Loading...

Comprendre et gérer les pertes menstruelles normales

Chaque femme est unique, chaque cycle menstruel est unique et chaque jour de règles est unique. Les variations en termes d’abondance, de couleur et de texture sont normales. Ces différences sont particulièrement courantes lors des premières règles, avant la ménopause et après une grossesse. Cependant, certaines caractéristiques (comme un flux très abondant par exemple) méritent une attention particulière.

Qu'est-ce que les règles ?

Passage obligé de la puberté, l’arrivée des règles (aussi appelées « la menstruation » ou « les menstruations ») est autant attendue que redoutée. Elles durent ensuite jusqu’à 50 ans environ. Pour bien comprendre cette manifestation naturelle, il est essentiel de connaître les bases.

Chaque mois, la paroi interne de l’utérus (l’endomètre) s’épaissit pour se préparer à accueillir un ovule fécondé par un spermatozoïde. S’il n’y a pas eu fécondation, une partie de l’endomètre est évacuée avec l’ovule par le vagin. Ce sont les règles. Elles sont constituées de muqueuse utérine, de glaire et de sang, d’où leur consistance bien différente de celle du sang qui coule dans les veines. Le premier jour des règles marque le début d’un nouveau cycle menstruel.

Caractéristiques d'un flux menstruel "classique"

Un flux menstruel « classique » dure en moyenne 4 à 6 jours avec un volume sanguin moyen d’environ 30 à 60 ml. Si l'on considère cela sur une année, cela représente environ 360 à 720 ml.

Abondance du flux

Il est normal de constater des variations dans l’abondance des règles selon le jour du cycle : généralement le flux des premiers jours (1er et 2ème) est plus abondant que celui des autres jours du cycle. Il est important de noter que la définition de « normalité » en matière de flux menstruel peut varier d’une personne à l’autre, c’est pourquoi il faut prendre également en compte l’impact sur la qualité de vie. Si vous vous inquiétez du volume de vos règles, discutez-en avec un professionnel de santé.

Lire aussi: Quantité de Lait en Allaitement Mixte

En moyenne, les femmes perdent environ moins de 60 ml de sang pendant leurs règles, soit l’équivalent de 4 cuillères à soupe.

Couleur des pertes menstruelles

Les couleurs des pertes menstruelles peuvent varier en fonction du moment du cycle et cela est tout à fait normal. Toutefois, il est important de vérifier la couleur de ses pertes car certaines couleurs peuvent traduire une infection ou une pathologie sous-jacente, et il faut dans ce cas consulter un professionnel de santé.

  • Noir: Le sang noir est également tout à fait normal en début ou fin de règles.
  • Gris: Des saignements gris sont souvent le signe d’une infection gynécologique.
  • Orange: Des saignements orange peuvent résulter d’un mélange de sang et de glaire cervicale.
  • Rose: Des règles de couleur rose sont normales en début ou fin de règles car le sang peut être mêlé à des pertes vaginales blanches habituelles. Cela peut également être le signe d’une faible teneur en œstrogènes causé par certaines pilules contraceptives. Mais cela est à surveiller car des règles roses peuvent aussi être le signe d’une anémie. Des saignements rose légers peuvent aussi correspondre à des saignements d’implantation et donc indiquer un début de grossesse. Ces saignements sont dus à l’interaction entre l’embryon et la muqueuse utérine.

Consistance des règles

Les règles, ou menstruations, peuvent varier en consistance, de liquides à des pertes plus épaisses et gluantes. Il est tout à fait normal de perdre des caillots de sang lors de ses règles sur les jours les plus abondants. Les caillots se forment lorsqu’il y a une accumulation de sang dans l’utérus ou le vagin avant qu’il ne soit évacué. Ces caillots ressemblent à des amas de sang coagulé. Toutefois, si vous constatez la présence de caillots de plus de 25mm de diamètre (taille d’une pièce d’un euro), ou si ces caillots sont accompagnés de douleurs, il est recommandé de consulter un professionnel de santé. Cela peut être le signe de la présence de fibromes utérins, de polypes, de kystes ou d’endométriose.

L’aspect des règles peut être différent selon les personnes et selon les moments :

  • Rouge et fluide : cela montre simplement que le sang s’écoule assez vite de l’utérus.
  • Marron et grumeleux : le sang s’écoule un peu moins vite, il a donc le temps de s’oxyder, de coaguler et donc de foncer et de s’épaissir.

