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Viviparité placentaire et aplacentaire : les différences expliquées

La vie a pour but unique de se perpétuer. Tous les êtres vivants de la planète ont progressivement mis en place des stratégies de vie adaptées à l'environnement dans lequel ils évoluent. Parmi ces différentes stratégies, la reproduction occupe une place essentielle. Les êtres vivants peuvent notamment se différencier par la manière de donner la vie. Vivipare, ovipare et ovovivipare… Vous observez une partie commune à ces trois mots : “pare”. L’origine de cet élément linguistique se situerait dans la langue grecque, avec le terme “poro", qui signifie donner, mais aussi dans la langue ancienne de l’Inde, le sanskrit, avec le préfixe "para", qui a le sens de produire. Ces deux termes auraient tout deux contribué à la construction de la racine latin “-per”, à l’origine du verbe “parere”, engendrer. On la retrouve dans le terme “parents”. Dans le terme “vivipare”, “vivi” signifie “vivant”. Chez les animaux vivipares, l'embryon se développe à l'intérieur du corps de l'un de ses parents qui est, sauf exception, le parent femelle. Dans le terme “ovipare”, “ovi” signifie “œuf”. Le terme “ovovivipare” se construit en combinant “ovo” et “vivi”. En se référant à ce que l’on a dit des deux termes précédents, il est question d'œuf et d'un corps hôte. Il s’agit de cas particuliers d’oviparité : l’œuf se développe dans un corps.

Cet article explore en détail les différences entre la viviparité placentaire et aplacentaire, en particulier chez les requins, en s'appuyant sur des exemples concrets observés dans la mer d'Andaman et au-delà.

Les modes de reproduction chez les requins

Chez les requins, il existe trois modes principaux de reproduction :

  • Oviparité : Les requins ovipares pondent des œufs. C'est le cas, par exemple, des roussettes.
  • Ovoviviparité (viviparité aplacentaire) : Les petits se développent dans les utérus maternels à partir de leurs propres réserves vitellines (le jaune de l’œuf).
  • Viviparité (placentaire) : Les embryons sont nourris par la mère dans les utérus grâce à une structure placentaire.

Une des caractéristiques des requins est la fécondation interne : pour cela, le mâle a deux organes copulateurs, les ptérygopodes, qu’il introduit dans le cloaque de la femelle pour la féconder. Les périodes de gestation sont longues, pouvant durer jusqu’à 24 mois chez l’aiguillat commun. La viviparité (aplacentaire ou placentaire) permet une meilleure survie des jeunes à la naissance. Les jeunes requins mènent une vie libre et indépendante (pas de soins parentaux) dès leur naissance. Cette meilleure survie est obtenue au détriment de la fécondité : le plus prolifique est le requin-baleine avec des portées maximales de 300 petits, mais de nombreux requins ne produisent que quelques petits par an, voire un seul.

Viviparité aplacentaire

La viviparité aplacentaire est le mode de reproduction le plus courant chez les requins. La femelle produit des petits qui complètent leur développement dans l’utérus en puisant leur nourriture dans leur sac vitellin.

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Exemples de requins vivipares aplacentaires :

  • Requin nourrice (Nebrius ferrugineus) : Cette espèce est vivipare aplacentaire, avec 20 à 50 petits par portée. L'analyse de l'ADN a montré que les portées peuvent contenir des petits provenant de plusieurs mâles.
  • Requin tigre (Galeocerdo cuvier) : Le requin tigre est le seul carcharinidé vivipare aplacentaire, sans lien placentaire avec l'utérus. Les embryons se développent dans des coquilles protectrices contenant un liquide jaunâtre. Ils ont un estomac partiellement évasé, ce qui leur permet d'absorber les nutriments supplémentaires contenus dans le liquide et d'avoir des petits plus grands à la naissance. Il est important de noter que, contrairement au requin tigre de sable (Carcharias taurus), le requin tigre (Galeocerdo cuvier) ne pratique pas le cannibalisme intra-utérin.
  • Requin-baleine (Rhincodon typus) : On pense que les requins baleines sont ovovivipares (viviparité aplacentaire), ce qui signifie que les œufs se développent à l'intérieur du corps de la femelle et éclosent à l'intérieur. Les embryons n'ont pas de lien placentaire avec la mère et sont d'abord nourris par le sac vitellin, puis par le lait utérin sécrété par les villosités de la paroi utérine interne.
  • Grand requin blanc (Carcharodon carcharias) : Chez cette espèce, la gestation est extrêmement longue: on estime qu’elle dure environ 12 mois. Le vêlage a lieu au printemps et en été dans les zones tempérées des deux hémisphères. À la naissance, les bébés ont une nouvelle cicatrice «ombilicale» qui les identifie immédiatement comme des nouveau-nés. Une portée est composée d’un nombre de petits allant de 2 à 17. Le bas nombre de embryons s’explique facilement par le fait que bien que la mère soit de taille considérable, les petits requins à la naissance sont de taille considérable, avec une longueur totale comprise entre 81 et 151 cm, il serait donc impossible pour la mère de porter un plus grand nombre de bébés. L’ophagie est également présente chez cette espèce: cela signifie que les embryons non seulement se nourrissent du sac vitellin, mais se nourrissent également d’œufs non fécondés spécialement produits par la mère.

