La crèche de Noël provençale est une tradition riche de symboles et d'histoires, où chaque santon a une place et une signification particulière. Le mot "santon" vient du provençal "santoun", qui signifie "petit saint". Ces figurines en terre cuite représentent les personnages de la crèche, mais aussi tout un village provençal qui se rend à la crèche.
Les figures bibliques : le cœur de la crèche
Au centre de la crèche se trouve l'Enfant Jésus, souvent placé dans la mangeoire. Il représente le miracle de Noël, la naissance de la lumière et de l’espoir dans le monde chrétien. Marie, la mère de Jésus, et Joseph, son époux, sont disposés de part et d'autre de la mangeoire. Marie symbolise la pureté et l'amour maternel, tandis que Joseph incarne la protection et la dévotion.
Les Rois Mages représentent la diversité des peuples et la reconnaissance de la divinité de Jésus par toutes les nations. Ils apportent de l’or, de l’encens et de la myrrhe, des cadeaux symboliques représentant respectivement la royauté, la divinité et l'humanité de Jésus. Melchior, Gaspard et Balthazar sont venus de loin, guidés par l’étoile du berger, pour assister à cet événement et apporter des cadeaux. Selon la tradition, les Rois Mages ne devraient pas être placés dans la crèche elle-même au moment de la naissance, car ils sont arrivés plus tard. Ils sont placés de façon éloignée de la crèche à sa mise en place, et on les rapproche au fur et à mesure des jours afin de symboliser leur voyage.
L’âne et le bœuf ont également une place importante. L’âne ayant transporté Marie jusqu’à Bethléem et le bœuf réchauffant Jésus grâce à son souffle. L’âne est souvent représenté comme un petit âne gris à croix noire sur le dos, allongé à la droite de l’enfant Jésus, les pattes repliées. C’est sans doute lui qui a porté Marie le long de la route conduisant à Bethléem. L’âne était un animal familier, une bête de somme très répandue dans la campagne provençale, il servait notamment d’auxiliaire au meunier, il transportait par les chemins de terre les matériaux, les denrées, et les gens.
Les villageois provençaux : une représentation de la vie quotidienne
La crèche provençale inclut des santons représentant les villageois et les métiers traditionnels de Provence.
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- Le Ravi est l’un des personnages les plus emblématiques et attendrissants de la crèche. Ce santon, souvent représenté les bras levés, symbolise la simplicité et la joie pure devant le miracle de Noël.
- La Boumiane, ou la bohémienne, est souvent représentée avec un enfant dans les bras. Elle symbolise la marginalité, l’accueil des gens venus de l’extérieur et rappelle la diversité qui compose la communauté humaine.
- Le meunier, avec son sac de farine sur l’épaule, représente le labeur et la richesse de la terre. La farine est un produit essentiel en Provence, symbole de nourriture et de subsistance. On le met sur le chemin tortueux qui descend de la colline, il a son bonnet blanc sur le côté, une large taillole entoure sa taille, il porte sur l’épaule un sac de farine.
- La poissonnière, avec son panier de poissons, symbolise la générosité de la mer Méditerranée et l’importance de la pêche en Provence. Solide petite femme au verbe haut, une main sur les hanches, elle porte un panier plein de poissons d’argent, sa balance romaine pourrait peut-être servir à peser les âmes de tout ce petit monde. Sa seule touche de coquetterie est le beau fichu couvrant ses épaules.
- Le berger est une figure très importante dans la crèche provençale. Il représente l’humilité, la proximité avec la nature et la protection. Son agneau symbolise la douceur et l’innocence, rappelant également le rôle de Jésus comme "berger" de son peuple. On observe aussi sur les crèches la présence de bergers accompagnés de leurs moutons, ayant été les premiers à être au courant de la naissance de Jésus dans l’étable.
- La porteuse d'eau, avec sa cruche sur la tête ou dans les bras, symbolise l’eau, source de vie. Dans la Provence rurale, l’eau était un bien précieux, et ce personnage rappelle l’importance des ressources naturelles et du travail quotidien pour obtenir le nécessaire à la vie. De sa main droite elle maintient en équilibre sur sa tête une cruche de terre cuite vernissée. L’eau qu’elle porte est le précieux symbole de la vie sur ces collines le plus souvent vouées à la sécheresse.
