L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est une procédure médicale courante en France, avec 232 200 IVG enregistrées en 2019, selon les chiffres de la Drees. Le taux de recours est à son niveau le plus élevé depuis 1990, atteignant 15,6 IVG pour 1 000 femmes âgées de 15 à 49 ans en métropole. Bien que les IVG soient généralement sûres, des complications peuvent survenir, notamment la rétention d'eau et le gonflement abdominal. Cet article explore les causes de la rétention d'eau après une IVG, qu'elle soit médicamenteuse ou chirurgicale, et propose des solutions pour atténuer cet inconfort.
Les Différentes Méthodes d'IVG et leurs Taux de Réussite
En France, le droit à l'avortement existe depuis 1975. Il existe deux principales méthodes d'IVG :
IVG médicamenteuse : Elle consiste en la prise de deux médicaments. Le premier est la mifépristone (Mifégyne ®), qui interrompt la grossesse en bloquant l’action de la progestérone, une hormone nécessaire au maintien de la grossesse. Le second est le misoprostol (Gymiso ®), pris 36 à 48 heures plus tard, qui augmente les contractions et provoque l'expulsion de l'œuf. L'IVG médicamenteuse est efficace dans 95% des cas. Le risque d'échec d'une interruption volontaire de grossesse médicamenteuse est faible : de 2 à 5 %, selon les chiffres communiqués par le ministère de la Santé.
IVG chirurgicale (par aspiration) : Elle consiste à aspirer le contenu de l'utérus à l'aide d'un petit tube. Le risque d'échec d'une IVG par aspiration est très faible, d'après le guide de l'interruption volontaire de grossesse du ministère de la Santé mais il n'y a pas de chiffres données. Si l'avortement par voie médicamenteuse n'a pas fonctionné, une intervention chirurgicale est nécessaire. La prise d’un médicament avant l’opération permet de dilater le col de l’utérus. Durant l’intervention, le médecin effectue une aspiration endo-utérine. Il va donc aspirer le contenu de votre utérus à l’aide d’un petit tube.
Bien que l'IVG médicamenteuse offre des avantages, le risque d'échec est légèrement plus élevé que lors d'une IVG chirurgicale.
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Causes de la Rétention d'Eau et du Ventre Gonflé Après une IVG
Avoir le ventre gonflé après une IVG est une réaction tout à fait normale. Plusieurs facteurs peuvent contribuer à la rétention d'eau et au gonflement abdominal :
- Changements hormonaux : L'arrêt brutal de la grossesse provoque une chute vertigineuse des hormones, notamment la progestérone et l'hCG. Votre organisme subit littéralement un choc interne violent. Cette dégringolade chimique ralentit le transit intestinal de manière quasi immédiate. Ce déséquilibre hormonal peut entraîner une rétention d'eau temporaire.
- Effets secondaires des médicaments : Si vous avez opté pour l’IVG médicamenteuse, la chimie joue un rôle central. Le misoprostol agit aussi sur les muscles lisses de l’intestin, provoquant des crampes digestives intenses. Des gaz, de la diarrhée ou des nausées surviennent souvent. Le misoprostol, utilisé dans l'IVG médicamenteuse, peut provoquer des crampes digestives intenses, des gaz, de la diarrhée ou des nausées.
- Inflammation post-opératoire : Avec l’IVG chirurgicale par aspiration, le gonflement est moins lié aux médicaments qu’à la procédure elle-même. Il résulte principalement de l’inflammation post-opératoire : l’utérus et les tissus environnants réagissent, créant une sensation de pesanteur et de gonflement. De plus, l’anesthésie, même légère, peut paralyser temporairement le transit intestinal. Après une IVG chirurgicale, l'inflammation de l'utérus et des tissus environnants peut provoquer une sensation de pesanteur et de gonflement.
