La grossesse et l'allaitement sont des périodes de changements physiologiques importants pour la femme. Parmi ces changements, la transpiration excessive est un phénomène courant qui peut causer de l'inconfort. Cet article vise à expliquer les causes de la transpiration pendant la grossesse et l'allaitement, et à fournir des conseils pratiques pour gérer cet inconfort.
Transpiration et grossesse : un duo fréquent
Aujourd'hui, parlons de grossesse et de transpiration ! Au cours de la grossesse, les futures mamans peuvent être confrontées à une transpiration plus abondante pouvant même aller jusqu’au phénomène d’« hyperhidrose ». En effet, les modifications hormonales et la prise de poids vont entraîner un hyperfonctionnement thyroïdien qui va provoquer une hausse de la température corporelle et donc de la transpiration.
Les causes de la transpiration excessive pendant la grossesse
Plusieurs facteurs contribuent à l'augmentation de la transpiration pendant la grossesse :
- Les changements hormonaux : Pendant la grossesse, les niveaux hormonaux subissent des changements importants. L’augmentation des hormones comme l’oestrogène et la progestérone peut stimuler les glandes sudoripares, entraînant ainsi une augmentation de la production de sueur. Les fluctuations hormonales peuvent modifier la composition chimique de la sueur, ce qui peut entraîner un changement d’odeur. Les changements hormonaux provoquent une dilatation des petits vaisseaux sanguins qui se situent sous la peau, en particulier au niveau de la tête, du cou et de la poitrine. Cette dilatation vasculaire entraîne une sensation de chaleur qui peut durer de quelques secondes à plusieurs minutes, accompagnée d'une transpiration plus abondante.
- L'augmentation du métabolisme : Pendant la grossesse, le métabolisme basal de la femme augmente pour soutenir la croissance et le développement du fœtus. Cette augmentation du métabolisme signifie que le corps produit plus de chaleur, ce qui peut contribuer à une sensation de chaleur accrue chez la femme enceinte.
- L'augmentation du volume sanguin : Pendant la grossesse, votre volume sanguin augmente pour répondre aux besoins accrus du fœtus en croissance. Cette augmentation de la circulation sanguine peut entraîner une sensation de chaleur et de transpiration accrue, car le sang transporte la chaleur à travers le corps.
- La rétention hydrique : L'organisme de la femme enceinte retient davantage de liquides pour répondre aux besoins croissants du bébé et pour préparer l'allaitement. Cette rétention hydrique, combinée à l'augmentation du volume sanguin, contribue à intensifier la production de sueur.
Les zones les plus touchées
La transpiration excessive pendant la grossesse ne se manifeste pas uniformément sur tout le corps. Certaines zones sont particulièrement affectées, notamment le visage, le cou, la poitrine, les aisselles et les pieds.
Les variations selon les trimestres
La transpiration excessive et les bouffées de chaleur arrivent la plupart du temps au cours du 2ème et 3ème trimestre. Dès le premier trimestre de grossesse, certaines femmes ont des bouffées de chaleur plus fréquentes. Une bouffée de chaleur, c’est comme si tout à coup votre corps devenait très chaud à l’intérieur. Vous pourriez sentir votre visage devenir rouge et vous pourriez même commencer à transpirer beaucoup. Les bouffées de chaleur peuvent être un signe précoce de grossesse. Les bouffées de chaleur pendant le premier trimestre de grossesse sont souvent attribuées aux fluctuations hormonales, en particulier aux niveaux élevés d’oestrogène.
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Transpiration excessive : est-ce normal ?
Oui, la transpiration excessive pendant la grossesse est un phénomène parfaitement normal affectant de nombreuses femmes enceintes. La transpiration excessive pendant la grossesse est un phénomène naturel et temporaire qui touche de nombreuses femmes enceintes.
Transpiration et allaitement : un lien à comprendre
Pendant l'allaitement, les sueurs peuvent même devenir plus importantes. Rien d'inquiétant à tout cela, même si on s'en passerait bien ! Après l’accouchement, cette transpiration excessive, appelée hypersudation, risque même d'augmenter, sous l'action des hormones. Les femmes sont nombreuses à ressentir des sueurs nocturnes en post-partum, et cela peut durer plusieurs semaines.
