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Comprendre et Gérer le Réflexe Nauséeux chez Bébé : Guide Complet

Le réflexe nauséeux, ou « gag reflex », est une réaction physiologique normale chez les bébés, conçue pour les protéger de l'étouffement. Cependant, un réflexe nauséeux exacerbé peut entraîner des difficultés d'alimentation et d'autres problèmes. Cet article explore les causes, les symptômes et les solutions pour aider les parents à gérer cette condition chez leur bébé.

Pourquoi Bébé a-t-il un Réflexe Nauséeux ?

Au début de leur vie, tous les bébés présentent un réflexe nauséeux, généralement situé sur la partie avant de la bouche. Ce réflexe est une protection naturelle qui empêche l'étouffement. Lorsqu'un bébé a accès à un morceau de nourriture, ou qu'il essaie de picorer dans l'assiette de ses parents et met un morceau en bouche, ce morceau vient stimuler ce réflexe. Si le morceau est trop gros, le bébé aura simplement le réflexe de le repousser.

Sucettes : Avantages et Inconvénients

Pourquoi donner une sucette ?

Un nouveau-né a un très grand besoin de sucer, un réflexe naturel afin d'avaler suffisamment de nourriture. En plus, sucer aide le bébé à se consoler, se calmer et s'endormir. Dans certaines situations, il n'est pas toujours possible de mettre votre bébé à votre sein aux moments qu'il veut sucer. Également, une fois le biberon vide, il n'est toujours pas possible de laisser le bébé sucer la tétine.

Types de sucettes

Il existe des sucettes en toutes formes et matériaux. Le choix peut se faire selon la préférence de la maman pour une marque ou un motif, mais finalement, c'est le bébé qui décide. En ce qui concerne la forme, vous avez le choix entre une sucette bombée (forme de cerise ou naturelle) et une sucette plate (orthodontique ou dentale). Une sucette bombée est ronde et ressemble à un mamelon. De telles sucettes sont généralement vite acceptées par le bébé, et il n'est pas nécessaire de vérifier quel côté doit être mis contre la langue et quel côté contre le palais. Une sucette plate est ronde du côté supérieur et plate en bas, ce qui permet au bébé de garder la sucette plus facilement dans la bouche, de sorte qu'elle ne tombe pas vite par terre. La partie ronde doit se trouver contre le palais et la partie plate contre la langue. En ce qui concerne le tissu de la partie à sucer, vous avez le choix entre une sucette en silicone et en caoutchouc. Une sucette en silicone ne suscite presque jamais d'allergies et est relativement forte.

Sécurité des sucettes

Il est important de remplacer la tétine chaque mois afin d'éviter l'usure, ou de la jeter immédiatement si vous constatez une détérioration. À cause de l'usure, des parties de la sucette peuvent se détacher, avec le risque de les avaler, pouvant ainsi causer de la suffocation. Choisissez une sucette adaptée à l'âge de votre bébé. Il existe des tétines pour les nouveau-nés, les bébés d'un an jusqu'à un an et demi, et même pour les tout-petits. Cela signifie que vous devez régulièrement remplacer la tétine par un exemplaire adapté à l'âge de votre bébé. Une tétine trop longue ou trop grande peut toucher la luette du bébé, ce qui peut causer une nausée. La partie à sucer devient également de plus en plus massive afin de rester en proportion avec les mâchoires du bébé, qui deviennent de plus en plus fortes. Dès que le petit commence à mordre sur la sucette, il vaut mieux la remplacer par un anneau ou un jouet de dentition. Vous pouvez attacher la sucette aux vêtements à l'aide d'une chaîne spéciale.

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Avantages et inconvénients de la sucette

Les avantages d'une sucette sont :

  • C'est une aide pour consoler le bébé ou pour vous décharger vous-même.
  • Les muscles de la bouche sont entraînés, ce qui contribue au développement de la parole et à la capacité d'avaler.

Les désavantages d'une sucette sont :

  • Un enfant ne peut bien prononcer que lorsqu'il enlève la sucette pour parler. Si votre enfant apprend à parler, n'utilisez alors la sucette que pour dormir.
  • Une sucette peut modifier la position des dents de lait. Heureusement, ceci n'a pas d'effet sur les dents définitives de l'enfant s'il arrête d'utiliser une sucette avant que ces dents définitives n'arrivent.
  • Sucer une tétine peut causer des otites moyennes.

Jusqu'à quel âge un enfant peut-il utiliser une sucette ?

Si le besoin de sucer d'un enfant diminue, sucer une sucette devient vite une habitude. Vers l'âge d'un an, vous pouvez commencer à donner une sucette uniquement dans une situation de stress, une crise de larmes, et au lit. À partir de 2 ans, il vaut mieux essayer de consoler votre enfant d'une autre manière, sans sucette, quand il pleure. Pour dormir, on peut toujours donner la sucette. Entre 3 et 5 ans, il vaut mieux bannir complètement la sucette de la chambre à coucher et la remplacer par un chouette rituel.

Hypersensorialité et Troubles Alimentaires

Qu'est-ce que l'hypersensorialité ?

L'hypersensorialité est une hyperactivité des organes du goût et de l'odorat (et même, dans certains cas, de la vue, de l'ouïe et du toucher). Elle peut aller d'un simple dégoût pour un type d'aliment en particulier (y compris le lait maternel) à un état d'aversion alimentaire sévère. Elle peut parfois faire croire à de l'anorexie. Selon plusieurs auteurs, les aversions alimentaires d'origine sensorielle sont présentes chez environ 25% des enfants.

Rôle de la langue et du palais

L'un des rôles peu connu mais pourtant primordial de la langue est de moduler notre palais, de l'élargir. Comment ? Grâce à son élévation antérieure et postérieure lors de chaque déglutition et au repos. De plus, le palais n'est autre que le toit des voies respiratoires supérieures (nez, sinus, trompes d'Eustache).

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Réflexe pharyngé

Le réflexe primitif qui nous intéresse le plus est le réflexe pharyngé, ou gag réflexe. Il facilite le mécanisme de déglutition par l'obstruction des voies aériennes supérieures. C'est donc un réflexe de protection contre les fausses déglutitions. Dans le cas des troubles alimentaires chez le bébé, il est possible que ce réflexe soit exacerbé, trop sensible. On parlera alors de réflexe nauséeux fort. Il existe plusieurs sortes de réflexes selon l'origine du réflexe. Mais en quelques mots, il s'agit de l'augmentation de la durée de l'élévation du pharynx entraînant une nausée, voire un vomissement. Le corps fait d'une certaine manière savoir qu'il ne peut pas avaler correctement et facilement le bolus alimentaire. Ce réflexe peut également être provoqué par la simple vue d'un aliment, son odeur, ou son toucher.

Freins restrictifs buccaux

À titre de comparaison avec les 25% d'enfants atteints d'aversion alimentaire d'origine sensorielle, les freins restrictifs buccaux postérieurs sont présents chez 32% des bébés. Cela ne veut pas dire que tous les bébés ayant un frein restrictif développent un trouble de l'hypersensorialité ni que tous les enfants ayant des troubles de l'hypersensorialité ont un frein restrictif. Les freins restrictifs sont des restes embryologiques et présents dès la 12e semaine de grossesse in utéro. Cela veut donc dire que, depuis la 12e semaine de grossesse, le palais, l'arrière de la bouche, etc. Est-ce ce manque de contact entre la langue et le palais dès la 12e semaine de grossesse qui serait responsable de ces hypersensibilités ? Le palais n'ayant pas l'habitude d'être touché, le moindre contact sensoriel dès la naissance entraînerait-il ce réflexe nauséeux exagéré ?

Lien avec le toucher

L'hypersensibilité de la bouche est également étroitement liée au toucher avec les mains et les pieds. En effet, le bébé a besoin de mettre ses mains et ses pieds (et tous les objets qu'il découvre) en bouche pour appréhender le monde extérieur. Ayant un palais hypersensible, il ne pourra découvrir le monde de cette manière.

Reflux Gastro-Œsophagien (RGO)

Qu'est-ce que le RGO ?

Le RGO désigne la remontée d’une partie du contenu de l’estomac dans l’œsophage (dont la muqueuse n’est pas conçue pour être en contact avec des remontées gastriques), et ce de manière involontaire. Chez les petits, le dernier muscle rond situé à la jonction entre l’œsophage et l’estomac (le cardia) n’est pas toujours suffisamment développé pour se contracter efficacement et maintenir le contenu à l’intérieur de l’estomac.

