L'accouchement est un moment unique et intime, et la question de savoir qui peut y assister est une décision personnelle et importante. En France, plusieurs options s'offrent aux futurs parents quant à l'accompagnement pendant la naissance. Cet article explore les différentes possibilités, les droits des patientes, et les considérations à prendre en compte pour faire un choix éclairé.
Le Rôle du Coparent
Par volonté de s’impliquer activement dans la grossesse, par soucis d’équité, pour entendre le premier souffle de bébé, pour encourager la maman… Les raisons qui poussent les futurs papas à assister à l’accouchement sont multiples. Si vous êtes coparents et avez choisi d’avoir un enfant sans vivre ensemble, assister à l’accouchement est l’occasion d’être présent dès les premiers instants de la vie de votre bébé. C’est aussi l’opportunité de montrer votre implication totale dans ce projet parental que vous avez conçu ensemble.
Si vous choisissez d’assister à l’accouchement, il est important de se renseigner au préalable et de se préparer psychologiquement. Il peut d’ailleurs être utile de participer aux séances de préparation à la naissance. Celles-ci sont généralement conseillées aux futures mamans, mais les docteurs recommandent également aux pères de les accompagner. Non obligatoires, le but premier de ces séances est d’aider les mamans à apprendre à gérer la douleur et à se détendre. Mais ces cours permettent aussi aux futurs parents de se familiariser avec l’accouchement, la maternité - et la paternité - et de relativiser. C’est aussi l’occasion de discuter avec la sage-femme et de lui confier ses inquiétudes de toutes sortes, notamment quant à l’accouchement.
L’accouchement est un moment très fort qui peut être traumatisant pour certains. Assister ou non à la naissance est un choix. Si vous décidez que finalement non, vous ne préférez pas être présent dans la salle de travail, c’est votre droit. La vue du sang, l’épisiotomie, la froideur de la salle, la douleur de la maman, l’équipement médical, l’impression d’être inutile… L’accouchement peut être un moment difficile à vivre pour l’homme. Toutefois, il est parfois difficile de résister à la pression sociale ou à celle exercée par la maman. Pour être sûr de prendre la bonne décision, discutez-en longuement avec la future mère. Pendant la grossesse, exprimez vos sentiments et vos craintes pour éviter tout malaise. Ne le faites pas au dernier moment ! Cela vous évitera de la blesser et elle pourra ainsi trouver une alternative. Certaines femmes souhaiteront que vous assistiez à l’accouchement, d’autres non. Ce refus s’explique par le fait que certaines n’aiment pas l’idée être vues en train d’accoucher. Le mieux est d’en discuter avec la future maman afin de se mettre d’accord et de prendre la meilleure décision pour vous deux.
C’est l’une des craintes évoquées par les futurs papas : Vais-je trouver ma place pendant l’accouchement ? Où dois-je me mettre ? Que dois-je faire ? Certains tiennent la main de la maman, la coachent, lui vaporisent du brumisateur… Mais le rôle du futur papa est avant tout de l’encourager et de la réconforter. Parfois, un simple contact visuel ou tactique, ou quelques mots apaisants peuvent faire beaucoup de bien.
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La Présence d'un Proche
Des premières contractions rapprochées à l’arrivée de bébé, vous allez vivre un formidable bouleversement émotionnel. Votre confort psychologique sera alors votre meilleur allié. Pour vous épauler au mieux, vous rassurer, vous faire rire et sourire aussi, la personne à vos côtés doit avant tout être quelqu’un en qui vous avez une totale confiance. Quelqu’un face à qui vous n’éprouverez aucun frein, aucune gêne à lâcher prise.
Pour beaucoup de futures mamans, la présence du conjoint en salle de naissance est une évidence. Cette proximité du couple au moment où le duo devient trio est une expérience très forte sur le plan émotionnel. Et bien que ce schéma soit devenu presque une norme, il doit rester un libre choix. Pour l’un comme pour l‘autre. N’hésitez pas à vous interroger mutuellement en toute sincérité. Peut-être souhaitez-vous secrètement entourer de mystère ce moment, qui, symbole de votre amour, n’en n’est pas moins associé à un protocole clinique ? Peut-être lui, de son côté, se sent-il angoissé par le milieu hospitalier, mal à l’aise à l’idée de se sentir trop spectateur et pas assez acteur d’instants aussi forts ? Si l’un et l’autre n’avez aucun doute sur votre désir le plus intime de vivre ensemble le déroulement de la naissance, ce moment ne pourra que renforcer votre complicité. Et si vous ou le futur papa éprouvez confusément des réticences, exposer vos sentiments, trouver ensemble la meilleure approche, ne fera aussi que resserrer vos liens amoureux.
