Saddam Hussein, homme politique irakien, a été le président de la République d'Irak de 1979 à 2003. Son règne, marqué par des conflits armés, une répression brutale et une ambition démesurée, a profondément marqué l'histoire de l'Irak et du Moyen-Orient.
Jeunesse et ascension politique
Né le 28 avril 1937 dans un petit village près de Tikrit, Saddam Hussein grandit dans une famille de paysans sunnites, dans la pauvreté et en l’absence de son père. Illettré et sans éducation, il est recueilli par son oncle maternel, Khairallah Tulfah, qui l’inscrit aussitôt à l’école. Cet oncle, un ancien officier qui avait soutenu la révolution de Rachid Ali Gaylani, l'influence profondément, lui enseignant le maniement des armes et l'histoire de l'Irak, notamment les figures de Nabuchodonosor et Saladin.
En 1955, Saddam s’installe à Bagdad avec son oncle. Il prend de l’assurance dans ses convictions politiques et participe à la tentative d’assassinat du Premier ministre Karim Kassem en 1959. L’échec du projet l’oblige à fuir le pays, et il est condamné à mort par contumace. Il se rend d’abord à Damas, puis au Caire, où il poursuit des études de droit et ses activités politiques. C'est pendant son séjour à Damas qu'il rencontre Michel Aflaq, le fondateur du parti Baas, et devient membre à part entière du parti.
Son exil s’achève lorsque les membres du Baas réussissent le coup d’État de février 1963 contre Kassem. Après la révolution irakienne du 8 février 1963, lors de laquelle le général Kassem est renversé par des groupes baasistes commandés par le général Aref, Saddam Hussein revint en Irak. Abdel Salam Aref, qui prend les rênes du pays, commence une épuration du parti Baas. Ayant retrouvé sa terre natale depuis peu, Saddam Hussein est alors arrêté puis emprisonné. Même incarcéré, il parvient à accroître encore son influence parmi les baasistes. Il s'évade en 1966 et se consacre à la constitution d'une branche clandestine du Baath.
Le 17 juillet 1968, les militants du Baas mettent leur projet à exécution. Saddam Hussein aurait alors assiégé le palais présidentiel en char d’assaut. La présidence revient au général Hassan al-Bakr, tandis que Saddam Hussein tire les principales ficelles du pays. Dès 1969, il accède au poste de vice-président du Conseil de commandement de la révolution (CCR). Fort de cette position et de la santé fragile du président al-Bakr, il assoit progressivement son autorité sur l’armée, les services de sécurité et accroît ainsi le pouvoir du Baas.
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Lorsque Hassan al-Bakr se retire de la vie politique pour raison de santé, Saddam Hussein a toutes les cordes à son arc pour prendre sa place. Ainsi, dès juillet 1979, il cumule les fonctions importantes : président de la République, président du CCR, secrétaire général du parti Baas et commandant en chef des armées.
Présidence et régime autocratique
Au vue du passé politique de l’Irak, Saddam Hussein met immédiatement tout en œuvre pour conserver le pouvoir, en installant notamment un régime autocratique et policier rigide. En outre, il s’appuie sur le réseau familial et transforme le Baas en véritable entité répressive. Ainsi, ses premières années à la présidence sont entachées par le sang de nombreux membres du parti, susceptibles de le renverser.
Saddam Hussein se retrouve à la tête d’un pays puissant, dont les ressources pétrolières ont permis un développement économique fulgurant ainsi qu’une modernisation des infrastructures et de l’industrie. L'Irak s'industrialise rapidement et devient l'un des pays arabes où le niveau de vie est le plus élevé, avec comme résultat l'émergence d'une véritable classe moyenne. En 1973, Saddam lance la « Campagne nationale pour l'éradication de l'illettrisme », un plan ambitieux visant à lutter contre l'analphabétisme. L'école devient gratuite, obligatoire et séculière pour les garçons et les filles. En moins de dix-huit mois, le nombre d'enseignants atteint le nombre de soixante-deux mille personnes, par ailleurs le nombre de filles scolarisées est multiplié par trois. L'Unicef reconnaît que l'Irak a pratiquement éradiqué l'illettrisme et aura poussé la scolarisation des Irakiens à un niveau encore inédit au Moyen-Orient. Les frais d'hospitalisation sont dorénavant pris en charge par l'État et des subventions sont accordées aux fermiers. Le système de santé irakien devient l'un des plus modernes et efficace de tout le monde arabe ; les services publics ne sont pas en reste, car le recrutement se fait dorénavant sur le mérite.
