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Types d'anesthésie pour l'accouchement

Avant toute anesthésie ou analgésie locorégionale, que ce soit pour une césarienne programmée ou un accouchement par voie basse, la consultation pré-anesthésique est indispensable. Elle a été rendue obligatoire en fin de grossesse selon l'article D 6124-91 du Code de la Santé publique. Cette consultation est effectuée par un médecin anesthésiste-réanimateur. Au cours de cette consultation, vous serez informé(e) des différentes techniques d’anesthésie possibles et adaptées à votre cas et vous pourrez poser toutes les questions que vous jugerez utiles à votre information. À cette occasion, vous serez amené(e) à exprimer vos préférences.

Importance de la consultation pré-anesthésique

Le rendez-vous avec l'anesthésiste est une étape importante et obligatoire du suivi médical de grossesse. Cette visite médicale se déroule généralement à la fin de votre 8e mois de grossesse, plus précisément, entre la 36e et la 37e semaine d’aménorrhée. La consultation dure généralement une quinzaine de minutes. L’anesthésiste s’intéresse à vos antécédents médicaux, chirurgicaux et obstétricaux. Si vous suivez un traitement médicamenteux, ce dernier vous précisera si vous devez l’arrêter ou non en vue de l’anesthésie. Enfin, il procédera à un examen clinique : prise de votre tension, pesée et auscultation. Il examinera également votre dos. La consultation se termine par la prescription d’un bilan sanguin complet, à effectuer dans un délai de 30 jours avant l’accouchement. Il permet de dépister d’éventuels problèmes de coagulation du sang et de prescrire, au besoin, des examens complémentaires. Durant la consultation, l’anesthésiste vous informera sur les différentes formes d’analgésie et la manière de s’y préparer.

En cas de situation urgente en salle de naissance, l’évaluation et la synthèse de votre état de santé réalisées en amont, permettront une prise en charge sans délai. C’est pour cela que la consultation d’anesthésie est obligatoire au cours du troisième trimestre de la grossesse.

Examens complémentaires

« Aucune donnée ne permet à ce jour de recommander un bilan d’hémostase systématique chez une femme enceinte, bien portante, sans antécédents pathologiques particuliers, ayant mené une grossesse normale. « La numération plaquettaire réalisée du sixième mois de grossesse […] doit être consignée. « Chez la femme enceinte, il n’est pas recommandé de répéter la mesure de la numération plaquettaire effectuée au sixième mois (qui est une obligation légale) avant de réaliser une anesthésie périmédullaire dans le cadre d’une grossesse normale à terme. « Si le bilan du sixième mois montre une thrombopénie, il est recommandé d’effectuer un suivi de la numération plaquettaire jusqu’à l’accouchement. Dans le cadre d’une grossesse pathologique, la numération plaquettaire doit être effectuée dans un délai le plus court possible avant l’acte d’anesthésie (consensus professionnel). Au total, un bilan systématique avant une anesthésie péridurale obstétricale n’est pas recommandé en France, comme aux États-Unis, au Canada, en Suisse ou en Belgique.

Types d'anesthésie pour l'accouchement

Il existe à l'heure actuelle différents types d'anesthésie pour effectuer une césarienne ou un accouchement par voie basse. La notion d’anesthésie dorsale englobe trois types d’anesthésie, mais l’effet est globalement le même.

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Anesthésie loco-régionale

L’anesthésie régionale est une méthode qui permet de réduire de façon ciblée la douleur en bloquant les transmissions nerveuses de la douleur. La douleur du travail et de l’accouchement vient des nerfs de la région lombaire et sacrée. Les risques d'une anesthésie loco-régionale sont globalement plus faibles que ceux d'une anesthésie générale.

Péridurale

La péridurale est une forme d’anesthésie locorégionale. Elle consiste à passer un cathéter entre les vertèbres lombaires jusqu’à un espace appelé « espace péridural », sans toucher la partie appelée dure-mère. La péridurale est la technique de choix pour le travail obstétrical et l’accouchement: grâce à un fin tuyau (cathéter) glissé dans l’espace péridural, il sera possible d’injecter régulièrement des anesthésiques locaux pour maintenir le blocage de ces racines nerveuses. En cas d’inefficacité de la péridurale, une nouvelle pose de cathéter peut être proposée. Vous pouvez disposer d’une pompe afin de gérer vous-même l’analgésie. Cette méthode est appelée PCEA (Patient Controlled Epidural Analgesia ou Analgésie Péridurale Contrôlée par le Patient). Les patientes en travail peuvent bénéficier d’une analgésie péridurale dans la plupart des cas. Les rares exceptions (infections, problème de coagulation, traitements…) sont le plus souvent repérées à la consultation d’anesthésie. Une prise en charge spécifique vous sera alors proposée.

Dans le cas de la péridurale, un anesthésiant local est injecté avec un antalgique puissant, par un cathéter, dans l’espace péridural entre deux vertèbres de l’épine dorsale. Cela a pour effet de bloquer les nerfs. Ensuite, la substance est administrée par une pompe à intervalles réguliers pendant toute la durée du travail. Les nerfs qui transmettent le signal de la douleur depuis l’utérus au cerveau sont bloqués.

Procédure de la péridurale :

Pour maximiser l’espace entre les vertèbres, la femme est allongée ou assise, le menton sur la poitrine et les genoux remontés sur le ventre. La région où l’aiguille sera introduite est préalablement nettoyée et insensibilisée. L’aiguille est introduite. Si l’acte n’est généralement pas douloureux, il peut néanmoins être désagréable. Dans le cas d’une péridurale, un tuyau fin en plastique est ensuite mis en place. L’aiguille est retirée et le tuyau en plastique est fixé avec du ruban adhésif. Une dose d’essai est introduite pour vérifier que le cathéter est bien mis. Environ 5 minutes plus tard, la dose principale est administrée. L’anesthésie prend effet 15 à 20 minutes plus tard et persiste pendant environ 2 heures. Si une pompe est raccordée au tuyau, la femme reçoit l’antalgique et l’anesthésique en continu. La sage-femme peut aussi en administrer au besoin.

Avantages de la péridurale :

  • La douleur est réduite pendant une longue durée.
  • Aucun effet sur la conscience.

Inconvénients de la péridurale :

  • Pour la femme, les substances injectées peuvent provoquer une diminution de la mobilité des jambes, une baisse de la pression artérielle, des tremblements et des démangeaisons.
  • Il a un risque d’affaiblissement des contractions. Des substances qui stimulent les contractions doivent alors être administrées.
  • Chez les femmes ayant reçu une anesthésie dorsale, il est plus fréquent que l’accouchement se termine par une extraction à la ventouse.
  • La femme peut aussi éprouver des difficultés à uriner.
  • Il y a aussi un risque de douleurs dorsales après coup à la zone anesthésiée, voire de maux de tête aigus.

Péridurale ambulatoire:

Si les conditions le permettent, l'anesthésiste peut vous proposer une péridurale ambulatoire. La technique d'installation est la même qu'avant, mais les anesthésiques locaux sont faiblement dosés afin de vous permettre de marcher, accompagné, après que l'équipe soignante ait vérifié l'absence de chute. Les données scientifiques actuelles ne montrent pas d'événements indésirables liés à la déambulation, mais une amélioration de la satisfaction des patientes et une diminution du risque de rétention urinaire.

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Rachianesthésie

La rachianesthésie consiste à injecter un anesthésique local dans le canal rachidien en bas du dos entre deux vertèbres lombaires (pas de moelle épinière à ce niveau). Elle anesthésie les nerfs du bas du corps. L’anesthésie rachidienne ou rachianesthésie consiste en une injection dans l’espace rachidien qui permet une anesthésie rapide et puissante. La durée de cette anesthésie est limitée dans le temps. Si la césarienne est programmée, la rachianesthésie est la technique de choix.

Dans le cas d’une anesthésie spinale, la substance anesthésiante est introduite directement dans le canal rachidien.

Rachi-péridurale combinée (RPC):

L’anesthésie rachi-péridurale combinée (RPC) associe péridurale et spinale, mais n’est pas très répandue actuellement. Cette technique émergente consiste à effectuer dans le même temps une rachi-anesthésie plus la pose d'un cathéter de péridurale.

Anesthésiques locaux

Les anesthésiques locaux, qui inhibent le transfert de l'influx nerveux (donc la douleur) au niveau des nerfs eux-mêmes. Le plus fréquemment utilisé est la Bupivacaïne. Les dérivés morphiniques permettent une diminution partielle de la douleur, sans bloquer le fonctionnement des nerfs moteurs.

Anesthésie générale

L’anesthésie générale est uniquement réalisée en cas d’urgence médicale, telle qu’une césarienne. L'anesthésie générale consiste à vous plonger dans un état d'inconscience complet. Elle est pratiquée le plus tard possible afin d'éviter l'exposition de votre bébé aux produits anesthésiants. En cas de césarienne imprévue pendant le travail, si une anesthésie péridurale efficace est en place, l’anesthésiste privilégiera la réinsertion de produits plus puissants dans le cathéter afin de passer de stade d’analgésie à celui d’anesthésie. Dans le cas contraire, une rachianesthésie peut vous être proposée si l’on dispose de suffisamment de temps avant de faire naître l’enfant.

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Alternatives à l'anesthésie

Refuser l'analgésie pour votre accouchement ? Vous souhaitez un accouchement physiologique ? C’est possible dans la plupart des cas. Gardez simplement à l’esprit qu’un accouchement est toujours susceptible de ne pas se passer comme vous l’aviez imaginé. De votre côté, vous pouvez aussi changer d’avis et opter pour une péridurale.

L’hypnose est reconnue pour aider les futures mamans à mieux appréhender les tensions, mieux gérer leurs contractions et leur respiration le moment venu. L’hypnose pendant la grossesse et l’accouchement se nomme l’hypnonaissance. Si accoucher sous hypnose fait partie de votre projet de naissance, il est recommandé de démarrer les séances à partir du deuxième trimestre de grossesse. Notez qu’assister aux séances ne suffit pas : vous devez vous entraîner chez vous. Dans le cas de l’acupuncture, les séances débutent elles aussi pendant la grossesse. Dans tous les cas, ces méthodes alternatives doivent être encadrées par un professionnel de santé reconnu, idéalement, par votre sage-femme, ou votre médecin traitant dans certains cas.

Childbirth is a natural process that causes discomfort and pain. Every woman is different and your needs may change during labor. We adapt as much as possible to those there. Nevertheless, it is possible to avoid certain drugs thanks to breathing exercises, acupuncture, baths, hypnosis, sophrology, and other medicinal techniques: nitrous oxide (via a mask ). The midwife who will follow you will assess your desires and needs with you.

Risques et complications possibles

La grande majorité des anesthésies se déroule sans problème particulier. Toutefois, une anesthésie, même conduite avec compétence et dans le respect des données acquises de la science, comporte un risque. Les conditions actuelles de surveillance de l’anesthésie et de la période du réveil permettent de dépister rapidement la survenue d’anomalies et de les traiter. Les complications graves de l’anesthésie (cardiaques, respiratoires, neurologiques, allergiques ou infectieuses) sont devenues très rares. En dehors des complications graves, l’anesthésie et la chirurgie sont parfois suivies d’événements désagréables. Ces risques et inconvénients ne surviennent pas systématiquement.

De façon tout à fait exceptionnelle, peuvent survenir un hématome péri-médullaire, une infection profonde, un traumatisme médullaire ou radiculaire. Ces évènements surviennent dans moins de 1 cas / 250 000. Des symptômes, anesthésie trop étendue ou convulsions, liés à une diffusion anormale du produit dans le liquide céphalo-rachidien ou dans les vaisseaux sanguins, ont été rapportés de manière exceptionnelle.

Dans les heures ou les jours qui suivent l’accouchement, des maux de tête peuvent apparaitre. Vous devez le signaler. Ces douleurs peuvent être dues à une brèche créée lors de la ponction dans la membrane appelée dure-mère. Différents traitements sont proposés. Les douleurs lombaires sont fréquentes avant et après la grossesse. Le risque de douleurs lombaires à long terme est le même que l’accouchement ait eu lieu avec ou sans péridurale.

Des traumatismes dentaires sont également possibles. Après une anesthésie générale, des souvenirs de la période opératoire peuvent subsister. Dans l’éventualité d’une hémorragie grave de la délivrance (5 accouchements sur 10 000), il est possible que la décision de transfusion soit prise alors que vous serez sous anesthésie générale. En conséquence, cette information est diffusée en amont, et le fait qu’elle vous soit communiquée ne signifie pas nécessairement que vous recevrez une transfusion. Si vous avez dû recevoir une transfusion durant l’anesthésie, nous vous en informerons dès votre réveil.

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