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FIV et Cancer : Évaluation des Risques et Précautions Nécessaires

L'assistance médicale à la procréation (AMP), et plus particulièrement la fécondation in vitro (FIV), est une option pour de nombreux couples confrontés à des problèmes de fertilité. Cependant, des questions subsistent quant aux risques potentiels de cancer associés à ces traitements. Cet article explore les études et les perspectives actuelles sur le lien entre la FIV et le cancer, en mettant en lumière les précautions à prendre et les facteurs de risque à considérer.

Impact de la FIV sur la Fertilité Après un Cancer du Sein

Chaque année, en France, plus de 2 500 femmes de moins de 40 ans développent un cancer du sein. Bien que la prise en charge de cette maladie se soit considérablement améliorée, les effets secondaires de la chimiothérapie peuvent avoir des conséquences sur la fertilité des patientes. Une nouvelle technique de FIV offre une possibilité de préserver la fertilité des patientes ayant souffert d’un cancer du sein.

La fécondation in vitro (FIV) est une technique de procréation médicalement assistée (PMA) à laquelle les couples confrontés à des problèmes de fertilité peuvent recourir. Elle consiste à réaliser une fécondation (rencontre des spermatozoïdes et d’un ovule) en laboratoire, en dehors du corps de la femme.

Il existe plusieurs types de cancers du sein. Les plus fréquents sont les cancers du sein hormono-dépendants (avec récepteurs positifs aux œstrogènes et à la progestérone) et les cancers « HER2+ » pour lesquels il existe des thérapies ciblées très efficaces. Environ 15 % des cancers sont dits « triple négatif ».

Cette technique de MIV consiste à prélever des ovules immatures chez la femme cancéreuse avant le démarrage de la chimiothérapie. Une jeune Française de 34 ans, guérie d’un cancer du sein, a pu donner la vie après sa rémission grâce à cette nouvelle technique. Le traitement par chimiothérapie avait altéré sa fertilité. Ses ovocytes, congelés avant le début de la chimiothérapie, ont été décongelés puis inséminés in vitro. Même si cette nouvelle méthode s’avère moins efficace qu’une FIV classique, « ce succès représente une avancée importante dans le domaine de la préservation de la fertilité », selon Michaël Grynberg, directeur du département de médecine de la reproduction de l’hôpital Antoine Béclère.

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Études et Risques de Cancer : Ce Que Dit la Recherche

Plusieurs études se sont penchées sur le lien entre la FIV et le risque de cancer, avec des résultats parfois contradictoires. Une étude menée par le professeur Alastair Sutcliffe et son équipe de l'University College London Hospital a révélé un risque accru de cancer des ovaires chez les femmes stériles ayant recours à la FIV. Cette enquête, qui a comparé 250 000 patientes ayant subi une FIV à la population générale entre 1991 et 2010, a démontré que les femmes ayant subi une FIV ne présentent pas plus de risques de développer un cancer du sein ou de l'utérus, mais sont plus exposées à celui des ovaires.

Cependant, d'autres études ont nuancé ces résultats. Une étude publiée dans le BMJ, menée sur plus de 255 000 femmes suivies durant 8,8 ans en Grande-Bretagne, suggère qu'il n'y aurait pas d'augmentation du risque de cancer endométrial chez les femmes ayant bénéficié d'une assistance à la procréation. Les risques de cancer du sein au global et de cancer du sein invasif ne seraient pas augmentés non plus. En revanche, il pourrait y avoir un léger sur-risque de cancer du sein in situ, qui augmenterait avec le nombre de cycles de FIV effectués. Une augmentation du risque de cancer de l’ovaire (invasif et tumeur borderline) a également été observée, mais serait limitée aux femmes présentant d’autres facteurs de risque connus, suggérant que ce risque pourrait être lié aux caractéristiques des patientes plutôt qu’au traitement pour FIV lui-même.

Une étude néerlandaise de 2021 a également conclu que l'augmentation du risque de cancer de l'ovaire chez les femmes en parcours d'AMP par rapport à la population générale s'explique probablement par la nulliparité (le fait de ne pas avoir eu de grossesse) plutôt que par le traitement en lui-même.

Facteurs de Risque et Vigilance

Plusieurs facteurs de risque doivent être pris en compte lors de l'évaluation du risque de cancer chez les femmes ayant recours à la FIV. L'âge de la patiente, son histoire familiale de cancer, le tabagisme et l'obésité sont autant d'éléments à considérer. Le professeur Frydman souligne l'importance de la modération dans les doses prescrites et dans le nombre de tentatives de FIV. Une étude américaine a démontré qu'en dessous de douze stimulations, il n'y avait aucun risque.

Le docteur Pierre-Louis Broux recommande de faire un enfant avant 35 ans et, si possible, de manière naturelle. Il met en garde contre les consultations tardives et les traitements à outrance, qui peuvent être motivés par des considérations commerciales.

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Préservation de la Fertilité et Cancer

Les traitements contre le cancer peuvent avoir un impact significatif sur la fertilité. Chez l'homme, une cryoconservation du sperme peut être organisée assez simplement. Chez la femme, la préservation ovarienne est plus complexe et dépend du souhait de grossesse ultérieur, de l'âge de la patiente, de l'urgence thérapeutique et du risque d'une grossesse ultérieure vis-à-vis de la pathologie cancéreuse (cancer du sein hormono-sensible, par exemple).

Des perturbations du cycle hormonal peuvent apparaître rapidement après l'instauration du traitement (oligoménorrhée, spanioménorrhée…). L'aménorrhée persistant plus d'un an associée aux signes « sympathiques » doit faire évoquer une ménopause. Le diagnostic peut être aidé par des dosages hormonaux sanguins. La vie sexuelle peut être perturbée par les conséquences indirectes d'une ménopause (sécheresse vaginale notamment).

Coralie, 47 ans, se demande si elle peut encore utiliser les ovocytes qui ont été préservés avant son cancer. Si ce n'est pas le cas en France, elle se demande si elle pourrait le faire à l'étranger. Le Pr Grynberg, spécialiste de la fertilité, répond à ces questions.

Biomarqueurs et Suivi de la Maladie

Les biomarqueurs sont incontournables dans le domaine de la cancérologie, que ce soit pour le diagnostic, le choix des traitements ou le suivi de l'évolution de la maladie.

Témoignages et Soutien

L'annonce d'un cancer est un moment de bascule qui laisse une trace dans la mémoire de celles et ceux qui l'ont vécu. L'histoire de Stéphanie, qui doit recourir à une fécondation in vitro en raison d'une maladie génétique, illustre les défis auxquels sont confrontées de nombreuses femmes.

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L'amour peut résister à tout, y compris au cancer. Il arrive même que la maladie renforce les liens, comme en témoigne Guillaume, tombé amoureux de Sophie dans les années 80 et qui a redécouvert sa femme à travers cette épreuve.

Droit à l'Oubli

Obtenu de haute lutte, le droit à l'oubli devait faciliter l'accès à l'emprunt aux personnes guéries d'un cancer. Pourtant, une décennie plus tard, entre flous juridiques et contournements des assureurs, emprunter après la maladie reste un parcours du combattant.

Cancer et Traitements Hormonaux : Légende ou Réalité ?

En 2013, une étude nommée OMÉGA, qui portait sur le cancer du sein, mais aussi sur celui de l’ovaire et du col de l’utérus (dits « hormonosensibles »), a été initiée en réponse à une autre étude américaine du début des années 1990 qui mentionnait un taux plus élevé de cancers de l’ovaire chez les femmes ayant reçu un traitement de fertilité.

Deux facteurs étaient sur le banc des accusés dans les années 1990 : les traitements hormonaux utilisés pour la stimulation ovarienne et les ponctions répétées au niveau des ovaires. L’étude Oméga a aujourd’hui remis en question ce postulat, car son suivi dans le temps était trop limité pour que les résultats soient représentatifs.

Pour en avoir le cœur net et mettre fin au débat, les Pays-Bas ont lancé une vaste étude en accord avec les douze centres hollandais d’Aide Médicale à la Reproduction. Entre 1980 et 1995, toutes les femmes hollandaises qui ont bénéficié d’un traitement pour une fécondation in vitro ont dû donner leur consentement pour que des données médicales (type de traitement, protocole, type d’infertilité…) soient recueillies. Dès qu’un cancer est diagnostiqué chez une femme, on regarde si celle-ci a préalablement reçu un traitement hormonal dans le cadre d’une AMP.

Les chercheurs de l’Institut néerlandais du cancer à Amsterdam ont ainsi suivi un peu plus de 25 000 femmes âgées de 33 ans en moyenne lorsqu’elles ont débuté un traitement hormonal et à qui il aura fallu 3 cycles de FIV en moyenne pour obtenir une grossesse.

Après 20 ans de collecte et d’analyses, parmi ces 25 000 femmes, dont l’âge à la fin du suivi était de 53 ans, on a relevé 948 cas de cancer du sein. Ces chiffres sont rassurants, car ils sont très proches de ceux de la population générale.

En marge de cette étude néerlandaise, une large étude britannique menée par une équipe de l’University College London Hospital a identifié toutes les femmes qui ont eu recours à une AMP en Grande-Bretagne entre 1991 et 2010, ce qui représente cette fois 255 786 femmes. Dans ce panel, les causes d’infertilité étaient d’abord dues à des facteurs féminins, 111 658 femmes (44 %) étaient atteintes d’endométriose. Pour 19 % soit 47 757 femmes, la cause d’infertilité était inexpliquée et enfin pour 84 871 cas (33 %), l’infertilité était due à des facteurs masculins (faible nombre de spermatozoïdes).

Les résultats publiés comparent ces données aux registres nationaux et les chercheurs n’ont trouvé aucun risque accru de cancer du sein ou de l’utérus lié directement aux traitements utilisés en AMP par rapport à la population générale.

Cependant, au cours de cette même étude et en poussant davantage les investigations, il a été démontré que les patientes souffrant d’endométriose et ayant eu recours à des FIV avaient développé plus de cancers de l’endomètre et des ovaires (risque de 5 cas pour 100 000 personnes par an). Cette explication ne résiderait pas dans les traitements hormonaux, mais davantage à la pathologie elle-même.

tags: #FIV #et #cancer #traitement

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