Mais les ambitions du président vont plus loin et dépassent les frontières irakiennes. Il revendique certains territoires iraniens, contestant les frontières établies lors des accords d’Alger, en 1975. À ses yeux, il agit dans la lignée de ses héros historiques : Nabuchodonosor et Saladin. Outre ces raisons d’ordre territorial et pétrolier, Saddam Hussein s’inquiète de la mise en place de la République islamiste en Iran. Il redoute surtout une révolte de la population chiite, très présente en Irak.
Guerres et conflits
En septembre 1980, ses troupes envahissent l’Iran, qui leur oppose une résistance acharnée. Saddam Hussein bénéficie d’un soutien international important et le conflit se prolongera durant huit ans. Durant ces années, les Kurdes, confiants en la défaite irakienne, coordonnent leurs actions contre le gouvernement irakien pour obtenir leur autodétermination. L’armée réplique, n’hésitant pas à utiliser ses armes chimiques. La ville kurde d’Halabja est bombardée avec les armes chimiques utilisées contre l’Iran. Ainsi, pour la première fois, un État utilise ses agents chimiques contre sa propre population. Le bilan est catastrophique : on compte 5000 morts, femmes, hommes et enfants. Après la signature du cessez-le-feu, en juillet 1988, l’Irak est à bout de force et criblée de dettes. Le bilan humain est, lui aussi, catastrophique pour les deux pays. Mais l’Irak est désormais considérée comme la principale puissance du Proche-Orient.
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Dans l’espoir de relever l’économie du pays, Saddam Hussein porte son attention sur le Koweït, qui, lui aussi, possède d’importantes ressources pétrolières. Pour le président irakien, ce territoire n’aurait jamais dû accéder à l’indépendance. De plus, le fait qu’il ait refusé l’annulation des dettes irakiennes résultants de la guerre contre l’Iran accroît les tensions. Enfin, Saddam Hussein accuse le pays de baisser les prix du pétrole aux dépends de l’Irak. C’est ainsi que le 2 août 1990, l’armée irakienne envahit le Koweït, aussitôt annexé.
Les réactions internationales sont immédiates. L’ONU met en place un embargo financier et militaire contre l’Irak puis permet aux Etats membres de répliquer par la force. Saddam Hussein perd tous ses alliés de la guerre contre l’Iran, qui se coalisent contre lui. Il ne lui faut guère de temps pour abandonner le territoire conquis. Il reste toutefois au pouvoir et en profite pour réprimer dans le sang les insurrections des populations chiites et kurdes.
Chute et exécution
Saddam Hussein est devenu, aux yeux des Occidentaux, l’une des principales menaces du Proche-Orient. Bien que laissé au pouvoir, il doit faire face à l'embargo économique et financier mené par l’ONU pour désarmer l’armée. La population sombre dans la misère et la faim, tandis qu’il parvient à maintenir sa domination par une répression plus sévère que jamais à l’encontre de toute opposition.
Saddam Hussein s’oppose au contrôle des inspecteurs de l’ONU, s’attirant les foudres de la communauté internationale, et notamment des Etats-Unis, qui bombardent le pays à plusieurs reprises. Lorsque ceux-ci sont victimes des attentats du 11 septembre 2001, l’Irak devient l’une des principales cibles de la lutte contre le terrorisme, menée par George W.
