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Anne Geddes : L'Art de Célébrer la Vie à Travers la Photographie de Bébés

Si vous avez grandi en Occident dans les années 90, le nom d'Anne Geddes évoque probablement des souvenirs précis. Même si ce nom ne vous dit rien, un simple coup d'œil à ses photos les plus emblématiques vous transportera à l'époque d'un Internet balbutiant, où l'on s'envoyait encore des cartes postales et où un calendrier (en papier !) trônait fièrement dans la cuisine. Anne Geddes, née le 13 septembre 1956 dans le Queensland, en Australie, est une photographe spécialisée dans les portraits de bébés. Elle a bâti un empire fondé sur une esthétique unique, célébrant la vie à travers des clichés ultra-sucrés. Connue pour ses mises en scène méticuleuses et ses costumes uniques, Anne Geddes a marqué la photographie de nouveau-nés avec des clichés emblématiques tels que des bébés endormis dans des fleurs ou habillés en animaux.

L'Ascension d'une Photographe de Renom

Le soir du Nouvel An 1984, Anne Geddes se lance un défi audacieux : « Je vais devenir la photographe de bébés la plus connue au monde ». Dix ans plus tard, son rêve devient réalité. Une avalanche de bébés déguisés en bourdons, en fées ou en nénuphars déferle sur le monde. Son premier livre de photographies d'enfants, "Down in the Garden" (1996), est salué par Oprah Winfrey et figure sur la liste des best-sellers du New York Times. Ses images sont déclinées en cartes postales, calendriers et ornent les classeurs des jeunes écolières qui se blottissent le soir contre des peluches Anne Geddes, avant de s'endormir avec des rêves de bébés-fleurs. Elle a vendu des millions de calendriers et cartes postales, contribuant à populariser ses mises en scène créatives.

« Down in the Garden était censé être un conte pour enfants, j’aurais dû écrire ça sur la couverture. Les gens l’ont pris beaucoup trop au sérieux », raconte Anne Geddes. « Encore aujourd’hui, on me parle des bébés dans des pots de fleurs et des bourdons (…) et pendant longtemps j’ai eu envie de dire “mais je fais aussi d’autres choses !” On revenait toujours aux pots de fleurs… »

L'Esthétique Unique d'Anne Geddes

Le style d’Anne Geddes repose sur des compositions soignées où les bébés sont intégrés à des décors inspirés de la nature. Elle utilise souvent des fleurs, fruits, légumes et éléments féeriques, avec une attention particulière aux couleurs et à la lumière. Chaque image est préparée longtemps à l’avance, avec des accessoires faits sur mesure. Épaulée par une équipe de fidèles, dont son mari, Kelvin, Anne Geddes créé une esthétique qui finit par la dépasser, s’insérant pleinement dans la pop culture des années 90 au même titre que Friends, série télévisée dans laquelle apparaît notamment l’un de ses fameux bébé-nénuphar. Un comble pour celle qui n’aurait jamais imaginé faire de la photographie son métier.

Les Débuts d'une Passion

Anne Geddes a passé son enfance dans une ferme familiale du North Queensland. L'ambiance n'était pas propice à la photographie. « Je n’ai pas de photo de moi à ma naissance. Je dois avoir trois ou quatre images de quand j’étais bébé, en noir et blanc, c'est tout. » Dans cette région reculée d'Australie, on célèbre la simplicité, le contact avec la nature et les animaux, la vie au grand air. La fillette espiègle se délecte de cette liberté et nourrit son imaginaire dans ce quotidien : donner à boire aux veaux avec ses sœurs, déloger les serpents de la maison, se plonger à la nuit tombée dans les aventures des bébés Gumnut (des créatures fictives créés par l’auteure et illustratrice de livres pour enfants May Gibbs), chaparder le magazine Life de ses parents et se perdre dans ses pages.

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Après avoir obtenu l'équivalent du Bac, Anne Geddes commence à immortaliser des paysages, puis des gens. Cette activité se transforme en gagne-pain et la voilà partie à Hong-Kong avec son mari, où elle démarre son activité professionnellement, munie d’un vieux Pentax K1000 et d’un sacré syndrome de l’imposteur. Arrivée sans formation ni idées préconçues dans le milieu, Anne expérimente et développe son propre style, qu’elle affûte dans son garage, transformé en studio à son retour en Australie.