- Le chiffonnier est une figure attachante, représentant le recyclage avant l’heure. Il incarne la récupération et la débrouillardise, valeurs essentielles dans une société qui ne gaspillait rien.
- Le Boumian, souvent représenté en haillons, représente le marginal ou le vagabond, figure essentielle dans la culture provençale qui souligne l’importance de l’accueil et de la tolérance.
- Le boulanger, souvent accompagné de son four ou d’un panier de pains, représente la chaleur du foyer et la convivialité.
- Le vigneron incarne la richesse des vignobles provençaux et la célébration des fruits de la terre.
- Le forgeron, avec son marteau et son enclume, représente la force et la persévérance.
- La fileuse est debout, porte un grand chapeau noir, elle tient le fuseau enrobé de laine, elle file. En Provence, on travaillait également d’autres fibres comme le chanvre, le lin et la soie. Le fil tiré de ses doigts représente la vie.
- Le bûcheron est un homme rude mais bon, son bois servira à chauffer la crèche. On peut le placer descendant vers l’étable, ou le laisser dans les taillis. Le bois jouait un rôle très important dans l’économie du village et des mas.
- L'aveugle appuyé sur l’épaule d’un enfant qui lui montre le chemin et guide ses pas, l’aveugle incarne les maux qui frappent l’humaine condition et dont la guérison ne peut venir que de la clémence de Dieu.
- La vieille femme au dos courbé, pauvrement vêtue, elle porte avec peine un gros fagot de bois mort. A côté des offrants, il y a tous ceux qui poursuivent leurs activités. Ils ne sont pas sourds au message divin, et le travail souvent pénible auquel ils se livrent a valeur de prière.
- Le couple attendrissant, ils marchent en se tenant par le bras, ils ont mis leurs plus beaux habits pour honorer le Seigneur. Ils portent un panier de friandises.
- Le gendarme est apparu dans la crèche en 1837, il est l’unique notable, et tranche un peu avec son costume et son air empesé. Il tient un registre de naissance de la main gauche et une canne de l’autre. On peut s’étonner de trouver ce personnage dans la crèche, acte d’adoration, célébration de l’amour des créatures, mais il fait partie de la tradition provençale et la crèche restitue la vie rurale. Beaucoup de personnages qui n’ont pas grand-chose à faire là, sont en effet venus pervertir la farandole des santons.
- Le pêcheur de rivière, son bonnet rouge le protège du soleil. Il est debout la canne tendue, image même de la patience. On le place sur le pont enjambant le torrent ou sur la berge. Il peut y avoir un autre pêcheur : lou pescadou, celui du bord de mer.
- L'aiguiseur de couteaux, de ciseaux.
- Le tambourinaire Maître de la farandole, c’est tout le folklore de la Provence qui apparaît à sa suite. Son offrande est la fois modeste et sublime, elle tient toute entière dans sa bonne humeur, et dans les sons harmonieux et entraînants que son souffle joyeux tire du galoubet, pendant que sa main rythme la danse sur son tambourin.
- Le simplet C’est un garçon de ferme un peu simplet, toujours amoureux. C’est un couple de souffrance.
La disposition des santons : une organisation symbolique
La disposition des santons dans la crèche suit généralement une structure bien définie. Au centre, l’Enfant Jésus entouré de Marie et de Joseph, souvent avec le bœuf et l’âne qui réchauffent la scène de leur présence. Autour d'eux, les autres personnages s’organisent en cercle. Les villageois, chacun dans leur rôle, se dirigent vers la crèche, représentant la vie et l’énergie qui convergent autour de ce moment sacré. Selon les traditions, on dispose généralement Marie du côté de l’âne et Joseph, du côté du bœuf. L’emplacement entre ces deux santons est réservé à la mangeoire dans laquelle on placera l’enfant Jésus à partir du 25 décembre : moment de la naissance de Jésus. On place Marie du côté de l’âne car cela rappelle son arrivée à Bethléem sur le dos d’un âne, c’est aussi sur le dos de ce même âne qu’elle pourra s’enfuir vers l’Egypte lors du Chemin de la Sainte Famille.