En 2002, la pression croissante qui s’abat sur le régime de Saddam Hussein l’oblige finalement à accepter la présence des experts en désarmement de l’ONU. Malgré ses déclarations, le président irakien est fortement soupçonné de posséder des armes de destruction massive, ce qui sert de prétexte aux Etats-Unis pour préparer une offensive. Les rapports de l’ONU sur le sujet laissent planer le doute, mais félicitent la coopération de Bagdad. L’Organisation s’oppose donc à tout recours à la force. Saddam Hussein, de son côté, ne semble guère impressionné par les menaces américaines et, lorsque les premiers bombardements américano-britanniques déferlent sur la capitale, il exige de la population qu’elle lutte corps et âme contre les envahisseurs. Tandis qu’il se réfugie dans un bunker, Bagdad tombe dès le début du mois d’avril.
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Le Tribunal spécial irakien est créé par l’administration américaine en Irak pour assurer le procès de Saddam Hussein, accusé de crime contre l’humanité, crime de guerre et génocide. Le 19 octobre 2005, ce dernier comparait pour l’exécution de près de 150 chiites dans le village de Doujail, en 1982. Il nargue les magistrats en déclarant ne pas reconnaître l’autorité du tribunal. Au terme d’un procès mouvementé, durant lequel Saddam Hussein ne cesse de tenir tête à ses juges, l’ancien dictateur irakien est condamné à la peine de mort par pendaison le 5 novembre 2006. Sans attendre de le juger pour d’autres crimes, on décide de le pendre à la fin du mois de décembre, avant l’Aïd el-Kebir. À l’aube du 30 décembre, ses bourreaux exécutent la sentence, dont les images font le tour du monde.
Les enfants de Saddam Hussein
Saddam Hussein a eu plusieurs enfants, dont les plus connus sont ses fils Uday et Qusay.
Uday Hussein : L'héritier controversé
Uday Saddam Hussein, né en 1964, était le fils aîné de Saddam Hussein et considéré pendant longtemps comme l'héritier présomptif du régime. Il a occupé plusieurs postes clés au sein du régime, notamment à la tête du Comité olympique irakien et du journal Babil. Cependant, son comportement erratique et sa violence extrême ont souvent entravé ses ambitions politiques. Il était connu pour ses excès, ses caprices, et sa cruauté légendaire. De nombreux témoignages dépeignent Uday comme un homme sadique, prenant un plaisir pervers à infliger des souffrances physiques et psychologiques à ses victimes. Il est accusé d'avoir torturé et assassiné de nombreux opposants au régime, mais aussi des civils innocents, sans aucune considération pour la vie humaine.
Uday Hussein a été tué le 22 juillet 2003 lors d'une opération militaire américaine à Mossoul, aux côtés de son frère Qusay.
Qusay Hussein : L'homme de l'ombre
Contrairement à son frère aîné Uday, Qusay Saddam Hussein, né en 1966, a cultivé une image beaucoup plus discrète et moins extravagante. Moins exposé médiatiquement, il a gardé une certaine distance du faste et des excès qui caractérisaient la vie d'Uday. Cette discrétion apparente ne doit pas masquer sa position influente au sein du régime et son implication dans les mécanismes de répression et de contrôle mis en place par son père. Qusay a toujours été perçu comme plus calme, plus calculateur et plus méthodique que son frère, ce qui ne le rendait pas moins dangereux.
Qusay a exercé une influence considérable sur les forces de sécurité irakiennes. Il a joué un rôle essentiel dans la coordination des services de renseignement et la répression de toute forme d'opposition au régime.
Qusay Hussein a également été tué le 22 juillet 2003 lors de l'opération militaire américaine à Mossoul.
Les autres enfants
Saddam Hussein a eu plusieurs enfants, outre Uday et Qusay. Si ces deux derniers ont occupé le devant de la scène politique et médiatique, les autres enfants ont mené des vies plus discrètes, soumises aux exigences et aux contraintes d'un régime dictatorial. Les filles de Saddam Hussein, en particulier, ont été relativement épargnées par la violence et les excès qui ont marqué la vie de leurs frères.
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