Loading...

Aménorrhée et arrêt d'Imurel : Causes et considérations

L'aménorrhée, définie comme l'absence de menstruations, peut être primaire (absence de règles à l'âge de 16 ans ou plus) ou secondaire (arrêt des règles pendant plus de trois mois chez une femme ayant déjà été réglée). Ses causes sont variées, allant de conditions physiologiques normales à des troubles médicaux sous-jacents. Cet article explore les causes potentielles de l'aménorrhée, en mettant un accent particulier sur l'arrêt de l'Imurel (azathioprine) et ses implications.

Aménorrhée : Un aperçu

L'aménorrhée n'est pas une maladie en soi, mais plutôt un symptôme qui peut indiquer un problème sous-jacent. Il est crucial d'identifier la cause de l'aménorrhée pour mettre en place une prise en charge appropriée.

Aménorrhée Primaire

L'aménorrhée primaire se caractérise par l'absence de règles chez une jeune fille de 16 ans ou plus. Les causes possibles incluent :

  • Retard pubertaire : Peut être d'origine héréditaire, lié à une maladie grave ou à l'anorexie.
  • Anomalies congénitales : Malformations de l'utérus ou défaut de perforation de l'hymen.
  • Maladies génétiques : Syndrome de Turner (monosomie X).
  • Problèmes hormonaux : Mauvais fonctionnement de la région du cerveau contrôlant la production d'hormones sexuelles ou des ovaires.
  • Agénésie du vagin : Chez une jeune fille dont le caryotype est normal, elle s'accompagne le plus souvent d'une agénésie des trompes et de l'utérus qui est réduit à deux bourgeons rudimentaires.

Aménorrhée Secondaire

L'aménorrhée secondaire se définit par l'arrêt des règles pendant plus de trois mois chez une femme ayant déjà été réglée. Les causes peuvent être multiples :

  • Grossesse : La cause la plus fréquente d'aménorrhée secondaire.
  • Allaitement : Les règles réapparaissent généralement quatre à huit semaines après l'accouchement ou la fin de l'allaitement, mais peuvent être retardées par la fatigue ou la dépression.
  • Stress : Un stress important et répété peut provoquer un arrêt de la sécrétion des hormones sexuelles.
  • Troubles de l'alimentation : Anorexie ou boulimie.
  • Exercice excessif : Particulièrement chez les athlètes.
  • Médicaments : Certains médicaments peuvent perturber le cycle menstruel.
  • Problèmes hormonaux : Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), hyperprolactinémie.
  • Maladies chroniques : Troubles de la thyroïde, insuffisance hypophysaire.
  • Ménopause précoce : Arrêt des règles avant l'âge de 40 ans.

Imurel (Azathioprine) et Aménorrhée

L'azathioprine, commercialisée sous le nom d'Imurel, est un immunosuppresseur utilisé dans le traitement de diverses maladies auto-immunes, telles que la polyarthrite rhumatoïde, la maladie de Crohn et la myasthénie grave. Bien que l'aménorrhée ne soit pas un effet secondaire fréquemment rapporté de l'azathioprine, il est important de considérer son impact potentiel sur le cycle menstruel, en particulier lors de l'arrêt du médicament.

Lire aussi: Accouchement à terme : combien de SA ?

Mécanisme d'action de l'azathioprine

L'azathioprine agit en supprimant le système immunitaire, ce qui peut avoir des effets sur la production d'hormones et la fonction ovarienne. L'arrêt de l'azathioprine peut entraîner un rebond de l'activité immunitaire, ce qui pourrait potentiellement perturber le cycle menstruel.

Facteurs à considérer lors de l'arrêt d'Imurel

Plusieurs facteurs doivent être pris en compte lors de l'arrêt de l'Imurel et de son lien potentiel avec l'aménorrhée :

  • Maladie sous-jacente : La maladie pour laquelle l'Imurel était prescrit peut avoir un impact sur le cycle menstruel. L'arrêt du médicament peut entraîner une exacerbation de la maladie, ce qui pourrait indirectement affecter les règles.
  • Autres médicaments : Il est important de considérer les interactions médicamenteuses potentielles. D'autres médicaments pris en concomitance avec l'Imurel pourraient influencer le cycle menstruel.
  • État de santé général : Le stress, les changements de poids, l'exercice excessif et d'autres facteurs liés au mode de vie peuvent également contribuer à l'aménorrhée.

Précautions et recommandations

Si une femme présente une aménorrhée après l'arrêt de l'Imurel, il est essentiel de consulter un médecin pour déterminer la cause sous-jacente. Le médecin peut effectuer un examen physique, prescrire des analyses sanguines (y compris des tests hormonaux) et éventuellement demander des examens d'imagerie pour évaluer la fonction ovarienne et l'état de l'utérus.

Il est également important de discuter avec le médecin de tous les médicaments pris, y compris l'Imurel, ainsi que de tout changement récent dans le mode de vie ou l'état de santé général.

Autres causes potentielles d'aménorrhée et considérations

Outre l'arrêt de l'Imurel, il existe de nombreuses autres causes potentielles d'aménorrhée qui méritent d'être explorées.

Lire aussi: Aménorrhée : Guide complet

Troubles endocriniens

  • Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) : Une condition fréquente où les ovaires produisent un excès d'hormones masculines, entraînant des irrégularités menstruelles, des kystes ovariens et d'autres symptômes.
  • Hyperprolactinémie : Une production excessive de prolactine, une hormone qui stimule la production de lait maternel, peut interférer avec le cycle menstruel. Elle est due à un micro-adénome ou un macro-adénome de l'antéhypophyse qui peut, comme dans le syndrome de Forbes-Albright, comprimer le chiasma optique. Certains médicaments comme l'alphaméthyldopa, la réserpine, le sulpiride ou les phénothiazines, et surtout la pilule contraceptive œstroprogestative, peuvent en être la cause ; l’aménorrhée apparaît alors dès l’arrêt de la contraception.
  • Hypothyroïdie ou hyperthyroïdie : Les troubles de la thyroïde peuvent perturber l'équilibre hormonal et entraîner une aménorrhée.
  • Insuffisance ovarienne prématurée : Une perte de la fonction ovarienne avant l'âge de 40 ans, entraînant une ménopause précoce.
  • Syndrome de Kallmann-De Morsier : Insuffisance congénitale de stimulation des gonades (testicules et ovaires), souvent associée à un déficit de l'odorat.

Tumeurs

  • Craniopharyngiome : Malformation tissulaire embryonnaire de la région hypophysaire. La tumeur, souvent kystique, est visible à l'IRM et de nature bénigne.
  • Arrhénoblastome : Tumeur masculinisante de l'ovaire, le plus souvent bénigne.

Facteurs liés au mode de vie

  • Stress chronique : Le stress peut perturber l'axe hypothalamo-hypophyso-ovarien, entraînant une aménorrhée.
  • Troubles de l'alimentation : L'anorexie et la boulimie peuvent entraîner une perte de poids excessive et des carences nutritionnelles qui affectent le cycle menstruel.
  • Exercice excessif : Les athlètes féminines qui s'entraînent intensivement peuvent présenter une aménorrhée en raison de la faible quantité de graisse corporelle et du stress physique.

Autres conditions médicales

  • Maladie de Behçet : Affection inflammatoire polysystémique, chronique, récidivante qui se caractérise par la triade aphtes buccaux-aphtes génitaux-uvéite et qui peut atteindre aussi le système nerveux central, l'appareil digestif, les articulations, les vaisseaux.
  • Syndrome d'Andersen-Tawil : Maladie rare caractérisée par une paralysie périodique, une prolongation de l'intervalle QT avec une variété d'arythmies ventriculaires (qui prédisposent à une mort subite par arrêt cardiaque), et des traits physiques caractéristiques.

Diagnostic et examens complémentaires

La recherche de la cause d'une aménorrhée nécessite une approche méthodique et peut inclure les examens suivants :

  • Anamnèse et examen clinique : Le médecin interrogera la patiente sur ses antécédents médicaux, ses habitudes de vie, ses médicaments et ses symptômes. Un examen physique sera effectué pour évaluer l'état général de la patiente et rechercher d'éventuelles anomalies.
  • Tests de grossesse : Pour exclure une grossesse comme cause de l'aménorrhée.
  • Analyses sanguines :
    • Dosage des hormones : FSH, LH, prolactine, œstradiol, testostérone, androstènedione, DHEA-S, hormones thyroïdiennes.
    • Caryotype : Pour rechercher des anomalies chromosomiques, notamment en cas d'aménorrhée primaire.
  • Examens d'imagerie :
    • Échographie pelvienne : Pour visualiser l'utérus et les ovaires et rechercher des anomalies structurelles ou des kystes.
    • IRM hypophysaire : En cas d'hyperprolactinémie ou de suspicion de tumeur hypophysaire.
    • Hystérosalpingographie : Examen de la cavité utérine et des trompes.
  • Autres examens :
    • Courbe de température : Tracé relevant les variations de la température corporelle rectale au cours d'un cycle menstruel.
    • Cœlioscopie : Technique chirurgicale mini-invasive de diagnostic et d'intervention sur la cavité abdominale.

Traitement

Le traitement de l'aménorrhée dépend de la cause sous-jacente. Il peut inclure :

  • Modifications du mode de vie : Réduction du stress, adoption d'une alimentation équilibrée, pratique d'une activité physique modérée.
  • Traitement hormonal : Pilule contraceptive, progestatifs, œstrogènes.
  • Médicaments : Bromocriptine (en cas d'hyperprolactinémie), lévothyroxine (en cas d'hypothyroïdie).
  • Chirurgie : En cas de tumeur ou d'anomalie structurelle.

Lire aussi: Aménorrhée post-partum : Comprendre et agir

tags: #aménorrhée #et #arrêt #imurel #causes

Articles populaires:

Share: