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Nutrition Pédiatrique : Définition, Enjeux et Recommandations Essentielles

La nutrition infantile est un pilier fondamental pour la santé et le développement optimal de chaque enfant. Elle englobe l'ensemble des apports nutritifs nécessaires pour assurer une croissance saine, un développement cognitif adéquat et une protection contre les maladies. Les enjeux de la nutrition pédiatrique sont cruciaux, car ils influencent la santé future de l'individu.

L'Importance Cruciale des 1 000 Premiers Jours

Les 1 000 premiers jours de la vie d’un enfant - qui s’étendent de sa conception jusqu’à ses 2 ans - sont une période critique pour son développement. Durant cette phase, une nutrition adéquate est essentielle pour la croissance du cerveau et le développement physique. Il est estimé que, durant les deux premières années de la vie de l’enfant, jusqu’à 75 % de l’énergie absorbée à chaque repas sert au développement de son cerveau.

Défis Mondiaux de la Malnutrition Infantile

Malgré l'importance reconnue de la nutrition infantile, la malnutrition reste un problème majeur à l'échelle mondiale. Pourtant à ce jour, 1 enfant sur 4 de moins de 5 ans souffre de malnutrition. C’est l’une des premières causes de mortalité infantile. Dans les pays en conflits, partout où les catastrophes naturelles sévissent et dans les régions les plus pauvres du monde, le défi est d’autant plus grand. L’état nutritionnel d’un enfant dépend de plusieurs facteurs, dont son alimentation et son accès aux soins de santé. En 2024, plus de 12,2 millions d’enfants de moins de 5 ans ont été dépistés pour identifier des cas de malnutrition dans le monde. En dépit de ces victoires, les défis restent nombreux pour mettre fin à la malnutrition infantile.

Dénutrition Infantile : Une Affection Grave

La dénutrition chez l’enfant est un état pathologique qui résulte d’une inadéquation entre les apports nutritionnels quantitatifs et/ou qualitatifs et les besoins énergétiques et protéiques. Jusqu'à 50% des enfants dénutris à l'hôpital. La prévalence de la dénutrition à l'hôpital est aussi élevée chez les enfants que chez les adultes en Europe et aux Etats-Unis, variant de 15 à 50%. Comme chez l’adulte, la dénutrition chez l’enfant a des conséquences fonctionnelles sur les organes et le système immunitaire et, elle est responsable d’une augmentation de la morbidité (infections, complications indépendamment de l’affection initiale, retard de cicatrisation) voire de la mortalité d’une éventuelle pathologie sous-jacente La dénutrition conduit à une dégradation des conditions de vie, un allongement de la durée d’hospitalisation (et donc une élévation du coût de l’hospitalisation). En France, en milieu hospitalier, la dénutrition chez l'enfant n'est prise en charge que dans un tiers des cas.

Prise en Charge de la Dénutrition

Il est recommandé d’adapter la prise en charge nutritionnelle d’un enfant dénutri selon le niveau de sévérité et d’intégrer une stratégie nutritionnelle dans le projet de soin global de l’enfant. Les modalités de la renutrition ; orale, entérale et parentérale les apports nutritionnels quantitatifs et qualitatifs sont adaptés à la situation de l’enfant. Les apports énergétiques seront estimés par rapport au poids attendu pour la taille. L’alimentation orale si elle est possible, sera privilégiée par l’enrichissement de l’alimentation associée ou non à des compléments nutritionnels oraux. Une nutrition entérale est indiquée en cas d’insuffisance ou d’échec de la renutrition orale. La nutrition parentérale est réservée aux situations d’insuffisance intestinale. Toute dénutrition chez l’enfant s’accompagne d’une altération de la croissance, pondérale puis staturale.

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Recommandations Spécifiques pour les Enfants de 4 à 11 Ans

Des recommandations spécifiques adaptées aux besoins des 4-11 ans sont essentielles car l’enfance est une période de croissance et d’apprentissage intense. Elle permet de fixer des repères et des habitudes qui resteront à l’âge adulte. L’alimentation ne fait pas exception, bien au contraire ! En s’appuyant sur les travaux de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) et du Haut Conseil de la santé publique, Santé publique France publie de nouvelles recommandations sur l’alimentation et l’activité physique pour les 4-11 ans. L’objectif : s’assurer de leur appropriation par le plus grand nombre en les accompagnant de conseils éducatifs et d’outils pratiques.