« J’ai fait des portraits pendant dix ans et je me suis tournée petit à petit vers les enfants et les bébés », explique-t-elle, « Les bébés sont tellement purs et joyeux, ils nous ramènent à ce que nous étions au début de notre vie. Elle a même donné son nom à l’un de ses livres, Beginnings. Ce qui la passionne, c’est la candeur, l'innocence, l’honnêteté de ces êtres qui ne savent rien faire d’autre qu’être eux-mêmes. « Je pense que mon travail parle de potentiel », dit-elle. Celui du nouveau-né, qui n’a pas encore été affecté par son environnement (en positif ou négatif), et celui de la nature - que nos comportements ont mis en péril - et qui est capable de créer une fleur à partir d’un bourgeon, un nid à partir de brindilles.

Un Message Caché Derrière la Douceur

Derrière ses photographies souvent sirupeuses, il y a un discours sur la fragilité de l’enfance, qui peut être brisée sans crier gare. Comme l'a été celle de sa sœur, abusée sexuellement par l’un de ses instituteurs, et qui en a porté les stigmates toute sa vie. Pour elle et pour tous les autres, Anne Geddes a cherché à sensibiliser et à alerter l’opinion publique sur la négligence et les abus dont souffrent de nombreux enfants dans le monde. Le tout, à travers ses actions philanthropiques et ses photos de bébés.

« Au début de ma carrière, je n’avais pas conscience du pouvoir qu’avaient les images que je créais », nous raconte-t-elle. L’une de ses photos, un bébé prématuré dans les mains d’un homme, a fait le tour du monde : « Je l’ai mise dans un calendrier pour montrer la force de ces enfants et des centaines de gens m’ont écrit pour me dire combien cette image avait résonné en eux et leur avait donné de l’espoir. Je n’aurais jamais pensé qu’elle deviendrait si pertinente. » D’autant plus que la photographie de bébés est alors considérée comme un passe-temps de ménagère.

La Consécration et le Déclin d'un Empire

Au début des années 90, Anne remporte des concours de photo qui assoient sa notoriété, et commence à développer ses projets personnels, en parallèle de ses commandes privées. De cette volonté d’explorer sa créativité naissent des cartes postales et des calendriers qui cartonnent en Nouvelle-Zélande, là où elle s’est établie avec son mari et ses deux filles. La suite ? Geddes rassemble ses photos dans un ouvrage, Down in the Garden (1996), qui balaye tout sur son passage. Chaque image est travaillée avec un sens obsessif du détail. Les costumes, les décors, absolument tout est vrai. Il n’y a pas d’effets spéciaux : « Il y a un certain charme, une authenticité dans les images “réelles”, elles résistent à l’épreuve du temps ». Son premier livre, Down in the Garden (1996), a été un succès international, traduit dans plusieurs langues.

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Or, produire de tels photoshoots coûte cher. Très cher. Entre 250.000 et 350.000 dollars pour être précis, en plus de nécessiter environ six mois de travail à temps plein. Pour quels résultats ? Les ventes des calendriers et des cartes postales s'essoufflent, celles de ses livres aussi. Internet est passé par là, et les gens ne sont plus disposés à ouvrir leur portefeuille pour s'offrir des photos de bébés qui ne sont pas les leurs, aussi mignons soient-ils. D’autant plus qu’ils produisent désormais eux-même une quantité incommensurable de clichés grâce à leurs smartphones. Peu à peu, l’empire d’Anne Geddes s’effrite.

« Je n’ai plus shooté de calendrier depuis 2016 », admet la photographe. « Je ne vois pas l'intérêt, je n’ai pas de retour sur investissement. Le défi pour les artistes aujourd’hui est de monétiser leur créativité. Nous avons tous besoin de gagner notre vie. » Alors elle réfléchit à d’autres solutions, tournant le dos à la potentielle viralité que pourraient avoir ses photos si elles continuaient de circuler librement sur le web. Mais que représente une photo virale pour celle qui, à son apogée, a squatté les intérieurs de millions d’individus avec ses images ?

