Introduction
Les angoisses archaïques, telles que l'angoisse de séparation et les sensations nouvelles liées à l'environnement aérien, sont une composante normale du développement infantile. Cependant, il est crucial de comprendre comment ces angoisses peuvent évoluer vers des états pathologiques et comment les réflexes archaïques, ces mouvements involontaires primaires, jouent un rôle essentiel dans ce processus. Cet article explore en profondeur ces aspects, en s'appuyant sur les théories de Freud et d'autres figures importantes de la psychanalyse, ainsi que sur les découvertes récentes concernant l'intégration des réflexes archaïques.
Les Angoisses Archaïques : Normalité et Pathologie
Freud a mis en évidence l'état de détresse physiologique du bébé comme une source d'angoisse. D'autres théoriciens, tels que Rank et Ferenczi, ont insisté sur l'importance du traumatisme psychologique vécu par le nourrisson. Ces angoisses, bien que normales, peuvent devenir pathologiques si elles ne sont pas correctement gérées et intégrées dans le développement de l'enfant.
La Communication Préverbale et l'Importance du Lien Mère-Enfant
Durant la période préverbale, les échanges vocaux entre la mère et l'enfant sont essentiels. La mère parle à son enfant, souvent dans un monologue continu, et l'enfant répond en gazouillant. Cet échange est bien plus qu'une simple communication ; il s'agit d'un apprentissage fondamental. Apprendre à remplir de mots le vide de la bouche représente un premier paradigme de l'introjection. Certains théoriciens suggèrent même que la communication à ce stade pourrait être basée sur une perception extrasensorielle ou la télépathie.
Spitz souligne que, durant les six premiers mois de la vie, le système perceptif du nourrisson est en transition entre une organisation cénesthésique (émotionnelle non verbale) et une organisation diacritique (processus de pensée consciente). Cette relation rappelle celle qui existe entre les processus primaires et secondaires. Les mots sont des vibrations sonores, les images des vibrations lumineuses, les sensations des vibrations de la chair. En physique, une vibration est un espace ayant une existence réelle. Lorsque l'on prononce un son, un mot, on crée un espace vibratoire continu de la bouche à l'oreille de l'interlocuteur. Au départ, c’est senti, c’est éprouvé, c’est dans le corps.
Cet encodage en éléments α est intrinsèque à la langue maternelle, l'outil de communication primaire entre la mère et le bébé. Dans cette parole, les phonèmes sont les premiers éléments de sens pour l’enfant, qui les reçoit des autres avec les affects associés. La mélodicité sert d’indice émotionnel. La notion de bain sonore introduit quelque chose qui n'est pas propre au sonore, mais plutôt à la cénesthésie, l'apesanteur, que l'on associe à la musique. On se sent porté, transporté, bercé ou dansant, dans un mouvement sans prise sur le réel, "gratuit", pour le plaisir, que l'on rapproche des gesticulations du nourrisson porté, des qualités du holding (Winnicott, 1971).
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L'Enveloppe Psychique : Une Frontière entre le Moi et le Monde
Le modèle de l'enveloppe psychique, développé par Didier Anzieu, est un concept clé pour comprendre comment le nourrisson construit son espace psychique. L'enveloppe psychique permet de découvrir et d'explorer les phénomènes d'interface. Ce qui est premier au niveau de la construction de l'espace, et par là même de l'appareil psychique, c'est la construction d'une limite. L'enveloppe psychique devient ainsi une limite non fermée, contrairement à la peau. Elle a une fonction supplémentaire : elle permet de filtrer puis de différencier le monde interne et le monde externe, les objets animés et inanimés.
Elle apparaît aussi à partir de l'utilisation d'objets frontières qui sont le support de projections, et dont les caractéristiques formelles ont également un pouvoir organisateur sur l'appareil psychique. Le plus ancien et le plus connu est l'objet transitionnel repris ensuite comme phénomène transitionnel par D.W. Winnicott. On ne peut comprendre qu'un objet puisse être à la fois dedans et dehors sauf s'il est placé à la frontière de deux domaines. À ce moment, une face de l'objet est tournée vers le dedans, une autre vers le dehors (en ce sens, on peut parler d'une structure en double feuillet de l'enveloppe). C'est la construction de cet objet, puis son utilisation, qui va capter et situer le phénomène interface, opérateur de la mise en correspondance des différentes domaines psychiques, mais aussi culturels et naturels.