Recommandations Nutritionnelles Clés

Les recommandations nutritionnelles pour les enfants sont identiques à celles des adultes, à l’exception de quelques préconisations spécifiques à cette tranche d’âge :

  • Fruits et Légumes : Pour atteindre progressivement à l’âge adulte au moins 5 portions de fruits et légumes par jour, il est recommandé d’habituer les enfants à manger chaque jour des fruits et légumes aux repas qu’ils soient frais, surgelés ou en conserve, crus ou cuits, nature ou préparés.
  • Produits Laitiers : 3 produits laitiers par jour pendant l’enfance et l’adolescence sont recommandés pour leur apport en calcium. 2 produits laitiers par jour suffisent pour les adultes. Rappelons que les enfants de moins de 5 ans ne doivent pas consommer de lait cru ni de fromages au lait cru (sauf emmental ou comté), en raison des risques infectieux.
  • Jus de Fruits : Les jus de fruits contiennent des sucres et sont pauvres en fibres : ils ne comptent pas comme une portion quotidienne de fruits et légumes. Si les parents en donnent, pas plus d’1/2 verre par jour avant 11 ans - un verre maximum après 11 ans - et si possible préférer un fruit pressé.
  • Goûter : Pour le goûter, au quotidien, limiter les viennoiseries ou autres aliments sucrés et gras et proposer du pain avec quelques carrés de chocolat ou un peu de beurre ou de confiture, un fruit frais ou une compote ou un produit laitier. Si les parents donnent des biscuits, éviter surtout ceux qui ont un Nutri-Score E.
  • Portions : Les portions recommandées pour les enfants sont différentes de celles des adultes et évoluent en fonction de leur âge. Entre 4 et 6 ans, en moyenne, la portion proposée correspond à la moitié de celle d’un adulte (par exemple, un demi steak pour l’enfant de 4 à 6 ans VS un steak pour un adulte ; 1 œuf pour l’enfant de 4 à 6 ans VS 2 œufs pour un adulte). Les quantités augmentent progressivement à partir de 7 ans pour atteindre celles d’un adulte après 11 ans.
  • Éducation : Sur le plan éducatif, il est recommandé de favoriser au maximum les interactions parents/enfants, en mangeant ensemble à table et en évitant les écrans au moment des repas, et par le fait de cuisiner ensemble.
  • Appétit : Comme depuis sa naissance, il convient de faire confiance à l’appétit de l’enfant et de ne jamais le forcer à manger.

Outils Pédagogiques et Ressources

Pour faire connaître ces bonnes pratiques et accompagner les parents à développer les goûts de leurs enfants et le plaisir de manger, Santé publique France a conçu différents outils et supports pédagogiques. Ils ciblent les parents et différents relais : professionnels de santé, associations de parents, mairies, etc. :

  • Un guide recensant toutes les recommandations alimentaires pour les enfants de 4 à 11 ans avec des astuces et conseils pratiques pour les appliquer facilement au quotidien. Ce guide recense également les recommandations concernant l’activité physique et la réduction de la sédentarité pour les enfants de cette tranche d’âge. Il est proposé à la commande sur le site internet de Santé publique France et par un courrier d’information à toutes les structures intéressées qui pourront ensuite les remettre aux parents.
  • 3 vidéos pédagogiques disponibles sur mangerbouger.fr et sur la chaîne YouTube de Santé publique France :
    • Les portions pour les enfants de 4 à 11 ans
    • Comment aider les enfants à écouter leur appétit ?
    • Comment faire manger plus de fruits et légumes à votre enfant ?
  • Les recettes à 4 mains : 10 recettes à cuisiner avec des enfants sur mangerbouger.fr

Programme National Nutrition Santé (PNNS)

Pour répondre à ces enjeux, le PNNS prévoit d’ « adapter des actions favorables à la santé dans le domaine de la nutrition aux spécificités des territoires ultramarins ». L’attribution du logo PNNS permet de valoriser l’action des promoteurs qui s’investissent dans la mise en application des principes et des stratégies du PNNS. Elle est ouverte aux différents acteurs œuvrant en matière de nutrition dans une approche de santé publique. EVALIN est un outil pratique et interactif. Il existe divers types de logo PNNS dont l’utilisation est prévue dans plusieurs procédures. « Ville active PNNS » ou « département actif PNNS ». Ces logos peuvent être utilisés par les mairies, communautés de communes ou départements ayant signé avec le ministre chargé de la santé et les ARS les chartes correspondantes. « Établissement actif PNNS ». Mme Agnès Firmin Le Bodo, ministre déléguée chargée de l’Organisation territoriale et des Professions de santé auprès du ministre de la Santé et de la Prévention, a lancé officiellement la nouvelle version de la charte d’engagements du PNNS le 23 novembre 2023.

