Anne Consigny, née en 1963, est une figure marquante du cinéma et du théâtre français. Actrice aux multiples facettes, elle a su conquérir le public grâce à son talent et sa capacité à incarner des personnages variés, allant des rôles dramatiques aux comédies. Cet article explore son parcours, de son enfance à ses rôles les plus emblématiques, en passant par sa vie personnelle.
Une Enfance Normande et une Passion Précoce pour la Scène
Fille du haut fonctionnaire Pierre Consigny, Anne Consigny a passé son enfance à Alençon, dans l'Orne, au sein d'une fratrie de cinq enfants. Quatrième enfant de la famille, elle grandit dans un milieu bourgeois où l'art et la culture occupent une place importante. Son père, natif de Mondeville dans le Calvados, avait conservé des liens forts avec d’anciens professeurs d'Alençon, ce qui a motivé l'installation de la famille dans cette région.
Très tôt, Anne développe une passion pour la comédie. Dès l'âge de neuf ans, elle fait ses premiers pas sur les planches dans une pièce de Jean-Louis Barrault, marquant le début d'une vocation. Ses étés ornais sont marqués par des souvenirs heureux, notamment les baignades à la piscine d'Alençon et les visites à la ferme pour chercher du lait frais. Elle garde de cette époque un attachement profond à la Normandie et à ses produits locaux, comme la crème fraîche épaisse et la confiture de groseilles. "Pour tout ça, je me sens fièrement normande !" confie-t-elle.
Formation et Débuts Professionnels
À 18 ans, Anne Consigny intègre la prestigieuse Comédie Française, une étape importante dans sa formation d'actrice. Elle y perfectionne son art et participe à diverses productions, notamment des pièces de Molière, Henry Becque et Gorki. Elle est dirigée par Peter Brook dans La Cerisaie de Tchekhov et joue Dorval et moi de Diderot au Petit Odéon.
En parallèle, elle fait quelques apparitions à la télévision, notamment dans Ursule Mirouet de Marcel Cravenne d’après Balzac et La Chambre des dames, adapté du roman de Jeanne Bourdin par Yannick Andréi. Elle trouve son premier rôle au cinéma dans Le Soulier de satin adapté de Claudel par Manoel de Oliveira. Cependant, malgré des débuts prometteurs, elle ne reçoit pas d'autres propositions et reprend ses études de droit.
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Le Retour sur le Devant de la Scène
C'est au début des années 2000 qu'Anne Consigny revient sur le devant de la scène. Elle apparaît dans Léo, en jouant dans la compagnie des hommes d'Arnaud Desplechin, marquant un tournant dans sa carrière. Elle enchaîne avec des rôles dans des films tels que 36 Quai des Orfèvres d'Olivier Marchal, où elle incarne l'épouse de Depardieu, et Le Bison d'Isabelle Nanty.
En 2004, elle est propulsée sur le devant de la scène grâce au long métrage Je ne suis pas là pour être aimé de Stéphane Brizé, dans lequel elle tient le premier rôle. Sa prestation est saluée par la critique et lui vaut une nomination au César de la meilleure actrice.
Une Carrière Diversifiée et Reconnaissante
Dès lors, Anne Consigny enchaîne les projets et diversifie son registre. Elle campe Madame la présidente dans L'État de grâce et gagne encore en sensibilité dans Le Scaphandre et le Papillon. On peut aussi la retrouver dans des films grand public allant des films d'action à grand budget (Largo Winch, 2008) aux comédies françaises (La Première étoile).
Elle se distingue également sur le petit écran en jouant Madame la Présidente, personnage principal de L'Etat de Grâce, ainsi que dans Les Revenants et Hippocrate. En 2017, son interprétation d'Anna, dans Elle de Paul Verhoeven lui vaut d'être nominée au César de la meilleure actrice dans un second rôle.
Sa carrière est marquée par des collaborations avec des réalisateurs de renom tels qu'Alain Resnais (Les Herbes folles, Vous n'avez encore rien vu), Arnaud Desplechin (Un conte de Noël), et Lucas Belvaux (Rapt). Elle multiplie les seconds rôles, mais chacune de ses apparitions est remarquée pour sa justesse et sa profondeur.
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Vie Privée : Famille et Engagements
Côté vie privée, Anne Consigny a été en couple avec le réalisateur Benoît Jacquot, avec qui elle a eu deux fils : Vladimir, né en 1988, et Louis, né en 1994. Après sa rupture avec Benoît Jacquot, Anne Consigny épouse en 2013 l'historien d'art Éric de Chassey.
En 2014, elle réalise un documentaire poignant sur une jeune arménienne atteinte d'un cancer, Nariné, et reverse les recettes du film à la famille de la jeune fille. Cet engagement témoigne de sa sensibilité et de sa volonté d'utiliser sa notoriété pour des causes qui lui tiennent à cœur. Elle a déclaré : « Le fait que Nariné soit morte chez moi ma conféré une responsabilité. Si les gens pensent que je ne suis quune bourge qui veut sa place au paradis, je réponds : « Oui peut-être ».
Anne Consigny avoue savourer les moments passés dans la ville de son enfance et dans la campagne environnante, elle fait le plein de sensations… et de crème fraîche épaisse ! Native d’Alençon (Orne), elle en garde la nostalgie d’une enfance heureuse et ses racines restent très fortes. Lorsqu’elle revient dans l’Orne elle avoue avoir des bouffées de nostalgie de cette enfance heureuse.
Une Artiste Engagée et Attachée à ses Racines
Anne Consigny est bien plus qu'une actrice talentueuse. C'est une femme engagée, attachée à ses racines et ouverte sur le monde. Son parcours témoigne d'une volonté de se renouveler constamment et de ne pas se laisser enfermer dans un seul type de rôle.
Elle est une citoyenne du monde, riche de convictions. A l’image de l’histoire qu’elle a pu vivre en 2014 avec une maman arménienne et sa fille juste en louant une chambre de son appartement. La jeune fille, atteinte d’un cancer, a pu bénéficier de soins en avançant l’équivalent d’une année de leur salaire. Il a fallu batailler contre la paperasserie pour obtenir des prises en charge, mais malheureusement la jeune fille n’a pas survécu dans son combat contre la maladie. Une histoire qui a soudé profondément les deux femmes, « c’est comme une sœur désormais ». Et un documentaire poignant réalisé par Anne.
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Elle exprime son attachement à la France : « Plus je voyage plus je me dis Vive la France ! En Russie, la semaine dernière, je discutais avec un homme qui me disait que leur espérance de vie était de 57 ans, sans retraite. Dans les réunions familiales, on boit, on parle, on mange, on fume. Les volutes de fumée dessinent, vers trois heures du matin, des amas de nuages blancs difficiles à dissiper.
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