Loading...

La Aqiqa: Sacrifice de Mouton et Naissance en Islam

La naissance d'un enfant est un événement d'une grande importance et de joie dans l'Islam. Afin de célébrer et de remercier Allah (SWT) pour cette bénédiction, les musulmans pratiquent un certain nombre de rituels, parmi lesquels la Aqiqa occupe une place particulière. La Aqiqa est une pratique prophétique qui implique un sacrifice après la naissance d'un enfant. Cet article vise à explorer en profondeur la signification, les pratiques et les questions fréquemment posées concernant la Aqiqa, en s'appuyant sur les enseignements islamiques et les traditions culturelles.

Qu'est-ce que la Aqiqa ?

La Aqiqa est un sacrifice effectué suite à la naissance d'un enfant. La viande de l'animal sacrifié est ensuite distribuée aux plus démunis, à ceux qui ont des difficultés à trouver de la nourriture au quotidien. C'est un acte de gratitude envers Allah (Subḥānahu wa ta'āla) pour le don d'un enfant. Il s'agit d'une Sunna très recommandée que le Prophète (ﷺ) et ses Compagnons avaient l'habitude d'accomplir.

La Aqiqa est-elle obligatoire ?

Bien qu'elle ne soit pas considérée comme une obligation religieuse (fard), la Aqiqa revêt une grande importance dans l'Islam en tant que pratique hautement recommandée (Sunna mu'akkadah). Le Prophète (ﷺ) et ses Compagnons ont été des exemples vivants de l'accomplissement de la Aqiqa après la naissance de leurs enfants. En accomplissant cette pratique, on suit les traces du Prophète (ﷺ) et on honore l'enseignement qu'il nous a transmis.

Pourquoi faire la Aqiqa ?

La Aqiqa est une pratique qui permet de manifester sa gratitude envers Allah (SWT) pour la bénédiction d'avoir un enfant. C'est un moyen d'exprimer sa reconnaissance pour ce don précieux et de partager sa joie avec la communauté, en particulier avec les plus nécessiteux. La Aqiqa permet à l'enfant musulman de débuter sa vie ici-bas de la meilleure des manières, par une bonne action.

Quand doit-elle être faite ?

Selon la Sunna, il est recommandé d'accomplir la Aqiqa le septième jour suivant la naissance du bébé. Le Prophète (ﷺ) a dit : « Chaque enfant est lié à sa ‘Aqîqa qui sera immolée pour lui le 7e jour, où on lui rasera les cheveux et on lui donnera un nom. » Toutefois, si cela n'est pas possible, il est permis de la réaliser lors des septièmes jours suivants (14e, 21e, etc.). Les savants ont souligné qu'il est possible de l'accomplir jusqu'à ce que l'enfant atteigne l'âge adulte. Selon Burayda رضي الله عنه, le Prophète ﷺ a dit : « Al Aqiqah doit être sacrifiée le 7ème jour ou bien le 14ème ou bien le 21ème. »

Lire aussi: Anthropologie du sacrifice d'enfants

Quel animal faut-il sacrifier ?

Un petit animal (mouton ou chèvre) compte comme une Aqiqa. Pour la Aqiqa, les mêmes règles s'appliquent que pour le Sacrifice de l’Aïd al-Adha. Les animaux doivent avoir un certain âge et une certaine éligibilité. Par exemple, les agneaux doivent avoir au minimum 6 mois et les chèvres 12 mois. Les animaux doivent être en bonne santé, sans aucun défaut comme des cornes ou des dents cassées. Abd Ad Salam Ibn Abd Allah As Soulaymân explique : “il n’est pas valide de sélectionner un animal qui boite, qui a la patte cassée, qui est malade ou qui a l’œil crevé, il ne faut pas non plus vendre sa viande ou sa fourrure.

Quelles sont les différences entre la Aqiqa d’une fille et d’un garçon ?

D'après Hafsa Bint 'Abder Rahman, 'Aicha (qu'Allah l'agrée) a dit : « Le Prophète (ﷺ) nous a ordonné de pratiquer la 'aqiqa en sacrifiant deux agneaux pour le garçon et un agneau pour la fille ». Aïcha (ra) a rapporté que le Messager d'Allah (saw) a dit : « Sacrifiez pour un garçon deux moutons compatibles et pour une fille un seul. Peu importe que les moutons soient mâles ou femelles ». Pour un garçon, il est préférable que la Aqiqa soit réalisée par le don de deux sacrifices, ce qui doublera les bénéficiaires, pour un montant de 300 €. Comme le rapporte notre Prophète bien aimé (ﷺ) : « On sacrifie deux moutons pour le garçon et un pour la fille et il n'y a pas de mal à ce qu'ils soient mâles ou femelles. » Le Prophète ﷺ a dit : « Deux ovins semblables pour le garçon et un pour la fille. » À noter la précision qu’il est préférable que les deux bêtes se ressemblent autant que faire se peut, tant dans l’âge, que dans le poids ou la taille. Toutefois, si les parents ne trouvent ou n’ont les moyens d’acheter qu’un seul mouton, alors cela suffira. Quant aux jumeaux ou triplés ou quadruplés… il suffit de sacrifier un agneau par enfant né.

Que faire de la viande du sacrifice ?

La viande issue du sacrifice peut être consommée, partagée ou distribuée. Selon l’imam Ibn Sirine, « Fais de la viande d’Al Aqiqa ce que tu veux. » Cela signifie qu’il est permis de garder toute la viande pour sa famille, de la distribuer ou d’en faire un repas pour les invités. Il incombe d’en manger une partie puis d’en distribuer une autre en aumône et d’en offrir une troisième aux personnes de son choix.

Autres pratiques recommandées lors de la naissance

Outre le sacrifice de l'animal, d'autres pratiques sont recommandées lors de la naissance d'un enfant :

  • Invoquer Allah (SWT) : Invoquer Allah lors de la naissance en faisant notamment l’adhan pour que ce soit la première chose que l’enfant entende.
  • Le Taḥnîk : Donner un petit bout de datte mâchée (par une personne pieuse idéalement) au nourrisson le jour de sa naissance. S’il n’y a pas de datte, du miel et s’il n’y a pas de miel alors du sucré.
  • Choisir un beau prénom : Donner au nouveau-né, lors du 7ème jour, un des beaux noms d’Allah en y ajoutant le préfixe “‘abd”, ou un nom de prophètes / messagers, un nom des pieux prédécesseurs.
  • Raser les cheveux : Raser les cheveux du garçon et de la fille et donner en aumône aux plus démunis le poids des cheveux en or ou argent. Le choix de l’or est préférable afin de donner le plus possible lors du changement en euros.
  • Ajouter du safran : Ajouter du safran sur la tête du bébé.
  • La circoncision : Circoncire le bébé.

La Aqiqa pour un enfant mort-né

Concernant le sacrifice pour l’enfant mort-né, l’aqiqa englobe aussi ce type d’évènement tragique et malheureux. Cette tradition reste fortement recommandée. Que l’enfant décède avant pendant ou peu après l’accouchement, les parents auront pour devoir d’effectuer un sacrifice pour le bébé. Il faut par contre qu’Allah ait pu insuffler Son âme car si le fœtus n’a donné aucun signe de vie tout au long de la grossesse, alors le sacrifice n’est plus recommandé.

Lire aussi: Formules à prononcer lors du sacrifice du mouton en Islam

Où faire la Aqiqa ?

En principe, le sacrifice de la Aqiqa est réalisé dans le pays de naissance du nouveau-né en prenant en compte l’heure de sa naissance. Il est cependant totalement licite d’effectuer la Aqiqa de l’enfant dans un pays différent de celui de sa naissance. Il est d’autant plus noble de sacrifier l’animal dans un pays où les habitants sont plus précaires que ceux qui peuplent le pays de naissance de l’enfant. L’avantage de la Aqiqa est la distribution d’une partie de la viande aux plus indigents. En réalisant votre Aqiqa au Sénégal, vous avez la possibilité d'atténuer la faim et de prêter main-forte aux familles confrontées à des situations de crise. Des millions de personnes au Sénégal souffrent actuellement d'insécurité alimentaire.

Déléguer le sacrifice de la Aqiqa

Les savants musulmans sont unanimes concernant celui qui éprouve des difficultés à sacrifier lui-même. Il peut déléguer son sacrifice à une tierce personne. L’association Kebchi réalise les Aqiqa pour les musulmans d’Europe et distribue la viande dans des villages en Afrique, à des familles dans des situations de précarité extrême. Les Aqiqa sont filmées et envoyées aux parents afin qu’ils suivent chaque étape du rituel, du sacrifice à la distribution aux plus démunis. C’est un moyen simple et rapide d’accomplir ce rituel.

Lire aussi: Chaussons en mouton : confort et chaleur pour bébé

tags: #sacrifier #un #mouton #naissance #islam

Articles populaires:

Share: