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Taches Blanches sur la Peau des Enfants : Causes et Traitements

L'apparition de taches blanches sur la peau d'un enfant, surtout en été lorsque le bronzage est plus prononcé, peut susciter des interrogations. S'agit-il d'une simple sécheresse cutanée, d'une infection fongique comme le Pityriasis versicolor, ou d'autre chose ? Cet article explore les diverses causes possibles de ces taches et les traitements appropriés.

Différentes Origines des Taches Blanches

Il est essentiel de distinguer entre les taches blanches congénitales, présentes dès la naissance ou peu après et évoluant avec la croissance de l'enfant, et les taches blanches acquises, qui apparaissent plus tard dans la vie. Cet article se concentre principalement sur les causes acquises, qui sont souvent plus difficiles à traiter.

Taches Blanches Congénitales vs. Acquises

Les taches congénitales ne seront pas traitées en détail ici. Nous nous concentrerons sur les dépigmentations acquises qui surviennent à un moment donné de la vie de l'enfant, laissant des taches blanches souvent difficiles à traiter.

Causes des Taches Blanches Acquises

Plusieurs affections cutanées peuvent être à l'origine de taches blanches acquises chez l'enfant.

Vitiligo

Le vitiligo est une affection qui touche environ 1% de la population générale. Il se manifeste par une dépigmentation complète, d'un blanc ivoire, et peut parfois entraîner le blanchiment des poils ou des cheveux. Les taches de vitiligo ont tendance à s'étendre progressivement. Il est lié à un dysfonctionnement du système immunitaire, qui attaque et détruit les cellules produisant les pigments de la peau (mélanocytes).

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Causes de Taches Hypopigmentées

Plus fréquemment, on découvre chez les enfants, au cours de l'été, des petites taches blanchâtres ou hypopigmentées (et non complètement blanches comme le vitiligo). Deux affections sont principalement responsables de ces lésions : l'eczéma et le pityriasis versicolor.

Eczéma ou Dermatite Atopique

Le plus souvent, il s'agit de plaques d'eczéma ou dartres. La peau est sèche et un peu rugueuse au toucher. Si l'enfant a des antécédents d'eczéma ou de dermatite atopique, ces taches blanchâtres se retrouvent souvent au niveau des plis, en particulier du genou ou du coude. On peut également observer ces plaques plus claires sur le visage, les joues, ou d'autres parties du corps. Ces troubles de la peau sont également connus sous les noms plus médicaux d’eczématides ou encore pityriasis alba.

Les dartres se manifestent par une peau sèche, rugueuse et déshydratée, souvent sous forme de petites plaques, de forme ronde ou ovale. Une sorte de tache blanche : les plaques de dartres peuvent être légèrement rosées mais on observe surtout une zone de peau blanche dite « hypo-pigmentée ». Les dartres contrastent alors avec la peau autour. Une fine couche de peau peut peler à la surface des dartres, on parle alors d’un phénomène de desquamation, avec parfois, des démangeaisons.

Les dartres apparaissent le plus souvent sur le visage, en particulier chez les enfants autour de la bouche, les joues et le menton. Elles peuvent se développer sur d'autres zones du corps, comme les bras ou le cou, mais, à la différence d’un intertrigo, cela ne situe pas dans les plis.

La principale cause de l’apparition de dartres (ou pityriasis alba) est la xérose : terme médical pour parler d’une peau très sèche. Et c’est ce qu’il se passe dans des conditions d’environnement sec, venteux ou après une exposition excessive aux rayons UV du soleil : la peau est agressée, elle devient sèche. De plus, les allergènes présents dans l'environnement, comme par exemple le pollen ou les particules fines de pollution dans l’air, les produits chimiques irritants dans les produits ménagers, ou encore les allergènes alimentaires… : tous peuvent provoquer des réactions cutanées, et si la barrière cutanée s’altère, alors cela peut aussi favoriser l’apparition de dartres.

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Les dartres sont en effet étroitement liées à ce qu’on appelle la dermatite atopique ou eczéma atopique : c’est une affection inflammatoire (car il y a présence d’une réaction de défense de la peau) et chronique car cela évolue par crises. L’eczéma atopique se caractérise par une peau sèche, des démangeaisons intenses et des éruptions cutanées. Les dartres peuvent apparaître aux côtés de plaques d'eczéma, voire même être une manifestation mineure et/ou débutante d’un eczéma.

Pityriasis Versicolor

Moins fréquemment, les taches peuvent être liées à une mycose, une infection due à un champignon appelé Pityriasis versicolor. Cette affection touche préférentiellement les adolescents et les jeunes adultes et est relativement rare chez les jeunes enfants. Elle est plus fréquente dans les zones humides et tropicales. Le champignon responsable est le Malassezia, également impliqué dans les croûtes de lait du nourrisson et parfois dans le psoriasis. Le Pityriasis versicolor n'est pas contagieux, mais il est préférable de le traiter rapidement en raison de son aspect inesthétique.

Les tâches blanchâtres touchent souvent le cou, le torse, la racine des membres, et parfois le visage. Elles ne grattent pas en général ou juste très légèrement. Quand on les frotte, on observe une fine desquamation (un peu de peau se décolle). Il faut traiter les lésions et bronzer à nouveau pour qu'elles disparaissent. Il existe des formes avec des lésions complètement blanches, notamment sur les peaux brunes, ou des formes avec des tâches brunes, jaunes chamois à brun.

Cicatrices

Toutes les maladies inflammatoires de la peau, comme l'eczéma, le psoriasis ou le lichen, peuvent laisser des cicatrices blanches. De même, les plaies traumatiques, les interventions chirurgicales et les cicatrices de varicelle peuvent laisser une trace blanche. Il est important de protéger ces cicatrices avec un pansement et/ou une crème solaire écran total pendant la première année pour éviter qu'elles ne brunissent de façon définitive, les cicatrices claires étant moins visibles que les cicatrices hyperpigmentées.

Autres Causes Rares de Taches Blanches Acquises

D'autres causes de taches blanches d'apparition récente sont beaucoup plus rares. On peut citer la lèpre chez l'enfant, mais elle est exceptionnelle en France métropolitaine. Après 50 ans, surtout chez les femmes, on peut voir apparaître de petites taches de quelques millimètres à 1 cm de diamètre sur les membres, il s'agit de l'hypomélanose idiopathique en goutte, un phénomène de photo-vieillissement de la peau. Chez les jeunes femmes de 18 à 25 ans, on peut observer des taches de 1 à 3 cm plus claires sur le tronc de façon globalement symétrique s'étendant progressivement en plaques.

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D’autres causes peuvent être induites par un dysfonctionnement des mélanocytes : ces cellules se situent au niveau de l’épiderme et ce sont elles qui sont à l’origine de la synthèse des pigments de mélanine.

Diagnostic

En cas de doute sur un Pityriasis versicolor, il est conseillé de consulter un dermatologue, un pédiatre ou un généraliste. Le dermatologue peut examiner la peau de l'enfant avec une lumière spéciale appelée lumière de Wood, qui révèle des zones fluorescentes jaunes verdâtres au niveau des parties atteintes. Le diagnostic du vitiligo est clinique. Le recours à une biopsie cutanée est exceptionnel. Pour établir le diagnostic avec certitude, l’observation des taches blanches est conduite à l’aide d’une lampe émettrice d’UVA long et de lumière bleu violette, appelée lampe de Wood. Elle permet de s’assurer de la totale dépigmentation des zones devenues blanches. Cet examen peut également révéler des contours flous ou des dépigmentations en confettis, qui traduisent une forte activité de la maladie. La lampe de Wood aide aussi à distinguer le vitiligo d’autres pathologies qui peuvent engendrer une hypopigmentation à l’origine d’un éclaircissement de la peau : dartres, psoriasis, eczémas…

Traitements

Les traitements varient en fonction de la cause des taches blanches.

Eczéma et Dartres

L'hydratation de la peau est primordiale pour soigner une dartre : l’objectif est d’aider la peau à récréer sa fonction barrière altérée et favoriser ainsi le processus de guérison des dartres. Il est donc recommandé d'appliquer quotidiennement sur la dartre, un soin émollient ou une crème hydratante spécifiquement formulée pour les peaux fragiles ou les peaux à tendance atopique. Choisissez des émollients avec un maximum d’ingrédients naturels, hypoallergéniques et sans parfum pour éviter toute réaction cutanée. Bien sûr, pensez à nettoyer votre peau au préalable avec une formule sans savon, respectueuse des peaux fragiles ! Pour aider à apaiser rapidement la peau, et prévenir tout risque d’infection au niveau des dartres, ayez aussi le réflexe d’appliquer, aussi souvent que nécessaire, une crème pour dartre, réparatrice et assainissante, à base de cuivre et de zinc, que vous pourrez facilement trouver en pharmacie ou en parapharmacie. Bien entendu, si les dartres persistent ou provoquent trop d'inconfort, votre dermatologue pourrait envisager un traitement complémentaire : il pourra notamment vous prescrire des dermocorticoïdes, sous forme de crèmes, à appliquer directement sur la plaque de dartre pour soulager l'inflammation et l'irritation cutanée. Selon la situation, d'autres traitements pourraient également être envisagés, comme des soins dit kératolytiques, pour éliminer les cellules mortes de la peau, ou des médicaments antihistaminiques pour contrer les réactions allergiques.

Pour prévenir les dartres et améliorer leur état, la mesure la plus simple est bien sûr d’éviter autant que possible les facteurs déclencheurs. Pensez à bien protéger votre peau des agressions extérieures comme le soleil, le vent, le froid, et plus globalement, de toutes les variations trop brusques de température. Pour cela, il existe un geste barrière très efficace, c’est l’application d’une crème dite « isolante ». Ces crèmes sont ainsi nommées car elles créent une barrière protectrice effet « seconde peau ». Leur texture hautement rémanente (qui reste longtemps sur la peau), assure une efficacité immédiate et durable sur plusieurs heures. Au niveau des ingrédients, optez pour des formules haute tolérance, qui ne contiennent ni parfum, ni silicone.

Pour éviter les dartres, adoptez de bonnes habitudes au quotidien : Évitez les savons agressifs qui peuvent dessécher la peau.

Pityriasis Versicolor

Généralement, un traitement à base de kétoconazole est recommandé par les dermatologues afin de faire disparaitre les taches blanches dans ce cas précis. Des traitements antimycosiques peuvent également être prescrits.

Vitiligo

Bien qu’il soit considéré comme une maladie bénigne, le vitiligo n’est pas anodin : il a des répercussions psychologiques importantes, qui peuvent fortement altérer la qualité de vie des personnes qui en souffrent. Cet impact a favorisé le développement de la recherche sur cette maladie. Aujourd’hui, des traitements efficaces peuvent être proposés dans de nombreux cas.

Lorsque le diagnostic est posé, il est important que le patient comprenne bien la nature de sa maladie et le principe de son traitement. Une des difficultés pour les patients est de ne pas disposer de facteur qui permettent de savoir comment leur vitiligo va évoluer. Seul phénomène reconnu (dit phénomène de Koebner), l’apparition de nouvelles lésions est favorisée au niveau des cicatrices récentes, de zones lésées, ou encore de zones soumises à des frottements réguliers.

Pendant longtemps, les options thérapeutiques étaient peu nombreuses et insatisfaisantes. Mais depuis quelques années, des progrès ont heureusement été réalisés : s’il n’est pas encore possible d’empêcher la maladie d’apparaître et de se développer, ni de la guérir, on sait désormais bloquer les poussées et repigmenter une part importante des lésions de vitiligo.

Le maquillage médical (proposé par des dermatologues formés) et l’utilisation d’autobronzant (plutôt pour les patients qui ont la peau claire) peuvent permettre de masquer les lésions bien délimitées. Mais lorsqu’il existe une demande de traitement de la part des patients, une prise en charge médicale doit être mise en place, avec 3 objectifs complémentaires : Stopper la perte des mélanocytes lors d’une poussée, Induire la repigmentation des lésions, Prévenir les récidives.

Lorsque la maladie est en phase active, c’est-à-dire lorsqu’une poussée est en cours, il est important de le détecter et de bloquer le processus le plus rapidement possible : stopper la perte des mélanocytes est plus facile et plus rapide que de repigmenter une lésion. Un vitiligo actif est caractérisé par différents signes cliniques tels que des démangeaisons, l’apparition de petites dépigmentations « en confetti » ou encore celle de bordures claires, mais non totalement dépigmentées, autour de lésions préexistantes. Dans plus de 90 % des cas, il est possible de bloquer ces poussées par l’association d’un traitement court à base de cortisone administré par voie orale, 2 jours par semaine, et d’une photothérapie UVB.

Les traitements désormais disponibles permettent d’obtenir un repigmentation complète ou quasi complète de la majorité des lésions localisées sur le visage. Ils sont également assez efficaces sur celles présentes sur le corps, mais certaines zones, telles que les poignets, les mains et les pieds restent très difficiles à repigmenter. Dans la plupart des cas, le traitement repose sur l’association de crèmes à appliquer sur les zones dépigmentées et d’une exposition aux rayonnements UVB (via des lampes de photothérapie ou une exposition au soleil pendant la période estivale). Les patients doivent savoir que la repigmentation est un phénomène long : 6 à 24 mois de traitement sont nécessaires pour obtenir des résultats satisfaisants.

Plusieurs molécules sont désormais disponibles sous forme de crème pour traiter les lésions du visage ou d’autres zones sensibles : le tacrolimus et le pimecrolimus. Pour les lésions présentes sur le corps, l’utilisation d’un dermocorticoïde fort de manière intermittente peut être envisagée.

Le ruxolitinib en crème (un inhibiteur des voies JAK) a récemment montré son efficacité et sa bonne tolérance. Il s’agit du premier traitement qui a reçu une autorisation de mise sur le marché en avril 2023, pour une utilisation dès l’âge de 12 ans, dans toute l’union européenne. Son efficacité est nette sur le visage. Les lésions du corps peuvent elles aussi y répondre, mais la réponse est souvent moins bonne que sur le visage. Dans tous les cas le traitement reste long (de 6 à 24 mois). L’association du ruxolitinib avec les UVB semblent très prometteuse mais nécessite d’être confirmée dans de larges études.

En cas d’échec des traitements classiques, la greffe de mélanocytes autologues (provenant de la peau du patient lui-même) est une solution pour le traitement des plaques localisées et qui non pas évoluées depuis au moins 6 mois, ainsi que pour les vitiligos segmentaires. La procédure consiste à prélever au patient une petite zone de peau non dépigmentée et à mettre en suspension les cellules qui la composent (notamment des mélanocytes et des kératinocytes). Dans un second temps, les lésions à traiter sont dermabrasées (retrait de l’épiderme) et la suspension y est appliquée. Après cette greffe, la reprise de la pigmentation est progressive, optimale au bout de 3 à 6 mois. Un traitement topique (crèmes) ou par photothérapie peut être utilisé pour améliorer encore le résultat.

Conseils Généraux

  • Protection solaire: Protégez-vous du soleil : vous exposer au soleil sans protection peut augmenter de manière importante le risque d’apparition de taches blanches, notamment si vous avez la peau claire. La dépigmentation causée par la perte de mélanine rend la peau des personnes atteintes de vitiligo beaucoup plus sensible aux coups de soleil. En effet, la mélanine permet de protéger la peau contre les effets du soleil. Les personnes ayant le vitiligo doivent donc éviter les temps d’expositions trop longs qui pourraient être sources d’apparition de nouvelles taches.
  • Éviter les irritants: Évitez le contact répété avec certains produits : les colorants capillaires, notamment, peuvent irriter votre peau et induire des taches blanches.
  • Alimentation équilibrée: Misez sur des aliments riches en vitamines et nutriments essentiels, notamment ceux qui contiennent de la vitamine A, du bêta-carotène ainsi que de la vitamine B.
  • Hydratation: Après une exposition excessive au soleil, optez pour une hydratation maximale des zones touchées, afin de les aider à se régénérer. Uriage vous propose notamment Bariésun Baume Réparateur qui vous apporte une sensation immédiate de confort et d’apaisement lorsque votre peau est échauffée ou desséchée par le soleil. Vous pouvez également miser sur Bariésun - Brume Thermale Rafraichissante, une brume après soleil qui vous procure une sensation immédiate de fraicheur et d’apaisement.

Impact Psychologique

Le vitiligo est considéré comme une maladie ayant un fort impact sur la qualité de vie des patients. En effet, sa manifestation clinique, surtout sur les zones visibles du corps (visage, bras et jambes) peut entrainer des stigmatisations, l’isolement ou encore la dépression. Dans une étude anglaise, près de 50% des personnes affirmaient que le vitiligo avait un impact significatif sur leur qualité de vie. L’impact psychologique dans la population adolescente est très fort avec des effets qui persistent à l’âge adulte notamment sur l’estime de soi ou d’autres affections psychiatriques (dépression, anxiété, pensées suicidaires, …). Les effets de la maladie ne sont donc pas à minimiser par le corps médical.

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