L'enveloppe psychique est un espace fermé par une limite assimilable à une peau psychique différenciant deux espaces topologiquement séparés. À l'intérieur se trouve l'espace psychique dans lequel vivent, en ordre ou en désordre, des contenus psychiques, des représentations : affects, cognitions, pensées. Au dehors, nous trouvons le monde, physique, naturel, mais aussi d'autres individus que le sujet, ainsi que la réalité culturelle. Si l'on s'en tient à l'analogie de la peau pour décrire la limite, l'enveloppe psychique peut être assimilée à une membrane souple qui, dans une première fonction, différencie les domaines du dedans et du dehors tout en permettant des échanges entre ces espaces. Elle permet de fonctionner dans un certain ordre rassurant dans lequel la réalité psychique de l'individu est située dedans et celle de l'autre dehors, fonctionnant avec une logique comparable, mais aussi de reconnaître et de différencier le monde naturel du monde humain. Ce modèle est celui avec lequel nous fonctionnons la plupart du temps.
Ces repères permettent de maintenir une cohérence. Suivant les tensions, le sujet peut avoir l'impression de se vider progressivement ou brutalement et de ne plus avoir de représentations. Que se passe-t-il lorsque cette limite se rigidifie, ou lorsqu'elle se déchire ? Peut-on fonctionner sans limites ? Est-ce que ces ruptures peuvent avoir des conséquences pathologiques ? Du point de vue de la cohérence du sujet, toute atteinte de l'enveloppe risque d'entraîner une confusion entre monde psychique et monde naturel. Inversement, le monde externe peut déferler et envahir l'espace psychique, affects et cognitions sont indifférenciées : dedans et dehors, objets et contenus psychiques deviennent équivalents. Le monde externe, le paysage, devient l'ultime forme contenant l'appareil psychique en train de se désagréger.
Anzieu indique que l’espace psychique n’existe pas sans le corps. Son concept du Moi-Peau est l’appareil psychique qui s’étaye sur les sensations de la peau et qui consiste en une figuration métaphorique de celle-ci. Anzieu va définir des signifiants formels (archaïques) constituées d’images proprioceptives, cinesthésiques et kinesthésiques faisant allusion aux états de la matière ou de l’espace encore indifférenciés dans un espace bidimentionnel, créant des confusions dedans-dehors.
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Les Réflexes Archaïques : Fondations du Développement
Les réflexes archaïques sont des réponses automatiques et involontaires du système nerveux qui apparaissent dès les premières semaines de vie. Ils sont présents chez tous les nouveau-nés en bonne santé et disparaissent progressivement au fur et à mesure du développement neurologique de l’enfant.
Exemples de Réflexes Archaïques
- Réflexe de Moro (réflexe de sursaut)
- Réflexe de succion
- Réflexe de grasping (agrippement)
- Réflexe tonique asymétrique du cou (RTAC)
- Réflexe de Perez
Rôles des Réflexes Archaïques
- Survie: Certains réflexes, comme le réflexe de succion, sont essentiels à la survie du nourrisson, en lui permettant de s’alimenter dès la naissance.
- Développement moteur: Le réflexe de marche automatique ou le grasping, préparent les muscles et le système nerveux à des fonctions motrices complexes, comme la marche ou la préhension d’objets.
- Protection: Le réflexe de Moro, par exemple, permet au bébé de réagir à une sensation de chute ou à des stimuli soudains.
Maturité et Intégration des Réflexes Archaïques
Les réflexes archaïques sont temporaires. Ils disparaissent généralement vers 12 mois, à mesure que le système nerveux central mûrit et que des mouvements volontaires et contrôlés prennent le relais. L’intégration des réflexes signifie que les réflexes primitifs sont remplacés par des mouvements conscients et coordonnés. Un développement normal voit ces réflexes devenir moins visibles au fil du temps, permettant à l’enfant d’acquérir des compétences motrices plus fines. L’intégration va se faire grâce à la stimulation des différents sens de l’enfant à travers les activités et les jeux du quotidien notamment.
L'Importance Cruciale de l'Intégration des Réflexes
L'intégration des réflexes archaïques est un processus essentiel pour le développement harmonieux de l'enfant. Lorsque ces réflexes ne s'intègrent pas correctement, cela peut entraîner des difficultés dans divers domaines.
Conséquences de la Non-Intégration des Réflexes
Des réflexes non intégrés (ou encore actifs) peuvent engendrer des dysfonctionnements ou des difficultés dans la sphère physique et motrice, la sphère émotionnelle et sensorielle et, dans la sphère cognitive. Ils peuvent aussi donner des étiquettes aux enfants (l’inquiet, l’oublieux, le bagarreur, le rêveur, le maladroit, l’agité, le briseur de mine de crayon, etc…).
Voici une liste non exhaustive de comportements typiques (à noter que les réflexes ne sont pas les seuls facteurs, mais ils sont comme “un petit caillou” facile à éviter) :
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Comportements Moteurs et Posturaux :
- Difficultés sportives (nager sur le dos, faire la planche ou faire des roulades arrière, etc.).
- Difficultés à distinguer la droite et la gauche.
- Des problèmes de coordination des mouvements.
- Difficultés à se repérer dans l’espace d’où des difficultés en mathématiques par exemple.
- Marche sur la pointe des pieds.
- Des troubles du tonus musculaire, une posture avachie.
- Chutes fréquentes.
- Troubles de l’écriture.
Mimiques et Comportements Spécifiques :
- Peurs, angoisses, anxiété (peur du noir, difficultés de sommeil…).
- Timidité.
- Difficulté à réguler les émotions (agressivité, difficulté à gérer les frustrations).
- Mauvaise gestion du stress.
- Relation avec les autres difficiles.
- Difficultés à accepter les changements.
- Hypersensibilité au bruit : sursaut.
- Sensibilité excessive tactile : chatouilleux, n’aime pas les câlins, besoin de couper les étiquettes, ne supporte pas les vêtements trop serrés, enurésie.
- Troubles vestibulaires : manque d’équilibre, mal des transports.
- Hypervigilance.
Impact sur l’Apprentissage :
- Troubles de l’attention et de concentration : personne facilement distraites, bavardage.
- Difficultés à rester assis longtemps.
- Troubles du langage.
- Difficultés à mémoriser.
- Difficultés de compréhension.
- Difficultés à lire et à écrire.
- Troubles « dys » : Dyslexie, dyspraxie, etc.
L'Ostéopathie et l'Intégration des Réflexes Archaïques
L’ostéopathe peut aider à l’intégration des réflexes archaïques chez l’enfant ou l’adulte. L’intégration ne se fera pas en une séance unique mais sur un suivi de plusieurs séances. Voici le déroulement :
- Un interrogatoire pour comprendre la demande et les objectifs du patient.
- Des tests pour évaluer la mobilité physique, et l’expression des réflexes archaïques qui peuvent paralyser le quotidien du patient.
- L’intégration des réflexes par le balancement hémisphérique, des lissages, des bercements, des stimulations corporelles, des mouvements répétitifs et rythmés et des techniques d’ostéopathies comprenant des contractions musculaires.
Facteurs Influant sur l'Intégration des Réflexes
Plusieurs facteurs peuvent influencer l'intégration des réflexes archaïques. Durant la première année du nouveau-né, tout ce qui entrave ses mouvements peut bloquer l'intégration des réflexes archaïques. Cela peut être un bébé qu'on laisse trop longtemps dans le cosy, le transat, le parc ou le Youpala par exemple. Car dans ces situations, il ne pourra pas bouger comme il le souhaite et réaliser les mouvements essentiels à l'inhibition de ces réflexes. Tout ce qui n'est pas naturel (comme une péridurale, une césarienne ou des forceps) peut également bloquer ce processus.
Grossesse et Développement des Réflexes
La grossesse, la naissance et les premiers mois de vie de votre bébé sont cruciaux pour le développement de son cerveau. Dès le début de votre grossesse, votre enfant reçoit les signaux positifs et négatifs venant de votre ressenti. Dès la cinquième semaine de gestation, le bébé développe le réflexe de paralysie par la peur (RPP) afin de se protéger en cas de stress maternel. C’est un mécanisme involontaire de retrait qui lui permet de se mettre à l’abri. Mais si ce réflexe est trop sollicité, cela va entraver l’émergence des autres réflexes. Il faut donc, chères futures mamans, vous prémunir au maximum du stress et des angoisses. Pour cela, vous pouvez faire du yoga ou faire une ou deux séances d’EFT (emotional freedom technic). Si votre conjoint est stressé, cela pourra vous transmettre également de l’angoisse. Votre conjoint peut également faire du yoga ou des séances d’EFT.
Ces premiers mois de développement sont cruciaux pour construire le cerveau de votre enfant. Certaines mamans doivent être alitées pendant la grossesse pour des raisons médicales. D’autres mamans sont très peu actives. Cela pose un problème au niveau de l’émergence et de la maturation des réflexes primitifs (ou archaïques). En effet, les réflexes se mettent en place suite à des stimuli, notamment les changements de position de la maman. Il est donc important de continuer à bouger, même alitée. Vous pouvez demander conseil à votre sage-femme sur les mouvements que vous pouvez continuer à faire malgré l’alitement. Pendant la grossesse, le yoga est une des meilleures activités physiques à pratiquer. Il y a des mouvements de yoga qui se pratiquent couché ou assis.
Pendant la grossesse, votre bébé est sensible à tout ce que vous mangez et toutes les substances qui passent dans votre sang. L’alcool et la cigarette ont des effets fortement délétères qui sont connus, mais les produits ménagers, les produits de beauté et les médicaments ont des effets tout aussi nocifs. Tournez-vous vers des produits biologiques et naturels.
L'Importance de la Naissance et des Premiers Jours
La naissance est un moment particulier pour vous et votre enfant, mais c’est aussi un moment d’activation maximale pour la maturation des réflexes archaïques. Je reçois beaucoup d’enfants au cabinet qui sont nés par césarienne ou avec l’aide de forceps ou de ventouses. Ces enfants ont souvent des difficultés attentionnelles, des problèmes d’agitation, d’énurésie et encoprésie… Certes, on n’a parfois pas le choix… Mais certaines césariennes pourraient être évitées (le nombre de césarienne varie beaucoup d’une maternité à l’autre renseignez-vous). J’attire votre attention également sur les naissances programmées qui ne respectent pas l’horloge biologique du bébé (attention, parfois, elles sont nécessaires d’un point de vue médical). Les produits déclenchant comme l’ocytocine vont modifier le comportement du bébé, rien ne vaut l’ocytocine naturelle. D’autre part, la péridurale n’est pas conseillée, car le bébé est « endormi » par les produits anesthésiants et il ne peut pas faire sa danse des réflexes (Galant et Perez) pour sortir du canal utérin.
Il est également important, que l’enfant puisse ramper du pubis de la mère vers le sein et commencer à têter de façon autonome (réflexe de succion et réflexe des points cardinaux). La qualité de l’accueil est également importante, lumière tamisée, gestes doux, bruits atténués. Votre enfant se développera d’autant mieux que l’atmosphère chez vous est sereine. Rappelez-vous que votre enfant est entièrement connecté à vous. Les quinze premiers jours devraient être entièrement consacrés à cette fusion enfant-maman et papa. Déléguez la préparation des repas et le ménage à votre époux ou à votre mère ou belle-mère… Faites au mieux pour être en forme pour votre enfant. Le mieux c’est de dormir quand il dort.
Beaucoup de parents préfèrent donner le biberon à leur enfant. Je vous conseille plutôt de donner le sein (ceci permettra d’intégrer le réflexe de succion et points cardinaux). Ces réflexes ont un impact important sur l’autonomie. De plus, rien ne remplace l’allaitement maternel d’un point de vue de la composition du lait (anticorps, nutriments). Le pouce me parait être la meilleure option (de toute façon maintenant tous les ados ont un appareil dentaire…).