Viviparité placentaire

Dans la viviparité placentaire, la fécondation a lieu à l'intérieur de l'organisme et les embryons sont d'abord nourris par le sac vitellin (jaune d'œuf). Plus tard, le pédoncule vitellin se transforme en cordon ombilical et le sac vitellin en placenta. Ce lien placentaire permet aux embryons d'être nourris et de participer à des échanges métaboliques avec la mère requin pendant la période de gestation. Cela signifie également que ces requins ont un nombril !

Exemples de requins vivipares placentaires :

  • Requin de récif à pointe blanche (Triaenodon obesus) : Cette espèce est vivipare placentaire. Les portées sont composées de 1 à 5 petits, dont la longueur varie de 52 à 60 cm à la naissance. La mère ne prodigue aucun soin parental après la naissance des petits.
  • Requin à pointe d'argent (Carcharhinus albimarginatus) : Le requin à pointes d'argent est une espèce vivipare avec un placenta de type sac vitellin. Chaque portée se compose habituellement de 1 à 11 petits. La période de gestation dure environ 12 mois, pendant laquelle les embryons se développent à l'intérieur de l'utérus de la mère et sont nourris par un placenta à sac vitellin.
  • Requin de récif à pointe noire (Carcharhinus melanopterus) : Les requins de récifs à pointe noire sont vivipares, donnant naissance à des petits entièrement développés. Après une période de gestation de sept à seize mois, variant selon la localisation géographique, deux à quatre petits naissent, ils mesurent de 30 à 50 cm. La femelle possède deux utérus distincts, chacun destiné à nourrir un embryon individuel.

Tableau comparatif : Viviparité placentaire vs. Aplacentaire

CaractéristiqueViviparité placentaireViviparité aplacentaire (Ovoviviparité)
Nutrition embryonnaireL'embryon est nourri par un placenta, qui assure un échange direct de nutriments et de gaz entre la mère et l'embryon.L'embryon se nourrit principalement des réserves vitellines (sac vitellin) présentes dans l'œuf. Dans certains cas, il peut y avoir une consommation d'œufs non fécondés (oophagie) ou d'autres embryons (cannibalisme intra-utérin).
Lien mère-embryonLien physique direct via le placenta.Pas de lien physique direct après l'épuisement des réserves initiales de l'œuf.
"Nombril"Présent (cicatrice ombilicale à la naissance).Absent.
ExemplesRequin de récif à pointe blanche, Requin à pointe d'argent, Requin marteau.Requin nourrice, Requin tigre, Requin baleine, Grand requin blanc.
Soins parentaux après naissanceAbsents.Absents.
Avantages potentielsFournit un apport nutritionnel plus constant et potentiellement plus riche à l'embryon, ce qui peut favoriser une croissance plus rapide et une taille plus importante à la naissance.Permet une certaine indépendance de la mère après la fécondation, car l'embryon se développe principalement grâce à ses propres réserves. L'oophagie ou le cannibalisme intra-utérin peuvent augmenter les chances de survie de l'embryon le plus fort.
Inconvénients potentielsNécessite un investissement énergétique important de la part de la mère pendant la gestation.La taille des jeunes à la naissance peut être limitée par la quantité de réserves vitellines disponibles.
EnvironnementPlus fréquent chez les espèces de pleine eau.Fréquent chez les espèces benthiques et pélagiques.

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