La sécurité des enfants est une priorité absolue pour les assistantes maternelles. La sieste, moment crucial pour le développement de l'enfant, nécessite une attention particulière. Cet article explore les obligations des assistantes maternelles en matière de surveillance pendant la sieste, les recommandations pour un sommeil sûr et les bonnes pratiques pour instaurer des routines favorables au repos des tout-petits.
La Sécurité du Sommeil : Un Enjeu Majeur
La Mort Subite du Nourrisson (MSN) est une tragédie qui touche encore près de 300 familles par an en France. Prévenir ce risque est une responsabilité essentielle pour les assistantes maternelles. Nanny Care, spécialiste de la sécurité du sommeil des bébés, souligne l'importance de suivre des recommandations précises pour minimiser les risques.
Aménagement de l'Espace de Couchage
- Lit bébé sécurisé : Assurez-vous que le lit bébé ne contienne ni doudou, ni peluches, ni serviettes, ni aucun objet susceptible de gêner la respiration de l'enfant.
- Gigoteuse : Faites dormir les bébés dans une gigoteuse adaptée à leur taille et à la saison, plutôt que dans des draps et couvertures qui pourraient les étouffer.
- Tour de lit : Évitez les tours de lit classiques, qui peuvent présenter un danger pour les bébés.
- Température ambiante : La température de la chambre doit être maintenue entre 18 et 20°C pour éviter la surchauffe. Il est essentiel de ne pas trop couvrir bébé.
- Matelas adapté : Le matelas doit être ferme et s’ajuster parfaitement au lit de bébé pour éviter tout risque d'enfouissement.
Position de Sommeil
- Position dorsale : Lors de la sieste, comme la nuit, les bébés doivent être couchés sur le dos. Cette position est la plus sûre pour prévenir la MSN.
- Moniteur respiratoire : Si vous gardez des bébés qui ne veulent dormir que sur le ventre, l'utilisation d'un moniteur respiratoire pour bébé peut être envisagée afin de surveiller les mouvements respiratoires de l'enfant.
Prévention des Régurgitations
- Attendre après le repas : Les bébés régurgitent fréquemment après le repas. Même s’il a fait son rot, il est recommandé d’attendre au minimum 15 minutes après le biberon pour coucher le bébé.
Surveillance Active et Technologie
La formation des assistantes maternelles insiste sur la nécessité d'une surveillance régulière des enfants pendant la sieste.
Fréquence des Rondes : Un Débat
Une formatrice a récemment affirmé qu'il était obligatoire d'aller voir les enfants qui dorment toutes les 7 minutes, même avec un babyphone caméra, et encore plus si les chambres sont à l'étage. Cette affirmation a suscité des réactions mitigées parmi les professionnelles, certaines la jugeant excessive.
- Arguments contre les rondes fréquentes : Des rondes trop fréquentes pourraient perturber le sommeil des enfants, en particulier ceux qui ont du mal à s'endormir. De plus, elles pourraient être difficiles à mettre en œuvre dans la pratique, surtout avec plusieurs enfants à charge.
- Arguments pour une surveillance régulière : Il est crucial de pouvoir vérifier régulièrement que l'enfant respire correctement et que sa peau ne présente pas de signes anormaux. Le babyphone, même avec caméra, ne permet pas de contrôler ces éléments.
Alternatives et Compléments à la Surveillance Physique
- Babyphone et caméra : Ces outils peuvent être utiles pour entendre ou voir l'enfant, mais ils ne remplacent pas une surveillance active et régulière.
- Détecteurs de mouvements respiratoires : Des dispositifs comme le Nanny-Care BM-02 ou le Nanny-Care BM-03 peuvent alerter en cas d’anomalie respiratoire. Ces détecteurs, certifiés CE dispositif médical classe IIB, offrent une sécurité supplémentaire.
Le Bon Sens et l'Adaptation
Il est important de trouver un équilibre entre la nécessité de surveiller l'enfant et le respect de son sommeil. La fréquence des rondes peut être adaptée en fonction de l'âge de l'enfant, de son état de santé et de son rythme de sommeil.
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Le Sommeil : Un Pilier du Développement de l'Enfant
Le sommeil est essentiel au bon développement de l’enfant. Il est lié à l’alimentation et / ou l'allaitement, il participe à la prévention des troubles du comportement chez les plus grands, des troubles des apprentissages… En parlant du sommeil, on prévient la mort inattendue du nourrisson, on fait de la prévention sur le sujet des écrans et leur impact sur le développement psychomoteur… Bref on touche à beaucoup de choses, c’est une notion centrale.
