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Césarienne systématique aux États-Unis : statistiques, causes et enjeux

Introduction

La césarienne, une intervention chirurgicale consistant à extraire le bébé en pratiquant une incision dans l'abdomen et l'utérus de la mère, est devenue une pratique obstétricale de plus en plus courante dans le monde entier, et particulièrement aux États-Unis. Bien qu'elle puisse sauver des vies dans certaines situations d'urgence ou lorsque l'accouchement par voie basse présente des risques pour la mère ou l'enfant, son utilisation systématique suscite des inquiétudes croissantes en raison des risques potentiels associés et des questions d'autonomie des femmes.

Statistiques alarmantes sur le recours à la césarienne

Les chiffres relatifs aux césariennes aux États-Unis sont préoccupants. Alors qu'en France, plus d’un accouchement sur cinq se fait par césarienne, un chiffre déjà quatre fois plus élevé que dans les années 1970, aux États-Unis, elles concernent plus de 30 % des naissances. Au Brésil, ce chiffre dépasse même les 50 %. Ces taux élevés contrastent fortement avec les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui préconise un pourcentage moyen de 15 %.

Cette augmentation significative du recours à la césarienne soulève des questions quant aux facteurs qui sous-tendent cette tendance et à ses implications pour la santé des femmes et des enfants.

Facteurs contribuant à l'augmentation des césariennes

Plusieurs facteurs peuvent expliquer l'augmentation du nombre de césariennes aux États-Unis.

Âge maternel avancé et pathologies associées

L’âge moyen des mères à l’accouchement a augmenté, passant de 26,5 ans en 1977 à 31,5 ans en 2024. Avec l’âge, les femmes sont plus susceptibles de développer des pathologies telles que des problèmes vasculaires, du diabète et de l’hypertension, ce qui peut entraîner des grossesses à risque nécessitant une césarienne.

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Méconnaissance et interprétation large des recommandations

Certains professionnels de santé peuvent ne pas se cantonner strictement aux recommandations concernant les indications de la césarienne programmée. Des situations telles que la présentation du siège, les grossesses gémellaires, le diabète ou un antécédent de césarienne peuvent conduire à une césarienne, même si la Haute Autorité de santé indique qu'une césarienne peut être envisagée mais n’est pas systématique dans ces cas.

Demande des femmes et peur de l'accouchement par voie basse

Certaines femmes peuvent demander expressément à accoucher par césarienne, motivées par la peur de la douleur ou des conséquences potentielles de l’accouchement par voie basse, telles que le prolapsus ou l’incontinence urinaire ou anale. Il est essentiel que ces demandes soient prises en compte et que les femmes soient correctement informées des risques et des avantages des deux types d’accouchement.

Organisation des soins et contraintes de temps

L’organisation des soins peut également jouer un rôle. Si le travail est plus long que prévu, une césarienne peut être pratiquée pour des raisons de commodité ou en raison de difficultés de recrutement d’obstétriciens.

Risques associés à la césarienne

Il est crucial de ne pas banaliser la césarienne, car elle comporte des risques pour la mère et l’enfant. Le risque de mort maternelle est multiplié par 3,5 par rapport à la voie basse. L’intervention chirurgicale augmente également le risque d’hémorragie, de thrombose et d’infections pour la mère, ainsi que le risque de difficultés respiratoires pour le bébé.

De plus, après une césarienne, les mères peuvent être dans l’impossibilité de prendre soin du nouveau-né en raison des protocoles hospitaliers, de leur manque de mobilité, des effets de l’anesthésie et des douleurs postopératoires. Cela peut avoir un impact sur la relation mère-enfant et sur le rôle du père.

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Mortalité maternelle aux États-Unis : un problème de santé publique

Une nouvelle préoccupante est la hausse du taux de mortalité maternelle aux États-Unis au cours de la grossesse ou de l’accouchement. Chaque État comptabilisant et répertoriant la mortalité à sa façon, il se peut que le total soit en réalité supérieur. Les raisons de cet état de fait sont multiples, notamment le rapport entre pauvreté et accès aux soins.

