Le diabète gestationnel, une condition qui survient pendant la grossesse, peut être une source d'inquiétude et de stress pour de nombreuses femmes. Il se caractérise par une hyperglycémie, c'est-à-dire un taux de sucre élevé dans le sang, qui apparaît ou est détectée pour la première fois pendant la grossesse. Cette condition nécessite une surveillance attentive et, souvent, des ajustements alimentaires, voire un traitement médical. Cet article explore les témoignages et les expériences de mamans confrontées au diabète gestationnel, afin de mieux comprendre les défis qu'elles rencontrent et les stratégies qu'elles adoptent pour gérer cette condition.
Diagnostic et premières réactions
Le diagnostic de diabète gestationnel est souvent posé entre la 24e et la 28e semaine d'aménorrhée, lors d'un test de dépistage appelé HGPO (hyperglycémie provoquée par voie orale). Ce test consiste à mesurer la glycémie à jeun, puis après l'ingestion d'une solution glucosée. Les réactions au diagnostic varient considérablement d'une femme à l'autre. Certaines se sentent dévastées et incomprises, surtout si elles ont toujours pris soin de leur santé et n'ont aucun antécédent familial de diabète. D'autres peuvent ressentir de la culpabilité, de la colère ou de l'injustice, en particulier si elles doivent modifier radicalement leur alimentation et adopter un régime strict.
« Je suis dévastée en apprenant la nouvelle et plus que tout, je ne comprends pas ! J’ai toujours pris soin de ma santé, je n’ai aucun antécédent, ni moi ni ma famille au niveau diabète, alors comment est-ce possible ? »
Pour certaines femmes, le test de dépistage lui-même peut être une source d'anxiété. L'idée d'être à jeun, de subir des prises de sang répétées et d'ingérer une solution sucrée peut être particulièrement difficile.
« S’il y a bien une chose que de nombreuses femmes redoutent pendant la grossesse, c’est le test du diabète gestationnel. Personnellement, j’angoissais par rapport à mon bébé mais aussi à ce que ça impliquait pour moi. »
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Régime alimentaire et restrictions
L'un des aspects les plus difficiles du diabète gestationnel est la nécessité de suivre un régime alimentaire strict. Pour de nombreuses femmes, cela signifie revoir entièrement leur alimentation, apprendre à manger différemment, à compter et à mesurer chaque portion. Les envies de sucre et de manger n'importe quoi à n'importe quelle heure doivent être mises de côté, au profit de repas planifiés et de portions contrôlées.
« J’ai dû revoir entièrement mon alimentation, j’ai dû apprendre à manger différemment, à compter, à mesurer chaque portion, à surveiller constamment mon taux de sucre dans le sang. Alors certes, j’ai un régime alimentaire strict mais équilibré. Toutefois, terminé les petites envies de sucre et de manger tout et n’importe quoi à n’importe quelle heure sous couvert de « je suis enceinte » ! Chaque repas est planifié et les portions contrôlées, et je dois avouer que j’ai énormément de mal à m’y habituer ! Et même pour aller plus loin, ça m’agace fortement tout ce contrôle. »
Le régime alimentaire recommandé pour le diabète gestationnel met généralement l'accent sur les aliments à faible indice glycémique, riches en fibres et en glucides complexes. Il est important de répartir les prises de sucre sur la journée et de privilégier les légumes, les fruits et les protéines maigres. Les collations peuvent également être nécessaires pour maintenir une glycémie stable tout au long de la journée.
Cependant, suivre un régime aussi restrictif peut être difficile, surtout si la femme enceinte a des antécédents de troubles du comportement alimentaire (TCA). La peur de ne pas pouvoir suivre le régime et de mettre en danger la santé du bébé peut être très angoissante.
« Je suis atteinte de TCA's et j'ai peur de ne pas pouvoir suivre de régime. J'ai regardé un peu les régimes pour le diabète gestationnel et j'avoue que ça va être hyper compliqué car ce que je mange en temps normal est déconseillé pour la plupart. »
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Surveillance de la glycémie et auto-piqûres
Outre le régime alimentaire, la surveillance régulière de la glycémie est un autre aspect essentiel de la gestion du diabète gestationnel. Cela implique de se piquer le bout du doigt plusieurs fois par jour pour mesurer le taux de sucre dans le sang à l'aide d'un lecteur de glycémie. Pour certaines femmes, cette auto-surveillance peut être difficile à accepter, voire traumatisante.
