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Deux fausses couches précoces : causes et perspectives

La fausse couche, un événement traumatisant, est définie comme la perte d'un fœtus avant la 20e semaine de grossesse, survenant le plus souvent au cours du premier trimestre. Des douleurs et des saignements peuvent alerter la femme enceinte de la survenue de cette fausse couche qui, par définition, implique l’arrêt de l’activité cardiaque du fœtus. On parle de fausses couches répétées à partir de deux fausses couches consécutives avant 40 ans. Bien que la plupart des fausses couches soient des événements isolés, environ 2 à 5 % des femmes connaissent des fausses couches à répétition, définies comme au moins deux avortements spontanés successifs. Cet article explore les causes potentielles de deux fausses couches précoces et offre des perspectives sur les solutions possibles.

Fréquence des fausses couches

Nous observons des fausses couches dans environ 25% de l’ensemble des grossesses débutantes, elles seront dites répétées dans 5% des cas. Si les fausses couches isolées sont fréquentes, représentant 15% des grossesses identifiées, les fausses couches à répétition sont plus rares et ne représentent que près de 2% de toutes les grossesses.

Causes génétiques

L’altération chromosomique de l’embryon est de loin la cause la plus fréquente de fausse-couche spontanée durant le premier trimestre de grossesse (observée dans au moins 50% des cas), particulièrement ses dernières années, depuis que les femmes ont retardé leur première grossesse à des âges plus avancés. Les anomalies génétiques pourraient provoquer jusqu’à 50% des fausses couches. La moitié des fausses couches répétées sont liées à des anomalies chromosomiques. Cette anomalie peut être accidentelle lors de la fécondation, ou être portée par l’un des membres du couple. La conséquence : elle va entraîner la formation à répétition d’œufs anormaux.

Caryotype

Une consultation génétique peut être envisagée, afin de rechercher ces anomalies : il s'agira d'établir le caryotype sanguin. L’analyse se résume à une prise de sang faite à chaque membre du couple. Le généticien va vérifier que le nombre de chromosomes correspond à la normalité, et surtout que leur composition est correcte.

Facteurs liés à l'âge

L’âge est un facteur important, lié à la diminution de la fertilité et à l’augmentation du taux de fausses-couches d’origine embryonnaire. Le risque d’avortement spontané augmente avec l’âge de la mère. On estime que ce risque est de 9 % à 20 ans, de 20 % à 35 ans, de 40 % à 40 ans et de 80 % au-delà de 45 ans.

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Causes anatomiques

Parfois, l’anomalie se trouve au niveau de l’utérus. Utérus cloisonné (séparé par une cloison), bicorne (en deux parties), synéchies (accolement des deux faces de l'intérieur de l'utérus), endométriose (présence de morceaux d’endomètre en dehors de la cavité utérine)… Ces malformations d'origine congénitale ou pathologique peuvent gêner l’implantation de l’œuf et entraîner un avortement spontané.

Examens d'imagerie

Des examens d'imagerie (échographie ou IRM pelvienne) permettent de détecter ce type de problème.

Causes hormonales

De nombreux dérèglements hormonaux peuvent provoquer des fausses couches répétitives, comme par exemple une augmentation de la prolactine, un déficit en œstrogènes/progestérone, un problème de thyroïde… Près de 15 % des avortement spontanés sont liés à une insuffisance ovarienne.

Bilan hormonal

Pour détecter ces anomalies, un bilan hormonal doit être réalisé au 3e jour du cycle.

Causes immunologiques

Il arrive que les fausses couches répétées aient une cause immunologique. Le système immunitaire de la mère produit des anticorps qui rejettent l’embryon. Syndrome Antiphospholipide (SAF), observé chez 10 à 15% des femmes qui souffrent de fausses-couches à répétition. Ce syndrome appartient à un groupe de situations caractérisées par l’augmentation de la coagulabilité sanguine dénommées dans l’ensemble thrombophilies. Les thrombophilies peuvent avoir une origine génétique-congénitale (dans ces cas les personnes naissent avec certains facteurs en lien avec la formation et la dissolution de caillots qui sont altérés) ou une origine acquise liée à une altération de l’immunité. Le SAF appartient au groupe des thrombophilies acquises.

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Infections

Certaines maladies maternelles augmentent le risque de fausse couche. une infection, par exemple la toxoplasmose, la rubéole, la listériose, l’infection par les salmonelles ou le cytomégalovirus, etc. Infections: Toxoplasme, Cytomégalovirus, Rubéole, Herpes, Urée plasmatique, Chlamydia, …les agents infectieux pouvant déboucher sur la perte de grossesse sont nombreux. Cependant, aucun d’eux ne durent suffisamment long temps pour produire des pertes à répétition.

Facteur masculin

Facteur Masculin: classiquement on ne lui attribuait aucune valeur de cause sauf chez les hommes présentant des altérations du caryotype. Les recherches réalisées ces dernières années indiquent que des altérations dans la formation des spermatozoïdes (spermatogénèse) peuvent être à l’origine des fausses-couches à répétition.

Causes inexpliquées

Malgré l’avancée de la recherche, 50% des fausses couches répétées restent aujourd’hui inexpliquées. Après avoir réalisé toutes les études pertinentes connues actuellement, pour un pourcentage de patientes il sera impossible d’identifier la cause. Pour tenter de mieux comprendre les fausses couches inexpliquées (la grande majorité des cas encore aujourd’hui), l’immunologie est une approche étudiée par le Dr Nathalie Lédée et ses équipes depuis de nombreuses années. Ce profil, réalisé grâce au test PCT/EP2013/065355 conçu et breveté par MatriceLab, permet de mieux comprendre les fausses couches inexpliquées et de proposer des traitements pour favoriser le bon déroulement de la grossesse suivante. En dosant des biomarqueurs précis grâce à un test RT-PCR réalisé à partir d’une biopsie d’endomètre réalisée en consultation, on cherche le mécanisme de la fausse couche (des mécanismes de nutrition de l’embryon insuffisant ?

Traitements possibles

En fonction des résultats médicaux des examens réalisés face à des fausses couches à répétition, plusieurs traitements sont possibles. En cas d’anomalies génétiques, chromosomiques ou utérines, une fécondation in vitro est parfois proposée. Lorsqu’on décèle un dérèglement hormonal, un traitement à base d’hormones spécifiques prescrites à un certain moment du cycle permet bien souvent de régler le problème. Enfin, en l’absence de causes identifiées par les spécialistes (ce qui arrive souvent), on donne à certaines femmes de l’aspirine : 75 mg par jour dès le début de la grossesse. Un anticoagulant, l’Héparine, est également prescrit.

Impact psychologique

A la douleur et la culpabilité, s’ajoute alors l’incompréhension. Pour autant, si ces expériences sont bouleversantes et frustrantes, il ne faut pas désespérer, car elles se terminent bien souvent par un heureux événement. De plus, bien que cela reste très désagréable, faire plusieurs fausses couches n’est pas dangereux pour la santé (du moins la santé physique).

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Importance du recueil des données cliniques

L’étude de l’échec implantatoire ou des fausses couches à répétition doit commencer par un recueil minutieux et détaillé des données cliniques. Cela commence par une évaluation des antécédents familiaux et par un interrogatoire de chacun des membres du couple.

Facteurs à ne pas considérer comme causes

Contrairement à ce que croient de nombreuses personnes, l'activité et les efforts physiques, le travail ou les relations sexuelles n'ont aucun effet sur le risque de fausse couche.

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