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Le Tenue Impériale Césarienne : Histoire et Héritage

L'histoire est jalonnée de figures emblématiques et énigmatiques, dont l'existence a suscité un intérêt considérable, tant de leur vivant qu'à travers les siècles. Certains de ces personnages sont devenus des mythes, voire des légendes, en raison de la richesse de leur vie, mêlant faits politiques, intellectuels et militaires. Cependant, la transformation de ces vies en mythes est souvent le résultat d'une construction historiographique élaborée autour de ces figures. Afin d'étudier la création d'une légende dans l'histoire, nous allons nous intéresser à sa fabrication depuis une guerre sans laquelle César n’aurait pas été César : la guerre des Gaules.

La Guerre des Gaules : Un Prélude à la Légende

« L’histoire est écrite par les vainqueurs ». Cette célèbre maxime illustre parfaitement les connaissances que nous avons sur la guerre des Gaules. Une unique source contemporaine écrite sur ce conflit existe : le Bellum Gallicum de Jules César.

Au IVe siècle avant J.-C., Brennus, un chef gaulois, pilla Rome. Et, au IIIe siècle avant J.-C., Hannibal passa par la Gaule et les Alpes pour venir l’attaquer. Au IIe siècle avant J.-C., les Cimbres, les Teutons et les Helvètes anéantirent des armées romaines : en -107, les Helvètes de Divico l’emportèrent aussi et en -105, à Orange, ce sont 80 000 légionnaires qui succombèrent.

Ayant reçu un mandat comme proconsul pour une durée de cinq ans en Gaule en décembre 59 avant J.-C., César partit en mars 58. Dès son arrivée, il prouva ses prétentions militaires en défaisant les Helvètes en Bourgogne, avant de remonter vers l’Alsace pour battre les Suèves d’origine germanique d’Arioviste. César installa donc ses légions sur la frontière est de la France actuelle avant de prendre ses quartiers d’hiver. Il décida de continuer son travail vers le nord en battant, en novembre 57 av.

En 56 avant J.-C., César décida de concentrer ses efforts vers l’ouest, dans un monde peu connu des Romains. Son calcul était à la fois politique et militaire, puisque les régions parcourues l’enrichissaient et accroissaient son prestige. Il commença par la région actuelle de Bretagne, plus précisément au Morbihan, en y soumettant les Vénètes. Ce fut l’épisode d’une bataille navale opposant les troupes romaines commandées par Brutus aux Vénètes, dont César a dressé un récit passionnant pour l’étude d’une bataille navale durant l’Antiquité.

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Il profita de ses réussites militaires, ainsi que de la loi Licinia Pompeia (prolongeant ses pouvoirs en Gaule pour cinq ans) pour mener deux expéditions outre-Manche, dans la région appelée alors la Bretagne, entre 55 et 54 avant J.-C. Cependant, en octobre 54, les Romains subirent la plus importante défaite de la guerre des Gaules lors de la bataille d’Aduatuca, en Belgique actuelle.

L’année 52 avant J.-C. fut celle du tournant dans la conquête des Gaules. Titus Labienus, qui avait défait les Trévires, mena quatre légions à proximité de Lutèce (Paris, probablement sur la plaine de Grenelle) où il y battit une coalition gauloise de Parisii, d’Aulerques, de Sénons et de Carnutes, commandée par l’Aulerque Camulogène. En parallèle, César prit Cenabum (Orléans) où il extermina la population qui essayait de s’échapper. Il se dirigea rapidement vers Avaricum qu’il assiégeât. La ville passa également au fil des épées.

Cette coalition gauloise mit en échec les Romains devant Gergovie, en Auvergne. Mais cette défaite n’arrêta pas César, qui ne perdit que très peu d’hommes. Il décida alors d’attaquer de front Vercingétorix dans son camp retranché d’Alésia. Le siège fut long et Vercingétorix se rendit.

Cependant, la guerre ne prit véritablement fin qu’en 51 avant J.-C. avec le siège d’Uxellodunum, où César reçut la reddition gauloise qu’il accepta à une condition : tous les hommes en âge de combattre ne seraient pas exécutés ou mis en esclavage comme la coutume le voulait, mais leurs mains seraient tranchées. Ils seraient ensuite envoyés de part et d’autre de la Gaule.

La Propagande Césarienne : Forger un Mythe par l'Écrit

« Verba volant, scripta manent ». Cette locution latine, pouvant se traduire par « les paroles s’envolent, les écrits restent », semble particulièrement bien assimilée par Jules César. Il rédigea les Commentaires sur la guerre des Gaules (Commentarii de Bello Gallico), une compilation de huit livres relatant les événements militaires et politiques en Gaule de 58 av. J.-C. à 51 av. J.-C. Les sept premiers livres furent écrits de sa main, le huitième par un de ses lieutenants ou amis, probablement Aulus Hirtius. Jules César composa tout au long de ses campagnes ou durant ses quartiers d’hiver en rédigeant des comptes-rendus d’opérations pour le Sénat. Toutefois, son processus d’écriture dépasse la simple mission descriptive qui lui incombait : il voulait « fournir des documents aux historiens sur des événements […] considérables ». Autrement dit, César se plaçait comme la principale source textuelle relative à la conquête des Gaules.

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Cette volonté de s’inscrire dans la postérité littéraire et historique compromet néanmoins une nouvelle fois la véracité des événements décrits dans les Commentaires sur la guerre des Gaules. Le professeur Michel Rambaud a consacré sa thèse sur cette question fondamentale pour comprendre à la fois la guerre des Gaules et le prestige millénaire du proconsul. Publié en 1953, L’Art de la Déformation dans les commentaires de César révèle les différents procédés rhétoriques utilisés par le consul romain. César passa également au silence certains épisodes peu flatteurs. Par exemple, il mena deux campagnes stériles en Germanie, notamment aux alentours du Rhin. Il ne les présenta pas comme des campagnes, mais uniquement comme des manœuvres de reconnaissances.

Napoléon Bonaparte et la Mode : Un Héritage Césarien

La mode fait partie des nombreux instruments que Napoléon Bonaparte a su exploiter pour affirmer la symbolique de son pouvoir. Deux-cents ans après sa mort, le 5 mai 1821, l’éclat vestimentaire napoléonien continue de briller à travers ses nombreuses représentations. Comme il le fit avec la politique et les institutions françaises, Napoléon a su incarner, à sa manière, l'image d'un continuateur et d'un restaurateur de la mode du début du XIXe siècle.

Bonaparte engage son ascension et ses premiers succès militaires dans un Paris métamorphosé, qui rattrape le temps perdu en assouvissant sa soif de jouissance et de luxe. Il s’appuie sur l’influence des salons dorés des élégantes célèbres de l’époque, ces femmes à très forte influence qui organisent des cercles de discussion où la mode est reine. Bonaparte y rencontre l'amour de sa vie, Joséphine de Beauharnais ; il fréquente Juliette Récamier ou encore Thérésa Tallien qui font de Paris la capitale de la mode, des distractions et des plaisirs. À la veille du Consulat, la vie sociale refleurit dans la recherche des commodités et des vêtements où l’on s’arrache les toilettes somptueuses et renouvelées.

Dès sa prise du pouvoir, après le coup d’état du 18 Brumaire (9 novembre 1799), c’est à partir de cet héritage vestimentaire-là que le premier Consul entend réglementer celle qui doit faire briller son pouvoir et servir ses intérêts, autant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Il s’adresse aux artistes les plus en vogue pour habiller la symbolique de son pouvoir.

En 1800, Bonaparte commande au peintre Antoine-Jean Gros un tableau où il est vêtu du célèbre habit officiel du premier consul, à base de velours rouge, brodé d'or, de feuilles de chêne en argent doré qui vise à faire briller sa jeune gloire. Un uniforme de cour dont le style est partagé avec les autres consuls : Cambacérès et Sieyès.

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Mais aucun n’aura autant de portée symbolique que le portrait qu'il commande à François Gérard, achevé en 1808, dont l’objectif est d’exalter la magnificence impériale. Napoléon souhaite inscrire sa légitimité dans la tradition de la représentation des souverains français Il est représenté, pour la seconde fois, après le portrait de Jean-Auguste Dominique Ingres en 1806, avec le grand costume impérial à la robe longue de velours rouge, par-dessus la tunique de satin blanc, brodée d’or, accompagné des insignes impériaux. Napoléon innove en remplaçant les fleurs de lys de la royauté française par des abeilles de la dynastie impériale, en adoptant la posture frontale. Napoléon se fait le continuateur de la mode cérémonielle pour faire rayonner son empire.

Le nobliau corse s'attache au luxe des costumes comme un symbole de sa dynastie, la mode lui apparaissant comme un merveilleux moyen de légitimité apparente. Il commence par faire rayonner son entourage immédiat, exigeant des toilettes resplendissantes. Les hommes et les femmes qui fréquentent sa cour doivent partager sa gloire, porter des habits somptueux, fixer l'admiration, exalter la magnificence napoléonienne. C’est une véritable cour de faste qui se met en place aux Tuileries et à Saint-Cloud. La mode sert à façonner sa noblesse d’empire.

Cassius Dion et la Représentation du Pouvoir Césarien

Cassius Dion, historien de l'époque des Sévères, offre une perspective unique sur le pouvoir césarien à travers ses écrits. Un discours attribué à César après sa victoire à Thapsus est particulièrement révélateur de la conception que Dion se fait du pouvoir idéal.

Dans ce discours, César tente de rassurer quant à l’exercice du pouvoir qui sera le sien à présent qu’il est le vainqueur des guerres civiles. Il y affirme qu’il exercera certes le pouvoir seul, mais de manière modérée et pour le bien de tous. Ce pouvoir repose sur une adaptation assumée des institutions - César se pose en consul et en dictateur à la fois, ce qui est déjà le cas : la nouveauté semble résider dans l’annonce de la permanence de cette pratique institutionnelle. Mais cette adaptation est présentée comme positive : grâce à elle, César pourra mieux agir en faveur des Romains. Ce pouvoir n’a toutefois pas vocation à être excessif : César reste un simple particulier si jamais quelqu’un estime avoir été lésé, garantissant ainsi la libertas et affichant le net refus de recourir à des exécutions d’opposants. Il se pose en chef (ἡγεμονεύειν), en guide (προστατεῖν), en père (ὡς πρὸς πατέρα) : il s’agit bien d’une relation asymétrique ; pour autant, cette asymétrie se veut modérée et bienveillante, car César prétend refuser les aspirations à un pouvoir tyrannique (τυραννεύειν) qui consisterait à faire des Romains ses esclaves (δεσπόζειν). César, désormais seul au pouvoir, affiche l’intention d’être un homme de bien (ἀνδραγαθίζεσθαι).

Louis de Potter : Un Héritage Républicain et Social

Louis de Potter, figure de la révolution belge de 1830, incarne un héritage républicain et social qui s'inscrit dans la continuité des idéaux césariens.

Acclamé par la foule, Louis de Potter est le leader le plus populaire, le plus radical et le plus âgé - il a quarante-quatre ans - de la révolution en cours. Mais il est réticent, voire hostile au cours institutionnel que ses collègues mettent en œuvre : l’élection d’un Congrès national chargé de voter une constitution. Il reproche à ses collègues, souvent amis, de ne pas utiliser « le mouvement de la révolution » pour aller plus loin. Il est soupçonné de vouloir s’imposer dans une perspective « césarienne », sinon autoritaire. « J’ai dit que la révolution faite par le peuple devait tourner toute entière pour le peuple. » Il est partisan d’une république sociale, caractérisée par la baisse des impôts de consommation et celle des dépenses de l’État. « Point d’économie possible sous la royauté », écrit-il dans la Profession de foi politique, publiée le 31 octobre 1830.

Ses prises de position contradictoires sur la situation, y compris l’idée d’un retour aux Pays-Bas reconstitués sur de nouvelles bases en 1839, puisque « la république sociale a échoué », n’en font désormais plus un acteur de la politique nationale. En revanche, sa renommée et ses talents de publiciste lui permettent d’intervenir dans le débat sur la société du futur, « sur les devoirs des gouvernants envers les gouvernés, des fonctionnaires publics envers le peuple.

En guise d’épitaphe, Le Prolétaire de Nicolas Coulon écrit le 2 août 1859 : « La révolution sociale vient de perdre un de ses défenseurs les plus énergiques, et la Belgique un grand citoyen, dans la personne de Louis-Joseph de Potter, ancien membre du gouvernement provisoire.

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