- Stress et émotions : On se focalise souvent sur la mécanique médicale, mais on oublie un angle majeur. Vous ne le savez peut-être pas, mais votre intestin abrite un système nerveux entérique complexe. Le stress inonde votre organisme de cortisol, une hormone qui perturbe la digestion et accroît drastiquement votre sensibilité viscérale. En plus, cette tension émotionnelle provoque souvent une contraction involontaire et permanente de vos muscles abdominaux. Résultat ? Le stress et la fatigue peuvent perturber la digestion et accroître la sensibilité viscérale.
Signes d'Échec d'une IVG
Bien que rares, les échecs d'IVG sont possibles. Selon les derniers chiffres de la Drees publié en 2019, 232 200 interruptions volontaires de grossesse (IVG) ont été enregistrées en France cette année-là. Certains antécédents médicaux, gynécologiques ou obstétricaux peuvent augmenter le risque d'échec d'un avortement médicamenteux. La multi-gestité (nombre de grossesse confirmée) est un facteur de risque significatif d'échec. Il est important de reconnaître les signes d'échec, tels que :
- La femme peut avoir les seins douloureux, des nausées, de la fièvre, des douleurs, des frissons, des vomissements persistants, une absence de règles depuis l'intervention.
- "Une grossesse arrêtée non expulsée ou une rétention trophoblastique" sont également des signes d'échec.
- Test de grossesse positif lors de la consultation de contrôle. La positivité du test s’explique généralement par la présence dans l’utérus de tissus restés en place après l’avortement. Dans de rares cas seulement, il s’agit d’une grossesse persistante. Le risque de présence dans l’utérus de tissus résiduels après une IVG médicamenteuse est d’environ 5 à 6 %. Le risque de présence dans l’utérus de tissus résiduels après une IVG chirurgicale par aspiration est d’environ 1 à 2 %.
Si vous présentez ces symptômes, il est crucial de consulter un médecin immédiatement. En cas d'échec, le praticien orientera la patiente. Si le sac gestationnel persiste, le praticien propose une IVG chirurgicale par aspiration.
Solutions pour Atténuer la Rétention d'Eau et le Gonflement
Plusieurs mesures peuvent être prises pour atténuer la rétention d'eau et le gonflement abdominal après une IVG :
- Hydratation : Buvez beaucoup d'eau pour aider à éliminer l'excès de liquide. Les tisanes constituent une excellente option pour s’hydrater tout en douceur.
- Alimentation équilibrée : Adoptez une alimentation riche en fibres pour favoriser le transit intestinal.
- Exercice physique léger : La chaleur et le mouvement modéré sont vos meilleurs alliés.
- Repos : Soyez douce avec vous-même et privilégiez le repos.
- Probiotiques : Pensez aux probiotiques.
Complications Possibles Après une IVG
Les IVG constituent généralement des interventions sécurisées. Dans nos cliniques, nous les pratiquons avec le plus grand soin. Le risque de problèmes ou de complications pendant ou après un avortement est par conséquent très faible. Au cas où des complications graves se présenteraient malgré tout, nous bénéficierions du soutien immédiat d’un hôpital. À cette fin, nos cliniques ont signé des conventions de coopération avec des hôpitaux voisins. Les complications possibles (˂ 0,2 %) ou les problèmes consécutifs à un avortement sont les suivants :
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- Saignements prolongés : Saignements prolongés dans la période qui suit l’intervention. Dans la période qui suit un avortement, si des saignements prolongés ou abondants se produisent, cela est généralement dû à la présence dans l’utérus de tissus restés en place malgré l’intervention ou l’IVG médicamenteuse. Si ces tissus résiduels ne sont pas expulsés spontanément, une nouvelle intervention devra être réalisée afin de les éliminer. Dans ce cas, le médecin peut décider de recourir à un traitement médicamenteux additionnel ou à une (nouvelle) IVG chirurgicale par aspiration.
