La circoncision, ou posthectomie, est une intervention chirurgicale consistant à retirer partiellement ou totalement le prépuce. Bien qu'elle soit largement pratiquée dans le monde pour des raisons culturelles, religieuses ou médicales, elle n'est pas sans risques, notamment chez les nourrissons. Cet article vise à informer sur les complications potentielles de la circoncision chez le bébé, les indications médicales justifiant cette intervention, ainsi que les aspects à considérer avant de prendre une décision.
Indications médicales de la circoncision
Dans certains cas, la circoncision peut être médicalement nécessaire. Les principales indications sont les suivantes :
- Phimosis : il s'agit d'un rétrécissement de l'orifice préputial qui empêche la rétraction complète et facile du prépuce derrière le gland. Chez le nourrisson, le prépuce est souvent adhérent, la peau du prépuce est longue avec un orifice parfois étroit. Le phimosis peut être congénital ou cicatriciel, ce dernier étant secondaire à des tentatives de rétraction forcée d'un prépuce adhérent. Un traitement médical par application locale de dermocorticoïdes au niveau de l'anneau préputial pendant au moins 4 semaines, sans effet secondaire décrit, permet dans 90 % des cas d'assouplir l’anneau préputial et autorise un décalottage complet.
- Paraphimosis : rare chez l'enfant, le paraphimosis est un étranglement du gland par l'anneau prépucial rétracté en arrière de celui-ci, avec impossibilité de recalotter.
Il est important de noter que chez le petit garçon, il est normal que le décalottage soit impossible jusqu'à l'âge de 2 ou 3 ans. Les adhérences du prépuce se décollent au fil du temps. La Société française de chirurgie pédiatrique (SFCP) recommande d'attendre l'âge de 6 à 7 ans avant d'envisager une circoncision pour indication médicale.
Déroulement de l'intervention
La circoncision se déroule généralement sous anesthésie générale, surtout chez les bébés et les jeunes enfants. L'intervention consiste en une ablation du prépuce, laissant le gland plus ou moins complètement découvert. Des points de suture résorbables sont mis en place. La cicatrisation prend en moyenne 2 à 3 semaines.
Après l'intervention, une douleur minime et temporaire au niveau de la zone opérée est habituellement calmée par des antalgiques. Il est conseillé de prévenir l’infection et favoriser une bonne cicatrisation. Un gonflement modéré de la zone opérée est habituel.
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Complications potentielles
Bien que la circoncision soit généralement considérée comme une intervention sûre, elle n'est pas exempte de risques. Les complications potentielles peuvent être :
- Infection locale : comme pour toute intervention chirurgicale, il existe un risque d'infection au niveau de la zone opérée.
- Saignement ou hématome : un saignement ou un hématome peut survenir immédiatement après l'intervention. Dans de rares cas, une ré-intervention peut être nécessaire.
- Retard de cicatrisation : la cicatrisation peut être plus lente chez certains enfants, nécessitant des soins locaux prolongés.
- Blessure du gland ou de l'urètre : bien qu'exceptionnelle, une blessure du gland ou de l'urètre peut survenir.
- Sténose du méat de l'urètre : une sténose du méat de l'urètre peut apparaître dans les 4 ans qui suivent l'intervention (3% des cas).
- Complications graves : bien que rares, des complications graves telles que l'amputation totale ou partielle du gland, l'aspect pseudo éléphantiasique de la verge, la dénudation du pénis compliquée d'une nécrose du gland, ou la rétraction de la peau du pénis sur le gland ont été rapportées, notamment dans le cadre de circoncisions rituelles pratiquées dans des conditions non médicales.
Des signalements ont été remontés auprès de l'Ordre des médecins de Nouvelle-Aquitaine concernant des circoncisions pratiquées dans de mauvaises conditions sanitaires et avec un manque de suivi médical.
Circoncision rituelle et risques
La circoncision rituelle, pratiquée pour des motifs religieux ou culturels, est tolérée hors du système de santé au nom de la libre exercice des cultes. Cependant, elle peut entraîner des complications si elle n'est pas réalisée par un professionnel de santé qualifié et dans des conditions d'hygiène adéquates.
Plusieurs cas de complications graves, voire de décès, ont été rapportés suite à des circoncisions rituelles pratiquées par des personnes non qualifiées. Il est donc essentiel de s'assurer que l'intervention est réalisée par un chirurgien, idéalement un urologue, dans un environnement médical approprié.
Aspects financiers
Lorsque la circoncision est justifiée médicalement (phimosis, infections récurrentes), elle peut être prise en charge par la Sécurité sociale. Si elle est réalisée pour des raisons non médicales (culturelles ou religieuses), elle est généralement à la charge du patient, avec remise d’un devis d’honoraires et de frais d’hospitalisation.
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Alternatives à la circoncision
Dans certains cas, il existe des alternatives à la circoncision. Par exemple, un traitement médical par application locale de crèmes à base de corticoïdes peut être prescrit pour traiter le phimosis. La plastie du prépuce est une autre technique chirurgicale qui consiste en une section longitudinale de l'anneau préputial suivie d'une suture transversale, permettant d'élargir l'anneau préputial tout en respectant le prépuce.
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