L'aménorrhée n'est pas une maladie en soi, mais plutôt un symptôme qui peut signaler diverses conditions sous-jacentes. Elle se définit par l'absence totale de menstruations chez les femmes en âge de procréer, c'est-à-dire après la puberté et avant la ménopause. L'aménorrhée peut être physiologique (normale) dans certaines situations, comme avant la puberté, pendant la grossesse, l'allaitement ou après la ménopause. Cependant, lorsqu'elle survient en dehors de ces contextes, elle peut indiquer un trouble du cycle menstruel nécessitant une investigation.
Définition de l'aménorrhée
L'aménorrhée se définit par une absence totale de menstruations chez les femmes. Elle témoigne d’un trouble du cycle menstruel, lorsqu’elle survient en dehors de certaines périodes où l’absence de règles est physiologique (avant la puberté, pendant la grossesse, l’allaitement ou bien encore après la ménopause). En langage médical, l’absence des règles s’appelle une aménorrhée. Ce n’est pas forcément le signe d’un début de grossesse. En effet beaucoup de raisons peuvent être à l’origine d’une absence de règles, qu’elle dure un mois ou plus longtemps.
Types d'aménorrhée
Il existe deux principaux types d'aménorrhée :
Aménorrhée primaire (ou essentielle) : Elle se caractérise par l'absence de règles chez une adolescente de 15 ans ou plus. Parfois, la puberté est retardée chez des jeunes filles qui ne présentent aucun trouble, et les règles normales apparaissent tout simplement à un âge plus avancé. Si les règles n’apparaissent pas (dans le cas d’une aménorrhée essentielle), les jeunes filles n’entrent pas en puberté et donc, les caractères sexuels secondaires (seins et poils pubiens) ne se développent pas normalement.
Aménorrhée secondaire : Elle se définit par l'interruption des règles pendant plus de trois mois chez une femme qui était auparavant réglée. L’aménorrhée est dite secondaire lorsqu’il y a interruption totale des règles (plus de 3 mois en général) chez une femme ayant déjà eu ses règles mais pas encore ménopausée. C’est la situation la plus fréquente.
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Causes de l'aménorrhée
Les causes de l'aménorrhée varient en fonction de son type (primaire ou secondaire) et peuvent être liées à des facteurs physiologiques, hormonaux, génétiques ou liés au mode de vie.
Causes de l'aménorrhée primaire
Les troubles qui provoquent une aménorrhée primaire sont peu courants, mais les plus fréquents sont :
- Anomalies génétiques : Syndrome de Turner, syndrome de Kallmann (associant un hypogonadisme par insuffisance en hormones gonadotropes hypophysaires et un déficit de la perception des odeurs), surproduction d’hormones masculines par les glandes surrénales, troubles génitaux (hermaphrodisme).
- Malformations congénitales : Les organes reproducteurs sont mal formés, ce qui bloque le flux menstruel. Bon à savoir : les maladies génétiques et les anomalies congénitales à l’origine d’une aménorrhée primaire passent souvent inaperçues jusqu’à la puberté.
Causes de l'aménorrhée secondaire
Les causes les plus courantes de l’aménorrhée secondaire sont :
- Grossesse et allaitement : Après un accouchement, c’est normal d’avoir une absence de règles pendant quelques temps.
- Facteurs liés au mode de vie : Le stress agit souvent sur la régularité du cycle menstruel. Vous venez de vivre un événement douloureux, comme un deuil, un licenciement, un divorce ? Dans ce genre de situation, les règles sont fréquemment perturbées. Soyez rassurée : elles reprendront un peu plus tard, lorsque vous serez moins anxieuse. Un psychologue peut vous accompagner dans votre démarche en téléconsultation !
- Médicaments : Certains médicaments, notamment les antidépresseurs, peuvent avoir des répercussions sur le cycle féminin. Si vous prenez la pilule, les saignements que vous avez après chaque plaquette ne sont pas des vraies règles car l’ovulation est bloquée par les hormones. Ils sont donc rarement abondants et parfois ils n’ont tout simplement pas lieu, notamment si vous prenez une pilule micro progestative. Bon à savoir : il y a normalement toujours de petits saignements pendant la semaine de pause entre 2 plaquettes de pilule oestroprogestative. Après l’arrêt de la pilule, vous pouvez avoir une absence de règles pendant quelques mois. Si vous portez un stérilet hormonal, l’absence totale de règles est logique puisque le stérilet bloque l’ovulation.
- Dysfonctionnement de l'hypothalamus : Dû au stress ou à une activité physique intense, à une mauvaise nutrition, à des troubles mentaux (dépression, trouble obsessionnel compulsif), à une radiothérapie du cerveau ou une lésion cérébrale.
- Dysfonctionnement de l’hypophyse ou de la glande thyroïde : Dû à un trouble tel qu’une tumeur ou un traumatisme crânien, ou à un taux de prolactine élevé.
- Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK).
- Ménopause prématurée.
- Autres causes : Bien que moins courantes, certaines causes de l’aménorrhée secondaire sont également énoncées. Il s’agit entre autres : de maladies chroniques (des poumons, de l’appareil digestif, du sang, des reins ou du foie) ; de certaines maladies auto-immunes ; du cancer ; de l’infection par le VIH ; de la radiothérapie ; des traumatismes crâniens ; de la môle hydatiforme (excroissance du tissu du placenta) ; du syndrome de Cushing ; du dysfonctionnement des glandes surrénales ; des polypes ; des fibromes ; etc.
Symptômes associés à l'aménorrhée
Le principal symptôme de l'aménorrhée est l'absence de règles. À cela, peuvent s’ajouter d’autres symptômes qui peuvent orienter vers une cause. Il s’agit :
- D’un retard de puberté.
- Du développement de caractères masculins tels qu’une pilosité corporelle excessive, une réduction du timbre de la voix et une augmentation de la masse musculaire.
- Des troubles de la vision.
- D’une altération de l’odorat (qui peut faire penser au syndrome de Kallmann).
- Un écoulement laiteux des mamelons pouvant survenir spontanément.
- Une variation importante du poids.
Si l’aménorrhée dure longtemps, la jeune fille ou la femme peut également ressentir des symptômes ressemblant à ceux de la ménopause, tels que : des bouffées de chaleur ; la sécheresse vaginale ; une réduction de la densité osseuse (ostéoporose). Le risque de troubles cardiaques et vasculaires est aussi accru chez ces femmes.
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Diagnostic de l'aménorrhée
Pour poser le diagnostic de l’aménorrhée, le médecin procède à une consultation médicale au cours de laquelle il pose des questions à la patiente sur ses antécédents médicaux, plus précisément sur l’historique de ses menstruations. Un examen clinique est ensuite réalisé. Cela permet au médecin de déterminer si les caractères sexuels secondaires sont bien développés. Les observations faites pendant le relevé des antécédents et l’examen clinique aident le professionnel de santé à mettre en évidence la cause de l’aménorrhée.
Des examens complémentaires peuvent être prescrits, à savoir :
- Un test de grossesse (il peut être effectué même chez les filles qui n’ont pas eu de règles ou qui n’ont aucune activité sexuelle).
- Des analyses de sang pour mesurer les taux d’hormones.
- Des examens d’imagerie permettant d’examiner le système reproducteur (échographie, hystéroscopie, IRM).
Bon à savoir : certains médecins vont prescrire des médicaments hormonaux aux patientes, afin de vérifier s’ils peuvent déclencher les règles.
Traitements de l'aménorrhée
Le traitement de l’aménorrhée passe par la prise en charge de sa cause :
- Si la jeune fille n’a pas encore eu des règles et que tous les examens cliniques sont normaux, une surveillance de sa puberté est réalisée tous les 3 à 6 mois. Pour stimuler la puberté, des progestatifs ou des œstrogènes peuvent être prescrits afin de déclencher les premières règles ainsi que l’apparition des caractères sexuels secondaires, tels que les seins.
- Si l’aménorrhée est due à une anomalie congénitale qui affecte l’appareil génital, une chirurgie peut être envisagée pour rétablir l’écoulement du flux menstruel.
- Si une tumeur est à l’origine de l’aménorrhée, une prise en charge oncologique est nécessaire.
- Si l’aménorrhée est provoquée par un choc, un traumatisme ou des troubles d’ordre psychologique, une prise en charge psychothérapeutique est nécessaire.
- Si l’aménorrhée est causée par la prise de certains médicaments, leur arrêt peut permettre le retour des règles.
Complications possibles de l'aménorrhée
Même si l’aménorrhée en elle-même n’apparaît pas grave, sa cause, elle, peut être sérieuse et doit être prise en charge. Les possibles conséquences à moyen et long terme sur la santé des femmes atteintes sont :
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- Difficultés à devenir enceinte (infertilité).
- Diminution de la densité osseuse.
- Sécheresse vaginale.
- Risque accru de maladies cardiaques et vasculaires.
- Pilosité corporelle excessive.
L’aménorrhée peut également avoir un grand impact psychologique (stress, anxiété, dépression) sur les femmes, lié à l'absence de menstruations et aux implications sur la fertilité.
Quand consulter ?
Il est conseillé aux jeunes filles de consulter un médecin si :
- Elles n’ont pas de signes de puberté avant l’âge de 13 ans.
- Les règles n’ont pas commencé 3 ans après le début du développement des seins.
- Les règles n’ont pas commencé avant l’âge de 15 ans chez les filles qui grandissent normalement et ont développé des caractères sexuels secondaires.
Dans le cas où la femme ou la fille en âge de procréer a eu des règles qui se sont arrêtées, elle doit consulter un médecin si :
- Ses règles sont absentes depuis trois cycles.
- Elle a moins de neuf règles par an.
- Le schéma de ses règles change brusquement.
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