Conseils pour Favoriser l'Intégration des Réflexes
Il est important que votre enfant soit couché la nuit sur le dos (afin d’éviter la mort subite du nourrisson). Je vous conseille d’acheter un matelas très naturel qui évitera l’émission de produits toxiques. Par contre, pendant la journée, il faut essayer de mettre votre enfant sur le ventre afin qu’il développe ses réflexes du cou (tonicité du bébé) pendant quelques minutes au départ puis de plus en plus longtemps. De plus, la position ventrale va lui permettre de ramper et plus tard marcher à quatre pattes. Si votre enfant a du mal à rester allongé, je vous conseille d’aller voir un pédiatre et un ostéopathe.
Il vaut mieux éviter de laisser votre bébé dans des cosys ou des transats. Il ne peut pas bouger et, du coup, n’intègre pas ses réflexes archaïques. Le cosy doit être réservé aux déplacements en voiture. Il est très important que votre bébé passe par la phase du ramper. Il vaut mieux ne pas asseoir votre bébé s’il ne le fait pas de lui-même. De même les youpalas sont à proscrire. N’essayez pas d’avancer l’âge de la marche.
Votre enfant était naturellement bercé pendant votre grossesse. Les bercements contre votre cœur ou celui de l’autre parent vont l’aider à s’apaiser. Usez des bercements, cela permet la maturation du système limbique (le cerveau des émotions). Cela a d’ailleurs été prouvé récemment par l’université de Genève en 2019 dans une étude montrant l’influence des bercements sur la mémoire et la qualité du sommeil. Les massages sont également très bons, ils permettent l’intégration des réflexes. Lors de l’accouchement, ils aident le bébé à naitre. Par exemple, le réflexe de succion permet au bébé de téter pour se nourrir, puis il est remplacé petit à petit vers 5 mois après la naissance par le réflexe adulte de succion. Le réflexe d’agrippement (mains) répond à un besoin de sécurité, et qui permettra au bébé d’attraper des objets.
Ces mouvements instinctifs que sont les réflexes archaïques ont vocation à disparaître, (inhibés) au cours de la première année de vie vers 12/14 mois après la naissance au moment où l’enfant se met debout pour marcher. S’ils restent rémanents (présents), ils vont agir comme un frein, un obstacle à la mise en place des apprentissages sensoriels, émotionnels, moteurs et cognitifs.
Lors de l’accouchement, le bébé pour naitre mobilise ses réflexes de survie. La manière dont le bébé se présente est importante : S’est-il retourné pour naitre ? Est-il né par césarienne, forceps, ventouse ? Était-il en souffrance fœtale ? L’accouchement était-il lent ? Ce qui ne veut pas dire que tous les enfants pour lesquels les conditions de gestation et de naissance ont été difficiles souffrent d’une rémanence de leurs réflexes archaïques. Mais cela a plus de chance de se produire pour ces enfants-là.
Après la naissance, c’est une période de transition. L’hypersensibilité est en lien avec le réflexe de Moro (réflexe de défense de survie pour garder la vie) lorsqu’il reste présent au-delà de l’âge de 6 mois. Le bébé prend une inspiration bloque et pleure pour alerter l’entourage. Ces surcharges activent l’émotionnel et le stress, l’enfant vit ses émotions de façon plus intense. Certains enfants ont besoin de les décharger ainsi que leurs tensions. En fait c’est le contraire. Il est la plupart du temps hypersensible.
Réflexes Archaïques : Clés du Développement
Les réflexes archaïques (ou réflexes primitifs) sont des mouvements automatiques et involontaires que les bébés exécutent en réponse à des stimuli sensoriels ou moteurs. Ils sont essentiels pour le développement physique et neuro-sensoriel et moteur des nourrissons. Chacun d'entre eux apparaît, s'active, avant de disparaître (s'intégrer) pour laisser place à un mouvement volontaire et contrôlé. Ils sont à la base de notre développement in utero, et aident à la naissance puis à l'acquisition de tous les apprentissages de la 1ère année de vie. Comme par exemple téter, se retourner, ramper, se relever, attraper puis relâcher, marcher à 4 pattes, se dresser puis marcher. Et ce jusqu'aux 3 ans de l'enfant. Quand l'enfant commence à courir, ils sont censés être inhibés, seuls les réflexes dits “de vie” continuent d'être actifs. Comme le fait de respirer, de mastiquer, d'avaler ou de se sentir nauséeux. L'enfant conserve également son réflexe d'agrippement ou de parachute, très utiles s'il trébuche ou tombe.