Objectifs du PNNS

En agissant sur les différents leviers de la nutrition : l’alimentation, l’activité physique dont les mobilités actives (marche, vélo), et la lutte contre la sédentarité, la promotion d’un bon état nutritionnel contribue à la réduction des facteurs de risque des maladies les plus fréquentes dont souffre la population, comme les maladies cardio-vasculaires, de nombreux cancers, l’obésité, le diabète, etc. Le Conservatoire national des arts et métiers - Institut Scientifique et Technique de la Nutrition et de l’Alimentation (Cnam-ISTNA) met en place, avec le soutien de la Direction générale de la santé une formation de formateurs PNNS. Celle-ci permet à des formateurs en nutrition de compléter leurs connaissances et compétences afin de devenir formateur « référencé PNNS ». Leur objectif est de renforcer les compétences des professionnels de terrain pour développer des projets locaux et régionaux pertinents en nutrition cohérent avec le PNNS. Ces ateliers sont réalisés en lien avec le coordinateur régional du PNNS au niveau de l’Agence Régionale de Santé. Ils contribuent à améliorer la qualité des projets mis en œuvre localement et notamment leur cohérence avec les objectifs du PNNS. Une formation en e-learning est disponible à destination des entreprises pour mieux appréhender la nutrition en entreprise.

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Particularités de l’Alimentation des Jeunes Enfants

Pour permettre de couvrir les références nutritionnelles en macro et micronutriments, l’alimentation va progressivement évoluer chez le jeune enfant. Trois périodes sont à distinguer :

  • entre 0 et 4 mois (révolus) : alimentation lactée exclusive sous forme de lait maternel ou de préparations pour nourrissons,
  • de 4 à 6 mois : fenêtre d’opportunité pour le début de la diversification alimentaire (pour tous les enfants, y compris ceux à risque d’allergie) avec introduction d’aliments solides de texture simple (de type purée) dont les goûts varient,
  • à partir de 6 mois : suite de la diversification alimentaire avec évolution de la texture et de la taille des morceaux pour un passage progressif aux aliments de la table familiale, en évitant les aliments non adaptés aux enfants de moins de 3 ans.

Besoins en Macronutriments et Micronutriments

En 2015, seul un quart des 6-10 ans mangeaient suffisamment de fruits et légumes et plus des trois quarts consommaient trop de glucides simples issus des produits sucrés. Concernant la couverture des besoins en macronutriments, elle est très insuffisante pour les lipides qui représentent seulement 38 % de l’AE pour les nourrissons de moins d’un an et 32 % pour les enfants de 1 à 3 ans (INCA3). La limite basse de l’intervalle de référence correspond au minimum, en lien avec l’apport énergétique, permettant de couvrir les besoins liés à l’entretien et la croissance. Les apports en glucides viennent compléter l’apport énergétique lié aux protéines et lipides. Du fait de la consommation importante de lactose par les jeunes enfants, le risque lié à l’apport des sucres hors lactose et galactose n’a pu être établi, de même que le seuil à ne pas dépasser.

Lorsque les données ont été jugées suffisantes, un BNM et une RNP ont été déterminés. Dans le cas contraire, un AS a été fixé. Selon les données disponibles, l’AS est fondé soit sur des données d’apports observés dans la population, soit principalement sur des études d’observation. Les références nutritionnelles en minéraux et oligo-éléments ont également été précisées pour les nourrissons et les enfants de 1 à 3 ans. Pour définir la référence nutritionnelle en fer des entre 1 et 2 ans, les experts ont pris en compte le taux d’absorption (identique à celui de l’adulte) ainsi que le pourcentage de fer héminique dans le régime des enfants (consommation de nombreux aliments spécifiques en quantités variables). La couverture de la référence nutritionnelle du fer doit particulièrement être surveillée. Selon les études de consommation, et notamment INCA3, environ 50 % des nourrissons de plus de 6 mois et 30 % des enfants de 1 à 3 ans, ont des apports insuffisants. Par contre la prévalence de la déficience en fer reste faible. Une étude transversale réalisée en France a estimé que 3 % des enfants de 10 mois à 2 ans et 5 % des enfants de 2 à 3 ans ont une déficience en fer.

Lire aussi: La Voix De l'Enfant: Protection Enfance

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