Loading...

Asthme du Nourrisson et Sensibilité au Lait de Vache : Comprendre, Prévenir et Gérer

L'asthme du nourrisson est une préoccupation courante chez les jeunes parents. Bien que souvent transitoire, il est essentiel de comprendre ses causes, ses symptômes et les moyens de le gérer efficacement. Parallèlement, la sensibilité ou l'allergie au lait de vache est une autre condition fréquente chez les nourrissons, pouvant parfois être liée à des problèmes respiratoires. Cet article vise à explorer le lien entre l'asthme du nourrisson et la sensibilisation au lait de vache, en s'appuyant sur des études scientifiques et des avis d'experts.

Comprendre l'Asthme du Nourrisson

L'asthme du nourrisson est défini par la survenue d'au moins trois crises associant sifflements et difficultés respiratoires avant l'âge de 36 mois. Il est important de noter que l'asthme du nourrisson ne s'étend généralement pas sur une longue durée et disparaît souvent après l'âge de trois ans. Certaines maladies ou événements peuvent provoquer de l'asthme chez un nourrisson, et il peut également être déclenché par des situations ou des éléments ponctuels, notamment en crèche.

Symptômes de l'Asthme du Nourrisson

Les symptômes de l'asthme du nourrisson peuvent être similaires à ceux d'une bronchiolite. Les parents peuvent observer :

  • Des difficultés respiratoires soudaines, souvent la nuit.
  • Des sifflements persistants, même en dehors des crises d'asthme.
  • Une toux.

Traitement de l'Asthme du Nourrisson

Pour diminuer les sifflements, la toux et les difficultés respiratoires, le médecin peut prescrire des médicaments bronchodilatateurs. Si les crises d'asthme sont fréquentes, un traitement de fond peut être associé. Il est essentiel que ces médicaments soient pris quotidiennement, selon les doses et les fréquences prescrites, pour assurer leur efficacité et faire disparaître les symptômes. Les recommandations de la Haute Autorité de Santé pour soigner l’asthme du nourrisson s’appuient sur des médicaments.

Intolérance et Allergie au Lait de Vache : Définitions et Différences

Il est crucial de distinguer l'intolérance à un aliment de l'allergie. L'intolérance au lait de vache correspond à une difficulté de l'organisme à digérer l'un des composants du lait, le plus souvent le lactose, en raison d'un déficit en lactase, l'enzyme chargée de le digérer. Chez les bébés et les jeunes enfants, on peut observer deux types de réactions au lait de vache :

Lire aussi: Reconnaître et traiter l'asthme chez l'enfant

  • Une intolérance au lactose, généralement digestive, qui provoque des symptômes non allergiques.
  • Une allergie aux protéines de lait de vache (APLV), qui est une réaction immunitaire. Elle peut être immédiate (œdème, vomissements) ou retardée (eczéma, coliques, etc.).

L'intolérance est donc une réaction non immunitaire, contrairement à l'allergie. Elle est généralement moins grave, mais peut fortement impacter le confort digestif du bébé ou de l'enfant. L’intolérance au lait de vache touche surtout le nourrisson avant 6 mois. Néanmoins, elle peut également se présenter aussi bien chez l'enfant que l'adulte jeune.

Symptômes de l'Intolérance au Lait de Vache

Les signes d'une intolérance au lait de vache peuvent être discrets et progressifs. Ils surviennent souvent quelques heures après l'ingestion, mais peuvent aussi se manifester plus tard, ce qui complique leur identification. On retrouve ces symptômes d'intolérance à la fois chez les nourrissons, chez les enfants et l’adulte jeune.

  • Symptômes digestifs : diarrhées ou selles très liquides, parfois verdâtres ; vomissements ou régurgitations après les biberons ; douleurs abdominales avec pleurs après le biberon ; des coliques ; un ventre ballonné ; constipation chronique.
  • Symptômes au niveau de la peau : urticaire ou eczémas à répétition, qui apparaissent après la prise de lait.
  • Autres symptômes possibles : troubles du sommeil ; de l’agitation ; de l’irritabilité ; des pleurs ; un ralentissement de la courbe de poids.

Chez les bébés allaités, ces symptômes peuvent survenir si la mère consomme beaucoup de produits laitiers, car des traces de protéines de lait de vache passent dans le lait maternel.

Diagnostic de l'Intolérance au Lait de Vache

Il faut évoquer « l’intolérance aux protéines du lait de vache » devant :

  • Une forme digestive : aiguë (diarrhées - vomissements) ou prolongée.
  • Une forme allergique d'expression générale (urticaire généralisée).
  • Surtout si les signes apparaissent après la prise de lait.

L’amélioration très rapide des symptômes après l’exclusion du lait et l’administration d’un produit de substitution ne contenant pas les protéines de lait de vache est une preuve médicale du problème.

Lire aussi: Comprendre et gérer l'asthme chez les bébés

Allergie aux Protéines de Lait de Vache (APLV)

L'allergie aux protéines de lait de vache est une forme d'allergie alimentaire qui touche surtout les nourrissons et les enfants de moins de trois ans. Elle disparaît spontanément chez 80 % des nourrissons touchés, vers l'âge de 1 à 2 ans. C’est une réaction allergique de l’organisme lorsqu’il est exposé aux protéines contenues dans le lait de vache, mais également, très souvent, à celles contenues dans le lait de chèvre, de brebis ou de jument.