Évolution du Sommeil
Le sommeil du bébé évolue énormément les six premiers mois de vie puis dans les trois premières années. Passé 4 mois, le bébé commence à se régulariser, en même temps que l’alimentation, avec la synchronisation sur le rythme circadien. Les premiers mois de vie, les bébés s’endorment en sommeil agité. Ils peuvent bouger mais dorment en réalité. Entre les cycles de sommeil, il y a des réveils naturels.
Importance d'un Bon Sommeil
Une bonne nuit de sommeil va permettre à l’enfant d’investir ses journées, d’être plus concentré à l’école, de mieux réguler ses émotions.
Rituels et Repères
Il faut aussi lui donner des repères pour qu’il se cale peu à peu sur le rythme circadien (notre rythme naturel lié à l’alternance jour / nuit). On peut l’aider par exemple en ne lui faisant pas faire ses siestes dans un environnement totalement noir et silencieux. C’est la journée, il y a de la lumière et des bruits ambiants. Les professionnelles ont aussi tout intérêt à mettre en place des rituels préparant au sommeil, en lien avec les parents. Une chanson chantée systématiquement avant de dormir par exemple, va aider l’enfant à sécréter de la mélatonine. C’est en effet l’endormissement qui est le moment-clé. En général non, ça permet même de marquer une vraie différence avec la nuit.
Activités et Sommeil
Les activités proposées lors de la journée vont influencer le sommeil, notamment nocturne, des enfants. Il est notamment primordial de sortir et de prendre le soleil. Il est aussi important de permettre à l’enfant de bien se dépenser en journée, idéalement avant 18h. On fera aussi attention aux micro siestes de 5/10 minutes de l’enfant dans la poussette, qui peuvent sembler insignifiantes mais qui peuvent complètement perturber son cycle et l’endormissement du soir.
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Accompagnement à l'Endormissement
La première cause de trouble du sommeil c’est le conditionnement anormal à l’endormissement. L’enfant prend l’habitude, notamment avec son parent, de s’endormir en poussette, dans les bras ou en porte-bébé. Dans ce cas, je propose un processus d’accompagnement à l’endormissement. On peut commencer par coucher l’enfant encore éveillé dans son lit afin qu’il puisse voir son environnement, dès 2-3 mois, en pratique dès qu’il ne s’endort plus systématiquement en fin de tétée. Puis, on l’accompagne à l’endormissement grâce à la voix ou au toucher. Et peu à peu, on sera moins interventionniste. On ne le sort pas du berceau. On ne le berce pas avec les bras mais avec la voix afin qu’il apprenne à s’auto-apaiser. Il est possible de mettre, durant le bercement, un petit oreiller entre le bébé et la personne qui le berce, on l’éloigne doucement jusqu’à ce qu’il finisse dans le lit. On peut parfois sortir de la chambre et revenir. Progressivement, il est possible de mettre en place les méthodes dites « 5/10/15 » ou « 3/5/7 », on adapte le temps en fonction de l’enfant et de son âge. Il existe de nombreuses techniques, adaptées selon la situation individuelle de chacun. Il est important de rappeler qu’on personnalise la technique selon l’enfant, son âge et toujours en lien avec ses parents, et qu’on procède de manière progressive.
Collaboration avec les Parents
Il est essentiel d'aborder le sujet du sommeil avec les parents dès les premiers rendez-vous. Il faut leur donner les mêmes conseils abordés précédemment : ne pas le prendre dans les bras, ne pas le bercer, ne pas lui donner le biberon dans le lit, rassurer sans être trop interventionniste. Mais pour revenir aux parents, il est important de la part de la professionnelle de s’adapter à ce que le parent peut accepter. Il vaut mieux que les changements d’habitudes impulsés pour le sommeil de l’enfant passent d’abord par les parents puis soient adoptés par les assistantes maternelles. On explique factuellement ce qu’il se passe lors des journées et on propose « j’ai entendu parler de telle méthode. Et il faut garder en tête qu’un enfant qui ne dort pas, c’est un parent qui ne dort pas. Il se peut qu’il soit alors épuisé et irritable. Le sommeil est une question intime qui peut ramener le parent à sa culpabilité de ne pas réussir. Je conseille de parler de la question du sommeil dès les premiers rendez-vous avec les parents : comment dort-il ? Qu’est-ce que vous mettez en place à la maison ?
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