Il est courant pour les femmes de se sentir plus fatiguées et mal pendant leurs règles. Cet article explore les causes de cette fatigue et offre des solutions pour aider à gérer ces symptômes.
Fatigue menstruelle : un symptôme fréquent
S’il y a une période du mois où il est particulièrement difficile de sortir de son lit, c'est bien pendant les règles. Les menstruations occasionnent une fatigue intense qui peut perdurer dans le temps. Être fatiguée pendant les règles, c’est très fréquent et généralement bénin. La fatigue menstruelle peut faire référence à un épisode de fatigue ressenti juste avant le début de vos règles ou pendant leur survenue. La fatigue est un symptôme du syndrome prémenstruel ; de nombreux experts l’associent aux fluctuations hormonales.
Les règles : un processus physiologique complexe
Les règles sont une phase naturelle du cycle menstruel féminin. Lorsqu’il n’y a pas fécondation de l’ovocyte par un spermatozoïde, l’endomètre, c’est-à-dire la muqueuse de l’utérus, se désagrège et est évacué par le vagin sous forme de pertes sanguines: ce sont les règles. Durant cette période, notre corps ne sécrète presque plus d’oestrogènes et de progestérone mais produit des prostaglandines. Le cycle féminin est dirigé par l’hypothalamus, une glande située à la base du cerveau, qui produit des hormones gonadotropes. Celles-ci agissent sur l’hypophyse, une autre glande située sous le cerveau qui produit les hormones (la FSH, l’hormone folliculo-stimulante, et la LH, l’hormone lutéinisante) qui influent sur les ovaires et sur l’utérus. Dans la seconde partie du cycle, de la fin de l’ovulation au début des règles suivantes, la progestérone apparaît pour épaissir encore davantage l’endomètre.
Les causes de la fatigue pendant les règles
Plusieurs facteurs peuvent contribuer à la fatigue ressentie pendant les règles.
Changements hormonaux
Ton cycle menstruel est une véritable montagne russe pour tes hormones. Juste avant et pendant tes règles, les niveaux d'œstrogènes et de progestérone chutent. Les fluctuations hormonales se produisant au cours du cycle menstruel constituent la cause la plus probable de douleurs mammaires ou de gonflement des seins aux alentours de la survenue de vos règles. La baisse des taux d’œstrogène et de progestérone pendant la phase lutéale (la phase de votre cycle comprise entre l’ovulation et le premier jour de vos règles suivantes) peut également entraîner une diminution d’une autre hormone : il s’agit de la sérotonine, un neurotransmetteur stimulant la bonne humeur (l’hormone du bonheur !).
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Prostaglandines et inflammation
Les prostaglandines sont des substances chimiques que ton corps produit en réponse aux variations hormonales. Elles sont responsables de la contraction des muscles utérins, ce qui cause souvent des crampes menstruelles. La douleur menstruelle est liée à la production de prostaglandines. Ces hormones, présentes un peu partout dans le corps, jouent un rôle dans de nombreuses réactions de l’organisme, comme par exemple la dilatation des vaisseaux sanguins (vasodilatation). Elles sont également produites dans la muqueuse de l’utérus lors de la phase lutéale, juste avant le début des règles, afin de stimuler le muscle utérin à se contracter pour évacuer l’endomètre. Mais leur effet ne s’arrête pas là. Elles peuvent aussi provoquer des inflammations et des douleurs dans tout ton corps, d’où cette sensation de courbatures et de malaise général.
Carence en fer
Pendant les règles, il y a une perte de sang évidente qui peut être encore plus importante avec des règles abondantes. Qui dit perte de sang dit perte de fer ! En effet, le fer entre dans la composition du sang. Lors de pertes importantes de fer, on parle d’anémie. Les vertiges et les étourdissements pendant les règles sont souvent dus à un manque de fer. Il est donc utile de fournir au corps un complément en fer pour qu’il fonctionne parfaitement et pour éviter les vertiges. On parle de règles abondantes, ou de ménorragies, lorsque la quantité de sang perdu est de plus de 80 ml par cycle ou que les règles durent plus de 7 jours. Ces saignements abondants conduisent inévitablement à un manque de fer. Un faible taux de fer dans le sang : des saignements abondants pendant les règles peuvent parfois entraîner une anémie due à une carence en fer.
Mauvaise alimentation et fringales
Les changements hormonaux qui s’opèrent pendant les menstruations causent souvent des fringales. On a un appétit dantesque et tendance à vider nos placards pour se jeter sur des aliments gras et sucrés. Face à cette ingestion massive de sucre, notre pancréas réagit et sécrète de l’insuline en grande quantité. Modifications soudaines de la glycémie : certaines femmes peuvent avoir des fringales aux alentours de la survenue de leurs règles, ce qui peut les conduire à manger trop de sucreries ou d’aliments contenant du sucre ajouté. Ce type d’alimentation peut provoquer une augmentation de la glycémie, qui sera suivie par une baisse soudaine de l’énergie. L’hypoglycémie est une baisse du taux de sucre dans le sang. C’est le sucre (le glucose) qui fournit au corps sa principale source d’énergie, et le taux de sucre dans le sang correspond à la glycémie. Ces malaises disparaissent aussitôt que l’on prend du sucre ou du jus de fruits.
Troubles du sommeil
Quand tu ne dors pas assez, ton corps n’a pas le temps de bien récupérer, ce qui peut aggraver certains symptômes de tes règles, comme les crampes, les maux de tête, ou même les sautes d’humeur. Pendant tes règles, ton corps travaille dur, alors il a besoin de repos ! Assure-toi de dormir suffisamment chaque nuit, car un bon sommeil aide à réguler tes hormones et à réduire la douleur.
La grippe menstruelle : un état grippal pendant les règles
La grippe menstruelle, c’est ce moment du cycle où tu as l'impression de couvrir un mauvais rhume, mais sans être réellement malade. Les symptômes ressemblent à ceux d’une vraie grippe : frissons, courbatures, fatigue intense, maux de tête, voire fièvre. À cela s’ajoutent souvent des douleurs au bas ventre et un mal-être, comme si ton corps se rebellait contre toi. Les symptômes de la grippe menstruelle sont tellement similaires à ceux d’un rhume ou d’une grippe classique qu’il est facile de faire l’erreur. Tu te demandes peut-être si tu es en train de tomber malade, alors que c’est juste ton corps qui réagit aux fluctuations hormonales.
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Distinguer la grippe menstruelle des autres troubles
Quelques signes peuvent t’aider à savoir ce que tu traverses vraiment. Le SPM arrive avant tes règles, avec des symptômes tels que les seins sensibles, les ballonnements ou une envie irrésistible de sucré par exemple. La grippe menstruelle, elle, frappe pendant tes règles et ressemble davantage à un état grippal : frissons, courbatures, maux de tête, voire fièvre légère. Le TDPM est une version plus intense du SPM avec des symptômes physiques et émotionnels très marqués, comme une grande irritabilité, de l'anxiété, des douleurs ou une fatigue extrême. La différence ? Le TDPM est surtout marqué par des symptômes émotionnels intenses qui apparaissent avant les règles, alors que la grippe menstruelle est plus axée sur des symptômes physiques qui surviennent souvent au début de tes règles.
Solutions et conseils pour lutter contre la fatigue menstruelle
Heureusement, il existe plusieurs moyens de réduire la fatigue et d'améliorer le bien-être pendant les règles.
Repos et sommeil
Se reposer. Assure-toi de dormir suffisamment chaque nuit, car un bon sommeil aide à réguler tes hormones et à réduire la douleur.
Alimentation équilibrée
Manger léger et équilibré peut faire la différence. Essaie d’éviter les aliments trop gras ou trop sucrés qui peuvent aggraver l’inflammation et te faire sentir plus mal. Privilégie les légumes verts, les fruits frais, les noix et les poissons gras riches en oméga-3. Ils peuvent aider à réduire l’inflammation et les douleurs. Lors de ménorragies, il est essentiel de consommer des aliments riches en fer et des suppléments sous forme de comprimés.
Exercice physique modéré
On sait, ce n’est pas toujours facile de se motiver à bouger quand on a juste envie de se rouler en boule sur le canapé. Mais une petite marche, quelques étirements, ou une séance de yoga peuvent aider à soulager les courbatures et améliorer ton humeur. De nombreuses études ont permis de montrer que l’activité physique a au contraire un impact bénéfique sur les douleurs. Une revue Cochrane a récemment montré que les exercices de faible intensité, comme le yoga, ou de forte intensité, comme l’aérobic, peuvent réduire considérablement l’intensité des douleurs par rapport à l’absence d’exercice.
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Gestion du stress et relaxation
Prendre du temps pour toi et gérer ton stress peut alléger les symptômes de la grippe menstruelle. Accorde-toi des moments de détente, que ce soit avec une petite balade, une séance de yoga, ou même en prenant du temps pour toi, comme lire un livre ou te faire un masque visage. Tu peux aussi essayer des techniques de respiration profonde pour détendre ton corps.