L’allergie aux protéines de lait de vache peut apparaître dès l’âge de trois semaines et jusqu’à l’âge de huit à dix mois. Elle se traduit par des rougeurs et des démangeaisons de la peau, ainsi que par des symptômes digestifs, tels que régurgitations, vomissements, constipation, diarrhée ou maux de ventre. Parfois, des symptômes neurologiques de type malaise peuvent apparaître. Le bébé est souvent irritable. Des carences peuvent se développer et nuire à la croissance de l’enfant.

Deux mécanismes différents peuvent être à l’origine d’une l’allergie au lait de vache. Dans ce cas, les symptômes surviennent dans les 2 heures après l’ingestion de lait. Ils se traduisent par des troubles digestifs (diarrhées, reflux gastro-oesophagien, vomissements), des symptômes cutanés (urticaire, angio-oedème) ou respiratoires (asthme, rhinite ou conjonctivite). Les symptômes apparaissent plus tardivement et de façon chronique, ce qui rend le diagnostic plus difficile.

Diagnostic de l'APLV

Le diagnostic d’allergie est basé sur l’association de plusieurs arguments. Le principal argument est la présence de symptômes évocateurs d’une allergie. Il est possible de rechercher la présence d’anticorps impliqués dans l’allergie immédiate : les IgE spécifiques. Ce test est réalisé au laboratoire à partir d’une simple prise de sang. Attention, un taux positif d’IgE spécifique ne suffit pas pour justifier l’exclusion de l’aliment. L’allergologue peut réaliser à son cabinet des tests cutanés ou prick tests. En cas de discordance entre les tests biologiques, les tests cutanés et les symptômes, un test de provocation orale peut être réalisé.

Prise en charge de l'APLV

Un régime d’exclusion (arrêt total de tous les produits contenant des protéines de lait de vache) sera proposé par le médecin. Ce régime doit être suivi par l’enfant pendant au moins 6 mois (ou au moins jusqu’à 9 - 12 mois). Chez le nourrisson, il faut utiliser, en remplacement du lait maternisé classique, un hydrolysat poussé de protéines de lait de vache ou un hydrolysat de riz. Attention, il est important de ne pas substituer le lait de vache par des boissons végétales, type lait d’amande ou de châtaignes, qui ne sont en réalité que des jus et ne contiennent pas les mêmes nutriments que le lait spécial 1er âge. Ces « laits » peuvent aussi être responsables d’allergie par réaction croisée avec les protéines de lait de vache. L’évolution est très souvent favorable après ce régime d’exclusion.

Lire aussi: Asthme du nourrisson : Guide Flixotide

Le Lien Entre Dermatite Atopique, Sensibilisation Alimentaire et Asthme

Une étude de l'Inserm a mis en évidence un lien entre la dermatite atopique précoce, la sensibilisation à plusieurs aliments et le risque accru de sensibilisation à des allergènes respiratoires, augmentant ainsi le risque d'asthme. Les enfants atteints de dermatite atopique précoce ne présentent pas tous les mêmes risques de sensibilisation respiratoire, et donc d’asthme.

Les chercheurs ont recruté 229 nourrissons qu’ils ont suivis pendant six ans (cohorte ORCA). Chaque année, les participants étaient soumis à un contrôle dermatologique, respiratoire et biologique. Les auteurs ont notamment analysé la concentration d’IgE totale, marqueur d’allergies et celle d’éosinophiles, marqueurs d’inflammation en cas d’allergie.

Dans cette cohorte, 37% des enfants présentaient une sensibilité à plusieurs aliments, le plus souvent à l’œuf, au lait de vache ou aux fruits à coque de type noisette. Les auteurs ont constaté que cette polysensibilisation était largement prédictive d’une sensibilisation ultérieure à des allergènes respiratoires, avec un risque multiplié par 3,7.

Il semblerait que la dermatite atopique entraîne une porosité importante de la peau, qui n’assure alors plus correctement son rôle de barrière physique. Résultat : des allergènes traversent la peau. Cela commence par des allergènes volatiles provenant de l’œuf ou du lait, entraînant une sensibilisation dans les premières années. Puis, dans un second temps, le système immunitaire activé se met à réagir davantage aux allergènes respiratoires.

Mieux connaître cette mécanique et les facteurs de risque associés devrait permettre, à terme, une meilleure prévention de l’asthme résultant de cette sensibilisation aux allergènes respiratoires. Des interventions possibles pour améliorer cette prévention pourraient inclure une induction précoce de la tolérance aux aliments allergéniques par des mesures diététiques ou la reconstitution de la barrière épithéliale dans le système respiratoire, pour éviter l’emballement immunitaire.

Réintroduction du Lait de Vache : Une Étape Délicate

La ré-introduction du lait de vache dans l'alimentation ne doit pas être réalisée à « la légère » et doit souvent être encadrée en service de pédiatrie. En effet, il peut y avoir des formes graves d'intolérance et d'allergie au lait de vache susceptibles de conduire à des urgences, parfois vitales, nécessitant des actes en service de réanimation pédiatrique. Cependant, cette étape va permettre un diagnostic à peu près formel s'il y a rechute.

Les tests de ré-introduction du lait doivent être réalisés :

  • Au plus tôt après 2 à 3 mois de régime d'exclusion.
  • En principe avant l'âge de 1 an.
  • Si rechute : plus de 6 mois après.
  • Puis de 6 mois en 6 mois.
  • En service spécialisé, paramètre fondamental, pour éviter tout accident qui pourrait être grave.

tags: #asthme #du #nourrisson #lait #de #vache

Articles populaires:

Share: