L'interruption volontaire de grossesse (IVG), qu'elle soit médicamenteuse ou chirurgicale, est un acte médical encadré par la loi en France depuis 1975. Bien que l'IVG soit un droit pour les femmes, il est essentiel de comprendre les effets secondaires potentiels et les complications possibles qui peuvent survenir. Cet article a pour but d'informer de manière exhaustive sur ces aspects, afin de permettre aux femmes de prendre des décisions éclairées concernant leur santé reproductive.
L'IVG en France : Un Droit Encadré
En France, l’IVG est un droit acquis depuis 1975, grâce à la loi Veil, et a été modifiée en 2001. Elle est autorisée pour mettre fin à une grossesse non désirée, dans un délai de 14 semaines d’absence de règles, comme c’est le cas en Allemagne, en Italie, en Belgique ou encore en Grèce. Le délai de réflexion de sept jours avant l’IVG n’est désormais plus obligatoire, et le consentement parental n’est plus un préalable obligatoire pour les mineures.
Malgré l’efficacité des méthodes de contraception hormonale et leur nombre croissant, le nombre d’IVG n’a guère baissé en trente ans en France. L’interruption de grossesse est également autorisée, sans délai limite d’intervention, lors de malformations fœtales importantes ou de maladie grave de la mère. On parle alors d’interruption médicale de grossesse (IMG).
Les Différentes Méthodes d'IVG
Il existe deux méthodes principales pour réaliser une IVG :
L'IVG médicamenteuse : Elle consiste en la prise de deux types de médicaments à différents intervalles, la mifépristone et le misoprostol. Ces derniers ont pour effet d’interrompre la grossesse et d’expulser l’œuf. Elle peut être pratiquée jusqu’à la 7e semaine de grossesse, soit 9 semaines d'aménorrhée.
Lire aussi: Les coulisses en série
L'IVG chirurgicale (ou instrumentale) : Elle consiste en l’aspiration du contenu de l’utérus sous anesthésie locale ou générale. L’aspiration est précédée d’une préparation du col de l’utérus par la prise de mifépristone ou de misoprostol. Elle peut être réalisée jusqu'à 14 semaines de grossesse, soit 16 semaines d'aménorrhée.
Effets Secondaires et Complications de l'IVG Médicamenteuse
L'IVG médicamenteuse, bien que considérée comme une méthode sûre, peut entraîner certains effets secondaires et, dans de rares cas, des complications.
Effets secondaires fréquents
- Douleurs : Les douleurs sont fréquentes lors d’une IVG médicamenteuse, et leur intensité varie d’une femme à l’autre. Elles ressemblent généralement à des douleurs de règles plus intenses que d’habitude, et sont provoquées par les contractions utérines qui permettent d’expulser la grossesse. Des antidouleurs sont systématiquement prescrits à l’avance. Dans le cas d’une IVG médicamenteuse, les douleurs peuvent être très intenses (entre 8 et 10 sur une échelle de 10) avec un pic au troisième jour après la prise du premier médicament. Pour soulager la douleur, il est possible d’avoir recours à un antalgique ou à des antispasmodiques prescrits par le médecin.
- Saignements : Des saignements, ou métrorragies, souvent plus abondants que des règles, accompagnent systématiquement l’expulsion de la grossesse. Ils surviennent le plus souvent dans les 3 à 4h suivant la prise du misoprostol (deuxième médicament). Les saignements peuvent persister jusqu’à 30 jours après la prise du premier médicament. Les saignements peuvent être importants au moment de l’expulsion de l’œuf et ne pas être compatibles avec les activités professionnelles. L’hémorragie vaginale survient le plus souvent dans les 3 ou 4 heures qui suivent la prise du second médicament. Il est recommandé de ne pas être seule à son domicile à ce moment-là.
- Troubles gastro-intestinaux : Des troubles gastro-intestinaux (nausées, vomissements, diarrhées) surviennent fréquemment.
- Fatigue, vertiges, nausées : Dans les jours qui suivent un avortement médicamenteux, la fatigue, les vertiges et les nausées sont particulièrement répandus.
Complications possibles
Bien que rares, les complications suivantes peuvent survenir après une IVG médicamenteuse :
- Hémorragie : Une hémorragie peut survenir notamment si la grossesse n’a pas été complètement expulsée. Si vous devez changer de serviette hygiénique toutes les 30 minutes (serviette taille maxi) pendant plus de deux heures de suite, vous devez rapidement contacter le professionnel de santé qui vous a suivie pour l’IVG.
- Infection : Une infection peut survenir dans le cas où la grossesse n’aurait pas été totalement expulsée.
- Douleurs persistantes : Des douleurs peuvent persister malgré la prise de médicaments antidouleurs.
- Grossesse extra-utérine non diagnostiquée : L’IVG médicamenteuse est contre-indiquée si on a diagnostiqué une grossesse extra-utérine (situation dans laquelle la grossesse se développe en dehors de l’utérus, par exemple dans une trompe).
- Échec de l'IVG : Il existe un risque possible de poursuite de la grossesse. Le taux de réussite des pilules abortives est de 95%, d’où la nécessité d’un contrôle 14 à 21 jours après l’IVG.
Signes d'alerte
Dans les jours suivant l’IVG, si vous présentez l’un ou plusieurs des symptômes/signes suivants, vous devez alors rapidement contacter le professionnel de santé qui vous a suivie pour l’IVG, car cela peut être un signe de complication :
- De la fièvre, avec une température supérieure à 38 °C ;
- Des pertes très abondantes de sang ;
- Un malaise ;
- De très fortes douleurs abdominales qui persistent malgré la prise des antidouleurs.
Suivi médical
Afin de s’assurer de l’absence de complications post IVG, une consultation de contrôle est programmée 14 à 21 jours suivant l’IVG. Cette consultation est indispensable pour vérifier que l’avortement a bien fonctionné. Le médecin pratique un examen clinique, un test urinaire et éventuellement une échographie.
Lire aussi: Avortement : l'opinion de Meghan McCain
Effets Secondaires et Complications de l'IVG Chirurgicale
L'IVG chirurgicale, comme toute intervention chirurgicale, comporte des risques et des effets secondaires potentiels.
Effets secondaires fréquents
- Douleurs : Des douleurs de règles liées aux contractions utérines peuvent survenir après l’intervention.
- Saignements : Des saignements plus abondants que des règles habituelles peuvent survenir à la suite de l’intervention pendant quelques jours.
- Fièvre : De la fièvre peut survenir dans les jours qui suivent l’intervention.
Complications possibles
Bien que rares, les complications suivantes peuvent survenir après une IVG chirurgicale :
- Lésions : Des lésions au niveau du col de l’utérus ou de la paroi utérine liées à l’intervention sont des complications très peu fréquentes.
- Complications liées à l’anesthésie : Des complications liées à l’anesthésie peuvent survenir (allergies aux produits d’anesthésie par exemple) tout comme pour toute autre intervention. Ces complications sont rares et la consultation d’anesthésie préopératoire permet de réduire considérablement ces risques.
- Hémorragie : Une hémorragie peut survenir.
- Infection : Une infection peut survenir.
- Douleurs persistantes : Des douleurs peuvent persister malgré la prise de médicaments antidouleurs.
- Perforation de l’utérus : La perforation de l’utérus est une complication rare mais grave.
Signes d'alerte
En cas de fièvre, de pertes de sang importantes ou de fortes douleurs abdominales dans les jours qui suivent l’IVG chirurgicale, il est recommandé d’appeler rapidement l’établissement où a eu lieu l’IVG. Ainsi, dans les jours suivant l’IVG, si vous présentez l’un ou plusieurs des symptômes/signes suivants, vous devez alors rapidement contacter le professionnel de santé qui vous a suivie pour l’IVG, car cela peut être un signe de complication:
- De la fièvre, avec une température supérieure à 38 °C ;
- Des pertes très abondantes de sang qui peuvent être le signe d’une hémorragie ;
- Un malaise ;
- De très fortes douleurs abdominales qui persistent malgré la prise des antidouleurs.
Suivi médical
Une visite de contrôle est nécessaire 14 à 21 jours après l’IVG pour s’assurer de l’efficacité de la méthode et de l’absence de complications. Afin de s’assurer de l’absence de complications post IVG, une consultation de contrôle est programmée 15 à 21 jours suivant l’IVG.
Impact Psychologique de l'IVG
Vivre un avortement peut être éprouvant, sans compter les effets secondaires liés à la prise des médicaments. Même après une décision réfléchie, il se peut que vous ressentiez une certaine tristesse voire une culpabilité après l’intervention. Après un avortement, certaines femmes peuvent se sentir libérées et apaisées. D’autres, au contraire, vivent plus ou moins bien cette période. Certains spécialistes parlent de syndrome post-IVG. Les hormones reviennent à leur état normal, ce qui peut entraîner un sentiment de tristesse, voire un état dépressif. Si l’on vous a forcé à avorter, vous pouvez ressentir de la colère, un fort sentiment d’injustice ou de la culpabilité. Peut-être également que vous n’étiez pas tout à fait sûre de votre décision et que vous regrettez. La vie après l’avortement peut être différente. Il se peut que vous vous sentiez seule. Votre entourage et votre famille vous semblent peu sensibles à ce qui vous arrive : « avorter, c’est tellement fréquent et tellement simple aujourd’hui !», vous répète-t-on. Parfois, vous vous sentez presque coupable d’être triste alors que vous pensiez au contraire vous libérer et que vous devriez vous sentir joyeuse. Il arrive également qu’un avortement bouleverse le couple. Votre compagnon ou votre époux vous écoute, mais vous sentez bien qu’il n’a pas vécu ce traumatisme dans sa chair. Votre sentiment de solitude en est renforcé. Le dialogue entre vous est devenu compliqué. Vous avez du mal à partager votre chagrin. Peut-être que vous vous rendez compte que vous auriez aimé qu’il souhaite garder le bébé… et vous lui en voulez.
Lire aussi: Le Débat sur l'Abolition de la Peine de Mort
Quelle que soit votre situation, il est important d’être accompagnée et soutenue. Ne restez pas seule. N’hésitez pas à vous confier à une personne de confiance ou à en parler avec un professionnel de santé ou un psychologue. Vous pouvez aussi contacter l’antenne du la plus proche de chez vous ou le numéro vert national "IVG, , sexualité" (par téléphone ou via le tchat) afin d’être orientée vers des associations légitimes et adéquates, et/ou vers un psychologue. Vous pouvez également vous rendre dans un centre de santé sexuelle ou un Espace vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS).
Fertilité Après un Avortement
L'IVG, réalisé dans de bonnes conditions (personnel formé, matériel stérile, établissement équipé, etc.) comme cela est possible en France, n'a pas d'impact sur la fertilité de la femme. D’ailleurs, vous pouvez très vite tomber enceinte de nouveau. C’est pourquoi le choix d’une méthode contraceptive est abordé au cours de la procédure d'IVG.
Retour des Menstruations
En général, les menstruations reprennent 4 à 6 semaines après l’intervention. Au début, elles peuvent être moins régulières qu’en temps normal. Sous pilule contraceptive, les règles reviennent généralement dès la fin de la première plaquette. Les premières règles sont souvent très différentes des menstruations habituelles. Elles sont soit beaucoup plus abondantes ou plus longues, soit beaucoup moins importantes et plus courtes.
tags: #avortement #effets #secondaires