Trop de nouveau-nés et leurs mamans meurent encore dans le monde de complications liées à la grossesse, à la naissance ou au post-partum. Pourtant, la plupart de ces décès sont évitables à l’aide de moyens connus et maîtrisés. Les complications pendant la grossesse, l’accouchement ou le premier mois de vie des enfants causent encore de trop nombreux décès dans le monde. Le premier mois de la vie est la période la plus risquée pour la survie d’un enfant. Un décès néonatal est survenu toutes les 13 secondes en 2020, s’accumulant aux 2,4 millions de décès au cours de cette seule année. Les enfants mort-nés restent un problème prioritaire avec près de 2 millions de bébés mort-nés chaque année. Les enfants mort-nés sont étroitement liés à l’accès à des soins prénatals et à des accouchements qualifiés de qualité. Assurer la santé maternelle et néonatale dans le monde est l’un des combats de l’UNICEF pour répondre aux objectifs de développement durable de l’ONU. Entre 1990 et 2020, le taux de mortalité des nouveau-nés a considérablement chuté, passant de 40 décès à 18 décès pour 1 000 naissances. À son tour, de 2000 à 2017, le taux mondial de mortalité maternelle a diminué de 38 %, passant de 342 décès à 211 décès pour 100 000 naissances vivantes.
Définition et importance de la mortalité infantile
La mortalité infantile désigne les enfants nés vivants et décédés dans leur première année de vie et constitue un excellent indicateur de la prévention et de la qualité des soins obstétricaux et pédiatriques d’un pays. Elle reflète aussi le fonctionnement du système de soins, les facteurs environnementaux et socio-économiques. La mortalité infantile constitue un indicateur de la prévention et de la qualité des soins obstétricaux et pédiatriques d’un pays.
Alors que les chiffres français de la mortalité infantile se situaient en 3e position en Europe en 1996, la France décroche progressivement et se retrouve en 2022 en 22e position. L’analyse comparative de la mortalité néonatale indique un excès spécifique de mortalité pour chaque âge gestationnel par rapport aux pays vertueux, qui interroge sur les prises en charge de la grossesse et de la naissance, particulièrement dans le contexte d’inégalités sociales de santé. Pour les nourrissons plus âgés, les chiffres concernant la mort inattendue du nourrisson ne diminuent pas, et le syndrome du bébé secoué (ou traumatisme crânien non accidentel par secouement) est une cause, par définition, totalement évitable. Les causes infectieuses évitables par la vaccination perdurent également.
L’environnement physique et chimique ainsi que la pauvreté créent un cadre défavorable pour tous les âges.
Mortalité néonatale en France : Un état des lieux
Depuis 2015, la mortalité infantile en France est supérieure à la moyenne européenne. En Europe de l’Ouest, la France présente l’un des plus forts taux de mort inattendue du nourrisson (MIN) et les chiffres stagnent. Avec 215 victimes de moins de 1 an en 2022 (la moitié d’entre eux avant l’âge de 4 mois), chiffre le plus élevé depuis 2016, la MIN constitue en France la première circonstance de décès chez les nourrissons âgés de 1 mois à 1 an, sans diminution notable depuis une vingtaine d’années. Le syndrome du bébé secoué (SBS), ou traumatisme crânien non accidentel par secouement (TCNA), est en cause dans 50 à 100 décès par an dans la première année de vie en France.
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Un rapport sénatorial publié le 10 septembre 2024 conclut à la fragilité de l’offre de soins périnatals, menaçant la santé des mères et des nouveau-nés ainsi que l’équité sociale et territoriale.
Facteurs de risque et causes de la mortalité néonatale
Plusieurs facteurs peuvent influencer le taux de mortalité néonatale, notamment :
- Complications pendant la grossesse : Complications liées à des virus comme le paludisme, la malaria ou le SIDA ; Hypertension durant la grossesse (pré-éclampsie). Pendant la grossesse, chaque maman devrait pouvoir effectuer au moins 4 visites prénatales pour s’assurer du bon développement de son bébé et de sa bonne santé.
- Complications pendant l’accouchement : L’hémorragie de la délivrance est l’un des risques les plus critiques. Elle peut se produire dès l’arrivée du bébé ou quelques heures après la naissance. Des infections, accompagnées de fièvre, peuvent aussi survenir, notamment en cas d’hygiène inadaptée pendant la naissance ou au moment de couper le cordon ombilical. Le tétanos reste aussi une menace importante pour la santé maternelle et néonatale dans les pays où la vaccination n’est pas accessible à tous.
- Prématurité : Un enfant est considéré comme prématuré s’il naît avant 8 mois et demi de grossesse (37 semaines d’aménorrhée). La prématurité représente 6,2% des naissances. On distingue 3 niveaux de prématurité : la prématurité moyenne (entre 33 et 37 SA), la grande prématurité (entre 28 et 32 SA) et l'extrême prématurité (avant 28 SA). La naissance prématurée d’un enfant interrompt son développement in utero : tous ses organes sont présents mais ils sont encore immatures. Les complications les plus graves concernent principalement le cerveau, les poumons, le tube digestif et l’œil.
- Facteurs socio-économiques : Les caractéristiques socio-économiques de la commune de résidence sont fortement associées avec le risque de décès néonatal en France. Les disparités socioéconomiques semblent avoir augmenté depuis 2001. Les taux de familles monoparentales, immigrées, non propriétaires sont des caractéristiques associées à davantage de mortalité néonatale, qu’elle soit liée à la prématurité ou concerne un enfant né à terme. Être pauvre dans un territoire lui aussi défavorisé serait davantage péjoratif.
- Facteurs environnementaux : L’exposition à la pollution de l’air durant la grossesse pourrait jouer un rôle dans l’incidence de la prématurité, du faible poids à la naissance, de la mortinaissance et sur certaines malformations congénitales, via des mécanismes de stress oxydatif et d’inflammation touchant le placenta (ou directement le fœtus pour les particules fines).
- Mort inattendue du nourrisson (MIN) et syndrome du bébé secoué (SBS) : La MIN constitue en France la première circonstance de décès chez les nourrissons âgés de 1 mois à 1 an, sans diminution notable depuis une vingtaine d’années. Le syndrome du bébé secoué (SBS), ou traumatisme crânien non accidentel par secouement (TCNA), est en cause dans 50 à 100 décès par an dans la première année de vie en France.
- Erreurs médicales: Des erreurs médicamenteuses peuvent survenir. Les équipes elles-mêmes peuvent être en cause.
- Autres facteurs: L’âge maternel avancé, le stress, la consommation de tabac sont aussi impliqués.
Impact de l'âge gestationnel
Une étude basée sur les données du PMSI de 2011 a révélé que le taux d'hospitalisation des nouveau-nés était inversement proportionnel à l'âge gestationnel. Les enfants nés entre 35 et 38 semaines d'aménorrhée (SA) présentent un risque accru de mortalité et de morbidité néonatale et infantile par rapport à ceux nés entre 39 et 41 SA.
- Hospitalisation à J0-J27 : Plus fréquente lorsque l’âge gestationnel est faible, même à 38 SA (8,8% vs 6,4% à 39-41 SA).
- Hospitalisation en réanimation néonatale : 5,8% à 35 SA ; 2,6% à 36 SA ; 1,0% à 37 SA ; 0,4% à 38 SA ; 0,3% à 39-41 SA.
- Mortalité : Les taux de mortalité infantile et néonatale sont plus élevés à 37 et 38 SA qu’à 39-41 SA.
Prématurité et ses complications
Un enfant est considéré comme prématuré s’il naît avant 37 semaines d’aménorrhée (SA). La prématurité représente 6,2% des naissances.
Les complications liées à la prématurité peuvent inclure :
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- La maladie des membranes hyalines : elle se traduit par des difficultés respiratoires aigües importantes à la naissance. C'est une maladie respiratoire du prématuré né avant le terme de 34 SA.
- La persistance du canal artériel : il s'agit d'une anomalie cardiaque entrainant des difficultés respiratoires chez l'enfant prématuré.
- Les apnées centrales : il s'agit d'un arrêt de la respiration chez le bébé.
- L’entéropathie ulcéro-nécrosante : il s'agit d'une maladie du tube digestif liée à l'immaturité et à la fragilité de celui-ci.
Enfant sans vie
Un enfant sans vie est un enfant mort-né ou un enfant né vivant mais non viable. À partir de 2008, un certificat médical d’accouchement suffit pour inscrire l’enfant sans vie à l’état civil français. Après avoir fortement augmenté en raison des changements juridiques intervenus, le nombre d’enfants sans vie s’est stabilisé autour de 19 enfants sans vie pour mille femmes. Cet événement, plus fréquent pour les femmes âgées, ne marque pas la fin de la vie féconde.
Mesures de prévention et d’amélioration de la santé néonatale
Plusieurs mesures peuvent être mises en œuvre pour réduire la mortalité néonatale :
- Amélioration de l’accès aux soins prénatals et obstétricaux de qualité : Pendant la grossesse, chaque maman devrait pouvoir effectuer au moins 4 visites prénatales pour s’assurer du bon développement de son bébé et de sa bonne santé.
- Formation du personnel de santé : Il est primordial d'être en nombre suffisant en salle de naissance.
- Vaccination : Le tétanos reste une menace importante pour la santé maternelle et néonatale dans les pays où la vaccination n’est pas accessible à tous.
- Prise en charge de la prématurité : L’amélioration de la prise en charge globale et de l’organisation des soins apportés à ces enfants a permis de réduire la fréquence et la sévérité des conséquences de la prématurité sur leur développement ultérieur. L’environnement dans lequel ils évoluent est en outre particulièrement important. Leur accompagnement éducatif et social est déterminant pour le bon déroulement de leur développement neuropsychologique.
- Soutien aux familles : Les associations de parents jouent également un rôle important dans le soutien aux familles après une naissance prématurée, pendant et au-delà de l’hospitalisation.
- Lutte contre les inégalités sociales : Les avantages indirects dont peuvent bénéficier les enfants (par exemple un mode d’accueil) sont également distribués inéquitablement en France. Une recherche récente en attente de publication expose que « les caractéristiques socio-économiques de la commune de résidence sont fortement associées avec le risque de décès néonatal en France.
Rôle de l’UNICEF
Assurer la santé maternelle et néonatale dans le monde est l’un des combats de l’UNICEF pour répondre aux objectifs de développement durable de l’ONU. Vous souhaitez aider l’UNICEF France à préserver la santé maternelle et néonatale partout dans le monde ?
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