Les couleurs des santons : un langage symbolique
Chaque couleur utilisée dans la peinture des santons a une portée symbolique.
- Le blanc, souvent associé à la pureté et à la lumière divine, est utilisé pour des personnages comme les anges ou des vêtements de la Sainte Famille.
- Le rouge, couleur vibrante et chaleureuse, représente la vitalité et l'énergie.
- Le bleu, traditionnellement utilisé pour les vêtements de la Vierge Marie, symbolise la sérénité, la fidélité et le ciel divin.
Bien que les couleurs traditionnelles dominent, les santonniers expérimentent parfois avec des palettes plus audacieuses. Par exemple, certains ateliers proposent des santons peints dans des tons pastels ou même des santons non peints, mettant en avant la pureté des formes et des détails.
La peinture des santons est un processus délicat, réalisé à la main par les santonniers. Les pigments utilisés sont souvent inspirés des paysages provençaux : les ocres rouges des terres locales, les bleus profonds des cieux méditerranéens et les verts lumineux des champs d’oliviers.
Au-delà de leur ancrage régional, les couleurs des santons véhiculent des valeurs universelles. Elles reflètent des sentiments comme l’espoir, l’amour ou la joie, créant un lien émotionnel entre la crèche et ses spectateurs. Les couleurs des santons sont bien plus que des éléments décoratifs. Elles racontent des histoires, célèbrent des traditions et capturent l'essence de la culture provençale. En choisissant leurs teintes, les santonniers insufflent une âme à chaque figurine, rendant chaque crèche unique et vivante.
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L'étoile de Bethléem et les anges : la présence divine
Une étoile, généralement placée au-dessus de la crèche, rappelle l'étoile de Bethléem, qui a guidé les Rois Mages vers l'enfant Jésus. Cette étoile symbolise la lumière de Christ qui éclaire le chemin vers la vérité et le salut. Elle symbolise le mystère, apporte la touche du Merveilleux Divin. Ainsi dans la fameuse Ballade des santons : Un soir alors Paraît l’étoile d’or Et tous les petits santons Sortent de la boite en carton.
Un ange est également souvent présent dans la crèche, rappelant la présence divine. Certains agencent les anges au-dessus de la crèche, suspendus comme s'ils chantaient des louanges. Il fait souvent référence à l’ange Boufarel, qui a annoncé la bonne nouvelle aux bergers. Elle est avec l’ange boufareo๠l’autre manifestation de la présence des cieux à l’évènement.
Crèche : une tradition provençale
La crèche provençale est bien plus qu’une simple représentation de la Nativité. À travers ses santons, elle reflète la vie quotidienne, les métiers et la richesse culturelle de la Provence. Pour ceux qui souhaitent perpétuer cette tradition, les santons de Provence sont un témoignage vivant de la culture et de l'artisanat provençal. La fabrication d'un santon est un travail d'amour et de passion. Au fur et à mesure, un santon prend vie et les détails font leur apparition. Ensuite, il faut passer au séchage complet du santon, à l'air libre. Premièrement, il faut atteindre le "petit feu", cela signifie que la température monte progressivement et lentement jusqu'à 500 degrés, puis atteindra les 975 degrés. Le santon étant brut, il est à ce stade terminé.