Les causes de la transpiration excessive pendant l'allaitement
Plusieurs facteurs contribuent à l'augmentation de la transpiration pendant l'allaitement :
- Les changements hormonaux post-partum : Après l’accouchement, le corps connaît une véritable tempête hormonale. Plusieurs hormones, très présentes pendant la grossesse, chutent brutalement une fois le placenta expulsé. C’est ce changement soudain qui explique en grande partie les bouleversements physiques et émotionnels des jours qui suivent la naissance. Les œstrogènes, par exemple, chutent rapidement. Ils jouaient un rôle important pendant la grossesse, notamment dans le maintien de l’utérus et l’équilibre émotionnel. Leur baisse peut entraîner une fatigue inhabituelle, des variations d’humeur, une sécheresse de la peau ou une chute de cheveux. Même chose pour la progestérone, une autre hormone clé qui stabilisait l’humeur durant la grossesse. Quand elle disparaît presque du jour au lendemain, il est fréquent de ressentir un coup de blues, de la sensibilité ou une forme de vide intérieur. C’est ce qu’on appelle souvent le baby blues. L’hormone HCG, celle qui est détectée par les tests de grossesse, diminue également très vite après la naissance, pour disparaître complètement en une à deux semaines. Elle marque en quelque sorte la fin de l’état hormonal de grossesse. Autre hormone concernée : la relaxine. Produite pour assouplir les ligaments et faciliter l’accouchement, elle baisse elle aussi, ce qui peut laisser une sensation de raideur ou de faiblesse dans les articulations. Dans le même temps, d’autres hormones prennent le relais. La prolactine, par exemple, augmente pour permettre la montée de lait. Elle peut aussi influencer l’humeur, notamment si l’allaitement est difficile. L’ocytocine, quant à elle, reste présente : c’est l’hormone liée au lien mère-bébé, à l’attachement, à la lactation… mais aussi parfois aux larmes incontrôlables.
- La thermorégulation : Les sueurs nocturnes sont fréquentes en période d’allaitement du bébé, en raison des fluctuations hormonales et de la thermorégulation.
- Le stress et l'anxiété : Cela peut s’expliquer par les changements hormonaux post-partum, le stress et l’anxiété associés à la maternité.
- Les fluctuations de la production de lait : Cela peut s’expliquer par les changements hormonaux post-partum, le stress et l’anxiété associés à la maternité, ainsi que les fluctuations de la production de lait, que vous allaitiez ou non.
Sueurs nocturnes
Qu’on soit enceinte ou non, ressentir des sueurs nocturnes est quelque chose d’assez fréquent. Les sueurs nocturnes de la grossesse peuvent survenir dès le premier trimestre de grossesse. Certaines femmes les ressentent uniquement après l’accouchement : elles se réveillent parfois trempées la nuit, et cela est souvent perturbant.
Conseils pour gérer la transpiration pendant la grossesse et l'allaitement
Bien que la transpiration excessive soit généralement normale pendant la grossesse, certains signes doivent alerter. Durant la grossesse, il n'existe pas de remède miracle contre les bouffées de chaleurs et la transpiration. L'hydratation reste la clé d'une gestion optimale, accompagnée de choix vestimentaires judicieux et d'une hygiène adaptée. Les solutions naturelles et les ajustements du mode de vie suffisent généralement à améliorer le confort quotidien.
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Voici quelques conseils pratiques pour gérer la transpiration pendant la grossesse et l'allaitement :
- Maintenir une bonne hygiène corporelle : Avoir une hygiène corporelle impeccable est primordiale pour se débarrasser de votre sueur. Mais attention à la température ! Une douche trop chaude ou trop froide chamboulerait votre température corporelle et vous transpireriez à peine sortie. Prenez donc autant de douches que vous le souhaitez, tant qu’elles sont tièdes ! Une routine d'hygiène renforcée devient nécessaire pour maintenir le confort et la confiance en soi. Prendre plusieurs douches par jour, si nécessaire, peut apporter un soulagement immédiat. Il est important de privilégier des eaux tièdes plutôt que chaudes pour éviter de stimuler davantage la sudation.
- Choisir des vêtements adaptés : Il ne s’agit pas de s’habiller uniquement en jogging, mais plutôt d’opter pour des vêtements amples en matières naturelles comme, par exemple, le lin ou le coton. Oubliez les matières synthétiques ou la laine ! Si vous souffrez d'hypersudation, pendant votre grossesse ou après votre accouchement, vous pouvez limiter cette sensation d'être mouillée en adaptant vos vêtements et en jouant sur des matières naturelles. Privilégiez le coton et le lin, qui laissent la peau respirer, et évitez les vêtements synthétiques qui favorisent la transpiration. Jouez également sur les couleurs, s'il fait chaud : le blanc protège de la chaleur, alors que la noir la conserve. Privilégier les fibres naturelles constitue une stratégie efficace pour réduire l'inconfort. Le coton, le lin et la soie permettent une meilleure circulation de l'air et facilitent l'évaporation de la sueur. Ces matières respirantes aident à maintenir une sensation de fraîcheur plus longue. Lorsqu’on souffre de bouffées de chaleur liées à la grossesse, il est préférable de porter des vêtements amples, en coton ou en lin, en privilégiant les couches de vêtements indépendantes, de manière à pouvoir ajuster sa tenue à la température de son corps.
- Choisir un déodorant adapté : Sur peau propre et sèche, appliquez votre déodorant. Pendant votre grossesse, puis en période d’allaitement, le choix du déodorant est important ! En effet, les déodorants conventionnels contiennent, pour la majorité, des sels d’aluminium (apparaissant sous les noms “aluminum chlorohydrate” ou “aluminum zirconium octa-, penta- ou tetra- chlorohydrate » dans la liste INCI des produits). Ceux-ci agissent en bloquant les pores de la peau, interrompant ainsi la sudation. De plus, une étude de 2016 a démontré la responsabilité des sels d’aluminium dans le développement de tumeur. C’est pourquoi il est préférable de s’orienter vers un déodorant certifié bio qui ne bloquera pas la transpiration, mais inhibera les bactéries responsables des mauvaises odeurs. Future ou jeune maman, évitez les déodorants bio avec huiles essentielles, car la majorité sont déconseillées pendant la grossesse. C’est pourquoi Omum a créé Le Délicat, un déodorant naturel sans huile essentielle, ni alcool, qui régule la transpiration sans la bloquer et prévient les odeurs corporelles grâce aux vertus de l’hamamélis et du bambou. Pendant la grossesse, mais aussi l'allaitement, nous devons être plus vigilantes que jamais quant à l'utilisation de produits cosmétiques, dont certains peuvent être toxiques pour notre bébé. Les déodorants, difficile de s'en passer, et pourtant, ils sont régulièrement pointés du doigt pour leurs substances nocives. Alors comment choisir les produits les plus naturels possibles pour protéger notre peau et celle de notre bébé ? Dès la naissance, le nouveau-né se repère exclusivement avec son odorat, afin de se diriger vers le sein, dont les glandes de Montgomery sécrètent l'odeur du liquide amniotique. Déodorant solide, roll-on, spray, pierre d'alun ? Difficile de se passer d'un déodorant, surtout en post-partum, si l'on souffre de transpiration excessive. Alors, si on évite l'utilisation de produits cosmétiques parfumés pendant l'allaitement, rien ne nous empêche d'utiliser des produits naturels et compatibles avec l'allaitement. On vérifie la composition du déodorant. Sachez que lorsque vous allaitez, une quantité infime des produits cosmétiques que vous utilisez peut passer dans le lait maternel. La peau des aisselles étant très fine, elle laisse d'autant plus passer les produits chimiques, comme les perturbateurs endocriniens, les allergènes, l'alcool ou encore les molécules cancérigènes. On repère les substances dangereuses. Vous avez déjà dû apprendre à le faire pendant la grossesse afin d'éviter tout contact avec des produits cosmétiques dont la composition n'est pas naturelle. Il en est de même pendant l'allaitement. Pensez à bien vérifier les étiquettes et la liste des ingrédients avant d'appliquer un produit sur votre peau. De nombreux déodorants trouvés dans le commerce contiennent des sels d'aluminium, que l'on retrouve sous différentes appellations (Aluminium sulfate, Aluminium chloride, ou Aluminium Chlorohydrate). Attention également à la présence d'alcool, l’alcool éthylique, utilisé dans certains déodorants. On évite les déodorants en spray. Ces derniers projettent des substances qui peuvent se répandre sur notre poitrine, proche de nos aisselles. Ces déodorants sprays contiennent des gaz propulseurs (butane, isobutane, propane) permettant au produit de se répandre. La pierre d'alun, un minéral naturel reconnu pour ses vertus anti-transpirantes, est souvent perçue comme une alternative naturelle aux déodorants conventionnels. Il en existe deux sortes ; l'une naturelle, l'autre, synthétique. Pourtant, dans les deux cas, la pierre d'alun est composée de sels d'aluminium. Or, on sait qu'aujourd'hui l'aluminium peut être toxique à trop forte concentration. L'origine naturelle des huiles essentielles pourrait laisser penser qu'elles ne font pas partie des produits dont il faut se méfier durant la grossesse et l'allaitement. Et pourtant, elles sont loin d'être inoffensives. On en retrouve fréquemment dans les produits cosmétiques et notamment les déodorants, vendus comme "naturels". Certaines de ces huiles essentielles sont suspectées d'être des perturbateurs endocriniens, et peuvent passer dans le lait maternel. Les déodorants bio ne contiennent pas de sels d'aluminium, ni de perturbateurs endocriniens, et leur action est plus naturelle car ils ne bloquent pas la transpiration, et permettent l'évacuation des toxines du corps. Enfin, les déos bio respectent la flore cutanée et n'agressent pas l'épiderme, contrairement aux déodorants chimiques. Le mieux, pour ne pas se tromper dans le choix d'un déodorant compatible avec l'allaitement, est de se tourner vers des déodorants spécialement conçus pour les femmes enceintes. Ainsi, aucun doute concernant la composition du produit. Vous ne prendrez aucun risque pour vous ou pour votre bébé. Vous pouvez également utiliser l'application INCI Beauty, qui permet d'analyser la composition des produits cosmétiques et obtenir la liste des ingrédients qu'il contient. Si vous souffrez de transpiration excessive, mieux vaut utiliser du talc que des anti-transpirants.
- Maintenir une bonne hydratation : Quand on transpire, on perd de l’eau (de l’ordre de 0.5 à 1 L par jour). Il est donc primordial de se réhydrater tout au long de la journée avec 1.5 à 2 L d’eau. Pour y arriver, variez les plaisirs avec les jus de fruits, les boissons lactées, les thés et infusions … On pense également à bien s'hydrater pour compenser la perte en eau due à la transpiration, d'autant plus si on allaite. Contrairement aux idées reçues, il est essentiel de maintenir une hydratation optimale durant la grossesse. Buvez beaucoup et régulièrement pour compenser la transpiration, notamment durant les périodes de fortes chaleurs. L'eau aide à réguler la température corporelle et facilite l'élimination des toxines.
- Créer un environnement frais : Dormir avec des bouffées de chaleur, ou en transpirant beaucoup peut s’avérer très désagréable. Pour améliorer vos nuits, commencez par bien aérer votre chambre afin de maintenir une température de 17 ou 18°C. Créer un environnement frais et bien ventilé dans les espaces de vie contribue significativement au confort.
- Éviter de dormir nue : Ensuite, évitez de dormir nue, cela ne ferait qu’accroitre la sensation de moiteur. Vous serez plus à l’aise dans une tenue en matière naturelle qui va absorber votre sueur.
- Se rafraîchir : Vous pouvez aussi glisser un petit brumisateur dans votre sac à main pour vous rafraichir en cas de bouffées de chaleur !
- Activité physique adaptée : Une activité physique douce et régulière, adaptée à la grossesse, peut aider à réguler la température corporelle et à améliorer la circulation sanguine.
- Les remèdes à base de plantes : Des plantes comme la sauge, reconnue pour ses propriétés antitranspirantes, peuvent être utilisées sous forme de thé ou de suppléments. Toutefois, il est important de ne pas pratiquer l'automédication durant la grossesse.
Quand consulter un médecin ?
Bien que la transpiration excessive soit généralement normale pendant la grossesse, certains signes doivent alerter :
- Une transpiration excessive accompagnée de fièvre.
- Une transpiration excessive accompagnée de douleurs thoraciques.
- Une transpiration excessive accompagnée de difficultés respiratoires.
- Une transpiration excessive qui interfère avec les activités quotidiennes.
- Les symptômes de la dépression post-partum. Le déséquilibre hormonal induit par la chute brutale des hormones de grossesse peut provoquer une dépression post-partum caractérisée par divers symptômes tels que : une tristesse intense et persistante, souvent accompagnée de pleurs fréquents ; une fatigue chronique, parfois disproportionnée par rapport à l’activité physique ; des troubles du sommeil (insomnie ou hypersomnie) ; une perte d’intérêt pour les activités sociales ou personnelles ; un sentiment de culpabilité associé à une perte d’estime de soi ; un sentiment d’échec dans le rôle de mère ; des pensées suicidaires avec un risque de passage à l’acte ; un rejet du bébé ou des difficultés à nouer un lien mère/bébé… Ces symptômes doivent alerter la jeune maman ainsi que son entourage. Un suivi par les sages-femmes, les médecins ou des professionnels spécialisés en santé mentale est primordial pour prévenir toute aggravation.
Dans certains cas exceptionnels, si la transpiration excessive impacte significativement la qualité de vie, des solutions médicales adaptées à la grossesse peuvent être envisagées.
Idées reçues
- Dois-je réduire ma consommation d'eau si je transpire beaucoup ? Non, au contraire !
- La transpiration excessive peut-elle nuire au bébé ? Non, la transpiration excessive n'a aucun impact négatif sur le développement du bébé.
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