Compléments alimentaires et médicaments
Prendre des gélules de fer en cas de carence avérée. Si tes symptômes sont gênants, tu peux te tourner vers des médicaments en vente libre comme les anti-inflammatoires (ibuprofène, par exemple) pour réduire la douleur et l'inflammation. Si tu préfères éviter les médicaments, il existe des alternatives naturelles. Les compléments en magnésium ou en vitamine B6 peuvent aider à réduire les crampes et la fatigue.
Phytothérapie
Améliorer la qualité de son sommeil grâce à la phytothérapie. Certaines plantes comme la valériane, la camomille, le tilleul ou la mélisse sont très efficaces pour lutter contre les troubles du sommeil. Vous pouvez les consommer sous forme de tisane ou de gélule. Pensez aussi aux comprimés de mélatonine afin de faciliter l’endormissement.
Soulagement des symptômes
Soulager vos symptômes de règles. Souvent on est épuisées parce qu’on a mal alors il est important de traiter ses douleurs menstruelles.
Changement de contraception
Un changement de mode de contraception. Le retrait d’un DIU au cuivre (stérilet) peut par exemple diminuer l’abondance de vos règles et donc la fatigue.
Quand consulter un professionnel de santé
Il est normal de se sentir un peu « cassée » pendant tes règles, mais si tu remarques des symptômes inhabituels ou inquiétants, il est important de consulter un professionnel de santé. D'autres signes comme des vertiges, des vomissements ou des douleurs qui s’aggravent peuvent aussi indiquer qu'il se passe quelque chose de plus sérieux. Parle de tes symptômes à ton médecin ou gynécologue, même si tu te demandes si c’est « normal ».
Idées reçues sur les règles et le cycle menstruel
1) « L’ovulation se produit nécessairement le 14e jour après le début des règles » : la première moitié du cycle menstruel (phase folliculaire) peut avoir une longueur très variable, entre 5 et 20 jours sans que ce soit pathologique. L’ovulation peut donc intervenir plus tôt ou plus tard que le 14e jour.
2) « Le sport et les règles sont incompatibles » : cette idée est répandue, probablement parce que les douleurs et autres symptômes que l’on peut ressentir pendant les règles peuvent décourager la pratique de l’exercice. Et pourtant, de nombreuses études ont permis de montrer que l’activité physique a au contraire un impact bénéfique sur les douleurs.
3) « Il est impossible de tomber enceinte pendant ses règles » : si la probabilité est effectivement proche de 0, il faut garder en tête que les cycles ne sont pas toujours réguliers et varient aussi d’une femme à l’autre.
4) « Notre cycle menstruel se synchronise avec celui de nos proches » : La plupart des études qui tentent de confirmer ce phénomène ont été critiquées pour leur méthodologie peu rigoureuse et il n’existe pour l’heure aucune preuve d’une possible « synchronisation des cycles ».
5) « Un cycle irrégulier est un signe d’infertilité » : cette idée est également fausse. Une femme peut ovuler un jour différent à chaque cycle et donc présenter des cycles irréguliers, sans qu’il y ait infertilité.
Autres symptômes courants des règles
Les saignements sont le principal signe indiquant que vous avez vos règles, mais saviez-vous que d’autres signes et symptômes peuvent les accompagner ? Certains symptômes apparaissent avant le début de vos règles et jouent davantage un rôle de signes précurseurs ; d’autres surviennent une fois que les saignements ont commencé.
- Les douleurs menstruelles sont l’un des symptômes des règles les plus courants. À un moment donné de leur vie, la plupart des femmes feront l’expérience de crampes pendant leurs règles ou autour de leur survenue. En général, les douleurs menstruelles se font ressentir au début des saignements. Pendant vos règles, l’utérus se contracte pour permettre à la muqueuse de se détacher. Cette contraction comprime les vaisseaux sanguins de la muqueuse, interrompant temporairement l’alimentation en sang et en oxygène à destination de votre utérus.
- Une sensibilité ou une douleur au niveau de la poitrine fait partie des symptômes couramment signalés pendant ou avant les règles.
- Certaines femmes peuvent remarquer l’apparition de boutons ou une poussée d’acné aux alentours de la survenue leurs règles, généralement avant.
- La fatigue menstruelle peut faire référence à un épisode de fatigue ressenti juste avant le début de vos règles ou pendant leur survenue.
- Vous avez constaté que vos jeans étaient plus serrés que d’habitude pendant vos règles ? Il y a de fortes chances que ces dernières soient la cause de cette coupe très ajustée. Les ballonnements ou la rétention d’eau juste avant le début des règles font partie des symptômes courants de SPM.
- Pendant vos règles, l’utérus se contracte pour permettre à l’ancienne muqueuse de se détacher.