Les femmes afro-américaines sont particulièrement touchées, étant plus souvent confrontées à la pauvreté, à des grossesses surprises non désirées et à un manque de couverture de santé adéquate. Le manque de moyens entraîne un mauvais état de santé général, avec des problèmes de surpoids, d’obésité, d’hypertension, de diabète ou de problèmes cardiaques. Le recours un peu trop systématique à la césarienne a aussi été invoqué comme cause possible de cette hausse de la mortalité, car l’utilisation de cette pratique chirurgicale a augmenté de 21% depuis 1996, avec les risques de complications postnatales que cela implique.

Huit États considèrent qu’il n’y a pas de fatalité et que les raisons de ces mauvais chiffres doivent être combattues. Forts de ces résultats très positifs dans les États qui s’y sont confrontés, les autorités fédérales et les professionnels de santé ont décidé de s’en inspirer pour agir contre ce fléau.

Ce qui semble être une des principales causes de morts, c’est le mauvais état de santé général des femmes, à fortiori en début de grossesse. Ne bénéficiant que d’une couverture médicale réduite, elles ne sont pas bien surveillées médicalement en suivi de couches. L’espoir de réelle amélioration réside dans la généralisation de la couverture santé Medicaid dont bénéficient déjà 29 États, et avec elle, la prévention de problèmes comme l’hypertension ou le diabète.

Le rôle du père après une césarienne

Après une césarienne, les mères sont généralement dans l’impossibilité de prendre soin du nouveau-né en raison des protocoles hospitaliers, de leur manque de mobilité, des effets de l’anesthésie et des douleurs postopératoires. Cela positionne le père comme figure de care envers le nouveau-né.

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Les recherches en sciences sociales sur les expériences des pères lors d’une césarienne restent lacunaires. Pourtant, dans la plupart des pays, dont la Suisse, où une naissance sur trois est une césarienne, ils sont invités par le personnel médical à entrer au bloc opératoire.

Cette recherche s’insère dans une étude plus large sur les expériences des parents de la naissance par césarienne et de la naissance AVAC (accouchement voie basse après césarienne), menées avec des collègues.

Dès les premières observations en bloc opératoire, une pratique récurrente a été constatée : le peau à peau entre le père et le nouveau-né dans les heures qui suivent la césarienne. Ces pratiques de care se prolongent parfois par la suite, en raison en partie d’un manque de mobilité de la mère et des douleurs postopératoires.

Lors d’une césarienne, en fonction de l’état de la mère et du bébé, un premier peau à peau est réalisé entre la mère et le bébé. Très vite après la naissance, la sage-femme reprend toutefois le bébé et l’enveloppe dans un drap blanc. Elle demande alors au père de la suivre pour réaliser les premiers examens pédiatriques dans une salle dédiée aux premiers soins des bébés. Le nouveau-né est alors examiné par la sage-femme sous toutes ses coutures, sous le regard parfois émerveillé ou troublé des pères qui assistent à la scène en silence, avec quelques questions éparses sur l’aspect du nouveau-né (vernix, cordon ombilical, etc.), et sur les mesures prises, notamment celle du poids.

Après les premiers contrôles, la sage-femme demande au père de prendre place dans un fauteuil inclinable, torse nu, et positionne le nouveau-né, vêtu uniquement d’une couche-culotte et d’un bonnet, sur le torse de son père. Ce peau à peau a une durée très variable, de quelques minutes à plusieurs heures, le temps parfois que la surveillance postopératoire de la mère prenne fin selon l’évaluation du personnel de soin. Lors de ce peau à peau, quelques pères parlent à leur bébé, le prennent en photos, le caressent, lui prennent les mains pour regarder leurs petits doigts, cherchent le regard du bébé, lui donnent son premier biberon dans le cas où la mère ne souhaite pas allaiter.

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