La Présence Numérique et l'Avenir d'Anne Geddes

« Chaque jour, énormément de photos sont prises dans le monde sur des téléphones portables, c’est devenu une nouvelle façon de parler, que nous partageons sur les réseaux sociaux », dit-elle. Et ce, à travers « notre propre petite marque », celle que chacun se créé en se mettant en scène sur Instagram, par exemple. Sur cette plateforme, la marque d’Anne Geddes ne s'est pas réinventée, mais rayonne par sa bienveillance et l'aspect soudé de sa communauté.

« Je veux faire en sorte que les gens arrêtent de scroller et regardent vraiment une photo et lisent l’histoire qui se cache derrière », explique-t-elle. Son dernier projet en date, The Joy Series, est né au début de la pandémie et invite les parents du monde entier à envoyer des photos de leur progéniture, que l’artiste publie sur son compte Instagram. Le but ? « Apporter de la joie » et montrer que malgré tout, « chaque jour, des bébés continuent de naître. » À date, 83 pays se sont prêtés au jeu.

Pourtant, à la faveur d’une résurgence de l'esthétique des années 90, Anne Geddes pourrait bien revenir sur le devant de la scène. Sa couverture pour le Vogue Hommes italien de février montre les prémices d’une deuxième vague « Geddessienne ». Où la singularité de ses images et leur côté kitsch serait pleinement assumé et exploité par une jeune génération de créatifs, avides de bienveillance et de parti-pris esthétiques forts.

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L'Héritage d'Anne Geddes

Tout le monde connaît les fameuses photos de bébés d'Anne Geddes. Nombreux sont ceux qui ont grandi en admirant ces clichés de nourrissons paisibles, endormis dans un pot de fleur, dans la paume d'une main d'adulte, un panier en osier, déguisés en petit ours, en abeille, en fleur des champs, délicatement posés sur une couverture… (que celui qui n'a pas eu un agenda ou un calendrier Anne Geddes lève la main). Ce sont ces fameux bébés qui, dans les années 90, ont fait la renommée (internationale) de la photographe australienne, aujourd'hui âgée de 59 ans.

Aujourd'hui, elle nous étonne encore. Dans un post publié en juin 2016, elle écrit vouloir retrouver ces enfants qu'elle a photographiés 15, 17, 20, 22 ans ans plus tôt. Pour certains bébés, la ressemblance est encore frappante, En tout cas, ça nous fait chaud au cœur de voir comme ils ont bien grandi, on aurait presque encore envie de leur faire plein de bisous. Des jumeaux (choux) aujourd'hui âgés de 25 ans ! Aujourd'hui, Maneesha est un jeune femme de 22 ans. Alexandra est une jolie danseuse de 19 ans. Encore des triplées identiques. Un garçon Zac, qui est apparu dans l'édition 1998 du calendrier d'Anne Geddes. Parce que les bébés d'Anne Geddes font aussi des bébés ! Aimee a 19 ans aujourd'hui. En 1997, elle n'avait pas encore ses beaux et grands yeux verts. Molly avait 6 mois lors de sa première photo ! Taylor était et est toujours une jolie fleur. La première photo de Jonti date de 1996. Jayne avait 5 mois sur le premier photo-montage.

Les photos bébé Anne Geddes sont disponibles sur son site officiel, dans ses livres photographiques et sur certaines plateformes d’art en ligne. Les livres d’Anne Geddes sont disponibles en librairies, sur Amazon et directement sur son site officiel.

Authenticité et Droits d'Auteur

Une photo authentique est généralement signée ou accompagnée d’un certificat d’authenticité. Les tirages originaux portent souvent un numéro de série et sont vendus via des canaux officiels. Les œuvres d’Anne Geddes sont protégées par copyright. Leur utilisation, même partielle, nécessite une autorisation.

Créer Son Propre Univers Inspiré d'Anne Geddes

Pour créer des clichés inspirés du travail d’Anne Geddes, il est important de préparer le décor à l’avance, de choisir des accessoires adaptés à la taille du bébé et d’assurer un éclairage doux. L’accent doit être mis sur la sécurité et le confort de l’enfant.

tags: #Anne #Geddes #bébé

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