L'arrêt de l'allaitement, ou sevrage, est une étape importante dans la vie d'une mère et de son enfant. Si l'on comprend facilement les difficultés que peut éprouver un bébé lors de cette transition, on réalise moins souvent l'impact que cela peut avoir sur la mère elle-même. Cet article explore les causes de la grosse fatigue associée à l'arrêt de l'allaitement et propose des pistes pour mieux vivre cette période.
Qu'est-ce que le sevrage ?
Selon le Larousse, le sevrage est « la cessation de l'alimentation lactée chez l'enfant ou l'animal ». Chez l'humain, il s'agit du processus par lequel l'enfant passe progressivement d'une alimentation exclusivement lactée (sein ou biberon) à une alimentation diversifiée. Pour la mère, cela signifie l'arrêt de la production de lait et la fin d'une relation particulière avec son enfant.
Les causes de la grosse fatigue après l'arrêt de l'allaitement
Plusieurs facteurs peuvent expliquer la fatigue intense ressentie par certaines femmes après l'arrêt de l'allaitement.
Le choc hormonal
Premier coupable : le retour de couches, souvent tardif chez les mères allaitantes, qui perturbe l'équilibre hormonal. Ce retour des règles s'accompagne d'une chute d'hormones telles que les endorphines, qui procurent une sensation de bien-être. Cette chute hormonale peut entraîner une grosse fatigue, un retour de petites maladies et accentuer le sentiment de déprime.
La frustration et le sentiment d'échec
Il arrive que certaines femmes, mal informées ou peu soutenues, ne parviennent pas à établir un allaitement satisfaisant. D'autres peuvent avoir des problèmes de santé et se voient obligées de cesser d'allaiter en raison d'un traitement thérapeutique, par exemple. Pour toutes celles-là, la fin de l'allaitement peut provoquer une frustration, un sentiment d'échec, la sensation de ne pas être à la hauteur ou de ne pas être une bonne mère. D'autant plus que l'allaitement est maintenant encouragé par tous, de l'OMS qui le préconise jusqu'aux deux ans de l'enfant (6 mois en exclusif), en passant par les acteurs hospitaliers ou éducatifs.
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Le sevrage non choisi
Paradoxalement, l'allaitement ne cohabite pas toujours avec la vie en société. Des femmes qui vivent un allaitement paisible sont aussi contraintes d'arrêter : à cause du travail, du conjoint ou de la famille, une grossesse en cours ou un mode de vie qui laisse peu de place au tirage de lait. Dans tous ces cas, le sevrage qui n'est pas pleinement choisi engendre des sentiments contradictoires : on est à la fois pressée et réticente d'arrêter. Une fois le cap passé, on finit par regretter.
La fin d'une relation fusionnelle
Avec l'allaitement, on sait instinctivement quoi faire pour son enfant : maladie, fatigue, tristesse ou gros besoin d'attention… Tout ou presque se soigne avec le sein. Surtout, on est la seule à pouvoir lui donner le sein. À présent, n'importe qui peut répondre à ses besoins. C'est aussi toute une page qui se tourne. Viennent alors les souvenirs : le peau à peau des premiers jours, les regards coquins échangés quand on lui donnait le sein, son souffle et ses petites caresses… Une relation charnelle, presque animale, qui nous liait à notre enfant. On réalise que tout passe trop vite. Notre enfant grandit. On sait que cette relation était unique et que celui-ci prend fin. Il va falloir alors trouver d'autres façons de satisfaire cette relation et la vivre, car après le deuil de cette séparation, plein de belles et nouvelles expériences sont à venir avec votre enfant.
Le retour à la vie "normale"
La fin de l'allaitement correspond souvent à un retour professionnel ou un planning peu compatible avec les tétées régulières. Alors quand on doit quitter son enfant en journée, et qu'on se retrouve privée en plus de ce moment privilégié, c'est difficile à vivre. La fin de la relation fusionnelle avec son enfant marque le retour à la vie normale, alors qu'on se sent encore en décalage, pas prête à quitter le cocon qu'on a tissé autour de nous et de notre bébé.