- Les règles peuvent déclencher ce que l’on appelle des « migraines menstruelles » ou « migraines cataméniales ».
- Les sautes d’humeur, l’anxiété, la dépression et l’irritabilité sont des signes courants de l’arrivée de vos règles.
- Vous pouvez présenter une constipation ou une diarrhée aux alentours de la survenue de vos règles.
- Que ce soient les crampes ou les sautes d’humeur qui vous empêchent de dormir la nuit, les femmes se plaignent souvent du manque de sommeil aux alentours de la survenue de leurs règles.
Impact des règles sur le stress et l'humeur
Les règles d’une femme peuvent affecter son niveau de stress de différentes manières. Le cycle menstruel et les sautes d’humeur sont étroitement liés. Pendant les menstruations, les taux d’œstrogènes et de progestérone sont faibles. Les taux d’œstrogènes augmentent jusqu’à l’ovulation. Après l’ovulation, le taux d’œstrogènes diminue et celui de progestérone augmente.
Troubles de l'humeur liés aux règles
- Syndrome prémenstruel (SPM) : ce terme décrit une variété de symptômes physiques, émotionnels et comportementaux qui surviennent avant les menstruations.
- Trouble dysphorique prémenstruel (TDPM) : ce trouble est une forme plus extrême du syndrome prémenstruel. La principale différence entre les deux est qu'elle est généralement plus grave et que ses symptômes durent plus longtemps.
Gestion des sautes d'humeur
- Tenez un journal des humeurs : Les personnes peuvent également tenir un registre de leurs sautes d'humeur lorsqu'elles surviennent pendant leur période menstruelle.
- Adoptez une alimentation équilibrée et faites régulièrement de l'exercice : Une alimentation équilibrée, pauvre en sucres, en graisses et en caféine peut aider à réduire les sautes d'humeur causées par les menstruations.
- Demandez conseil : les femmes souffrant de troubles ou de problèmes psychologiques ont tendance à avoir davantage de répercussions sur leurs règles.
Dysménorrhée : comprendre et traiter les douleurs menstruelles
Les douleurs de règles seraient particulièrement fréquentes dans la population française. Environ 90 % des femmes réglées de 18 à 49 ans présentent une dysménorrhée cotée de 1 à 10 (sur une échelle où 0 correspond à aucune douleur et 10 à une douleur maximale insupportable). Parmi elles, 40 % vont présenter une dysménorrhée modérée à sévère avec une douleur comprise entre 4 et 10. Les causes de ces douleurs peuvent être variées. L’endométriose concerne environ 1 femme sur 10 : les formes symptomatiques pourraient donc expliquer une partie des cas, mais ne peuvent seules être mises en cause dans la prévalence élevée des douleurs menstruelles. D’autres facteurs ont parfois été avancés comme des malformations utérines, des maladies inflammatoires du bas ventre… Il faut néanmoins souligner que les douleurs ne sont pas toujours associées à une pathologie sous-jacente.
Importance de la prise en charge
Avoir mal pendant les règles n’est ni normal, ni une fatalité et une prise en charge adaptée, passant parfois par l’utilisation de certains traitements (antidouleurs, traitements hormonaux dans certains cas…) peut avoir des effets bénéfiques.
Syndrome prémenstruel (SPM) et Trouble Dysphorique Prémenstruel (TDPM)
Au-delà de la discussion qui commence à s’ouvrir au sujet des douleurs, quand on aborde le sujet des règles, c’est surtout les termes de « syndrome prémenstruel » et de « trouble dysphorique prémenstruel » qui sont le plus souvent évoqués dans les médias et sur les réseaux sociaux. Les deux notions sont parfois confondues et pas toujours bien définies - d’autant qu’aucun mécanisme physiopathologique n’a été bien décrit dans la littérature scientifique jusqu’ici.
Syndrome prémenstruel (SPM)
On s’accorde toutefois généralement pour dire que le syndrome prémenstruel est une série de symptômes physiques et psychiques qui démarrent entre quelques heures et plusieurs jours avant les règles, et qui disparaissent généralement peu après leur arrivée. A priori sans gravité, ces symptômes sont néanmoins désagréables, franchement pénibles voire handicapants pour certaines femmes.
Trouble Dysphorique Prémenstruel (TDPM)
Depuis quelque temps, on entend aussi souvent parler de « trouble dysphorique prémenstruel ». Celui-ci est souvent défini comme une forme sévère de syndrome prémenstruel, avec au premier plan d’importants symptômes psychologiques (symptômes dépressifs, anxiété, sautes d’humeur…).
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