En l’absence ou en renfort du futur papa, vous pouvez solliciter votre meilleure amie ou un membre de la famille en qui vous avez toute confiance et à qui vous attribuerez un rôle bien défini pour qu’il ne se sente pas déplacé mais utile. D’ailleurs, vous pouvez parfaitement choisir de vous faire assister par une accompagnante à la naissance.
Les Doulas : Un Soutien Émotionnel et Pratique
Lorsqu’on entend parler des doulas, on pense souvent à leur rôle dans l’accompagnement périnatal : la grossesse, l’accouchement et le post-partum. Cependant, leur présence et leur expertise relationnelle s’étendent bien au-delà de cette période spécifique. Les doulas peuvent être des guides précieux dans d’autres moments-clés de la vie, offrant un soutien émotionnel, pratique et informatif à celles et ceux qui traversent des transitions ou des épreuves importantes.
Quelle que soit leur spécialisation, les doulas partagent une mission commune : être des gardien·nes de la transition et des émotions humaines.
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Au-delà de la Naissance
Les doulas peuvent aussi accompagner :
- Les doulas de fin de vie De plus en plus de doulas se spécialisent dans l’accompagnement des personnes en fin de vie et de leurs proches. Ces doulas, parfois appelées « thanadoulas » ou « doulas fin de vie deuil », offrent une présence apaisante et respectueuse à celles et ceux qui approchent de la mort, ainsi qu’à leur entourage. Elles aident à réduire les angoisses, facilitent la communication entre les membres de la famille, et participent à la création de rituels pour honorer la vie et la mémoire de la personne. Leur rôle est essentiel pour humaniser le processus de fin de vie, souvent marqué par la peur et l’incertitude.
- Doulas pour les transitions de vie Certaines doulas accompagnent des transitions de vie comme le mariage, un divorce, un déménagement, un changement de carrière, une transition de genre. Ces périodes, même si pour certaines souvent associées à des transformations positives, peuvent être des sources de stress et d’inquiétude. Les doulas de transition aident à naviguer ces bouleversements avec une écoute attentive, leur présence, et parfois des pratiques de bien-être adaptées.
- Doulas pour les pertes et les deuils Face à la perte d’un être cher, d’un emploi, ou à la fin d’une relation, les doulas de deuil offrent un espace sécurisant pour exprimer et vivre les émotions. Le deuil, sur quelque sujet qu’il soit, est lui aussi un processus physiologique. Les doulas sont en capacité de comprendre ce processus et d’accompagner au mieux les individus dans leur cheminement, les aidant à trouver des moyens de s’adapter et de ne pas se sentir seul·es dans ce qu’ils traversent.
- Doulas pour les premières menstruations ou la ménopause De nombreuses doulas peuvent intervenir pour accompagner les premières menstruations, offrant des informations et un soutien émotionnel pour célébrer ce passage à l’adolescence, proposant des moyens d’ouvrir le dialogue sur ce sujet parfois tabou. De la même manière, elles accompagnent les femmes qui traversent la ménopause, les aidant à comprendre et à traverser cette nouvelle étape de leur vie.
Accouchement à Domicile : Un Choix Possible
Accoucher chez soi, en toute intimité, avec sa sage-femme et bien sûr son conjoint ou conjointe. C'est tout. Cette idée séduit de nombreuses futures mamans. En France, 36 % des femmes souhaitent accoucher à domicile, selon un récent sondage de l'Ifop. D'ailleurs, selon le code civil de 1804, chaque femme a le droit d'accoucher où et comme elle l'entend. Et encore actuellement, aucun texte de loi ne prohibe l'accouchement à domicile (AAD). C'est donc autorisé.
En France, aucun texte de loi ne prohibe l’accouchement à domicile (AAD). Une femme peut accoucher chez elle par « accident », mais aussi par choix, en étant accompagnée par une sage-femme (« accouchement assisté à domicile ») ou non (« accouchement non assisté »). Toutefois, la quasi-totalité des naissances surviennent en milieu hospitalier depuis les années 1950, en raison des progrès médicaux et des politiques publiques de périnatalité, destinées à réduire la mortalité infantile.
Les Étapes Clés d'un AAD
Première chose : trouver près de chez soi LA sage-femme libérale ou LE médecin qui pratique des accouchements à domicile, et qui a contracté les assurances nécessaires. Dans certaines régions, cela peut relever de l'exploit. En effet, si vous souhaitez ce type d'accouchement, il faudra vous armer de patience (et d'optimisme) puisque seules 100 sages-femmes sont spécialisées en accouchement à domicile (AAD) sur les 23 500 sages-femmes en activité. De nombreuses régions ne sont donc pas couvertes ou très peu. Stratégie la plus efficace : le bouche-à-oreille… On peut aussi contacter une sage-femme libérale. Elle vous orientera peut-être vers l'une de ses consœurs qui pratiquent des accouchements à domicile. Sinon, rendez-vous sur le site de l'apaad où toutes les sages-femmes sont référencées.