Régurgitations simples vs. RGO pathologique

Les régurgitations simples sont banales et fréquentes chez tous les bébés. Finalement, très peu de bébés souffrent de RGO pathologiques très sévères : la plupart se situent dans la catégorie “régurgitations simples”, mais cette situation peut évidemment s’aggraver sans prise en charge. Le plus gros risque (complication) est l’œsophagite.

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Facteurs aggravants

Plus bébé grandit, plus la prévalence des régurgitations s’estompe - d’une part parce que la maturité arrive, et d’autre part parce qu’avec les positions assise et debout, bébé se verticalise seul au lieu de vivre couché. Alors, la gravité peut jouer son rôle. L’œsophage est plus court chez le bébé que chez l’adulte : la remontée du lait, contre la gravité terrestre, est donc plus facile ! Bébé mange en très grande quantité, et la forme alimentaire est uniquement liquide.

Symptômes du RGO

  • Cris suraigus ou pleurs violents avec bébé arqué en arrière.
  • Troubles de l’alimentation : refus du sein ou au contraire bébé au sein en continu (le lait apaise la douleur), cris en cours d’alimentation (au sein ou au biberon).
  • Stagnation ou perte de poids selon la courbe de bébé.
  • Toux et troubles ORL fréquents.
  • Beaucoup de rots / gaz / constipation.
  • Bébé qui ne se calme pas dans les bras du parent.

Causes possibles du RGO

  • Émotionnel/psychosomatique : stress du parent ou de l’enfant, douleur, post-partum, cris, trauma, accouchement, sensibilité, etc.
  • Physiologique/mécanique : prématurité, immaturité du cardia, frein de langue, hernie hiatale, malposition ou malformation de l’estomac (plicature gastrique)….

Que faire en cas de RGO ?

  • Consulter des spécialistes: Montrer votre bébé à une personne très bien formée en détection des freins restrictifs et prendre rendez-vous avec un.e diététicien.ne nutritionniste pédiatrique pour une évaluation complète de la situation.
  • Réguler l’alimentation: Réguler l’alimentation de votre enfant avec des prises alimentaires régulières plus petites toutes les 2 à 3 heures.
  • Verticaliser après les repas: Derrière chaque temps d’alimentation, au biberon comme au sein, verticalisez votre enfant minimum 20 à 30 minutes.
  • Éviter les compressions abdominales: Évitez par ailleurs le transat et/ou toutes les positions entraînant des compressions abdominales.
  • Maximiser le sommeil: Maximiser et autonomiser le sommeil de votre bébé et assurez-vous que ses quotas de sommeil soient suffisants en fonction de son âge.

Médicaments pour le RGO

  • Gaviscon: Le Gaviscon est le pansement gastrique utilisé en premier soutien. Il est conseillé de l’ingérer AVANT chaque prise alimentaire.
  • Polysilane: Pour les bébés qui refusent complètement le Gaviscon, le Polysilane est un petit gel qui a surtout un effet pansement.
  • Inhibiteurs de la pompe à protons (IPP): En dernière intention ou en cas de grande urgence, il existe aussi des inhibiteurs de la pompe à protons : il s’agit de l’Inexium et du Mopral. Ceux-ci sont des antiacides et n’ont donc aucun effet sur les remontées du contenu de l’estomac.

Allaitement et RGO

Ne surtout pas arrêter l’allaitement maternel si votre enfant déclare un reflux. Votre lait a un véritable effet “pansement”. Donner de petites tétées régulières et fréquentes, qui aideront à calmer la douleur et à maintenir une courbe de poids satisfaisante. Si vous avez un REF (réflexe d’éjection fort), aider bébé à maîtriser le débit pour éviter de majorer le reflux.

Biberons et RGO

Si les biberons avec valve anti-reflux ne sont pas révolutionnaires, ils peuvent être intéressants à essayer. Mettre d’abord l’eau, puis ajouter la poudre lors de la reconstitution du lait. Les grosses prises de lait très étalées dans la journée ne sont pas une solution pour que bébé boive moins durant la nuit.

Diversification Alimentaire et Réflexe Nauséeux

Adapter la texture des morceaux

Il va vous falloir adapter la texture des morceaux proposés à votre bébé, en commençant par des morceaux de texture fondante. Pour savoir si la texture est suffisamment fondante, le morceau doit idéalement être facile à écraser entre votre pouce et votre index, ou entre votre langue et votre palais. Par exemple, vous pouvez lui proposer des petits flans de légumes, des muffins extra-fondants, des bâtonnets de carottes.

Progression graduelle

La meilleure stratégie pour pouvoir accompagner votre bébé à apprivoiser ce gag reflex est de lui proposer très graduellement des morceaux qui vont devenir de plus en plus difficiles à mastiquer. Quand votre bébé est débutant, vous allez commencer par des textures fondantes. Et puis, quand vous allez sentir que ses mouvements s’aguerrissent, que votre enfant prend un peu plus de tonus, que sa langue bouge davantage etc., vous allez pouvoir progresser et lui proposer des morceaux de texture un petit peu plus ferme.

Freins restrictifs et diversification

Les bébés ayant un frein de langue et ou de lèvre restrictif peuvent rencontrer des difficultés lors de la diversification alimentaire. Les bébés ayant un frein restrictif labial auront des difficultés à vider complètement leur cuillère. Lorsqu'il y a un frein de langue, la partie postérieure de la langue est immobile ou moins mobile, ce qui signifie que le bolus alimentaire a du mal à être envoyé vers l’arrière.

Difficultés de mastication

Avaler des morceaux demande une augmentation de l’indépendance et de la coordination des mouvements de la lèvre, de la langue, et des joues. Les problèmes les plus fréquents sont un manque d’élévation de la langue et un manque de latéralisation. Les enfants ayant un frein restrictif ne peuvent pas physiquement bouger leur langue vers la nourriture pour aider au processus de mastication. Ils mangent doucement et ont parfois aussi besoin d’eau pour les aider à déglutir.

Prise en charge multidisciplinaire

La prise en charge est multidisciplinaire, mais il faudra commencer par une rééducation logopédique/orthophonique. En effet, si vous essayez de commencer par la frénectomie chez ces bébés/enfants avec des troubles de l’hypersensorialité, celle-ci ne fera qu’empirer les choses. Il faut attendre que la désensibilisation et la rééducation soient bien avancées, avant de pratiquer la frénectomie.

Quand Consulter ?

Il faut commencer la prise en charge dès que votre bébé/enfant présente toute une série de symptômes :

  • Le bébé refuse ou n’arrive pas à attraper du tout le sein.
  • Il présente des hauts-le-coeur dès que vous lui proposez le sein ou le biberon (ou plus tard au contact des aliments).
  • Lors de la diversification alimentaire, votre enfant a des difficultés persistantes face à ces premières purées ou avec les petits morceaux qu’il n’arrive pas à avaler ou s’il refuse des aliments.
  • Votre bébé/enfant met un temps fou à prendre son biberon ou à manger son assiette.

Dès que votre bébé présente des signes de difficultés à la tétée, à la prise du sein, il est fort recommandé de le faire évaluer par une conseillère en allaitement/sage-femme/orthophoniste ou logopède qui connaît aussi la problématique des freins et de ces troubles d’hypersensoralité.

Conseils et Astuces

Écouter son instinct

Premièrement, écoutez votre instinct de maman. Le tout petit passe par certaines étapes clés, dont celle de « mettre les objets à la bouche ». Cela lui permet de nouvelles expériences sensorielles. Laissez-le donc mettre tout en bouche !

Mimétisme et jeux

L’enfant un peu plus grand utilise le mimétisme pour se développer. C’est la phase où il reproduit tout ce qu’il voit. En lui créant des situations propices d’apprentissage, vous pouvez donc cuisiner avec lui en lui faisant toucher, sentir, goûter la nourriture chaude, froide, sucrée, salée, amère, acide, dure, molle, croquante (chips)… Faites des jeux de découvertes alimentaires. Utilisez des renforçateurs positifs en le mettant dans une position de réussite et en faisant appel au côté ludique.

Désensibilisation

Pour les nourrissons ayant un problème de frein restrictif, on va commencer par désensibiliser leur visage, leurs lèvres, leurs gencives et le palais en y allant petit à petit. Il faudra aussi parfois, chez ces bébés, rééduquer leur langue par des exercices de stimulation de la succion, de la latéralisation. La logopède va réapprendre à l’enfant à accepter, à voir, à toucher et à sentir les différents aliments.

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