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La Vaccination contre la Fièvre Jaune chez l'Enfant : Informations Essentielles

La fièvre jaune est une infection virale grave transmise par les moustiques, présente dans certaines régions tropicales d'Afrique et d'Amérique du Sud. La vaccination est un moyen essentiel de protection, particulièrement pour les enfants voyageant ou résidant dans ces zones à risque. Cet article détaille les aspects importants de la vaccination contre la fièvre jaune chez l'enfant.

Qu'est-ce que la Fièvre Jaune ?

La fièvre jaune est une arbovirose due à un Flavivirus. Elle est transmise par la piqûre d'un moustique du genre Aedes. La maladie commence par un syndrome grippal intense, avec une forte fièvre. Dans environ 15 % des cas, elle se complique rapidement par une jaunisse, une hémorragie des muqueuses et des vomissements sanglants. Le foie, les reins et le cœur peuvent être sérieusement atteints. La mort survient dans 50 à 80 % des cas.

Répartition Géographique et Transmission

Le virus de la fièvre jaune est endémique dans certaines zones tropicales d’Afrique et d’Amérique du Sud. En 2021, le nombre des pays ayant signalé des cas probables ou certains n'a jamais été aussi élevé depuis 20 ans dans la Région africaine. En Amérique du Sud, des cas ont été signalés en 2021 au sein de populations faiblement immunisées (Brésil, Bolivie, Pérou, Vénézuela).

Dans les zones urbaines et dans certaines zones rurales, la fièvre jaune se transmet par les piqûres de moustiques infectés de l'espèce Aedes aegypti et par d’autres moustiques vivant dans les forêts d’Amérique du Sud. Les moustiques piquent le jour. La transmission a lieu jusqu’à 2.300 mètres d’altitude. Le virus de la fièvre jaune contamine l’homme et le singe. Dans la jungle et les forêts, les singes sont le principal réservoir de l’infection, la transmission d’un singe à un autre étant assurée par les moustiques. Les moustiques infectants provoquent des cas sporadiques ou de petites flambées en piquant les personnes qui pénètrent dans les zones de forêt. Dans les zones urbaines, les singes n’interviennent généralement pas dans la transmission et l’infection est transmise d’une personne à une autre par les moustiques. L’introduction de l’infection dans des zones urbaines à forte densité de population peut provoquer d’importantes épidémies de fièvre jaune. Dans les régions humides de savane en Afrique, on observe un schéma de transmission intermédiaire.

Importance de la Vaccination

La vaccination contre cette maladie (dite vaccination anti-amarile) est indispensable, dès l’âge de neuf mois (parfois 6 mois si nécessaire), pour tout séjour dans une région située entre les tropiques, en Afrique ou en Amérique du Sud, même en l’absence d’obligation administrative. Attention, lorsque l’on vient d’un pays infecté, la vaccination peut être obligatoire pour pénétrer dans de très nombreux pays. La vaccination est obligatoire pour les résidents en Guyane et les voyageurs qui s'y rendent.

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La vaccination contre la fièvre jaune est très efficace (pratiquement 100%). La mise au point du vaccin a permis de faire chuter le nombre de cas dans le monde et de voir la maladie disparaître en Europe.

Recommandations Générales en France

En France, la vaccination contre la fièvre jaune est obligatoire pour les personnes âgées de plus de 12 mois voyageant ou résidant en Guyane (décret n° 87-525 du 9 juillet 1987 modifiant le décret 67-428 du 22 mai 1967). Elle est recommandée chez les voyageurs âgés de plus de 9 mois qui se rendent dans des pays où sévit la maladie.