Pour mener à bien ce projet et que cette naissance se déroule dans les meilleures conditions, la sage-femme choisie doit inspirer une totale confiance, c'est indispensable. Avec elle, vous aller discuter et créer votre projet d'accouchement : vos attentes, les raisons pour lesquelles vous souhaitez accoucher à la maison, la connaissance des responsabilités liées. Dès le premier entretien, la sage-femme énonce normalement aux futurs parents toutes les circonstances qui rendront impossible l'accouchement à domicile. Il faut en effet y renoncer en cas de grossesse gémellaire, de présentation par le siège, de menace d'accouchement prématuré, d'antécédents de césarienne, d'hypertension ou de diabète de la maman. La sage-femme surveillera ainsi tout au long de la grossesse la bonne santé de la maman. Comme à la maternité, la future maman a le droit à une consultation mensuelle, d'une heure environ, et à trois échographies au moins. Elle est également soumise aux examens de dépistage obligatoires : toxoplasmose, rubéole, groupe sanguin, marqueurs sériques…
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À son arrivée, la sage-femme aura besoin d'une alèse plastifiée, de serviettes éponge et d'une bassine. Pour le reste, on ne se préoccupe de rien. Dès notre appel, elle nous rejoindra avec son propre matériel : monitoring pour écouter le rythme cardiaque du bébé, produits de perfusion, instruments de réanimation, etc. On est chez nous, alors on peut choisir la pièce et la position dans laquelle on souhaite accoucher. Le conjoint est bien évidemment au côté de la maman et peut l'aider via un soutien moral, des massages ou simplement sa présence. La sage-femme est à nos côtés pour nous soutenir, nous conseiller et nous accompagner, tout en veillant au bon déroulement de l'accouchement. Elle peut aussi, en cas de complication (hémorragie, césarienne…), demander notre transfert dans une maternité. Pour que l'accouchement puisse se dérouler dans la continuité même en cas de complications, et garantir notre santé et celle de notre enfant, la sage-femme a généralement un accord avec une maternité située à proximité.
Accouchement Imprévu à Domicile
Qu'on ait choisi ou non d'accoucher à domicile, il peut arriver que bébé décide de naître rapidement et sans prévenir, sans qu'on l'ait voulu. Même si ces accouchements restent exceptionnels, il peut arriver que certaines femmes accouchent seules chez elles ou dans leur voiture, en chemin pour la maternité. Si ça arrive, pas de panique : appelez les secours qui sauront vous guider et intervenir aussi vite que possible.
Suivi Post-Accouchement
Ce n'est pas parce que l'on est chez soi que l'on va aussitôt reprendre nos activités. Notre conjoint doit anticiper et prévoir d'être à la maison pendant au moins une semaine pour prendre en charge la quasi-totalité des tâches domestiques. La sage-femme nous a laissé son numéro de téléphone, on peut l'appeler en cas de problème.
Coût de l'AAD
Un accouchement à domicile coûte un peu plus cher que d'accoucher dans une maternité publique, mais moins que dans le privé. En général, on compte entre 750 et 1200 euros l'accouchement, dont 313 euros sont pris en charge par la Sécurité sociale.
Accouchement à Domicile : Pas Encouragé par les Autorités
La DGOS, garante de l’offre de soins en fonction des orientations de santé publique, résume ainsi le cadre politique français : si les accouchements à domicile sont possibles, « nous considérons qu’ils ne permettent pas, dans des conditions optimales, de répondre aux besoins de sécurité et de qualité des prises en charge qui doivent entourer la naissance, situation qui n’est jamais exempte de risques, ni pour la mère ni pour l’enfant ». Le ministère de la santé promeut le développement d’une voie médiane entre milieu médical et domicile, avec les maisons de naissance, « des structures très peu médicalisées et situées hors les murs de l’hôpital ». Après des années de tergiversations, une loi a permis leur création à titre expérimental en 2013, toujours accolées à des hôpitaux. Il en existe huit à ce jour, dans lesquelles les femmes ayant une grossesse dite « à bas risque » peuvent être exclusivement prises en charge par des sages-femmes.
Les notions de sécurité et de risques encourus sont centrales dans la production de normes médicales. Et l’accouchement à domicile est considéré comme étant plus « à risque ». Même si la discussion scientifique à ce sujet est complexe et nuancée. « En France, la naissance est considérée comme “à risque” a priori. On postule que le risque médical est tout le temps présent, qu’une pathologie peut surgir chez la mère comme l’enfant jusqu’après la naissance. Le corps médical met en place des protocoles, des technologies de surveillance pour le mesurer et éventuellement le contrer. Ces mesures s’appliquent à l’ensemble des femmes, y compris à celles qui sont classées comme étant à bas risque », analyse Béatrice Jacques, sociologue spécialiste de la santé, autrice d’une thèse sur l’accouchement. D’autres pays, comme les Pays-Bas, ont un postulat inverse. « On n’ignore pas les risques, mais on interviendra lorsqu’ils se déclarent, rapporte-t-elle. La naissance est moins médicalisée, parce que le corps médical préfère laisser faire la physiologie et n’intervenir que lorsque c’est nécessaire. » D’autres pays européens se sont aussi ouverts à l’AAD assisté. En Angleterre, les collèges d’obstétriques le soutiennent, dans des conditions bien spécifiques (grossesse « à bas risque », accouchement à domicile planifié et organisé, transfert simple et rapide dans une maternité de secteur…). Mais il reste minoritaire : 2,7 % des Anglaises donnaient naissance à domicile en 2017, selon le National Health Institute.
Obstacles à l'AAD
En France, l’AAD est un sujet de débat au sein du milieu médical, entre les gynécologues obstétriciens et les sages-femmes, particulièrement celles qui exercent en milieu libéral. Diplômées d’Etat et conventionnées par la Sécurité sociale, ce sont les seules au sein de la profession médicale à pouvoir le pratiquer. Les obstacles sont nombreux : résistances de leur profession et du conseil national de l’ordre des sages-femmes ; difficulté, voire impossibilité de s’assurer à des tarifs raisonnables ; dialogue ardu avec les maternités censées accueillir leurs patientes en cas de problème… « Tout est fait pour nous dissuader », estime Floriane Stauffer-Obrecht, sage-femme libérale à Lunéville, en Meurthe-et-Moselle, depuis 2008, au point qu’elle voit sa pratique « comme un acte de désobéissance civile ».
Depuis la loi Kouchner de 2002, les professionnels de santé sont tenus de se doter d’une assurance professionnelle en responsabilité civile. Mais les sages-femmes libérales pratiquant des AAD sont dans un « vide », puisque des contrats qui leur sont proposés sont équivalents à ceux des gynécologues-obstétriciens, sans qu’elles aient ni les mêmes pratiques ni les mêmes revenus. « Les primes d’assurance oscillent entre 20 000 et 30 000 euros à l’année… In fine, aucune ne s’assure », estime Etienne Tête, avocat qui défend plusieurs sages-femmes faisant l’objet de procédures disciplinaires de la part du conseil de l’ordre.
Autorisations d'Absence pour les Examens Médicaux
Si vous êtes fonctionnaire (stagiaire ou titulaire) ou contractuelle, vous bénéficiez d'une autorisation d'absence rémunérée pour vous rendre aux examens médicaux obligatoires dans le cadre de la surveillance médicale de la grossesse et des suites de l'accouchement dans le cas où ces examens doivent avoir lieu pendant le temps de travail.
Toute femme enceinte bénéficie d'une surveillance médicale de la grossesse et des suites de l'accouchement qui comporte, en particulier, des examens prénataux et postnataux obligatoires pratiqués ou prescrits par un médecin ou une sage-femme. Les examens médicaux obligatoires des femmes enceintes sont au nombre de 7 pour une grossesse évoluant jusqu'à son terme. Le 1er examen médical prénatal doit avoir lieu avant la fin du 3e mois de grossesse. Les autres examens doivent avoir lieu chaque mois à partir du 1er jour du 4e mois et jusqu'à l'accouchement. Un examen médical postnatal doit être obligatoirement effectué dans les 8 semaines qui suivent l'accouchement.
Si elle est agent public ou salariée, la personne qui vit avec vous bénéficie également d'une autorisation d'absence pour se rendre à 3 de ces examens médicaux obligatoires. La durée de l’autorisation d’absence est proportionnée à la durée de l’examen. Ces autorisations d’absence sont assimilées à des périodes de travail effectif.
Si vous recevez une assistance médicale à la procréation (AMP), vous bénéficiez d'une autorisation d'absence rémunérée pour les actes médicaux nécessaires dans le cas où ces actes médicaux doivent avoir lieu pendant le temps de travail. Si elle est agent public ou salariée, la personne qui vit avec vous bénéficie également d'une autorisation d'absence pour se rendre à 3 de ces actes médicaux nécessaires pour chaque protocole du parcours d'assistance médicale. La durée de l'absence est proportionnée à la durée de l'acte reçu.
Restrictions dues au contexte sanitaire
En raison de l'épidémie de Coronavirus, certaines maternités ont temporairement limité la présence des papas lors des accouchements. Il est donc important de se renseigner auprès de la maternité choisie pour connaître les règles en vigueur.
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