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Les Annexes Fœtales Bovines et le Type de Placenta : Comprendre la Placentation Cotylédonaire

Introduction

La reproduction chez les bovins, comme chez tous les mammifères, est un processus complexe qui implique le développement d'annexes fœtales essentielles à la survie et à la croissance du fœtus. Parmi ces annexes, le placenta joue un rôle primordial en assurant les échanges nutritifs et gazeux entre la mère et le fœtus. Chez les bovins, le placenta présente une structure particulière dite cotylédonaire, qui influence la physiologie de la gestation et peut être impliquée dans certaines complications post-partum, telles que la non-délivrance ou rétention placentaire. Cet article vise à explorer en détail les caractéristiques du placenta bovin, son développement, son rôle physiologique et les problèmes associés à sa rétention.

Évolution des Annexes Fœtales et Nutrition du Fœtus

Chez les mammifères, le placenta permet une nutrition du fœtus plus sophistiquée que chez les Sauropsidés. Les œufs des mammifères sont de type alécithe (sans réserve vitelline), et l'éclosion (hatching) permet au blastocyste de s'implanter dans la muqueuse utérine. Ces mammifères sont tous vivipares. Les glandes utérines sécrètent le lait utérin qui s'accumule entre les villosités choriales et maternelles et est absorbé par le syncytiotrophoblaste. Le trophoblaste est situé contre la muqueuse utérine.

Types de Placenta chez les Mammifères

Il existe différents types de placenta chez les mammifères, classés en fonction de la structure et du degré d'intimité entre les tissus maternels et fœtaux. Parmi les types les plus primitifs, on trouve celui des Suidés.

Le Placenta des Suidés : Un Type Primitif

C'est le placenta le plus primitif.

Évolution de l'Endomètre Maternel

  1. L'épithélium de l'endomètre et une partie du stroma utérin ont disparu.
  2. incomplètes.

La Placentation Cotylédonaire chez les Bovins

La placentation chez les bovins est de type cotylédonaire. Cela signifie que le placenta est formé de multiples unités fonctionnelles appelées cotylédons, qui s'interdigitent avec des structures maternelles spécialisées appelées caroncules, présentes sur la muqueuse utérine. L'ensemble cotylédon-caroncule forme le placentome, l'unité d'échange physiologique entre la mère et le fœtus. On considère qu’il y a une rétention placentaire (ou non-délivrance) quand le placenta de la vache n’est pas sorti dans les 12 heures post-partum. La vache est plus prédisposée aux non délivrances du fait de l’implantation particulière de son placenta, qualifiée de « placentation cotylédonaire ». Les structures fœtales (ou annexes) et maternelles (la muqueuse de l’utérus) sont étroitement imbriquées, mais uniquement au niveau de 60 à 120 cotylédons. Ces « points d’attaches » peuvent facilement entrainer une déchirure au niveau du placenta. Un morceau de placenta va alors rester dans la cavité utérine et provoquer des infections.

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Rôle du Placenta Bovin

Le placenta bovin assure plusieurs fonctions essentielles au développement fœtal :

  • Échanges nutritifs : Le placenta permet le transfert des nutriments (glucose, acides aminés, lipides, vitamines, minéraux) de la mère vers le fœtus, assurant ainsi sa croissance et son développement.
  • Échanges gazeux : L'oxygène est transféré de la mère vers le fœtus, tandis que le dioxyde de carbone, produit par le métabolisme fœtal, est éliminé vers la circulation maternelle.
  • Élimination des déchets : Les déchets métaboliques produits par le fœtus (urée, créatinine) sont éliminés à travers le placenta et excrétés par la mère.
  • Protection immunitaire : Le placenta permet le transfert d'anticorps maternels (immunoglobulines) vers le fœtus, lui conférant une immunité passive contre certaines infections.
  • Production d'hormones : Le placenta synthétise et sécrète diverses hormones (progestérone, œstrogènes, lactogène placentaire) qui sont essentielles au maintien de la gestation et à la préparation de la lactation.

Rétention Placentaire (Non-Délivrance) chez la Vache

La rétention placentaire, également appelée non-délivrance ou rétention annexielle, correspond à la persistance prolongée des annexes fœtales dans l’utérus plus de 24 heures après l’expulsion du veau. Chez 75 % des vaches, la délivrance est spontanée au cours des 6 heures post-partum (voir graphique). Il est rare qu’elle soit spontanée au-delà de 12 heures après le vêlage. Le plus souvent, les éleveurs qui constatent une non-délivrance appellent le vétérinaire dans les 48 heures qui suivent la mise bas. Ces infections mènent rapidement à des métrites et leur lot de complications (retard des chaleurs, troubles de la fertilité, cétose…)

Facteurs de Risque de la Rétention Placentaire

D’un point de vue épidémiologique, les races laitières sont plus touchées. La fréquence des rétentions placentaires augmente avec l’âge (3,5 % chez les primipares, 15 % pour un quatrième ou cinquième vêlage), avec la production laitière, et dépend de la durée de gestation (voir tableau), ainsi que de l’état d’entretien de la vache (prédisposition chez les animaux gras).

  • les circonstances du vêlage : une dystocie, un prolapsus utérin ou des lésions génitales augmentent la fréquence des non-délivrances, ainsi que les manipulations obstétriques. Le risque est de 5 à 10 % lorsque le vêlage se déroule sans assistance, mais il passe à 20 % si l’éleveur ou le vétérinaire doit intervenir, et à 30 % lors de césarienne.