Les changements physiques
Et puis il y a ce moment face au miroir. On fait l'affreux constat : des seins tout aussi tristes que nous. Mais que l'on se rassure. Comme pour l'accouchement, il faut du temps pour que les seins retrouvent tonicité et plasticité. La fin de l’allaitement avec le début du sevrage et de la diversification alimentaire peut entraîner des douleurs. À quoi sont-elles liées ? En premier lieu, le sevrage de bébé doit se faire progressivement, en remplaçant des tétées par des biberons sur plusieurs jours. Tu peux effectuer un massage au niveau de l’aréole.
Comment gérer la fatigue et le "milk blues" ?
Le "milk blues" est une déprime, une anxiété ou une fatigue décuplée qui se manifeste les semaines qui suivent l'arrêt complet de l'allaitement. Voici quelques conseils pour mieux vivre cette période :
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Un sevrage progressif
La clé d'un sevrage réussi réside dans la progressivité. En réduisant graduellement le nombre de tétées, vous permettez à votre corps de s'adapter en douceur et vous limitez les risques d'engorgement et de douleurs. Cela permet également à votre bébé de s'habituer progressivement à une autre source d'alimentation.
Une alimentation saine et équilibrée
Il est important de maintenir une alimentation saine et équilibrée pendant le sevrage pour compenser la chute d'endorphines et soutenir votre organisme. Privilégiez les aliments riches en vitamines, en minéraux et en oméga-3.
Un sommeil réparateur
Le manque de sommeil est un facteur important de fatigue. Essayez de dormir dès que votre bébé dort et n'hésitez pas à demander de l'aide à votre entourage pour vous relayer.
Des activités qui vous font plaisir
Prenez du temps pour vous et faites des activités qui vous font plaisir : lire, prendre un bain, sortir entre amis, faire du sport… Cela vous aidera à vous détendre et à retrouver de l'énergie.
Le peau à peau et les câlins
Maintenez le contact physique avec votre bébé en pratiquant le peau à peau et en lui faisant des câlins. Cela vous aidera à compenser la perte du lien physique lié à l'allaitement et à prévenir la chute hormonale.
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Le soutien de l'entourage
N'hésitez pas à parler de votre fatigue et de vos émotions à votre conjoint, à votre famille et à vos amis. Le soutien de l'entourage est essentiel pour surmonter cette période difficile. Vous pouvez également vous tourner vers des professionnels de santé tels que votre sage-femme, votre médecin ou une conseillère en lactation. Le numéro Allait’écoute 0310010101 est également disponible. À la PMI, les consultantes en lactation IBCLC peuvent passer à domicile. C’est un service gratuit peu connu des mamans.
La méditation et le yoga
La méditation et le yoga sont d'excellents moyens de réduire le stress et de favoriser la relaxation. Ils peuvent vous aider à mieux gérer vos émotions et à retrouver un équilibre intérieur.
L'activité physique douce
Pratiquez une activité physique douce comme la marche, la natation ou le yoga. L'exercice physique permet de libérer des endorphines et de lutter contre la fatigue.
Le recours à des professionnels de santé
Si la fatigue persiste ou si vous vous sentez déprimée, n'hésitez pas à consulter un professionnel de santé. Il pourra vous proposer un accompagnement adapté à votre situation.
Le rôle du co-parent
Le rôle du co-parent est essentiel lors du sevrage. Il peut aider la maman en préparant les biberons, en distrayant le bébé et en lui offrant du réconfort. Il est important que le co-parent soutienne pleinement le choix de la mère et qu'il soit à l'écoute de ses émotions.
Reprise du travail et allaitement
La reprise du travail est souvent une source de stress pour les mamans allaitantes. Il est possible de concilier travail et allaitement en planifiant un sevrage progressif ou en tirant son lait au travail. La loi prévoit des droits pour les mères allaitantes, renseignez-vous auprès de votre employeur.
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