La consommation d'alcool pendant la grossesse est un sujet de santé publique majeur, et il est crucial de comprendre les risques associés à l'exposition du fœtus à l'alcool. Cet article vise à informer sur les effets de l'alcool éthylique pendant la grossesse, les conséquences potentielles pour l'enfant à naître, et les perceptions actuelles concernant la consommation d'alcool pendant cette période délicate.
L'Alcoolisation Fœtale : Un Problème de Santé Publique
En France, la consommation d'alcool chez la femme enceinte est la première cause non génétique de handicap mental chez l'enfant. Malgré cette réalité alarmante, une étude de l'Institut de veille sanitaire parue en 2013 révèle qu'environ 23 % des Françaises consomment de l'alcool pendant leur grossesse. Cette statistique souligne l'importance de sensibiliser davantage les femmes enceintes aux dangers de l'alcool.
Les Mécanismes de la Toxicité de l'Alcool sur le Fœtus
Pendant la grossesse, la prise d’alcool est particulièrement néfaste car l’alcool passe la barrière du placenta et se retrouve dans le sang du fœtus à des concentrations plus élevées que celles présentes dans le sang de la mère. En effet, le foie du fœtus n’est pas encore capable d’éliminer l’alcool comme chez les adultes. La consommation de boissons alcoolisées est toxique pour le fœtus à tous les stades de la grossesse.
Les Conséquences de l'Exposition Prénatale à l'Alcool
Les conséquences de l’exposition du fœtus à l’alcool sont regroupées sous le terme d’ « ensemble de troubles causés par l’alcoolisation fœtale (ETCAF) ». Au cours du premier trimestre, l’alcool peut être à l’origine de malformations anatomiques du visage du bébé. Ces troubles peuvent entrainer pendant l’enfance des difficultés d’apprentissage, des troubles du langage, des problèmes de mémoire et de raisonnement, ainsi qu’un retard du développement moteur (équilibre, temps de réaction, coordination des mouvements, etc.). Des troubles du développement social peuvent également apparaître à l’adolescence, ainsi que des troubles du psychisme.
Même si le cerveau du bébé est formé en fin de grossesse, la consommation d'alcool peut entraîner des pathologies. «Le cerveau du fœtus pendant le troisième trimestre n'est toujours pas capable de supporter l'alcool, mais les risques sont différents. Plus que des anomalies organiques, l'alcool provoquera des troubles comportementaux. L'exposition prénatale à l'alcool augmente également le risque de dépendance à vie chez l’enfant. Une étude révèle que même une exposition faible à modérée à l'alcool peut entraîner des troubles anxieux sévères chez l’enfant dès l'adolescence et à l'âge adulte.
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Chaque année, dans le monde, près de 120.000 enfants naissent avec le SAF, un syndrome qui entraîne des risques sévères pour l'enfant à naître et pourtant évitable. En passant du sang maternel vers le sang du fœtus, au travers du placenta, l'alcool entraîne un risque d'atteinte des fonctions cérébrales et/ou de malformations irréversibles très élevé.
Connaissances et Perceptions des Risques Liés à l'Alcool pendant la Grossesse
Des enquêtes ont été menées afin de mieux comprendre pourquoi l’alcoolisation fœtale était encore un problème en France aujourd’hui. Dans la très vaste majorité des cas, l’alcoolisation fœtale est observée chez des femmes qui sont dans l’ignorance ou le déni de la toxicité des boissons alcoolisées pendant la grossesse et qui, de plus, tendent à sous-estimer leur consommation.
Selon une récente enquête de Santé publique France, 25% des Français déclarent qu'un verre d'alcool consommé par la femme enceinte pour les grandes occasions ne comporte pas de risque. «Malgré des améliorations, il existe encore un écart entre la connaissance du "zéro alcool pendant la grossesse" et les perceptions des niveaux de consommation à risque pour des faibles quantités», note Santé publique France.
Conseils et Précautions
Lorsqu’une consommation problématique est dépistée, le médecin va mettre en place un plan d’action visant à diminuer, si possible supprimer, la quantité de boissons alcoolisées ingérée pendant la grossesse. S’il craint des conséquences précoces de l’alcoolisation fœtale, il alertera la future mère et son obstétricien pour permettre une prise en charge adaptée du nouveau-né dès l’accouchement.
La gynécologue Carole Maitre rassure : «La consommation d'alcool en début de grossesse comporte moins de risques, car nous en sommes effectivement au stade de la division cellulaire. Donc si une maman a bu pendant le premier mois, ce n'est pas si grave. Mais comme nous ne savons pas actuellement définir un seuil de sécurité en dessous duquel l'alcool n'est pas dangereux, il vaut mieux s'abstenir de boire dès que l'on a fait un test qui s'est révélé positif. Et, de manière absolue, à partir du deuxième mois de grossesse.
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Même enceinte, la tentation de boire un verre exceptionnellement le soir du 31 décembre peut être grande. De préférence une coupe de champagne plutôt qu’un verre de vodka. La gynécologue le confirme : «Le danger pour le bébé dépend du taux d'alcoolémie et de la quantité d'alcool ingérée. Alors boire une coupe de champagne ou un verre de vin n'est pas si grave, surtout si c'est durant le premier trimestre.
Concernant l'alcool utilisé en cuisine, comme dans le coq au vin, les bananes flambées ou le baba au rhum, il est important de noter que «Pendant la cuisson, l'alcool ne disparaît pas totalement : le baba au rhum par exemple est fortement arrosé d'alcool. De plus, tout dépend du métabolisme de la mère, de son poids et de sa capacité à éliminer l'alcool. Par précaution, il vaut mieux s'abstenir. Moins on absorbe d'alcool, mieux c'est.
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