Ces réflexes aident à la survie en favorisant la succion, la préhension et les réponses de défense. Ils constituent également les bases du développement moteur. En progressant, ces réflexes évoluent en compétences motrices plus complexes comme la marche. Ils contribuent à la coordination, à la motricité fine et à la compréhension de l'espace.
Plusieurs facteurs sont possibles ! Durant la première année du nouveau-né, tout ce qui entrave ses mouvements peut bloquer l'intégration des réflexes archaïques. Cela peut être un bébé qu'on laisse trop longtemps dans le cosy, le transat, le parc ou le Youpala par exemple. Car dans ces situations, il ne pourra pas bouger comme il le souhaite et réaliser les mouvements essentiels à l'inhibition de ces réflexes. Tout ce qui n'est pas naturel (comme une péridurale, une césarienne ou des forceps) peut également bloquer ce processus. Pas de panique, cela ne veut pas dire que c'est systématique et n'oubliez pas qu'une césarienne peut sauver la vie du bébé (et/ou de la maman), donc ce n'est pas toujours un choix.
Cela touche tout autant la sphère cognitive, qu'émotionnelle ou posturale. Cela agit comme un parasite pour le cerveau de l'enfant. Ainsi, le système nerveux se trouve surchargé par toutes ces informations parasites… et les apprentissages se trouvent affectés. Attention toutefois : les troubles DYS et de l'attention (TDA), sont des troubles neurologiques. Ils n'ont pas été obligatoirement engendrés par une non-intégration des réflexes archaïques, mais il peut toutefois y avoir des répercussions. Un enfant ayant l'un de ces troubles les aura toute sa vie.
Sur le plan émotionnel : on peut avoir des enfants qui ont des difficultés à s'endormir, qui ont peur du noir ou qui ont des difficultés à contrôler et gérer leurs émotions. Ils sont souvent considérés comme hyper-émotifs. Ils auront moins confiance en eux et se sentiront plus souvent en insécurité que d'autres. Ce sont aussi des enfants qui peuvent avoir des difficultés de concentration, des phobies, une timidité excessive, des difficultés relationnelles.
Sur le plan corporel : ce sont des enfants qui, bien souvent, ne tiennent pas en place sur leur chaise, enroulent leurs chevilles autour de la chaise, ont des difficultés à attraper une balle ou à tenir en équilibre… Ils peuvent être maladroits et souffrir d'énurésie (pipi au lit la nuit). Ils ont souvent des scolioses, les pieds en dedans ou en dehors, les genoux en X.
Sur le plan cognitif : ces enfants peuvent connaître des troubles de l'apprentissage, avec des troubles DYS ou un trouble de l'attention. Puisque les réflexes sont censés être intégrés à l'âge de 3 ans, il peut être bon de vérifier cela avec un professionnel formé aux réflexes archaïques à ce moment-là ou, au plus tard, avant l'entrée en CP. Mais il n'y a pas d'âge limite pour suivre des séances de pratiques d'intégration des réflexes.
Le pédiatre vérifie la présence des réflexes à la naissance. Un bon nombre d'entre eux doivent l'être, c'est signe de bon développement du bébé. Chaque praticien a sa propre méthode. Mais cela commence toujours par un bilan des réflexes primitifs, puis des séances en cabinet et des petits jeux ou massages à faire à la maison (pendant 5 minutes). De mon côté, le suivi se fait sur une année scolaire. Je donne toujours la priorité à l'enfant. Je préfère travailler sur ce qui va permettre de débloquer la situation plutôt que sur un point demandé par les parents. Parfois, je travaille les réflexes les uns après les autres, tout simplement. Durant les séances, elle pratique des petits jeux pour que ce soit "fun" pour l'enfant et qu'il ne voie pas cela comme une contrainte. L'idée est que le réflexe devienne un mouvement conscient. Ainsi, on enlève une partie du parasite et le cerveau de l'enfant est davantage disponible. On travaille pour augmenter le temps de ressources pour les apprentissages. On sécurise d'abord le territoire et les émotions de l'enfant. Une fois que le socle est prêt, le plus gros est fait.
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