Saviez-vous qu’une phase de votre cycle menstruel suivait l’ovulation et qu’elle était tout aussi importante dans la préparation de votre corps à la grossesse ? La phase lutéale du cycle menstruel correspond au moment entre l’ovulation et les règles suivantes. Plus précisément, elle dure du lendemain de l’ovulation jusqu’à la veille du début des règles. Il est généralement admis que la phase lutéale dure du jour 15 au jour 28 au cours d’un cycle de 28 jours. Toutefois, il est important de garder à l’esprit que la durée de la phase lutéale peut être différente d’une femme à l’autre, et aussi d’un cycle à l’autre.
Définition et durée de la phase lutéale
La phase lutéale correspond au moment entre l’ovulation et le premier jour de vos règles. Le jour de début de la phase lutéale dépend du jour de l’ovulation. Bien que l’ovulation ait le plus couramment lieu au jour 15 d’un cycle menstruel, des variations concernant la date exacte de l’ovulation peuvent souvent être observées. Une étude a constaté que dans les cycles d’une durée de 28 jours, le jour réel de l’ovulation variait sur une période de 10 jours. D’après les experts, la durée moyenne de la phase lutéale est de 14 jours, mais cette durée peut grandement varier et toujours être considérée comme normale.
Fluctuations hormonales et température corporelle basale
Après l’ovulation, les taux hormonaux de votre corps fluctuent ; en effet, le corps jaune libère de la progestérone jusqu’à ce qu’il rétrécisse et meure (si la conception n’a pas lieu). Chez une femme, la progestérone produite par le corps jaune après l’ovulation provoque une légère augmentation de la température corporelle basale, d’environ 0,3 à 0,6 degré Celsius. Cette température restera élevée jusqu’à l’arrivée de vos règles ; votre température corporelle basale reviendra à sa valeur normale après leur survenue.
Importance de la phase lutéale
La phase lutéale est importante, car c’est à ce moment que la muqueuse utérine a la possibilité de s’épaissir en vue de l’implantation d’un ovule fécondé. Une phase lutéale courte est définie comme une période de 11 jours ou moins entre le jour de l’ovulation et le premier jour des règles suivantes. Les phases lutéales longues (plus de 14 jours) peuvent être dues à un déséquilibre hormonal, comme celui observé dans le cas du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). L’insuffisance lutéale (parfois appelée anomalie de la phase lutéale) fait référence à une affection caractérisée par une anomalie dans le développement de l’endomètre (la paroi la plus interne de l’utérus). En d’autres termes, si une femme souffre d’insuffisance lutéale, sa muqueuse utérine ne s’épaissit pas correctement chaque mois. La cause précise est toujours sujette à débat. Cependant, il est possible que la quantité de progestérone sécrétée par le corps jaune soit trop faible.
Symptômes et tests d'ovulation
La phase lutéale de votre cycle peut débuter sans que vous ne remarquiez de symptôme. Cependant, il n’est pas rare de ressentir des symptômes du syndrome prémenstruel au cours des dernières étapes de la phase lutéale et ce, à mesure que le taux de progestérone baisse. Une fois que vous avez ovulé, l’ovule ne peut survivre que 12 à 24 heures. Si vous utilisez un test d’ovulation et que vous voyez un pic de LH, vous saurez que vous allez ovuler dans les prochaines 24 à 36 heures. Cela signifie que vous entrerez dans la phase lutéale environ 24 à 36 heures qui suivront.
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Mesure de la température basale du corps
L’une des méthodes les plus instructives pour suivre l’ovulation est l’enregistrement et l’évaluation de la température basale du corps avec un thermomètre basal. Un thermomètre pour la température basale du corps est généralement numérique et comporte deux chiffres après la virgule. Il est important de ne pas changer le point de mesure du thermomètre pendant un cycle menstruel, car les lectures dans la bouche sont généralement un peu plus basses. La mesure sous le bras est trop imprécise.
Comment mesurer la température basale
- Préparation : Débuter dès le premier jour des règles. Prendre la température tous les matins (même pendant les règles), au réveil, avant même de poser le pied à terre, si possible à la même heure.
- Méthode de mesure : La température basale du corps peut être prise par voie orale, vaginale ou rectale.
- Heure de mesure : Afin de mesurer quotidiennement votre température corporelle basale, une fenêtre de temps de mesure de 30 minutes avant ou après votre heure habituelle est acceptable.
- Enregistrement : Consignez votre température sur une courbe quotidienne.
Interprétation de la courbe de température
- Première phase (folliculaire) : Pendant les jours qui suivent les règles, la température basale se maintient en dessous de 37°C. Cette phase correspond à la croissance folliculaire.
- Ovulation : Théoriquement, le nadir ou le point le plus bas de la courbe de température (que l'on observe juste avant le décalage thermique) correspond à l’ovulation.
- Deuxième phase (lutéale) : Ascension thermique de 0,3 à 0,5 degré Celsius qui survient brusquement. La température va se maintenir élevée pendant 10 à 12 jours. Cela traduit l’influence de la progestérone sécrétée par le corps jaune et correspond à la phase lutéale.
- Fin de cycle : Chute de la température, qui survient la veille ou pendant les premiers jours des règles pour atteindre une température basale identique à celle précédent le plateau thermique.
Facteurs perturbateurs
Il peut être conseillé de ne pas mesurer la température basale du corps dans de tels cas. C’est ce qu’on appelle « facteurs perturbateurs ». Si vous ne découvrez qu’après coup que votre température a été perturbée, vous pouvez enregistrer la valeur de température du jour de cycle actuel dans l’application cyclotest mySense en tant que facteur perturbateur. En cas de doute, vous pouvez exclure la valeur de température mesurée si elle s’écarte trop des autres valeurs mesurées.
Variations de la température et ovulation
Il est courant de penser que la montée de température corporelle se produit immédiatement après l'ovulation. La montée de température est un indicateur de l'ovulation, car elle signale une augmentation de la progestérone sécrétée par le corps jaune après l'ovulation. Parfois, la courbe n'est pas très lisible et la montée thermique n'arrive pas lorsqu'on s'y attend.
Cas atypiques de décalages thermiques
- La montée de température se produit plusieurs jours après l'ovulation : Selon certaines études, il est possible que le décalage thermique se réalise dans un intervalle de 4 jours après l'ovulation.
- La montée de température a lieu AVANT l'ovulation : Dans certains cas, l'ovulation n'intervient que lors du deuxième jour de température élevée. Il existe en effet des femmes pour lesquelles une certaine quantité de progestérone peut être produite avant l'ovulation.
Importance de la constance et de l'observation
Il est essentiel de comprendre que si la montée de température est un indicateur fiable de l'ovulation, elle n'est pas infaillible. Chaque femme est unique, et il est possible d'observer des variations d'un cycle à l'autre et d'une femme à l'autre. La clé est la constance dans l'observation et la compréhension de votre propre corps. En combinant plusieurs méthodes d'observation (température, glaire, test d'ovulation), vous aurez une image plus claire de votre cycle et de votre période fertile.
Courbe de température et grossesse
Si vous continuez à mesurer avec diligence, vous pouvez voir sur la courbe du cycle si une grossesse a eu lieu. Si le thermomètre indique un niveau plus élevé pendant une période de plus de 18 jours et que vous n’avez pas eu de règles pendant cette période, vous pouvez supposer que le fait de tomber enceinte a fonctionné. Un plateau thermique de 21 jours permet d’affirmer avec certitude une grossesse débutante. A l’inverse, malgré un retard de règles, on peut affirmer l’absence de grossesse s’il n’y a pas de plateau thermique. En cas de grossesse, le plateau thermique dure au-delà de 28 jours.
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Symptothermie : une approche naturelle
La symptothermie est une approche contraceptive gratuite et écologique, reposant sur l’observation et l’analyse de son corps et de tout ce que celui-ci peut nous dire. Elle repose sur 2 facteurs : le suivi de la température basale et l’observation de la glaire cervicale.
Observation de la glaire cervicale
Sous l’influence des œstrogènes, en première partie de cycle (en phase pré-ovulatoire ou « folliculaire »), le col de l’utérus produit de la glaire, quasi inexistante au début, puis de plus en plus abondante et de plus en plus filante. Lors de l’ovulation, la glaire est très fluide, incolore, filante, très souples, extensible proche du blanc d’œuf cru. L’ovulation passée, sous l’action de la progestérone (en phase lutéale donc), la sécrétion de la glaire cervicale est modifiée. On observe alors un épaississement des pertes vaginales : la glaire est comme coagulée, moins abondante.
Variation de la température
Lors de l’ovulation, la température basale s’élève jusqu’aux prochaines règles. Cette augmentation est due à la variation hormonale du cycle. En première partie du cycle, lors de la phase folliculaire, le cycle est sous l’influence des œstrogènes : votre température reste stable (autour de 36 °C / 36,5 °C) tout au long de cette phase. L’augmentation de la température, autour de 0,5 °C, se fait à la suite de l’ovulation. C’est la progestérone, en phase lutéale, qui est à l’origine de cette montée thermique : cette augmentation confirme que l’ovulation a eu lieu. Ce plateau de température dure pendant la phase lutéale c’est-à-dire jusqu’aux règles suivantes (selon les femmes, cette phase dure de 10 à 16 jours). La chute de la température est concomitante de la chute de progestérone, en l’absence de grossesse : les règles débutent et un nouveau cycle aussi !
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