnalisé
Vous êtes enceinte ? Votre date probable d’accouchement approche ? Vous souhaitez faire appel à une doula et vous vous demandez si elle peut assister à votre accouchement ? En structure, afin de savoir si la présence de votre doula est autorisée, il est nécessaire de prendre rendez-vous avant l'accouchement avec le/la chef du service et d’en discuter ensemble. En maison de naissance, je vous conseille le même procédé : prendre rendez-vous en amont afin d'en discuter. Elle sera une présence discrète, maternante, pourra vous préparer un repas, une boisson chaude, donnera des astuces à votre conjoint/e pour vous accompagner (massages, vocalises, bercements rebozo…). Cette présence vous donnera confiance en vous et en votre corps pour accoucher, pour faire face à la douleur. Elle vous rappellera combien la naissance est physiologique et naturelle. Elle sera à vos côtés quelques soient vos choix par exemple si vous décidez finalement d’avoir une péridurale. Si l'accouchement ne se déroule pas bien (césarienne d'urgence, autres problématiques…) elle sera à vos côtés. Toutes les doulas ne proposent pas leur présence aux accouchements, mais si vous souhaitez qu’elle soit à vos côtés lors de ce moment unique alors foncez ! Le rôle de la doula ne se restreint pas seulement à sa présence lors des accouchements. Bien au contraire ! Comme vous avez pu le lire et le comprendre le rôle de la doula ne s’arrête pas à sa seule présence lors de l’accouchement.
Après la naissance : une nouvelle étape à accompagner
Après la naissance du bébé, vous entrez dans une période tumultueuse avec ce nouveau membre de la famille. La maman restera probablement un ou plusieurs jours à la maternité pour que le bébé subisse quelques contrôles. De retour à la maison, les premières semaines sont souvent marquées par des émotions contradictoires. Il n’est pas rare de se sentir déprimé après l’accouchement, le baby blues touche aussi bien les mères qui viennent de donner naissance que les pères et les mères qui n’ont pas porté l’enfant. Après une longue grossesse et un accouchement éprouvant, il faut aussi du temps pour récupérer. Les jeunes parents se sentent souvent livrés à eux-mêmes et hésitants. Ils se retrouvent soudain chez eux avec un petit bébé dans les bras et un tas de questions. C’est un nouveau chapitre qui s’ouvre et il n’est pas étonnant qu’il faille un certain temps pour s’adapter à cette nouvelle vie, et à votre nouvelle identité de parent. Si l’on devient parent dès la grossesse, on l’est complètement lorsqu’on rentre chez soi, un bébé dans les bras ! Et le rôle du nouveau papa n’est pas des moindres… La jeune mère est souvent chamboulée, épuisée après son accouchement. Son compagnon est là pour l’aider dans la nouvelle organisation de la maison, dans les soins du nouveau-né, l’accomplissement des tâches ménagères… Afin qu’elle se repose un maximum ! La présence du co-parent est très importante pour tisser des liens dès les premiers jours. En effet, le co-parent n’a pas eu ce lien physique qu’a eu la mère avec votre enfant lors de la gestation.
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