- Saignements excessifs ou lésions de l’utérus : Saignements excessifs ou lésions de l’utérus (causées pendant l’intervention). Dans de rares cas (< 0,2 %), des pertes de sang excessives surviennent pendant ou immédiatement après un avortement instrumental réalisé au cours du deuxième trimestre de la grossesse (à partir de 13 semaines). Des lésions de l’utérus ou des problèmes de coagulation sanguine peuvent être à l’origine de cette complication. Une nouvelle intervention en milieu hospitalier peut alors s’avérer nécessaire.
- Infections : L’intervention est réalisée dans des conditions d’hygiène telles que le risque infectieux est très faible. Par précaution supplémentaire, des antibiotiques vous seront prescrits pour prévenir les infections. Si, après l’intervention, vous avez de la fièvre (plus de 38,5°C pendant plus d’une journée) et des maux de ventre, il se peut qu’il y ait une infection. Dans ce cas, il faut nous en informer immédiatement ou contacter votre médecin traitant au plus vite. Pour éviter toute infection, vous ne devez rien introduire dans le vagin durant les deux semaines qui suivent l’intervention, c’est-à-dire : ne pas utiliser de tampons, ne pas avoir de rapports sexuels, ne pas prendre de bain, ne pas nager ni vous baigner (la douche est cependant autorisée), ne pas faire de douche vaginale.
- Règles après un curetage : Après un curetage, des saignements semblables aux règles peuvent survenir pendant quelques jours. Ces derniers peuvent être accompagnés de douleurs dans le bas-ventre. Cependant, si les saignements sont anormaux, abondants et malodorants et / ou si de la fièvre ou des douleurs pelviennes intenses apparaissent, cela peut alors être le signe d’une infection gynécologique. Après cette intervention, mieux vaut ne pas utiliser de protections hygiéniques internes (tampon ou coupe menstruelle) qui pourraient irriter la muqueuse vaginale et favoriser une infection. Après un curetage, les règles peuvent revenir plus ou moins tardivement. En général, les menstruations reviennent autour d’une trentaine de jours après un curetage, mais cela dépend des taux hormonaux. Si un curetage a été effectué en raison d’une fausse-couche ou d’une interruption de grossesse dans les 4 ou 5 premières semaines de grossesse, les règles reviendront rapidement, dans le mois qui suit. Les règles peuvent donc revenir 10 jours à 15 jours après le curetage. Souvent, les premières règles qui arrivent 3 à 6 semaines après un curetage sont plus abondantes que d’habitude. Le flux peut rester abondant lors des deux à trois cycles suivants. Par ailleurs, il n’est pas rare que des caillots de sang soient évacués par les règles après un curetage. Ces caillots, que l’on retrouve habituellement dans le sang des menstruations, sont tout à fait normaux et proviennent de petits fragments de muqueuse utérine ou de sang coagulé. Après un curetage, l’intensité des règles peut varier selon chaque femme. L’irritation et l’inflammation de l’utérus consécutives au curetage peuvent provoquer des règles plus intenses, et plus abondantes que d’habitude. Toutefois, si les saignements sont très abondants et accompagnés de douleurs pelviennes intenses, il est important de consulter rapidement un médecin. Certaines femmes peuvent souffrir de règles douloureuses après un curetage.
Fertilité Après une IVG
Il n’est pas scientifiquement prouvé que les IVG entraînent une baisse de la fertilité. De plus, les avortements causent rarement des adhérences utérines. C’est généralement une infection qui est à l’origine de la stérilité. En effet, dans la période qui suit un avortement, une fausse couche ou un accouchement, vous êtes davantage susceptible de contracter une infection utérine.
Importance du Suivi Médical
La visite de suivi post-IVG, généralement prévue 2 à 3 semaines après, n’est pas une option facultative. C’est aussi l’occasion de poser toutes vos questions, y compris sur un ventre qui resterait gonflé. Le véritable point de bascule, c’est l’intensité et la durée des symptômes ressentis.
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