La crèche commémore le soir de Noël. Dans chaque crèche, on donc retrouve la Sainte Famille, abritée dans un décor d’étable : l’Enfant Jésus est entouré de Saint Joseph et de la Vierge Marie. Ce sont les santons essentiels de la crèche, vers lesquels convergent tous les autres. Une grande procession s’organise dans le village pour rejoindre l’étable. On y retrouve des personnages traditionnels : les bergers et leur troupeau, l’aveugle et son fils, les boumians ou bohémiens, le vieux et la vieille, le ravi, et différents personnages représentant des métiers provençaux. Ils sont guidés par le santon de l’ange Boufarèu, qui souffle dans sa trompette pour alerter le village de la naissance de l’enfant. A l’opposé de la crèche, la caravane des Rois Mages s’avance vers l’étable qui accueille l’Enfant Jésus. Les crèches n’existeraient pas si la tradition n’était pas transmise par des santonniers de talent. Depuis deux siècles, de Marseille à Aix en passant par Aubagne, des artisans proposent chaque année de nouvelles créations, personnages et décors, pour embellir toutes les crèches de Provence.
L'origine et l'évolution de la crèche
La légende attribue à saint François d’Assise la création de la première crèche vivante, en 1223. Il se pourrait même qu’il ait hérité cette pratique de sa mère, Pia de Bourlémont, originaire de Tarascon, auquel cas la crèche italienne serait elle-même l’héritage d’une tradition provençale. C’est au début du XIXe siècle que le sculpteur marseillais Jean-Louis Lagnel crée les premiers santons de Provence. Les personnages sont alors réalisés en argile, façonnés dans un moule de plâtre puis séchés au soleil. Ils sont ensuite peints à la main par l’atelier du santonnier. Cette standardisation permet de populariser la pratique de la crèche, jusqu’ici réservée aux milieux les plus aisés. La première foire aux santons a lieu en 1803 à Marseille et lance la longue tradition des marchés aux santons, dont les plus fameux sont ceux d’Aubagne, d’Apt, dans le Lubéron, d’Aix et de Marseille.
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C'est la Révolution Française qui est à l’origine des crèches dans les maisons. En cette période de Révolution, l’accès aux églises étant compliqué, les catholiques décident d’inventer des crèches domestiques pour célébrer Noël chez eux. Les santons provençaux, faisant référence à chaque habitant du village, connaissent un grand succès, car tous s’y retrouvent en ayant une figurine à leur image.
La crèche : un symbole de Noël
A Noël, dans les maisons ou les magasins, on retrouve souvent des sapins, des décorations, des bougies… Mais également la crèche. Durant la période de Noël, dans de nombreuses familles, elle est en effet une tradition religieuse à laquelle on reste fidèle. Pour les chrétiens, elle constitue l’objet de décoration le plus important. Aujourd’hui, les familles, mais aussi les commerçants, les mairies installent leurs crèches… Avec le trio Jésus, Marie et Joseph, elle rappelle que Noël est d’abord une fête chrétienne qui célèbre la naissance de Jésus.
Le mot “crèche” signifie “mangeoire”, il fait directement référence à un texte de la Bible qui précise que Jésus, à sa naissance, a été couché dans une mangeoire par sa mère, Marie. Ce lieu de naissance étant inhabituel, nous l’utilisons toujours aujourd’hui pour désigner un lieu d’accueil pour les bébés et les jeunes enfants. La Bible mentionne aussi les bergers et les savants venus de loin, qui apportent des cadeaux. La crèche constitue un symbole de la pauvreté, car Marie et Joseph cherchant refuge dans un hôtel et ne trouvant pas de place pour eux, on trouvé une étable afin de s’abriter. C’est aussi un symbole prophétique présentant Jésus donné comme une nourriture pour l’humanité. C’est le premier lieu terrestre que Jésus rencontre à sa naissance, c’est aussi un signe de Dieu pour guider les bergers vers le sauveur. La crèche met en scène la naissance de Jésus et rappelle également l’émerveillement et la joie d’accueillir un nouveau-né. Décorer son foyer de bougies, faire des repas où toute la famille est réunie, tout cela se retrouve dans différentes traditions. La crèche, célébrant la naissance de l’enfant Jésus, et donc la promesse d’une nouvelle ère, rejoint cette symbolique. La crèche permet aux familles d’apporter un élément illustrant et mettant en quelque sorte en scène l’arrivée de Jésus et l’espoir d’un renouveau. Cela appuie également la croyance des chrétiens en cet évènement très important dans la tradition et la Bible.
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