Le monde de l'ophtalmologie est en deuil suite à l'annonce du décès brutal du Professeur Ramin Tadayoni, survenu le samedi 19 avril à Sao Paulo, au Brésil. Âgé de 54 ans, le Professeur Tadayoni était une figure éminente de l'ophtalmologie française, reconnu pour son expertise, son humilité et sa générosité. Chef du service d'ophtalmologie à l’Hôpital Fondation Rothschild et directeur médical de l’Institut Français de la Myopie, qu'il inaugurait il y a seulement quelques semaines, le 4 mars dernier, sa disparition laisse un vide immense dans la communauté médicale et scientifique.
Un expert reconnu mondialement
Le Professeur Ramin Tadayoni était chef du service d’ophtalmologie (maladies du vitré et de la rétine) de l’Hôpital Fondation Adolphe de Rothschild et des hôpitaux universitaires Lariboisière et Saint-Louis (AP-HP), ainsi qu’ancien chef du service rétine de l’hôpital Cochin à Paris. Il était également professeur d'ophtalmologie à l'Université de Paris. Son principal domaine d'intérêt concernait le diagnostic et le traitement des maladies rétiniennes, la chirurgie rétinovitréenne et l'imagerie de la rétine.
Son parcours académique témoigne de son engagement envers l'excellence. Le Pr Tadayoni a poursuivi sa formation de premier cycle de médecine à l'université de Marseille, son diplôme de médecine et son internat à l'université Paris 5. Parallèlement, il a obtenu un doctorat en sciences à l'université Paris 7 et à l'Institut de la Vision à Paris.
Sa renommée dépassait les frontières françaises. Il était régulièrement invité à des conférences internationales pour partager son expertise et ses connaissances. Au moment de son décès, il était l'invité d'honneur du 48e BRAVS Meeting Retina 2024 à Sao Paulo, où il devait intervenir sur deux conférences : l'une sur le Schisis maculaire myopique : une prise en charge basée sur des données récentes et l'autre sur le problème avec la classification de la rétinopathie diabétique et comment l’IA aidera-t-elle à progresser ?
Un homme engagé pour la recherche et l'innovation
Le Professeur Tadayoni était un fervent défenseur de la recherche et de l'innovation en ophtalmologie. En 2019, son projet EVIRED, visant à transformer la prise en charge des rétinopathies diabétiques grâce à l'intelligence artificielle et aux nouvelles technologies d'imagerie, a été lauréat du programme de recherche universitaire (RHU) du programme des investissements d’avenir.
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Il avait une vision claire des enjeux futurs de l'ophtalmologie, notamment en ce qui concerne la myopie. Émilie Derigny, directrice de la santé visuelle Essilor France, rapporte qu'il avait compris que l'Europe était en retard par rapport à l'Asie dans ce domaine et qu'il fallait développer la recherche fondamentale sur l'œil européen, différent de l'œil asiatique. Il disait : "la myopie n'est pas un défaut visuel, mais une maladie" et répétait récemment : "on a 10 ans pour réagir. Il faut se mettre en mouvement".
Son engagement pour la lutte contre la myopie l'avait conduit à créer l'Institut Français de la Myopie, inauguré quelques semaines avant sa disparition. Cédric Thein, fondateur et président de l'association Myopia, témoigne que l'idée de bâtir une association puissante capable de faire du lobbying auprès du gouvernement, pour montrer les dangers de l'évolution de la myopie et lancer des campagnes de prévention, avait été mise en place sous l'égide de Ramin Tadayoni.
Un homme de cœur et de relations
Au-delà de ses compétences professionnelles, le Professeur Tadayoni était unanimement apprécié pour ses qualités humaines. Les témoignages de ses collègues, amis et collaborateurs soulignent sa générosité, sa bienveillance, son humilité et sa capacité à rassembler.
José-Alain Sahel, professeur en ophtalmologie et chercheur, spécialiste de la rétine artificielle et des thérapies régénératrices de l'œil, décrit Ramin Tadayoni comme incarnant « la générosité, la bienveillance et une intelligence rare du cœur et de l’esprit ». Il ajoute que ses talents d’orateurs et ses dons pédagogiques lui valaient des invitations dans le monde entier et faisaient de son enseignement une source d’attraction pour tous.
Cédric Thein le considérait comme « un frère, un père, un ami », soulignant son humanité, sa simplicité, sa disponibilité et sa capacité à rassurer. Il relate qu'il n'hésitait pas à l'appeler entre deux opérations ou, après 10 heures d'opération, pour prendre un café ensemble.
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Florence Ribeaudeau-Saindelle, ophtalmologiste au Mans, se souvient de son sourire séduisant et contagieux, de son attitude zen et de son enthousiasme à l'idée de faire de l'Institut de la myopie un lieu pour rassembler toutes les professions autour de cette maladie.
Jean-Michel Lambert, directeur général de Hoya Vision Care France, exprime le choc et l'émotion de son entreprise face à cette disparition brutale, soulignant que le Professeur Tadayoni était un homme exceptionnel et d'une grande gentillesse.
Marianne Goldwaser, Global Manager Professional Affair Hoya, met en avant sa capacité à réunir tous les professionnels de la vision, toutes les spécialités, et à construire un réseau solide pour placer la France comme une référence au niveau international en ophtalmologie.
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