Recommandations Particulières

  • En milieu professionnel : En Guyane, une seconde dose est recommandée 10 ans après la primovaccination pour les personnels de laboratoire susceptibles d’être exposés au virus de la fièvre jaune.
  • Pour les voyageurs : La vaccination est indispensable pour les personnes voyageant ou résidant dans les régions intertropicales d’Afrique et d’Amérique du Sud, et ce, même en l’absence d’obligation administrative (exigée par certains pays pour l’entrée sur leur territoire). Elle peut également être exigée, même pour un simple transit, chez les personnes âgées d’un an et plus, non vaccinées, se rendant d’une zone endémique dans une zone non endémique mais réceptive.

Calendrier et Schéma de Vaccination

La vaccination est recommandée selon les pays, à partir de l’âge de 9 mois pour les enfants se rendant dans un pays à risque. Exceptionnellement, elle peut être effectuée dès l’âge de 6 mois, si le nourrisson doit séjourner en milieu rural ou en forêt en zone endémique, ou si une épidémie sévit dans la région visitée.

Schéma de vaccination général

Adultes et enfants à partir de l’âge de 9 mois (exceptionnellement entre 6 et 9 mois, dans des circonstances particulières) : 1 dose au moins 10 jours avant le départ. Les personnes dont la vaccination contre la fièvre jaune date de plus de dix ans et qui se rendent dans un pays où une circulation active du virus dans la population est signalée. L’immunité protectrice apparaît dans les dix jours suivant l’injection.

Validité du Certificat de Vaccination

En mai 2014, sur la base des données de surveillance disponibles, le Groupe stratégique consultatif d’experts sur la vaccination de l’OMS a conclu qu'une dose unique de vaccin antiamarile suffit à conférer une immunité durable et une protection à vie contre la fièvre jaune et qu’il est inutile d’administrer une dose de rappel. Dans le contexte des voyages internationaux, la période de validité du certificat international de vaccination contre la fièvre jaune et la durée de la protection conférée par la vaccination antiamarile aux termes du Règlement sanitaire international (RSI) est passée, depuis le 11 juillet 2016, de dix ans à la vie entière du sujet vacciné.

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Vaccination en Guyane

En France, l’impact de la vaccination peut être évalué en Guyane, seul département situé dans une zone amarile. La vaccination contre la fièvre jaune y est obligatoire depuis 1967. La couverture vaccinale y est élevée. En 2009, une enquête exhaustive a été réalisée auprès de l’ensemble des enfants scolarisés, montrant une couverture vaccinale de 95,9% [95,5-96,3] sans qu’il y ait une différence significative entre les zones et entre les tranches d’âge. Le dernier cas de fièvre jaune autochtone identifié en Guyane remonte à 1998 chez une personne vivant à la frontière avec le Surinam.

Contre-indications et Précautions

Le vaccin contre la fièvre jaune étant un vaccin vivant atténué, il est par principe contre-indiqué chez les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées.

Situations spécifiques à considérer

  • Grossesse : Le vaccin contre la fièvre jaune ne doit être utilisé chez la femme enceinte qu’en cas de nécessité absolue et seulement après évaluation soigneuse des risques et bénéfices.
  • Allaitement : Stamaril® ne doit pas être administré aux mères qui allaitent, sauf en cas de besoin clairement identifié comme dans le cadre de la lutte contre une épidémie, et après évaluation du rapport bénéfice/risque. En raison du passage dans le lait maternel du virus vaccinal pendant la virémie post-vaccinale, il paraît souhaitable d’attendre que le nourrisson ait atteint l’âge de 6 mois pour vacciner une mère qui allaite.
  • Sujets immunodéprimés : Stamaril® ne doit pas être administré aux personnes immunodéprimées. Si l’immunodépression est temporaire, la vaccination doit être retardée jusqu’à ce que la fonction immunitaire soit revenue à la normale. Il est conseillé aux patients qui ont reçu des corticoïdes par voie générale pendant quatorze jours ou plus, de retarder la vaccination d’au moins un mois après la fin du traitement.
  • Infection par le VIH : Stamaril® ne doit pas être administré aux personnes souffrant d’une infection symptomatique par le VIH ou d’une infection asymptomatique par le VIH quand elle est accompagnée d’une déficience prouvée de la fonction immunitaire.
  • Enfants nés de mères séropositives pour le VIH : Les enfants âgés d’au moins 6 mois peuvent être vaccinés s’il est confirmé qu’ils ne sont pas infectés par le VIH. Les enfants d’au moins 6 mois infectés par le VIH qui nécessiteraient une protection contre la fièvre jaune doivent être orientés vers une équipe pédiatrique spécialisée qui donnera son avis sur la possibilité ou non de vacciner.
  • Enfants âgés de 6 à 9 mois : Stamaril® ne doit pas être administré aux enfants de moins de 6 mois. Les enfants âgés de 6 à 9 mois peuvent être vaccinés seulement dans des circonstances particulières (ex : épidémies majeures) et sur la base des recommandations officielles en vigueur.
  • Personnes âgées de 60 ans et plus : Des effets indésirables graves et potentiellement mortels peuvent se produire à des fréquences plus élevées après l’âge de 60 ans. Par conséquent, le vaccin doit uniquement être administré aux personnes présentant un risque élevé de contracter la fièvre jaune.
  • Enfants dont les mères sont traitées pendant la grossesse ou allaitement par l’infliximab : L’administration d’un vaccin vivant (tels que le vaccin BCG) à un nourrisson allaité, lorsque la mère est traitée par infliximab n’est pas recommandée, sauf si les taux sériques d’infliximab chez le nourrisson sont indétectables.
  • Autres situations : Stamaril® ne doit pas être administré par voie intramusculaire aux personnes souffrant de troubles hématologiques comme l’hémophilie, la thrombocytopénie ou aux personnes traitées par anticoagulants, l’injection par voie intramusculaire pouvant causer des hématomes au site d’injection.

Contre-indications supplémentaires

La vaccination est contre-indiquée en cas d’ablation ou de dysfonctionnement du thymus et en cas de déficit immunitaire héréditaire ou acquis : personne ayant eu une transplantation d’organe, infection à VIH/sida, si le taux de lymphocytes CD4 est inférieur à 200/mm3, lors de chimiothérapie anticancéreuse et pendant les 6 mois qui suivent son arrêt, pendant un traitement immunosuppresseur et les 3 mois qui suivent l’arrêt, certaines maladies rares exposant à une baisse de l’immunité.

Certificat de contre-indication

Lorsque la vaccination ne peut être faite, les voyages dans les zones où sévit la maladie sont formellement déconseillés. Néanmoins, en cas de contre-indication, le médecin ou le centre de vaccination agréé remet deux certificats au voyageur. Le premier explique la raison de la contre-indication en français, en anglais et, si possible, dans la langue du pays visité. Le deuxième est placé dans le carnet de vaccination international et indique qu'il existe une contre-indication au vaccin.

Effets Indésirables Possibles

Environ 16% des sujets vaccinés peuvent présenter de légères réactions (de type douleur, érythème ou œdème) au site d’injection, ainsi que des réactions générales à type de céphalées, myalgies et asthénie. Ces effets indésirables transitoires (quelques heures à deux jours) peuvent survenir dans les deux à dix jours après l’injection. Ils disparaissent spontanément sans aucune séquelle.

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Les réactions d’hypersensibilité immédiate à type d’anaphylaxie, tout comme des troubles neurologiques de type encéphalite, sont extrêmement rares, avec une incidence de l’ordre de 2 cas pour un million de doses.

Bien que rarissimes, des réactions post-vaccinales sévères de type neurotrope (8 cas rapportés/million de doses) et viscérotrope (4 cas rapportés/million de doses), parfois fatales, ont été rapportées dans la littérature internationale depuis 2001.

Maladies neurotropes (YEL-AND)

Très rarement, des cas de maladies neurotropes associées à la vaccination anti-amarile (YEL-AND) ont été rapportés avec des séquelles ou une évolution fatale dans certains cas. Les signes cliniques sont apparus dans le mois suivant la vaccination, avec une fièvre élevée et des céphalées pouvant évoluer en confusion mentale, encéphalite/encéphalopathie, méningite, déficits neurologiques focaux ou syndrome de Guillain-Barré. À ce jour, la plupart des cas ont été rapportés chez des sujets primovaccinés dans un délai de 30 jours suivant la vaccination. Le risque semble plus élevé chez les sujets âgés de plus de 60 ans, bien que des cas aient aussi été rapportés chez des personnes plus jeunes. L'immunodéficience congénitale ou acquise a également été reconnue comme étant un facteur de risque potentiel.

Maladies viscérotropes (YEL-AVD)

Très rarement, des cas de maladies viscérotropes associées à la vaccination anti-amarile (YEL-AVD) ressemblant à une infection fulminante par le virus sauvage ont été rapportés. Les signes cliniques peuvent inclure fièvre, fatigue, myalgies, céphalées, hypotension pouvant évoluer en acidose métabolique, cytolyse des muscles et du foie, lymphocytopénie et thrombocytopénie ou insuffisance rénale ou respiratoire. Le taux de mortalité se situe autour de 60%. À ce jour, la plupart des cas de maladies viscérotropes associés à la vaccination anti-amarile sont survenus chez des sujets primovaccinés, dans un délai de dix jours après la vaccination. Le risque semble plus élevé chez les personnes âgées de plus de 60 ans, cependant des cas ont été rapportés chez des personnes plus jeunes. Les pathologies du thymus ont aussi été reconnues comme étant un facteur de risque potentiel.

Administration du Vaccin

Le vaccin contre la fièvre jaune ne peut être effectué que dans les centres de vaccination anti-amarile agréés. Le vaccin est administré par voie sous-cutanée (ou plus rarement par voie intramusculaire) à la dose de 0,5 ml (dosage unique). Il se présente sous forme de poudre. La suspension vaccinale est reconstituée en injectant le solvant dans l’ampoule ou le flacon de poudre. Après reconstitution, le vaccin doit être administré immédiatement (présentation unidose) ou dans les six heures suivant sa reconstitution, à condition qu’il ait été conservé au réfrigérateur entre + 2 °C et + 8 °C (présentation multidose).

Coût et Prise en Charge

Cette vaccination n’est pas prise en charge par l’assurance maladie. Les complémentaires santé (mutuelles) peuvent éventuellement prendre en charge tout ou une partie des frais si le contrat souscrit le prévoit.

Interactions Médicamenteuses et Vaccinales

  • Le vaccin anti-amaril peut être administré simultanément, mais en deux sites d’injection séparés et de préférence sur deux membres différents, avec le vaccin contre l’hépatite A, et le vaccin polyosidique Vi contre la typhoïde.
  • La co-adminsitration avec le ROR doir être évitée, en respectant un délai minimal de un mois entre les deux injections.
  • Lorsqu’une autre vaccination avec un vaccin viral vivant est envisagée (rougeole notamment), Il est recommandé d'administrer les 2 vaccins le même jour, dans des sites d'injection différents ou à 4 semaines d'intervalle.

Carte des Zones à Risque et Pays Exigeant la Vaccination

En 2016, en raison de la réapparition et de l’extension géographique de la fièvre jaune au Brésil, la carte des zones où la vaccination contre cette maladie est recommandée a été modifiée. Les pays qui exigent une vacccination contre la fièvre jaune à jour et où la maladie est présente sont : l'Angola, le Burundi, le Congo, la Côte d'Ivoire, le Gabon, le Ghana, la Guinée Bissau, le Mali, le Niger, l'Ouganda, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, la Sierra Leone, le Soudan du Sud, le Tchad et le Togo.

Il est essentiel de consulter les recommandations vaccinales officielles et les cartes des zones à risque mises à jour par l'OMS avant tout voyage.

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