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L'Utilisation des Tétines dans l'Engraissement des Veaux : Avantages, Pratiques et Innovations

L'élevage des veaux, qu'ils soient destinés au renouvellement des troupeaux laitiers ou à la production de viande, est une composante essentielle des filières laitières. En France, ce secteur représente plus de cinq millions de jeunes ruminants chaque année. Parmi les pratiques d'élevage, l'utilisation de tétines pour l'alimentation des veaux suscite un intérêt croissant, tant pour ses avantages potentiels que pour les innovations technologiques qui y sont associées. Cet article explore en profondeur l'utilisation des tétines dans l'engraissement des veaux, en abordant les aspects liés à la santé, au comportement, aux pratiques d'élevage et aux technologies émergentes.

Importance de l'alimentation des veaux dans les systèmes laitiers

Dans les systèmes laitiers, la naissance des jeunes est une nécessité pour déclencher la production laitière. Une partie des jeunes femelles est élevée pour assurer le renouvellement du troupeau, tandis que les autres jeunes animaux sont pour la plupart destinés à la production de viande. En France, les filières laitières bovines, caprines et ovines produisent chaque année plus de cinq millions de jeunes. Un tiers de ces animaux assure le renouvellement des troupeaux tandis que les autres sont engraissés dans des ateliers spécialisés ou exportés. En 2021, on comptait en France environ 3 322 000 vaches laitières, 943 000 chèvres et 1 269 000 brebis laitières, soit potentiellement plus de 5,5 millions de naissances de jeunes ruminants laitiers par an.

Pratiques d'alimentation des veaux : Seau, Louve et Distributeur Automatique

Dans les élevages laitiers bovins et caprins, les nouveau-nés sont généralement séparés de leur mère peu après la naissance et logés individuellement ou en groupes. Après l'ingestion de colostrum le plus souvent maternel dans les premières heures de vie, ils sont allaités « artificiellement » au seau (avec ou sans tétine), à la louve (récipients à plusieurs tétines), ou encore au DAL (distributeur Automatique de Lait). L'aliment distribué est soit du lait entier (de tank ou non commercialisable mais sain), soit un aliment d'allaitement en poudre dilué dans de l'eau chaude, voire une combinaison des deux. Dans les élevages laitiers ovins, la séparation a lieu plus tardivement (28 jours d'âge), les agneaux étant allaités par leur mère jusqu'à ce qu'ils soient en mesure de s'alimenter par eux-mêmes.

La séparation mère-jeune précoce, ancrée depuis longtemps dans les pratiques d'élevage, est toujours largement préconisée car elle induirait moins de stress, permettrait un meilleur contrôle des consommations de colostrum et de lait, réduirait le risque de transmission de certaines maladies et augmenterait la quantité de lait commercialisable. Mais cette séparation précoce est remise en cause régulièrement et fait l'objet de campagnes médiatiques de la part d'associations abolitionnistes ou de protection animale. Elle interpelle aussi les citoyens quant au respect du bien-être animal, notamment sur la possibilité pour tout animal d'exprimer pleinement les comportements normaux de son espèce. Certains éleveurs laitiers font le choix d'un allaitement « naturel », par les mères ou des nourrices, parfois jusqu'au sevrage, tel qu'il se pratique en élevage allaitant et traditionnellement en élevage ovin laitier. Par ailleurs, certains citoyens-consommateurs s'interrogent sur le devenir des jeunes animaux laitiers non conservés sur l'exploitation, mâles pour l'essentiel, parfois mal considérés car présentant peu d'intérêt économique, même s'ils alimentent d'autres filières d'élevage.

L'Importance du Colostrum

Le colostrum est le premier lait ingéré par le nouveau-né après la naissance. Il est très riche en protéines et en anticorps, indispensables à l’immunité du nouveau-né pendant les premiers jours. Un apport minimal de 2 litres de colostrum est recommandé après la naissance, puis de nouveau 6 à 12 heures plus tard. Chez les chevrettes, il est conseillé de distribuer au chevreau, moins de 6 heures après sa naissance, 400 mL de colostrum riche en immunoglobulines (mesure au réfractomètre > 24 BRIX). De plus, pour limiter l'apparition de maladies des adultes (paratuberculose, mycoplasmose et arthrite encéphalite virale [CAEV]), il est préconisé de séparer immédiatement le cabri de sa mère, de ne pas la laisser le lécher ni laisser le cabri boire au pis, de traire le colostrum et de le thermiser (56°C pendant une heure) avant distribution.

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Avantages de l'utilisation des tétines dans l'alimentation des veaux

L’alimentation lactée au bac à tétines présente de nombreux avantages :

  • Minimise les chances de diriger le lait dans le rumen : moins de veaux gonflés. La caillette appelée aussi abomasum est le véritable estomac, qui sécrète des sucs gastriques, des ruminants. Les autres compartiments, et notamment le rumen, sont des pré-estomacs qui permettent une digestion microbienne et donc la dégradation des fourrages. C’est au cours de cette digestion qu’est produit le méthane qui participe au réchauffement climatique.
  • Augmente la durée de buvée et favorise donc la digestion du lait : moins de diarrhées.
  • Diminue le tétage entre les génisses.
  • Améliore l’efficacité du travail d’alimentation des génisses : on peut servir le lait et revenir plus tard pour ramasser les seaux à tétines.

Contrairement à ce qu’on peut penser, la tétine ne favorise pas les mauvais comportements de tétage, au contraire. Le réflexe naturel du veau est de téter quelques minutes après avoir commencé la buvée. Si le repas de lait ne dure qu’un peu plus d’une minute, le besoin de téter n’aura pas été comblé et devra l’être autrement. C’est là que les comportements indésirables de tétage surviennent, et s’entretiennent ensuite.

Le choix des tétines

Le choix des tétines est important : elles doivent être « dures ». Il ne faut pas se donner bonne conscience en coupant le bout de la tétine pour augmenter le débit ! Une génisse de deux semaines devrait boire ses quatre litres en sept minutes, alors que celle de huit semaines devrait le faire en cinq minutes. Il est également important de choisir des tétines faciles à nettoyer. Les modèles de bacs à tétines existent pour les cases collectives ou individuelles. Il ne faut pas couper le bout des tétines pour augmenter le débit. De plus, l’apport de salive s’avère insuffisant pour assurer une digestion correcte.

Importance de la température et de la vitesse d'ingestion du lait

Outre la quantité, il est important que le lait soit servi à la bonne température et qu’il arrive directement dans la caillette à vitesse réduite, sans transiter par le rumen. Pour cela, le veau ferme sa gouttière œsophagienne, un conduit reliant l’œsophage à l'entrée du feuillet. Cette gouttière sert également aux bovins adultes lorsqu'ils ont très soif.

Innovations technologiques : L'Activity Box et les Distributeurs Automatiques de Lait (DAL)

La société Agid présentera son support de tétine connecté au Space. L’activity box est le nouveau support de tétine pour veau de la société Agid. Il sera présenté au Space. Cet outil connecté mesure l’activité du veau lors des tétées. « Grâce à une connexion internet et aux algorithmes développés, l’éleveur obtient ainsi des paramètres de santé et d’activité de chaque veau. Il les consulte directement sur le Dal ou au moyen de l’application CalfApp 2 sur son smartphone ou sa tablette » explique la société. L'HygieneBox complète votre DAL grâce au nettoyage automatique du tuyau de tétée et de la tétine. Le système peut être lavé jusqu’à quatre fois par jour, avec un ou deux détergents pour garantir une hygiène optimale.

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Les pompes péristaltiques (IFS) permettent au DAL de distribuer la buvée fraîche jusqu’à quatre stations en simultanée. Cela représente un nombre maximal de 120 veaux pour une seule station d’alimentation. Les pompes poussent le lait lorsque les stations sont plus éloignées du DAL, et ce jusqu’à la tétine. Par conséquent, les veaux s’alimentent sans fournir trop d’efforts. Elles ont besoin d’un nettoyage systématique après le passage de chaque bovin. D’autres accessoires améliorent l’efficacité de votre DAL. Le réservoir complète la distribution automatique de lait frais. Son récipient en acier inoxydable est constitué d’un couvercle et d’un agitateur commandé par intermittence. Il a une capacité de 120 ou 200 litres. Le DAL peut distribuer des additifs ou des électrolytes avec un dosage exact et une administration fiable. Les additifs sont livrés en liquide ou en poudre.

Les applications CalfApp et CalfCloud permettent de commander le DAL sur smartphone, quel que soit l’endroit où se trouve l’éleveur. Ces outils sont gratuits et simples d’utilisation. CalfApp VITAL étudie l’état de santé des bovins et alerte sur des symptômes de possibles maladies. KalbManagerWIN fournit aux grandes exploitations des tableaux et des graphiques sur la gestion de l’élevage. Il synchronise le fonctionnement de plusieurs DAL. La station MaxiFlex est une station d’allaitement plus performante. Le lecteur de boucle MultiReader contient une LED qui autorise ou pas le veau à consommer sa buvée. La tétine a la même forme que le pis maternel et bénéficie d’un rinçage automatique. Grâce aux réglages du cadre, cette station s’adapte à toutes les tailles et races de veaux.

Surveillance de la croissance et de la santé des veaux

Il est important de peser ses veaux tous les jours pour vérifier la bonne évolution de leur Gain Moyen Quotidien. La balance électronique demi-corps est intégrée dans la station d’allaitement et pèse l’animal automatiquement durant sa consommation de buvée. Grâce à cette pesée quotidienne, l’éleveur adapte la quantité de buvée de chaque animal en fonction de son engraissement. Le distributeur automatique de concentrés s’utilise dès les premiers jours de la vie des génisses. Le lecteur de boucle reconnaît les animaux qui entrent dans la station, puis celle-ci leur délivre la bonne ration. Le DAC gère le sevrage de chaque veau. Si l’animal consomme une quantité de concentré choisie par l’éleveur, sa quantité de buvée diminue automatiquement en guise de compensation.

Les spécificités de l'élevage caprin

La filière caprine française compte près de 330 000 chevrettes de renouvellement, qui donnent naissance à leur premier chevreau vers l'âge d'un an. Les chevreaux sont retirés de leur mère à la naissance. Comme chez les autres ruminants, la prise de colostrum est essentielle à leur démarrage pour éviter les affections néonatales (45 % des élevages seraient concernés par des diarrhées néonatales jugées pénalisantes). Les chevrettes sont ensuite principalement nourries avec du lait en poudre jusqu'à 6-8 semaines d'âge, pour atteindre un poids de 14 à 16 kg au sevrage selon la race. Face au prix de la poudre de lait en Agriculture Biologique (AB), des études ont montré l'intérêt d'utiliser du lait maternel « yaourtisé » qui permet des croissances comparables (≈220 g/j). Cependant, cette alternative n'empêche pas la transmission du CAEV et des mycoplasmes. Au cours de cette période, les chevrettes ayant une croissance < 150 g/j (≈ 5 % de l'effectif) sont généralement dirigées vers le circuit de la boucherie. Dès que les chevrettes ruminent, leur sevrage peut être envisagé. Pour assurer sa réussite, la prise alimentaire doit être d’au moins 200 g/j de fourrage et 100 g/j de concentré. L’objectif étant de réaliser une première mise bas vers 12-13 mois pour au moins 90 % des chevrettes, celles-ci sont régulièrement pesées et ré-allotées afin d’assurer une croissance homogène. Comme pour les génisses, des poids à âge-type sont préconisés, avec respectivement 25, 40 et 50 % du poids adulte à 2 mois (sevrage), 4 mois et 7 mois (mise à la reproduction). Il est avant tout recherché un développ.

Objectifs de croissance et d'alimentation

Afin d’atteindre un Gmq suffisant pour un vêlage à deux ans, un veau devrait ingérer près de 8 litres de lait entier par jour, une très grosse quantité pour un petit système digestif. Pour un vêlage précoce des génisses laitières à 24 mois, le but est d’obtenir un animal qui pèse au minimum 680 kg avant vêlage. Il faut donc tenir un Gmq moyen de 870 g par jour pendant toute cette durée. Or, pendant la phase lactée, il est très difficile d’atteindre ce rythme de croissance. 4 à 5 l de lait entier par jour permettent un Gmq d’environ 500 g/jour. Mais il faut au moins 8 litres de lait par jour pour atteindre l’objectif de Gmq souhaité ! Encore faut-il que le veau puisse boire cette quantité sans problèmes digestifs.

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Comportement naturel et développement social

À l'approche de la mise bas, les vaches, les brebis et les chèvres tendent à s'isoler du reste du groupe. Cet isolement est marqué chez les animaux sauvages, comme par exemple la mouflonne. L'isolement est moins marqué chez les animaux domestiques - une brebis peut mettre bas au sein du troupeau - mais reste présent. Ainsi, même en bâtiment, une vache s'isole juste avant la mise bas si elle a accès à une zone couverte. Dans des conditions naturelles, l'isolement permet à la femelle d'éviter les menaces et les perturbations pendant la mise bas, et d'assurer les premières tétées tout en favorisant la formation du lien privilégié avec sa progéniture.

Dans les minutes qui suivent la mise bas, la mère flaire et lèche son ou ses petits ; cette activité est particulièrement marquée pendant les premières heures et diminue ensuite. Le nouveau-né, ainsi encouragé par la mère à se lever, est attiré par la mamelle grâce à des signaux essentiellement olfactifs qui ressemblent à ceux contenus dans le liquide amniotique qu'il a connu in utero et pour lesquels il a une nette préférence. La mère peut aider le jeune en adoptant une posture qui facilite l'accès à la mamelle. La première tétée a lieu généralement dans l'heure qui suit la naissance. Après les premières tétées, un agneau reconnait sa mère non seulement par des signaux olfactifs mais aussi grâce aux bêlements associés à la vue de la brebis. Après quelques semaines, la vue de la brebis est suffisante pour que l'agneau la reconnaisse. Le lien préférentiel mère-jeune s'instaure dès le premier jour. La mère et son jeune - ou ses jeunes en cas de naissance multiple - sont proches l'un de l'autre, échangent des flairages et léchages (le jeune peut également solliciter le léchage en se plaçant devant sa mère et en lui donnant de légers coups de tête dans l'encolure) et ils montrent des signes de détresse s'ils sont séparés. Dans des tests de choix, la mère préférera son petit à un autre et le jeune préférera sa mère à une autre. La mère a un comportement souvent plus sélectif que le jeune : elle n'accepte pas la tétée d'autres jeunes alors que le jeune peut essayer de « voler » le lait d'autres mères. Chez certaines races laitières comme la Prim'Holstein, les mères acceptent souvent d'être tétées par un veau étranger. Cette faible sélectivité va certainement de pair avec l'aptitude à la traite.

Le comportement des jeunes est souvent décrit selon la dichotomie « hider/follower ». Les followers, tels les agneaux, suivent leur mère dès la naissance et intègrent donc rapidement le troupeau. Cette stratégie semble adaptée aux milieux ouverts, la femelle ayant intérêt à mettre bas dans le groupe pour bénéficier de sa protection. Les « hiders », tels les veaux et les chevreaux, restent isolés du troupeau dans les heures qui suivent la naissance, parfois même en l'absence de la mère ; ils rejoignent le reste du troupeau au bout d'un ou plusieurs jours. Cette stratégie semble plus particulièrement adaptée aux milieux disposant d'abris, la femelle mettant ainsi son petit hors de vue des prédateurs. Ces traits comportementaux sont également observés dans une moindre mesure en élevage, bien que les prédateurs soient rarement présents.

Après la phase néo-natale, au cours de laquelle il échange des interactions essentiellement avec sa mère, le jeune développe ses relations avec les autres membres du groupe. Tout en gardant son lien préférentiel pour la mère, il va interagir plus fréquemment avec les autres jeunes du même âge : flairages, léchages, jeux de tête sont fréquents. Lorsque le jeune grandit, la mère peut refuser d'être tétée. Toutefois, le lien mère-jeune perdure au-delà de la phase d'allaitement. Ainsi, une vache qui met bas en présence de son veau d'un an partage ses activités entre le nouveau-né à qui elle prodigue des soins (léchages, tétée) et son veau d'un an avec qui elle est associée lorsqu'elle pâture. Les relations établies dans le jeune âge avec d'autres jeunes se maintiennent lorsque les animaux sont mélangés à d'autres. Entre les animaux qui se sont connus dans le jeune âge, les relations préférentielles (qui résultent d'interactions non agressives) priment sur les relations hiérarchiques (qui résultent d'interactions agressives). Les relations établies plus tard seront moins étroites. La mère joue un rôle déterminant non seulement pour la survie du jeune (alimentation, protection) mais aussi pour son développement comportemental. Ainsi, la présence de la mère influence les préférences alimentaires du jeune, évite le développement de comportements oraux non alimentaires, et facilite le développement du comportement social, voire sexuel. De plus, des jeunes élevés sans leur mère semblent plus émotifs. La séparation d'un animal d'avec ses partenaires habituels engendre des réactions de détresse. C'est particulièrement vrai lors du sevrage.

L'importance de l'histoire de HIKO

Dans les années 50, la société HIKO a inventé la seau d'abreuvement pour veaux HIKO. À l'époque, c'était une sensation sur le marché et une révolution dans l'élevage des animaux. Son utilisation permettait d'abreuver les veaux dans le respect de l'espèce et sans surveillance. Aujourd'hui encore, cette invention facilite grandement l'alimentation des veaux, des agneaux, des chèvres et des poulains. HIKO a été fondée en 1936 par Georg Hinterkopf. À l'époque, le commerce portait principalement sur les récipients de conservation pour la viande, les saucisses et les légumes. Outre les bocaux Weck, les boîtes de conserve en grès HIKO étaient très appréciées et demandées dans l'agriculture. Au cours des années suivantes, la gamme de produits a été adaptée aux exigences des clients du secteur agricole et élargie en conséquence. En 1971, le fils, Adolf Hinterkopf, a repris le destin de la société HIKO. En fonction des besoins, il a élargi la gamme de produits pour l'agriculture.

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