« Bon ben me voila à me piquer 6 fois par jour pour le diabète gestationnel … régime anti sucre! ❌⛔️? ?je suis dégoûtée mais je sais que c'est pour bébé ❤️ j'imaginais pas ma 1ère grossesse comme ça mais tant que bébé va bien c'est le principal pour moi .. »
La nécessité de se piquer plusieurs fois par jour peut être perçue comme une contrainte supplémentaire, ajoutant au stress et à la fatigue liés à la grossesse. De plus, les résultats de la glycémie peuvent parfois être difficiles à interpréter, car ils peuvent varier considérablement d'un jour à l'autre, même en suivant le même régime alimentaire.
« Pour les dextros, je les fais le matin à jeûn et 2h après tous les repas ou collation. Et depuis 1 mois, c'est le bazar. Exemple du petit-déjeuner, j'ai trouvé un bon équilibre avec un grand bol de lait et 1 cuillérée de cacao (le lait seul, j'ai un mal fou), 2 tartines de pain au céréales (environ 60 à 70g) beurrées de margarine. Le même tous les matins… En général, c'est tout bon… Mais 2h après, pour les mêmes quantités, j'ai pu avoir des résultats aussi variables que 0,78 ou 1,56… avec vérification du lecteur et ré-étalonnage, lui marche bien. »
Impact émotionnel et psychologique
Le diabète gestationnel peut avoir un impact significatif sur le bien-être émotionnel et psychologique des femmes enceintes. Le stress lié à la gestion de la glycémie, les restrictions alimentaires et la peur des complications pour le bébé peuvent entraîner de l'anxiété, de la frustration, de la culpabilité et même de la dépression.
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« Outre l’impact « physique », il y a aussi tout l’impact émotionnel que cela a eu su mon propre bien-être. J’ai l’impression que depuis que je sais pour ce diabète gestationnel, tous mes maux sont encore plus forts, plus prononcés qu’avant, je me sens complètement épuisée aussi bien physiquement que mentalement. »
Certaines femmes peuvent se sentir infantilisées et culpabilisées par les professionnels de santé, ce qui peut renforcer leur sentiment de mal-être. Il est donc essentiel de bénéficier d'un accompagnement psychologique et d'un soutien émotionnel adéquats pour faire face à ces difficultés.
« C’est un peu désemparée que je vais à mon premier rendez-vous avec la sage-femme avec laquelle je ferai ma préparation à la naissance. On parle de ma grossesse, de mon ressenti, et je lui dis être un peu embêtée par cette histoire de diabète. J’ai l’impression d’être victime de trop grandes précautions, et j’aurais envie d’être plus sereine par rapport à ça. »
Accouchement et suivi postnatal
Le diabète gestationnel peut également influencer le déroulement de l'accouchement. Les femmes atteintes de diabète gestationnel ont un risque accru d'avoir un bébé de poids élevé (macrosomie), ce qui peut augmenter les probabilités de devoir recourir à une césarienne ou de rencontrer des difficultés lors de l'accouchement.
« La principale conséquence du diabète gestationnel est la quantité trop importante de sucre transmise au foetus par le biais du placenta. Les risques s'avoir un bébé trop gros sont donc plus élevés, et augmentent ainsi les probabilités de devoir recourir à une césarienne et de rencontrer des difficultés lors de l'accouchement. »
Après l'accouchement, il est important de surveiller la glycémie de la mère et du bébé, car il existe un risque d'hypoglycémie chez le nouveau-né. De plus, les femmes ayant eu un diabète gestationnel ont un risque accru de développer un diabète de type 2 plus tard dans leur vie. Il est donc recommandé de faire un test de dépistage du diabète quelques mois après l'accouchement, puis régulièrement par la suite.
Diabète gestationnel lors de grossesses ultérieures
Les femmes ayant eu un diabète gestationnel lors d'une première grossesse ont un risque plus élevé de le développer à nouveau lors de grossesses ultérieures. Certaines femmes, conscientes de ce risque, adoptent des mesures préventives dès le début de leur grossesse, comme faire très attention à leur alimentation.
« Je suis actuellement enceinte de bb2 et j'ai fait un diabète gestationnel pour bb1 en 2017 avec insuline uniquement le soir. Je suivais plus ou moins le régime… Bref je regrette amèrement aujourd'hui car gros risque de diabète gestationnel pour une nouvelle grossesse. Donc j'aimerai savoir, parmis vous, qui a échappé au diabète gestationnel pour une seconde grossesse? Depuis que je suis enceinte (9sa+5) je fais très attention à ce que je mange. Et j'ai peur que malgré tout je sois condamnée… »
Cependant, même en faisant très attention à leur alimentation, certaines femmes peuvent développer à nouveau un diabète gestationnel. Il est donc important de rester vigilante et de se faire dépister régulièrement.
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