La dépression post-partum est un trouble dépressif qui touche environ 10 % des femmes après l'accouchement. Il est crucial de comprendre cette condition, de la distinguer du baby blues et de connaître les solutions pour en guérir. Bien que moins souvent évoqué, le père peut également souffrir d'une forme de dépression post-partum.
Qu'est-ce que la Dépression Post-Partum ?
La dépression post-partum est un trouble dépressif qui concerne environ 10% des femmes après l’accouchement. Par définition, les symptômes de la dépression post-partum durent au minimum 2 semaines. Elle peut se déclencher plus tardivement, parfois plusieurs mois après la naissance. À la différence du 'baby blues', la dépression post-partum peut se déclencher plus tard : cela peut arriver après l'accouchement, mais cela peut aussi survenir plusieurs mois après la naissance. Surtout, la dépression dure dans le temps. En France, un sondage d'OpinionWay publié en septembre 2021 révèle que 30 % des mères et 18 % des pères disent avoir connu un épisode dépressif après la naissance de leur enfant. Plus récemment, l'enquête nationale périnatale de Santé publique France a montré que 16,7 % des femmes font une dépression post-partum deux mois après l'accouchement.
Les causes
Les causes de cette dépression sont multi-factorielles. Cela peut être dû aux changements biologiques mais également au stress lié au bouleversement du quotidien. Un terrain dépressif sous-jacent peut également être révélé par l’accouchement. La dépression post-partum survient le plus souvent dans les 4 semaines suivant la naissance, et particulièrement dans les 10 jours suivant l’accouchement.
Symptômes
Les symptômes les plus fréquents sont une fatigue chronique, un manque de motivation, une sensation d'incapacité voire d'incompétence à assumer le rôle de mère, une hypervigilance maternelle, le tout accompagné d'un haut niveau d'angoisse et de culpabilité. « La maman ne va pas créer de lien avec son enfant ou elle va s'en détacher émotionnellement, même si elle s'en occupe au quotidien », indique Clémentine Bertrand, présidente de l'association SuperMamans.
Dépression Post-Partum chez le Père
Même s’il ne s’agit pas exactement de la même pathologie, certains pères connaissent un syndrome de dépression post-partum, souvent à l’arrivée du premier enfant. La raison principale est le bouleversement et les contraintes qu’impliquent l’arrivée d’un enfant dans le quotidien du papa. Comme pour les femmes, il est nécessaire d’en parler à un psychothérapeute afin de surmonter la situation et ainsi mieux vivre la parentalité. Beaucoup d’hommes ne le font pas à cause de la stigmatisation qui entoure la santé mentale, tout particulièrement masculine. Dans certains cas, le syndrome est révélateur d’une dépression plus sévère.
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Dépression Post-Partum vs. Baby Blues
Il est essentiel de distinguer la dépression post-partum du baby blues. C’est la durée de la dépression post-partum qui la différencie du baby-blues. En effet, le baby-blues survient très rapidement après l’accouchement, on le surnomme d’ailleurs le syndrome du 3e jour. Le baby blues ou « syndrome du troisième jour » apparait chez la mère dans les premiers jours qui suivent l’accouchement. Causé par les changements hormonaux et la fatigue des douleurs de l’accouchement. Les symptômes se manifestent par de l’irritabilité face aux visites par exemple, de l’anxiété ou encore des pleurs. Ainsi, à la naissance de son 1er fils, Camille se rappelle avoir fait le retour en voiture de 40 kilomètres entre la maternité et son domicile en sanglot. « je ne sais pas ce qu’il m’arrive, je ne suis pas triste… ». Le sentiment de vulnérabilité et les sautes d’humeur sont surprenants autant pour l’intéressée que pour l’entourage.La dépression post-partum est plus tardive et se développe dans les semaines voire les mois qui suivent. Les premiers symptômes ne sont pas forcément évidents. Le baby blues est souvent redouté par les femmes alors que c’est un état tout à fait normal et très fréquent lié à la fameuse « chute hormonale ». La mère va vivre une sorte de « mini déprime » transitoire. Il est important de souligner que ce mal être ne s’installe pas sur la durée. Cette période de fluctuations hormonales et émotionnelles est un état passager qui ne dure pas plus de 15 jours (grand maximum 3 semaines). La femme va vivre les montagnes russes émotionnelles. Traversée par une grande labilité émotionnelle, elle passe du rire aux larmes en une minute dans la même conversation. Elle se pose des milliards de questions et doute de ses compétences. Cette véritable crise identitaire comparée à la crise d’adolescence serait une étape saine dans le devenir mère.
Solutions et Traitements
Pour sortir de la dépression post-partum, il faut commencer par en parler, à votre entourage, votre conjoint… Vous pouvez consulter votre médecin traitant afin qu’il puisse vous orienter vers un psychologue ou un psychiatre. Si vous êtes en dépression post-partum, un psychiatre ou un psychothérapeute peut vous proposer une psychothérapie de soutien ou bien une thérapie comportementale et cognitive. Si nécessaire, ce traitement peut être associé à des antidépresseurs prescrits par un médecin. Si vous souffrez d’anxiété, des anxiolytiques peuvent également venir compléter le traitement de votre trouble.
Soutien Thérapeutique
Longtemps tabou, la dépression post-partum est une pathologie rencontrée par de nombreuses femmes, qu’il est important de prendre en charge pour éviter des complications. Il est possible d’en sortir en bénéficiant d’un accompagnement thérapeutique.
Consultation et Accès aux Soins
Il n’y a pas besoin de faire de test pour savoir si vous faites une dépression post-partum. Il est préférable d’en parler directement à votre médecin. En cas de problème, vous pouvez téléconsulter un médecin généraliste ou un psychiatre dans la journée sur Qare. Vous avez besoin de soutien mais votre psy n’est pas disponible. Sur Qare, vous pouvez téléconsulter 7j/7 de 6h à minuit d’où vous voulez. Des psychologues peuvent vous répondre dans l’heure. Pour consulter un psychologue ou un psychiatre, il vous suffit de vous rendre sur Qare.fr ou notre application mobile et de prendre rendez-vous. Les tarifs sont les mêmes qu’en cabinet et les téléconsultations avec des médecins sont remboursables par l’Assurance Maladie. Si vous ne trouvez pas de psychologue disponible près de chez vous, et que vous ressentez le besoin d’être accompagné, vous pouvez avoir recours à la téléconsultation. Sur Qare, vous pouvez trouver un psychiatre ou un psychologue disponible dans la journée. Consultation remboursable sous certaines conditions.
Que Faire si Vous Pensez Qu'une Proche Souffre de Dépression Post-Partum ?
Il est normal de vous demander que faire si vous pensez que votre femme, votre conjointe ou une amie fait une dépression post-partum. La prise en charge la plus appropriée dépend de plusieurs facteurs. Si vous êtes son partenaire, il est évidemment important d’en parler et de trouver des solutions pour l’aider.
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Dépression Post-Partum et Retour au Travail
La dépression post-partum est déjà en elle-même un parcours du combattant. Mais que se passe-t-il quand ces femmes doivent reprendre le travail ? D'après Mathilde Bouychou, psychologue et psychothérapeute spécialisée en périnatalité et auteure du podcast Parentalité(s), deux cas de figure se dessinent dans le rapport à la reprise : « Il y a les femmes pour qui le travail va être un espace où se retrouver, elles vont renouer avec une part de leur identité qu'elles ont l'impression d'avoir perdu ».
Et si le travail peut être un espace de réappropriation de soi, il peut également être « une façon d'échapper à la situation avec le bébé. Le travail peut donc aussi avoir un effet de mise à distance encore plus grand avec l'enfant, ce qui va rendre encore plus difficile la construction du lien avec l'enfant », note Mathilde Bouychou.
Frustration et Ajustement
Les jeunes mères en dépression post-partum décrivent la frustration de ne pas pouvoir être les mêmes travailleuses qu'avant. « Au départ, j'ai mal vécu de ne pas pouvoir faire autant d'heures que je le voulais. Surtout qu'avant d'être maman, je jugeais les gens qui partaient tôt du bureau. J'ai dû faire un vrai travail là-dessus pour accepter la situation », relate Pauline. Il faut donc accepter d'adapter sa vie professionnelle à sa vie personnelle. « C'était ça le plus dur, comprendre que je pouvais rester la même professionnelle, même si je travaillais différemment et faisais de plus petites journées ».
Rôle de la Hiérarchie
Le retour au travail peut également vite se compliquer si la hiérarchie attend de la mère le même investissement qu'avant. « En dépression post-partum, il faut bien se dire que non seulement les femmes sont fatiguées, mais en plus, au niveau psychique, elles sont complètement prises par leur dépression. Leur concentration et leur mémoire sont donc moins bonnes », analyse Mathilde Bouychou. « Forcément, dans cet état, on a l'impression qu'elles sont moins performantes. »
Améliorer les Pratiques en Entreprise
Pour améliorer la situation au niveau de l'entreprise, les femmes ayant souffert de dépression post-partum ne manquent pas d'idées : former les chefs d'entreprise à la difficulté maternelle, ouvrir des garderies sur le lieu de travail, instaurer un rendez-vous obligatoire avec la médecine du travail en revenant de congé maternité, avoir une personne de confiance dans l'entreprise qu'elle soit son chef ou un collègue, ou encore profiter des structures comme la Protection maternelle et infantile (PMI) ou la CAF. Et surtout, « il faut aussi donner plus d'informations aux futures mamans : leur dire qu'elles peuvent se retrouver potentiellement en situation de dépression post-partum pour qu'elles puissent aussi mieux préparer leur retour au travail », ajoute Mathilde Bouychou.
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Congé Pathologique Postnatal
Le congé pathologique postnatal est un arrêt maladie qui peut vous être accordé en cas de complications médicales liées à l’accouchement. Il vous accorde un congé supplémentaire de 4 semaines au maximum à la fin de votre congé maternité.
Conditions d'Obtention du Congé Pathologique Postnatal
Pour bénéficier d'un congé pathologique postnatal, passez par votre médecin ou votre sage-femme. Votre grossesse est considérée comme pathologique si vous présentez des complications médicales liées à l'accouchement ou en cas de maladie résultant de la grossesse.
À ce titre, vous pouvez notamment bénéficier d’un congé pathologique postnatal si :
- vous avez rencontré des problèmes avec l'épisiotomie ;
- votre césarienne a été douloureuse ou a mal cicatrisé ;
- vous avez développé une infection suite à l'accouchement ;
- vous avez des douleurs persistantes ;
- vous vivez une dépression post-partum.
Pour bénéficier d'un congé pathologique postnatal, vous devez respecter plusieurs conditions :
- Avoir informé la Sécurité sociale de votre grossesse dans les 14 premières semaines de grossesse.
- Faire une demande de congé pathologique postnatal à la CPAM (Caisse primaire d'Assurance maladie) ou à la MSA (Mutualité sociale agricole) selon le régime dont vous relevez.
- Transmettre l’arrêt de travail établi par votre médecin ou votre sage-femme à la Sécurité sociale.
Le congé pathologique postnatal doit être pris dès la fin de votre congé maternité, sans délai de carence.
Rémunération Pendant le Congé Pathologique Postnatal
Durant votre congé pathologique postnatal, vous êtes indemnisé au même titre qu'un arrêt maladie, mais sans délai de carence. Le montant correspond à 50 % de votre salaire journalier de base, dans la limite de 41,47 € bruts par jour. Vous pouvez également bénéficier d'indemnités complémentaires versées par votre employeur sous certaines conditions.
L'Importance de la Prévention et du Soutien
Il y’a de nombreux moyens de prévenir la DPP et malheureusement, en France, les jeunes mères sont très souvent isolées et elles ne reçoivent que trop peu d’aides. Il est important que les femmes enceintes ainsi que leurs conjoints reçoivent une information sur les difficultés courantes et normales du post-partum, notamment lors des séances de préparation à la naissance et à la parentalité.
Conseils pour les Femmes
Prenez soin de votre corps endolori et fatigué ( qui vient de vivre l’expérience intense voire traumatique de la grossesse et de l’accouchement). Un repos complet du corps et de l’esprit est nécessaire pendant au moins les 40 jours qui suivent la naissance de bébé. Faites vous offrir des massages et des soins du corps. Libérez-vous de toute charge mentale et physique pendant au moins 40 jours (et si possible 3 mois). Déléguez les courses, les taches ménagères, la cuisine…. N’oubliez pas que vous êtes une équipe avec le papa dès les premiers jours de vie de bébé. N’oubliez pas vos propres besoins primaires : manger et dormir. Vous êtes en miroir avec votre bébé. Plus vous prenez soin de vous, plus vous prendrez soin de votre bébé. Économisez-vous au jour le jour car c’est un CDI qui vous attend avec bébé. Le besoin primaire le plus vital est le sommeil. Déculpabilisez-vous. La mère parfaite n’existe pas ! Il ne faut donc pas être trop exigeante avec vous même.
Rôle du Partenaire
J’invite le papa à prendre son congé paternité dès le premier mois de vie du bébé et à rester dormir lors du séjour à la maternité. Et idéalement, le papa devrait se rendre disponible le plus possible les 101 premiers jours de vie de bébé. Les heures en fin de journée sont souvent les plus éprouvantes pour les mamans confrontées à la fatigue du soir et les pleurs de décharge de bébé.
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