La coqueluche est une maladie respiratoire très contagieuse qui se transmet par les gouttelettes émises lors de la toux. Elle représente un danger particulier pour les très jeunes nourrissons non vaccinés, surtout avant l'âge de 3 mois. Pour comprendre l'importance de la vaccination et son calendrier, cet article détaille les aspects essentiels de la coqueluche et les recommandations vaccinales en vigueur.
La Coqueluche : une Maladie à Surveiller
Chez les nourrissons non vaccinés, la coqueluche peut entraîner des accès de toux sévères, provoquant des difficultés respiratoires importantes, de l'asphyxie, des apnées et des bradycardies (ralentissement du rythme cardiaque). D'autres complications, comme les pneumopathies de surinfection, peuvent également survenir. Il est alarmant de constater que, dans environ 50 % des cas, la contamination des nourrissons provient de leurs parents.
Dans sa forme la plus grave, la coqueluche dite "maligne" se manifeste par une détresse respiratoire suivie d'une défaillance polyviscérale, affectant plusieurs organes vitaux comme le foie, les reins et le cerveau. Cette forme est responsable de la quasi-totalité des décès liés à la coqueluche.
Chez les enfants vaccinés antérieurement et chez les adultes, l'immunité diminue progressivement, ce qui explique la variabilité de la gravité de la maladie. Elle peut aller d'une forme typique à une simple toux banale. La coqueluche chez l'adulte est souvent méconnue et devrait être envisagée en cas de toux persistante ou s'aggravant au-delà d'une semaine, surtout si elle est associée à un contact avec une personne atteinte de coqueluche et qu'elle présente les caractéristiques d'une toux coquelucheuse (aggravation nocturne et insomnie).
Les Vaccins Contre la Coqueluche : Comprendre les Termes
Pour bien comprendre les recommandations vaccinales, il est essentiel de connaître les types de vaccins disponibles. Les vaccins contre la coqueluche sont toujours des vaccins combinés, c'est-à-dire qu'ils contiennent plusieurs antigènes. Par exemple, DTCaPolio et dTcaPolio sont des vaccins combinés qui protègent contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche et la poliomyélite.
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La lettre "D" indique l'antigène diphtérique à pleine dose, utilisé chez les enfants. La lettre "d" représente un antigène diphtérique sous-dosé, utilisé chez l'adulte pour minimiser le risque de réactions allergiques après la vaccination, comme le phénomène d'Arthus (gonflement au site d'injection ou fièvre modérée).
Les vaccins contre la coqueluche identifiés par "Ca" ou "ca" sont dits acellulaires. Ils ne contiennent pas de cellules bactériennes entières, mais uniquement des antigènes purifiés, contrairement aux vaccins dits "entiers inactivés".
Calendrier Vaccinal : Protéger les Enfants Dès le Plus Jeune Âge
Une nouvelle loi, en vigueur depuis le 1er janvier 2018, rend la vaccination contre la coqueluche obligatoire avant l'âge de 18 mois. Les recommandations actuelles sont les suivantes :
- Primovaccination des nourrissons : Depuis 2013, elle comprend deux injections à l'âge de 2 et 4 mois, suivies d'un rappel à l'âge de 11 mois (schéma "2+1" au lieu de "3+1" avant 2013). Cette stratégie vise à offrir une protection précoce et efficace.
- Rappel coquelucheux à 6 ans : Un rappel est recommandé à l'âge de 6 ans avec une dose de vaccin diphtérie-tétanos-poliomyélite (DTCaP). Ce rappel renforce la protection vaccinale des enfants primo-vaccinés avec le vaccin coquelucheux acellulaire (utilisé depuis 2006) et des générations futures vaccinées selon le schéma "2+1".
- Rappel entre 11 et 13 ans : Ce rappel, prévu depuis 1998, est administré avec le troisième rappel diphtérie, tétanos et poliomyélite, en utilisant un vaccin à doses réduites d'anatoxine diphtérique et d'antigènes coquelucheux (dTcaP).
- Rappel à 25 ans : Dans le cadre du calendrier vaccinal en vigueur, le rappel recommandé à l'âge de 25 ans doit inclure la valence coqueluche (vaccin dTcaP), sauf si la personne a reçu une dose de vaccin coquelucheux dans le cadre du cocooning moins de cinq ans auparavant.
Vaccination de la Femme Enceinte et "Cocooning" : Protéger les Nourrissons
La Haute Autorité de santé (HAS) recommande de vacciner les femmes enceintes contre la coqueluche à partir du deuxième trimestre de grossesse, en privilégiant la période entre 20 et 36 semaines d'aménorrhée (soit entre le début du 5e mois et la fin du 8e mois de grossesse). Cette vaccination permet de transmettre des anticorps protecteurs au nourrisson.
Le "cocooning" est une stratégie de vaccination qui vise à protéger le nourrisson en vaccinant les personnes susceptibles d'être en contact étroit et durable avec lui au cours de ses 6 premiers mois. Cela peut inclure :
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- Le conjoint
- La fratrie
- Les grands-parents
- Les baby-sitters
Les recommandations pour le cocooning sont les suivantes :
- Les personnes non vaccinées contre la coqueluche ou n'ayant pas reçu de vaccin coquelucheux depuis l'enfance reçoivent une dose de vaccin dTcaP, en respectant un délai d'un mois par rapport au dernier vaccin dTP (au lieu de deux ans auparavant).
- Les personnes antérieurement vaccinées à l'âge adulte contre la coqueluche dans le cadre du cocooning, et qui sont de nouveau en situation d'être en contact étroit et durable avec des nourrissons âgés de moins de 6 mois, reçoivent une dose de rappel de vaccin dTcaP si la vaccination anticoquelucheuse antérieure remonte à plus de 10 ans. Un délai d'un mois doit être respecté par rapport à un éventuel vaccin dTP.
- Il n'est pas nécessaire de revacciner les personnes éligibles à la vaccination moins de 10 ans après une coqueluche documentée, si celle-ci est recommandée.
Autres Populations Cibles pour la Vaccination
Outre les nourrissons, les femmes enceintes et l'entourage des nouveau-nés, la vaccination contre la coqueluche est également recommandée pour :
- Le personnel soignant dans son ensemble, y compris dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Les personnes concernées, non antérieurement vaccinées contre la coqueluche ou n’ayant pas reçu de vaccin coquelucheux depuis l’âge de 18 ans et dont le dernier rappel date de plus de cinq ans recevront une dose de vaccin dTcaPolio en respectant un délai minimal d’un mois par rapport au dernier vaccin dTPolio.
Il est important de noter que l’immunité coquelucheuse après la maladie naturelle est de l’ordre d’une dizaine d’années. Il n’y a pas lieu de revacciner les personnes éligibles à la vaccination moins de 10 ans après une coqueluche documentée.
Surveillance Épidémiologique en France
La coqueluche a été surveillée en France par déclaration obligatoire jusqu'en 1986. Après une interruption de 10 ans, la surveillance a repris grâce au réseau Renacoq, qui surveille les formes pédiatriques sévères dans 42 hôpitaux de métropole (environ un tiers des admissions pédiatriques nationales). Les nourrissons de moins d'un an, et particulièrement ceux de moins de 3 mois, sont les plus à risque.
De 1996 à 2012, 3318 cas de coqueluche ont été confirmés chez les nourrissons de moins de 6 mois. L'évolution de l'incidence annuelle des cas de coqueluche chez les moins de 3 mois a révélé cinq pics épidémiques en 1997, 2000, 2005, 2009 et 2012-2013. Cependant, l'incidence nationale redressée a significativement diminué au cours de cette période, passant de 444 cas pour 100 000 nourrissons de moins de 3 mois en 2000 à 96 cas pour 100 000 en 2010.
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Parmi les 2 227 cas notifiés, 18 % ont été admis en service de réanimation, dont 88 % étaient âgés de moins de 3 mois. Trente-sept décès (2 %), dont 89 % concernaient des nourrissons âgés de moins de 3 mois, ont été identifiés. La létalité est restée stable au cours de la période, entre 1 et 3 % des cas déclarés. Un seul décès a été identifié chez un nourrisson vacciné âgé de 3 mois qui n’avait reçu qu’une seule dose de vaccin (cas ancien, pour lequel le délai entre la vaccination et la survenue de la coqueluche n’est pas connu).
Dans l’entourage du nourrisson confirmé pour la coqueluche dans le réseau Renacoq, la source de contamination a été retrouvée environ une fois sur deux. Les parents étaient à l’origine de l’infection des enfants dans plus de 50 % des cas contre moins de 30 % pour la fratrie. Les mères étaient identifiées plus souvent que les pères comme étant la source de contamination. La coqueluche étant une maladie à transmission interhumaine, la proportion des contaminateurs âgés de 10 à 19 ans tend à diminuer et celles des plus de 30 ans à augmenter.
En parallèle, l'Agence nationale de santé publique analyse les signalements de cas groupés, observant une augmentation des cas groupés dans la communauté et des infections nosocomiales. De 2008 à 2010, 89 épisodes de coqueluche totalisant 308 cas, dont 76 % correspondaient à des cas groupés, sont survenus en établissement de santé ; 62 % de ces 89 épisodes ne concernaient que des professionnels de santé. Durant la période de 2000 à 2005, 31 foyers de cas groupés représentant 262 cas avaient été analysés.
Recommandations Générales et Populations Spécifiques
La vaccination contre la coqueluche est obligatoire chez tous les nourrissons nés depuis le 1er janvier 2018, à partir de l'âge de 2 mois. La Haute Autorité de Santé a recommandé le 22 juillet 2024 que toute personne en contact proche avec un nouveau-né et/ou nourrisson de moins de 6 mois dans un cadre professionnel reçoive un rappel, si son dernier vaccin contre la coqueluche date de plus de 5 ans.
Les vaccinations contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche, l’infection à Haemophilus influenzae b, l’hépatite B, le méningocoque C (aujourd'hui ACWY), le pneumocoque, la rougeole, les oreillons et la rubéole sont obligatoires chez les nourrissons nés à depuis le 1er janvier 2018. Pour les enfants nés avant le 1er janvier 2018, seules les vaccinations contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite étaient obligatoires. Les autres étaient recommandées.
La vaccination contre les infections à Papillomavirus humain (HPV), recommandée aux filles depuis 2007, l'est aussi aux garçons depuis janvier 2021. Elle est recommandée pour les filles et les garçons de 11 à 14 ans. La vaccination contre les infections à méningocoque B est obligatoire depuis janvier 2025, avec deux doses suivies d'une dose de rappel. La vaccination contre les infections à méningocoques C a été remplacée par la vaccination contre ACWY avec deux doses, depuis janvier 2025. La vaccination contre les gastroentérites à rotavirus est recommandée depuis juin 2022.
Pour les adolescents, le jour de la vaccination, ils peuvent venir accompagnés de l’un de leurs parents (ou titulaire de l’autorité parentale). L’équipe de vaccination doit expliquer de manière détaillée aux adolescents les différents aspects de la vaccination, pour qu’ils puissent donner leur consentement.
Des recommandations spécifiques existent également pour certaines populations :
- Grippe saisonnière : Tous les ans chez les enfants à partir de 6 mois atteints d’une maladie chronique respiratoire, cardiovasculaire, neurologique, neuromusculaire, des reins, du foie, de l’immunité, ou du sang. La vaccination contre la grippe saisonnière est également recommandée pour l’entourage (fratrie notamment) des nourrissons de moins de 6 mois présentant des facteurs de risque de grippe grave : cardiopathie congénitale, déficit immunitaire congénital, maladie pulmonaire, maladie neurologique ou neuromusculaire, ou affection de longue durée (ALD).
- Hépatite A : À partir de 12 mois, pour les enfants nés d’une famille dont au moins un des membres est originaire d’un pays où sévit de manière importante l’hépatite A et qui sont susceptibles d’y séjourner, pour les enfants accueillis dans les établissements pour l’enfance et la jeunesse handicapées et pour les enfants atteints de mucoviscidose ou d’une maladie du foie pouvant devenir chronique. Une vaccination rapide peut être également recommandée pour l’entourage familial d’une personne atteinte d’hépatite A, ou vivant sous le même toit que cette personne. La vaccination est également recommandée au sein d’une communauté en situation d’hygiène précaire, lorsqu’il existe un cas d’hépatite A.
- Infections à Papillomavirus humain (HPV) : La vaccination est recommandée dès l'âge de 9 ans aux enfants (garçons et filles) candidats à une transplantation d'organe solide. Elle est aussi recommandée (aux mêmes âges que dans la population générale) aux garçons et aux filles immunodéprimés jusqu'à 19 ans.
- Varicelle : Dès l’âge de 12 mois pour les enfants en attente d’une greffe d’organe ou étant en contact étroit avec des personnes immunodéprimées.
Informations Pratiques sur la Vaccination
N’hésitez pas à vous renseigner, selon votre situation, auprès de votre médecin traitant ou de votre médecin du travail. Le risque de contracter la coqueluche n’est pas plus important dans les autres pays du monde qu’en France.
L’efficacité du vaccin contre la coqueluche chez le nourrisson varie, selon les études, entre 85% et près de 100%. La durée de protection est estimée entre cinq et dix ans, d'où la nécessité des rappels ultérieurs.
Introduite en 1959, la vaccination contre la coqueluche s’est étendue en France en 1966 du fait de son association aux vaccins contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite. Les vaccins contre la coqueluche actuellement disponibles sont des vaccins inactivés. Des réactions allergiques graves, bien que très rares, peuvent survenir après la vaccination.
Le vaccin est pris en charge à 65% par l’Assurance Maladie. Le montant restant est généralement remboursé par les complémentaires santé (mutuelles). Il est disponible en pharmacie et doit être conservé au réfrigérateur entre + 2°C et + 8°C. Il ne doit pas être congelé.
La vaccination peut être réalisée en cabinet libéral, en pharmacie, à l’hôpital ou en PMI (pour les enfants jusqu’à 6 ans), ou dans un laboratoire de biologie médicale. Elle peut également être réalisée dans un centre de vaccination public. Dans ce cas, la prescription, la délivrance du vaccin et la vaccination s’effectuent sur place. L’injection du vaccin est prise en charge par l’assurance maladie et les complémentaires santé dans les conditions habituelles.
Calendrier Vaccinal et Suivi
Le Conseil supérieur d’hygiène publique publie chaque année un calendrier officiel des vaccinations. Ce calendrier fixe les vaccinations obligatoires et recommandées pour les personnes résidant en France en fonction des âges. Il émet des recommandations vaccinales pour la population générale et pour des populations particulières (en fonction de leur profession, de leur maladie, de leur situation familiale, etc.). Il permet de savoir à quel moment il faut faire les vaccins et leurs rappels.
Depuis janvier 2025, la vaccination contre les méningocoques A, C, W et Y est obligatoire chez le nourrisson et remplace la vaccination contre les infections à méningocoque C seul (elle est également recommandée pour les adolescents âgés de 11 à 14 ans, avec un rattrapage possible jusqu'à 24 ans révolus). La vaccination contre le méningocoque B recommandée auparavant est également désormais obligatoire. La dernière édition du calendrier vaccinal a été publiée en avril 2025. Elle contient cette année une liste de 25 vaccinations.
Certains vaccins peuvent rencontrer des tensions d'approvisionnement voire être en rupture de stock. Les causes de ces indisponibilités sont notamment l’augmentation de la demande mondiale et des problèmes lors de la fabrication ou des contrôles des vaccins. Parce que les vaccins ont une place majeure dans la prévention de certaines maladies, notamment chez l’enfant, l'Agence du médicament assure un suivi des stocks de vaccins, en collaboration avec les laboratoires concernés.
Le respect du calendrier vaccinal est le meilleur moyen de se protéger efficacement contre certaines maladies contagieuses. Dans tous les cas, votre médecin traitant vous rappellera la conduite à suivre.
Le carnet de santé contient une partie relative aux vaccinations avec des tableaux que le médecin remplit après chaque injection de vaccin. Ces tableaux permettent de tenir à jour les vaccins et ont valeur de certificat pour les vaccinations obligatoires. Ces certificats sont demandés pour l’entrée d’un enfant en collectivité (crèche, école, centres de loisirs ou de vacances, par exemple) et en cas d’accident (pour le tétanos). Depuis 2022, le carnet de vaccination électronique est disponible dans l’espace numérique en santé (Mon espace santé).
Un retard dans le calendrier de vaccinations n’implique pas obligatoirement de recommencer toutes les injections depuis le début. Il suffit de reprendre le programme des vaccinations là où il s’est arrêté et de compléter la vaccination avec le nombre d’injections requis en fonction de l’âge.
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