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Optimisation de l'Alimentation des Vaches Allaitantes: Stratégies et Bonnes Pratiques

Dans le contexte actuel de 2025, marqué par des prix d'aliments élevés, les éleveurs de vaches laitières et allaitantes sont constamment à la recherche de solutions pour réduire leurs coûts alimentaires et améliorer leurs marges. Cette quête d'efficacité passe souvent par l'identification de substituts à des matières premières coûteuses ou par une optimisation de la distribution des aliments. L'objectif est d'assurer une alimentation équilibrée et adaptée aux besoins spécifiques de chaque animal, tout en maîtrisant les dépenses.

L'Importance Cruciale des Minéraux et Oligo-éléments

Les minéraux et oligo-éléments jouent un rôle essentiel dans la santé, la croissance et la production des bovins. Une carence peut entraîner divers problèmes tels que l'hypocalcémie vitulaire, la tétanie, la non-délivrance, l'affaiblissement du système immunitaire et l'acidose. Il est donc impératif de veiller à ce que l'alimentation des vaches soit suffisamment riche en ces éléments nutritifs.

Rationnement Stratégique: Adapter l'Alimentation aux Besoins Évolutifs

Calculer la ration des vaches allaitantes est une tâche complexe, car leurs besoins nutritionnels varient considérablement en fonction de la période de leur cycle de vie : gestation, sevrage, vêlage, post-vêlage (lactation), reproduction et post-sevrage. Une approche personnalisée est donc indispensable.

L'Exemple de Fabrice: Optimisation de la Ration Laitière

Fabrice, éleveur de 80 vaches laitières dans le Doubs, utilisait auparavant un tableur Excel pour calculer ses rations. Son expérience illustre l'importance d'une approche précise et adaptée.

Remplacer le Blé Tendre: Un Ajustement Bénéfique

Traditionnellement, les éleveurs français donnent à leurs vaches à l'étable une ration à base d'herbe, composée de foin à volonté, complétée par environ 1 kg de blé tendre par jour. Cependant, en retirant le blé tendre de cette ration, il est possible de rééquilibrer l'apport d'énergie (UFL) et de protéines. Dans ce cas, les PDIE (protéines digestibles dans l'intestin, permises par l'énergie) restent élevées grâce à un foin de première coupe riche en énergie.

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Betterave Fourragère: Une Alternative Énergétique Intéressante

La betterave fourragère, riche en sucre, constitue une source d'énergie fiable pour les vaches laitières, avec une valeur énergétique stable d'une année sur l'autre et une valeur en Unité Fourragère Lait (UFL) souvent supérieure à celle de l'ensilage de maïs, surtout en cas de sécheresse. Cette option mérite d'être considérée dans l'élaboration des rations.

Exemple de Ration pour Vaches Charolaises à l'Engrais

Voici un exemple de ration pour un troupeau de 50 vaches ou génisses charolaises de 24 mois à l'engrais :

  • 4,27 kg d'ensilage de maïs
  • 1,32 kg de paille de blé
  • 2,59 kg de maïs
  • 2,60 kg de blé tendre
  • 1,32 kg de tourteau de soja 48
  • 0,3 kg de minéral 10 20 par vache et par jour

Cette ration, bien qu'équilibrée, offre un léger excès de PDIN et PDIE. Elle permet d'obtenir de bonnes performances, avec un GMQ (Gain de poids Moyen Quotidien) de 1 260 grammes.

Optimisation de la Ration: Remplacement du Tourteau de Soja

Pour une ration plus équilibrée, il est possible de conserver la base de 4,27 kg d'ensilage de maïs et les 2,6 kg de blé tendre. Pour les protéines, on peut remplacer le tourteau de soja par de la drèche de blé. L'ajout de maïs épi, considéré comme un fourrage intéressant en termes de rapport qualité-prix par Arnaud, peut également être envisagé en cas de manque d'énergie.

Stratégies Clés pour Réduire les Coûts d'Alimentation

La réduction du coût de l'alimentation doit être abordée de manière réfléchie, en tenant compte des objectifs de production de l'éleveur (niveau de croissance, état de finition, etc.) et des compensations biologiques possibles entre les périodes d'alimentation restreintes ou non.

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Valoriser les Fourrages: Pâturage et Stocks

Favoriser la consommation de fourrages (pâturage ou stocks) par le troupeau reproducteur ou les animaux en finition est une stratégie efficace pour réduire le recours aux concentrés. Une analyse précise de la valeur alimentaire des fourrages permet d'ajuster au mieux les apports aux besoins des animaux.

Transition Alimentaire Progressive lors de la Mise à l'Herbe

La saison de pâturage est un moment clé pour optimiser l'alimentation des vaches. Pour valoriser au mieux l'herbe de printemps, une transition alimentaire progressive est essentielle. L'herbe de printemps, riche en eau, en énergie et en azote, mais pauvre en fibres, en sodium et en magnésium, nécessite des ajustements.

Mesures à Prendre lors de la Mise à l'Herbe

  • Apporter un fourrage grossier (foin ou paille) lors de la mise à l'herbe durant 2 à 3 semaines, en évitant les enrubannages ou les foins de deuxième coupe.
  • Effectuer la mise à l'herbe à 300 °C jour, dès que les sols sont portants et que la hauteur d'herbe avoisine 9-10 cm.

Optimisation du Pâturage: Pâturage Tournant et Légumineuses

Tout au long de la saison de pâturage, la conduite en pâturage tournant permet une meilleure valorisation du potentiel herbager et une réduction des besoins en concentrés, surtout si les prairies sont riches en légumineuses.

Améliorer la Qualité des Fourrages: Stade de Récolte et Techniques

Produire des fourrages plus riches en énergie et en matières azotées est une stratégie gagnante pour réduire les apports en concentrés azotés de la ration. Cela passe par l'optimisation du stade et de la technique de récolte. Par exemple, un gain de 8 g PDIE/kg MS d'ensilage d'herbe est possible en ensilant précocement (1 semaine avant le début de l'épiaison au stade feuillu).

Exemple d'Économie Réalisable avec l'Ensilage d'Herbe

Pour un troupeau de 70 vaches allaitantes alimentées en bâtiment pendant 200 jours, l'introduction de 3 kg de MS d'ensilage d'herbe/vache/jour dans la ration hivernale représente une économie d'environ 3 tonnes de tourteau de soja par an.

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Complémentation des Veaux au Pâturage: Adapter les Apports

L'efficacité de la complémentation des veaux sous la mère au pâturage varie fortement en fonction de la disponibilité en herbe. Une réduction de 1 kg par jour de l'apport de concentrés peut entraîner une baisse de la croissance des veaux de l'ordre de 120 à 300 g/j. La réduction d'apport de concentrés permet une ingestion supplémentaire d'herbe presque équivalente, à condition qu'elle soit disponible sur la parcelle.

Réduire la Dépendance aux Concentrés: Améliorer la Gestion du Pâturage

Un bon moyen de réduire la dépendance aux concentrés et l'impact d'un surcoût est d'améliorer la gestion du pâturage. Une réduction des apports de concentrés jusqu'à 1,5 kg/vache/jour pendant 2 à 3 mois sur la seconde partie de l'hiver est possible. En pratique, cela correspond à une suppression de l'apport de concentrés pour les multipares.

Conséquences de la Réduction des Concentrés

En contrepartie, une perte d'état corporel de l'ordre de 0,2 point et une diminution de la croissance des veaux d'environ 100 g/j sont attendues. Si les fourrages sont distribués à volonté, la consommation supplémentaire de fourrages permise par la réduction des concentrés viendra atténuer ces effets.

Bénéfices du Pâturage de Printemps

Suite à une période de restriction, le pâturage de printemps permettra une reprise d'état corporel des vaches plus rapide et une stimulation de la production laitière.

Conditions Préalables à la Suppression des Concentrés

Avant de supprimer l'apport de concentrés dans les rations, il est essentiel de s'assurer des points suivants :

  • Disposer de fourrages de qualité « ordinaire » en quantité suffisante.
  • Avoir des vaches avec une note d'état corporel moyenne de 2,0 en milieu d'hiver.
  • Avoir des disponibilités de surfaces pâturées au printemps et optimiser la conduite au pâturage afin d'avoir suffisamment d'herbe jusqu'au sevrage des veaux.

Surveillance de l'Ingestion de Fourrage

Il est impératif de s'assurer que les animaux ingèrent une quantité suffisante de fourrage (environ 1,6 kg de MS ingérée/100 kg de poids vif avant le vêlage et 1,8 kg de MS ingérée/100 kg de poids vif un mois après le vêlage).

Perte de Poids Attendue et Reprise de Poids Nécessaire

Sans apport de concentrés et avec des animaux en bon état corporel en début d'hiver, la note d'état corporel moyenne des vaches passera de 3 à 2 durant la période hivernale, ce qui correspond à une perte de poids d'environ 50 kg vifs en considérant des vaches de 750 kg vifs. Durant cette phase du cycle de production, il est impératif que les vaches soient en situation de reprise de poids.

Analyse des Fourrages et Ajustement de la Ration

Pour garantir une alimentation équilibrée, il est nécessaire de déterminer la valeur alimentaire des fourrages, le taux de matière sèche de l'ensilage le cas échéant, et les quantités distribuées de fourrages. Si les besoins ne sont pas couverts, une quantité de concentré énergétique et/ou protéique sera ajoutée pour équilibrer la ration. Une analyse de fourrages et un contrôle par pesée des quantités offertes peuvent permettre d'économiser jusqu'à 1 kg de concentrés par vache et par jour.

Allotement des Vaches: Adapter l'Alimentation aux Besoins Spécifiques

Dans les systèmes allaitants qui utilisent des mélangeuses, le principe est d'alloter les mères en fonction de la date de vêlage prévue ou réalisée. Lorsque primipares et multipares sont mélangées dans une même case, la distribution d'une ration mélangée unique conduit à une mauvaise répartition de l'alimentation apportée, à cause de la différence de capacité d'ingestion des jeunes et des adultes (10 à 15 % d'écart). Dans ce cas, la ration conduit à un état corporel des adultes plus élevé et souvent excessif (vaches grasses) et se révèle finalement coûteuse.

Gérer l'Excès d'État Corporel en Période Hivernale

Dans les systèmes avec ensilage de maïs, un état corporel des vaches excessif est souvent constaté en période hivernale. Dans cette situation, les régimes alimentaires manquent en général de fibrosité et sont de fait, ingérés en trop grande quantité. La marge de manœuvre ne porte pas sur la réduction de la complémentation, mais plutôt sur une diminution globale des quantités apportées.

Rationnement Stratégique: Une Approche Économique

Il n'est pas toujours nécessaire de saturer la capacité d'ingestion des vaches, et une alimentation rationnée sur certaines périodes peut parfois permettre des économies substantielles. Des observations réalisées à la ferme de Jalogny montrent qu'à défaut de pouvoir apporter de la fibre complémentaire (paille ou foin), des vaches et génisses alimentées à hauteur de 80 % de leur capacité d'ingestion ne posent pas de problème de comportement.

Gestion de la Croissance des Génisses

Après la puberté (autour de 450 kg vifs), les génisses tolèrent des fluctuations de croissance. La réduction de 1 UFL du niveau énergétique de la ration (soit 1 kg de céréales) se traduira par une baisse de la croissance de 200 g/j, soit 10 à 20 kg de poids vif en moins qui sont « rattrapables » lors de la mise à l'herbe au printemps. L'organisation du pâturage de printemps doit permettre une disponibilité d'herbe suffisante en quantité et en qualité, notamment sur la deuxième partie du printemps.

Préparation de l'Hiver: Anticiper pour Gagner en Efficacité

Il est important de préparer l'hiver en amont pour gagner en efficacité et en organisation du travail. Pour les vaches allaitantes, l'allotement doit considérer essentiellement deux facteurs :

  • La période de vêlage : une vache gestante a moins de besoins qu'une vache qui élève son veau et qui va entrer en période de reproduction.
  • Le rang de vêlage : un apport supérieur est conseillé pour les primipares pour assurer la reproduction.

Pour les génisses, une attention particulière doit être accordée lors de leur premier hiver après leur sevrage.

Connaître les Ressources Fourragères: Quantité et Qualité

Avant l'entrée en bâtiment, il est nécessaire avant tout de connaître la quantité de fourrages récoltés. Connaître la qualité des fourrages est tout aussi important que la quantité afin d'optimiser leur utilisation. La valeur des fourrages dépend du type, des conditions de récolte et des espèces récoltées. Elle est très liée également au stade de récolte et donc à la précocité des fauches. La valeur alimentaire du fourrage récolté se dégrade généralement avec le rendement. Toutes les catégories animales n'ont pas les mêmes niveaux de besoins.

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