L'ancienne maternité Paul Gellé de Roubaix, un lieu chargé d'histoire et de souvenirs, a marqué la vie de nombreuses familles de la région. De sa création à sa fermeture, elle a été le théâtre de milliers de naissances et a constamment évolué pour s'adapter aux progrès de la médecine et aux besoins de la société.
Les débuts religieux à Roubaix
En 1893, Roubaix comptait huit églises qui accueillaient un nombre important de fidèles lors des célébrations. Outre les messes dominicales, on y célébrait les vêpres et le salut. Les funérailles donnaient lieu à d'importantes cérémonies et les mariages étaient aussi une occasion de cérémonies grandioses. En dehors de ces églises catholiques, les Roubaisiens d’autres confessions disposaient également d’un temple protestant, dirigé en 1893 par le pasteur Ernest Monod. Avant l’édification du temple de la rue des Arts, les cérémonies protestantes se déroulaient dans le temple de la rue de la Redoute qui avait été conservé et affecté aux protestants flamands. Enfin, il y avait le temple israélite, situé rue des Champs depuis 1878.
L'histoire religieuse de Roubaix est également marquée par la création de l'Institution Notre-Dame des Victoires en 1845. Cet établissement scolaire, installé à la limite de la ville, a subi d’importantes modifications architecturales en 1868, avec l'édification d'une nouvelle chapelle. À partir de 1893, le collège est dans ses murs avec une chapelle construite par l’architecte Achille Liagre.
Par ailleurs, Henri Desclée, industriel roubaisien, fit le vœu d'appeler une communauté de religieuses contemplatives à Roubaix. La première pierre du couvent est posée le 1er mars 1874 dans le quartier populaire de l’Epeule. Le 3 juillet 1876, neuf sœurs Clarisses arrivent du Couvent de Tournai. En 1903, la communauté doit fermer et les Clarisses quittent Roubaix le 15 octobre pour la ville de Renaix en Belgique. Une partie des Clarisses de Renaix reviennent à Roubaix en octobre 1923. En juin 1976, les Clarisses fêtent le centenaire de leur fondation. Mais au décès de la Mère Abbesse, l’année suivante, la communauté doit fermer.
Évolution et Adaptation de la Maternité Paul Gellé
La maternité Paul Gellé a été un établissement en constante évolution, s'adaptant aux avancées médicales et aux besoins changeants de la population. Au fil des ans, elle a intégré de nouveaux services et technologies pour offrir les meilleurs soins possibles aux femmes et aux nouveau-nés.
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En avril, une mairie annexe est inaugurée dans les locaux de la maternité Paul Gellé, afin de faciliter la déclaration des naissances pour les nouveaux parents.
Avec l’obtention du droit à l’avortement en 1974, elle a créé un service d’orthogénie (IVG) et un centre de planification familiale. Elle a aussi été à la pointe de la prise en charge des prématurés.
Dès l’année suivante, un restaurant self-service est aménagé pour le personnel dans les sous-sols de la maternité. Et en 1982, la maternité est agrandie : lui sont ajoutés un kiosque et une garderie.
En juin 1983, suite à la crue des collecteurs, les sous-sols des établissements hospitaliers de l’avenue Julien Lagache sont inondés.
Trois ans plus tard, c’est le moment d’une cure de rajeunissement de 17 mois durant lesquels, le Pavillon Paul Gellé campe dans les pavillons 14 et 15 de l’Hôpital de la Fraternité.
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En juillet 1987, les travaux sont finis : le pavillon Paul Gellé accouche d’un nouveau bloc opératoire. Les 5.000 patientes accueillies chaque année et les 35.000 consultations annuelles vont avoir lieu dans les meilleures conditions possibles. De plus la salle spécialisée pour les césariennes est en service.
En avril 1991 a lieu l’inauguration du pavillon mère-enfant, en présence du ministre de la Santé, Bruno Durieux.
Fermeture et Devenir du Site
Malgré ses efforts pour rester à la pointe de la technologie, la maternité Paul Gellé a fini par fermer ses portes en 2017, après avoir vu naître 120.000 enfants. La maternité a été transférée à un nouveau site à Beaumont.
Au soir du 17 mai 2017, le bâtiment est donc complétement désactivé.
Pourtant cela n’empêche rien et, très vite, les locaux désaffectés sont squattés et dégradés et ce malgré la présence régulière d’une entreprise de gardiennage.
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En 2023, la maternité Paul Gellé de Roubaix n’est plus qu’un bâtiment fantôme au milieu d’un terrain envahi de détritus. Ouvert à tous vents, dépouillé de ses portes et fenêtres, le site a été pillé et vandalisé.
Ce qui reste des deux anciens bâtiments devrait être démoli afin que puisse débuter, sur ce site de 6000 mètres carrés, la construction d’ une opération immobilière mixte à savoir : 40 logements locatifs conventionnels du T2 au T4 et autant d’appartements dédiés à des personnes âgées ou handicapées.
Témoignages et Souvenirs
La maternité Paul Gellé a laissé une empreinte indélébile dans le cœur de nombreuses personnes. Les témoignages de ceux qui y ont vécu des moments importants de leur vie sont précieux pour préserver la mémoire de ce lieu.
« J’ai donné naissance à mes 2 enfants à la maternité Paul Gellé. Ma fille y est née en 1985, avant la première rénovation et mon fils en 1991, après la rénovation et juste avant la création de la mairie annexe. Du personnel médical je garde le souvenir d’un grand professionnalisme mais aussi d’un souci constant du bien-être des parents comme des bébés. Je ne m’en souviens pas comme d’une « usine à bébés » mais comme d’un établissement à taille humaine où chaque maman se sentait importante et écoutée.
Le Contexte Urbain et Social
L'histoire de la maternité Paul Gellé est intimement liée à celle de la ville de Roubaix et de ses habitants. Son emplacement, son architecture et son évolution reflètent les transformations urbaines et les enjeux sociaux de l'époque.
L’histoire de cette place commence à la fin du 19ème siècle, lorsque la municipalité se préoccupe de créer des places publiques à Roubaix dans les zones encore peu construites. Le quartier du pont rouge correspond à ce critère : il est constitué d’immenses terrains encore libres. A cet endroit est prévue la construction un hôpital.
Je vous convie aujourd’hui à une promenade autour de la place. On remarque déjà que les propriétaires ont souvent fait construire une série de maisons identiques sur leur terrain. Suivons d’abord l’alignement sud, celui qui est loti le premier, à partir de 1908. Le numéro 1 est réservé pour la maison qui fait le coin, bien qu’elle soit numérotée dans la rue de Lannoy, où elle porte le numéro 248. Cette belle maison apparaît dans les années 1920. Elle est successivement la propriété de deux industriels, Emile Degraeve l’habitera jusqu’à la deuxième guerre. Ensuite, ce sera monsieur Pureur, jusque dans les années 80.
De l’autre côté de la place, au nord, s’édifie en 1914 une pharmacie au coin de la rue de Lannoy. On rencontre également des maisons de caractère sur cet alignement. Les numéros 10 et 12 par exemple.
Passé le coin de la place, qui donne sur les rues St Simon et Screpel, le côté ouest présente un aspect plus composite.
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