La préparation à la mise-bas permet d’éviter les non délivrances. Lors du tarissement, attention à la ration qui doit être équilibrée afin d’éviter les excès. Certains aliments, comme l’ensilage d’herbe et les légumineuses (trèfle violet et luzerne principalement) le dernier mois de gestation semble également être des aliments prédisposants.

Symptômes de la Rétention Placentaire

  • La rétention placentaire incomplète est la plus fréquente. Dans ce cas, une partie des enveloppes fœtales pendent de la vulve. D’abord rougeâtres, elles peuvent devenir grises à brunâtres et nauséabondes en raison de la putréfaction des portions plus ou moins extériorisées.
  • Lors de rétention placentaire complète, rien n’est visible extérieurement, sauf parfois des écoulements malodorants provenant de la putréfaction interne des enveloppes fœtales. Dans la plupart des cas, l’exploration vaginale permet de constater que les enveloppes sont déjà partiellement engagées dans le vagin. Elle n’engendre habituellement pas de signes généraux. Le pronostic vital est favorable, surtout en l’absence de complications. En revanche, sur le plan économique, les conséquences ne sont pas négligeables (voir encadré).

Traitement de la Rétention Placentaire

L’objectif du traitement individuel est d’éliminer les enveloppes fœtales et de prévenir les complications, afin de réduire l’incidence des infections utérines et d’améliorer la fertilité. Pour éliminer ces enveloppes, plusieurs traitements médicaux peuvent être envisagés, comme l’association ergométrine/sérotonine, la prostaglandine PGF2α, le calcium, l’ocytocine.

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La délivrance manuelle est une technique simple, utilisée depuis longtemps, et dont l’effet est immédiat. Le désengrènement est progressif, il débute au niveau du col de l’utérus et se termine au fond de l’utérus. Il est important de prendre le temps d’effectuer un nettoyage de la vulve et de la région périnéale avant de délivrer, et de ne réaliser cette technique que lorsque les cotylédons se “désinsèrent” facilement. Dans environ 75 % des cas, il est possible de retirer complètement le placenta.

Pour prévenir les complications, une antibiothérapie par voie locale est administrée systématiquement, à l’aide d’oblets de tétracyclines ou d’amoxicilline renouvelables 24 à 36 heures plus tard (mais souvent non répétés en pratique), sans temps d’attente dans le lait après la délivrance manuelle, qu’elle soit complète ou non. Une antibiothérapie par voie générale est administrée en complément, uniquement lorsque des signes généraux sont observés, sous la forme d’une solution injectable dont l’effet s’étend sur trois à cinq jours. L’antibiotique doit posséder un spectre d’action adapté et un délai d’attente compatible avec la production laitière, se diffuser dans l’endomètre, et éviter de créer des antibiorésistances (les plus utilisés sont l’association pénicilline/streptomycine, le ceftiofur et l’oxytétracycline).

Lorsque la fréquence des non-délivrances est élevée, les facteurs de risque sont évalués et corrigés à l’échelle du troupeau.

Controverses Autour de la Délivrance Manuelle

Faut-il effectuer une délivrance manuelle ? Cette question a toute son importance car, selon une enquête menée par la Société nationale des groupements techniques vétérinaires en 2008, 20 % des praticiens ruraux réalisent systématiquement cet acte, même quand il faut forcer pour dé­so­lidariser les cotylédons. Cette technique ne disparaîtra pas, malgré ses inconvénients (retard d’involution utérine systématique avec ses conséquences sur la reproduction). En effet, elle reste appréciée des éleveurs, car elle est rapide et permet d’éviter l’odeur nauséabonde des annexes en cours de putréfaction. Il convient donc de tenter de minimiser les répercussions en ne la réalisant que dans les situations appropriées. En théorie, lors de rétention sans hyperthermie, il ne faudrait pas effectuer de délivrance manuelle, mais sim­plement dire à l’éleveur de surveiller quotidiennement (pendant dix jours) la température de la vache, et d’attendre l’élimination spontanée si elle demeure normale (cela n’est pas non plus le cas en pratique).

Complications Associées à la Rétention Placentaire

Un morceau de placenta va alors rester dans la cavité utérine et provoquer des infections. Ces infections mènent rapidement à des métrites et leur lot de complications (retard des chaleurs, troubles de la fertilité, cétose…)

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  • Métrite: La métrite est une infection de l’utérus qui suit le plus souvent une mise-bas difficile.
  • Fièvre de lait: La fièvre de lait (aussi appelée fièvre vitulaire ou hypocalcémie puerpérale) est due à une forte augmentation de la demande en calcium suite au démarrage de la lactation. Elle touche principalement les vaches laitières hautes productrices et se rencontre peu chez les primipares ou en élevage allaitant.Les premiers symptômes apparaissent dans les 48 h après le vêlage et sont dus principalement à la diminution du taux de calcium dans le sang.Celui-ci étant essentiel à la contraction des fibres musculaires, l’hypocalcémie provoque une paralysie à l’origine des différents signes observés : une diminution de l’appétit et de prise de boisson, un arrêt de la rumination ainsi que des troubles locomoteurs tels que piétinements, tremblements ou démarche raide. La « fièvre de lait » est un terme un peu impropre car la température reste normale. Par la suite, la vache présente des difficultés à tenir debout ou à se relever.

Impact Économique de la Rétention Placentaire

Le coût par animal atteint variant de 150 à 300 €.

Prévention de la Rétention Placentaire

La préparation à la mise-bas permet d’éviter les non délivrances. Lors du tarissement, attention à la ration qui doit être équilibrée afin d’éviter les excès. Certains aliments, comme l’ensilage d’herbe et les légumineuses (trèfle violet et luzerne principalement) le dernier mois de gestation semble également être des aliments prédisposants.

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