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Recommandations en matière d'alimentation du nourrisson selon le Collège de Pédiatrie

Introduction

L'alimentation du nourrisson est une étape cruciale pour sa croissance et son développement. Les besoins nutritionnels évoluent rapidement au cours des premières années de vie, nécessitant une attention particulière et des recommandations adaptées. Cet article vise à fournir une vue d'ensemble des recommandations actuelles en matière d'alimentation infantile, en s'appuyant sur les données et les conseils des experts en pédiatrie.

L'importance du lait maternel

Le lait maternel est l'aliment idéal pour le nourrisson. Il répond parfaitement à ses besoins nutritionnels et sa composition s’adapte continuellement. Le lait maternel fournit le calcium, les macronutriments (lipides, glucides et protéines), les micronutriments (vitamines, fer, zinc, etc.) et l'hydratation nécessaires au bébé. De plus, il est recommandé pour tous les enfants prématurés, quel que soit leur terme.

Alternatives à l'allaitement maternel

Si l'allaitement maternel n'est pas possible ou souhaité, les préparations infantiles constituent une alternative acceptable. Elles sont conçues pour répondre aux besoins nutritionnels du nourrisson en calcium, macronutriments (lipides, glucides et protéines), micronutriments (vitamines, fer, zinc, etc.) et en hydratation.

Diversification alimentaire

À partir de 4 à 6 mois, les besoins nutritionnels du bébé évoluent, et la diversification alimentaire peut être envisagée après avoir consulté un pédiatre. Cette étape consiste à introduire progressivement de nouveaux aliments dans l'alimentation de l'enfant. Les repas se diversifient de plus en plus, permettant à l'enfant de manger presque comme les adultes, tout en tenant compte de ses besoins spécifiques.

Besoins nutritionnels spécifiques des enfants de moins de 3 ans

Il est essentiel de comprendre que les besoins nutritionnels des enfants de moins de 3 ans diffèrent de ceux des adultes. La plupart des produits transformés ne sont pas adaptés aux jeunes enfants. Il est donc important d'éduquer les enfants aux goûts et aux saveurs en leur proposant une alimentation variée et équilibrée, en mettant de la couleur dans l'assiette et en présentant les repas de manière appétissante.

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Conseils pour une alimentation saine et équilibrée

Plusieurs conseils peuvent aider à instaurer de bonnes habitudes alimentaires chez l'enfant :

  • Donner envie en montrant le plaisir que les parents prennent à manger.
  • Mettre en place un environnement adapté : repas pris à heures fixes, sans écrans ni distractions, à table et si possible, en famille.
  • Encourager l'autonomie en guidant l'enfant vers une alimentation autonome.
  • Aider l'enfant à reconnaître les signes de satiété.

Rôle clé du lait et des produits laitiers

Le lait (idéalement maternel) et les produits laitiers jouent un rôle clé dans les premières années de l'enfant. Ils contribuent à la couverture des besoins en calcium et en protéines, essentiels pour la croissance et le développement osseux.

Nouvelles recommandations européennes et rappels préventifs

Récemment, l'EFSA a publié de nouvelles recommandations européennes avec un seuil plus strict et des méthodes de test harmonisées pour tous les fabricants. Pour tenir compte de cette évolution, des rappels préventifs de laits infantiles peuvent être effectués afin de garantir le niveau de sécurité le plus élevé pour le bébé.

Besoins énergétiques et apports nutritionnels recommandés (ANR)

Besoins énergétiques

Les besoins énergétiques, exprimés en kilocalories (kcal), sont d’autant plus élevés que l’enfant est en phase de croissance rapide, notamment au cours des 2 premières années et pendant la puberté. Le poids de naissance double vers 4-5 mois, triple vers un an, et quadruple vers 2,5 ans.

La dépense énergétique (DE) de base est mesurée le matin, chez un sujet à jeun depuis 12 heures, éveillé mais au repos, allongé et dans une ambiance proche de la neutralité thermique. Chez le jeune enfant, la DE de repos (DER) est mesurée dans des conditions similaires, mais sans jeûne prolongé.

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La DE liée à l’activité physique est très variable selon l’âge et le type d’activité physique. Elle augmente avec l'âge. La DE de thermorégulation varie en fonction de l’environnement thermique, de l’âge de l’enfant et de sa protection vestimentaire.

Le coût énergétique de la croissance est maximal durant les 6 premiers mois de la vie, où il représente 20-25 % des ingesta, avant de diminuer ensuite rapidement.

Les apports nutritionnels doivent couvrir la dépense énergétique de repos, la thermorégulation, la transformation des nutriments en source d’énergie et l’activité physique. Chez l’enfant et l’adolescent, ils doivent aussi couvrir la croissance.

Protéines

Les protéines constituent la source d’azote de l’organisme. Elles apportent les acides aminés que l’organisme ne peut synthétiser, dénommés indispensables, assurent le développement musculaire et squelettique, et la production de protéines fonctionnelles (immunoglobulines, hémoglobine, enzymes). Les ANC en protéines sont de l’ordre de 10 g/j jusqu’à l’âge de 2 ans, puis d’environ 1 g/kg/j.

Lipides

En raison de leur densité calorique de 9 kcal/g, les lipides contribuent beaucoup à la couverture des besoins énergétiques. Les apports lipidiques doivent également assurer les besoins en vitamines liposolubles (A, D, E et K), et en acides gras essentiels (AGE). Les AGE sont constitués de 2 acides gras polyinsaturés : l’acide linoléique (C18:2n-6) et l’acide α-linolénique (C18:3n-3). Ce sont les constituants indispensables des membranes cellulaires, en particulier du tissu cérébral.

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À partir des AGE se produisent une série d’élongations et de désaturations aboutissant à des acides gras polyinsaturés à longue chaîne (AGPI-LC), principalement l’acide arachidonique (C20:4n-6) pour la série n-6 et l’acide docosahexaénoïque (C22:6 n-3) pour la série n-3.

Glucides

Les glucides ont essentiellement un rôle d’apport calorique. Leur source principale pendant les premiers mois d’alimentation lactée exclusive est le lactose (glucose + galactose). Les recommandations identifiées relatifs aux glucides chez l’adulte s’appliquent. Le non-dépassement de ces valeurs seuils est un enjeu de santé publique.

Minéraux et oligo-éléments

Les besoins en fer sont importants à couvrir chez le nourrisson, en raison du rôle essentiel du fer dans la synthèse de l’hémoglobine et comme cofacteur de croissance. Quel que soit l’âge, l’absorption intestinale du fer est basse, de l’ordre de 10 % environ, ce qui explique que les ANC atteignent 6-7 mg/j jusqu’à 10 ans pour couvrir des besoins de 1-2 mg/j . Le fer héminique (viande, poisson) est mieux absorbé que le fer non héminique (lait, végétaux, œuf).

Comme pour les vitamines, l’ANSES a réévalué les RNP en minéraux et oligo-éléments pour les enfants et les adolescents.

Vitamines

Les références nutritionnelles en vitamines ont la plupart du temps étaient extrapolées à partir de celles de l’adulte et augmentent progressivement avec l’âge (sauf pour la vitamine D). Seule la couverture de la RNP en vitamine D reste difficile à atteindre chez l’enfant et l’adolescent de 4 à 17 ans. Cette valeur, définie pour une synthèse cutanée nulle, n’est pas atteignable par l’alimentation habituelle.

La vitamine D joue un rôle essentiel pour l’absorption intestinale du calcium, la minéralisation osseuse et la prévention du rachitisme. La vitamine K joue un rôle essentiel dans la synthèse des facteurs de coagulation, en particulier en période néonatale.

Eau

L’eau représente 75 % du poids du corps les premières semaines de vie et 60 % à l’âge d’un an. Le nourrisson est très dépendant des apports hydriques du fait de ce contenu en eau élevé et de l’immaturité des fonctions de concentration-dilution des urines.

Activité physique et NAP

Pour les enfants de 4 à 9 ans, le niveau d'activité physique (NAP) peut varier de 1,4 à 1,8. L’ANSES s’est basé sur les besoins énergétiques moyens par tranche d’âge proposés par l’EFSA (2019). Concernant les protéines, la limite basse permet de couvrir le besoin, sans le surestimer, quels que soient la stature et le NAP des enfants.

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