Règles Abondantes (Ménorragies)

Lorsque les règles sont anormalement abondantes, on parle de ménorragies : la durée des règles dépasse 7 jours ou le flux est supérieur à 80 mL par cycle, soit plus de 6 cuillères à soupe. Cependant, évaluer le volume du flux en mL peut être difficile. Le score d’Higham est un outil permettant de mesurer l’abondance de votre flux menstruel.

Lire aussi: Biberon bébé 3 semaines : combien de lait donner ?

Une période abondante est définie comme perdant 80 ml ou plus par cycle, touchant de 8 % à 14 % des personnes menstruées.

Causes des règles abondantes

Les règles abondantes ou hémorragiques (ménorragies) sont des règles extrêmement abondantes et/ou qui durent trop longtemps. Vous pouvez considérer que vous souffrez de règles hémorragiques si vous avez une perte de sang excessive (plus de 90 ml), du mal à maîtriser le flux avec des protections hygiéniques classiques (tampons, serviettes), et/ou si la durée de vos règles excèdent 7 jours.

Plusieurs causes, le plus souvent bénignes, peuvent provoquer ce phénomène. Vous devrez éventuellement réaliser des examens complémentaires afin de détecter toute anomalie de l’utérus.

  • Puberté: Au moment de la puberté, vos règles peuvent être plus abondantes car pendant les premiers cycles, il n’y a parfois pas d’ovulation (anovulation), ce qui limite la production de progestérone qui agit sur la muqueuse de l’utérus (endomètre). Les œstrogènes provoquent alors une croissance excessive de l’endomètre qui se détache de façon abondante, irrégulière et prolongée. À l’adolescence, il arrive également de présenter des irrégularités dans le cycle menstruel et d’avoir des règles qui arrivent plus tôt que prévu ou plus tard.
  • Préménopause: Durant la préménopause (la période qui précède la ménopause), vous pouvez observer des règles abondantes avec la présence de caillots, mais cela ne se produit pas forcément à chaque cycle. En effet, l’ovulation commence à être aléatoire ce qui crée un déséquilibre entre progestérone et œstrogène.
  • DIU en cuivre: Le DIU (dispositif intra-utérin) en cuivre, anciennement appelé stérilet en cuivre, est sans hormone et ne bouleverse donc pas le taux d’œstrogène ou de progestérone. En revanche, la présence de cuivre peut engendrer une inflammation de l’utérus et donc de l’endomètre qui croit excessivement. Le stérilet en cuivre peut provoquer des règles hémorragiques surtout dans les premiers mois qui suivent la pose. Plus rarement, le stérilet hormonal provoque des petits saignements entre les règles (des spottings).
  • Fibromes: Les parois de l’utérus sont composées de cellules musculaires qui peuvent proliférer. On appelle cela des fibromes. Ils peuvent être de tailles variées et passent parfois inaperçus, mais ils peuvent aussi entraîner des saignements, ainsi que des douleurs ou des envies fréquentes d’uriner. Les fibromes sont une cause fréquente de ménorragies. Un quart des femmes de plus de 40 ans auraient des fibromes.
  • Autres causes possibles : Un déséquilibre hormonal, un trop plein d’œstrogènes, des troubles digestifs (constipation), une intolérance au stérilet, de l’endométriose ou, dans certains cas plus graves, un fibrome ou un cancer.

Traitements des règles hémorragiques

Les traitements des règles hémorragiques sont variés et adaptés en fonction de leur cause, de la gravité des saignements, ainsi que des préférences et de la situation de la patiente.

Traitements médicamenteux:

  • Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS): Ils permettent de réduire le flux des menstruations ainsi que les douleurs au bas ventre en diminuant la production de prostaglandines, responsables de l'inflammation et des contractions utérines. Les AINS ne doivent jamais être pris en auto-médication.
  • Antifibrinolytiques: Ils favorisent la coagulation, limitant ainsi la perte de sang pendant les menstruations.
  • Contraceptifs hormonaux: Les pilules contraceptives ou les stérilets hormonaux (SIU) sont très efficaces pour réguler les saignements menstruels en rétablissant l'équilibre hormonal, ce qui réduit le flux menstruel. Si vous avez un DIU en cuivre, il peut être remplacé par un SIU (système intra-utérin) aux hormones qui diffuse un progestatif. Ce type de contraceptif est assez efficace contre les règles hémorragiques tout en évitant la plupart des effets secondaires liés à la pilule. D’autres traitements, type Danazol° ou Cyclomen°, peuvent être administrés si les autres solutions proposées ne fonctionnent pas.

Traitements chirurgicaux:

Lorsque les traitements médicamenteux sont insuffisants ou si une anomalie utérine est à l'origine des règles hémorragiques, des solutions chirurgicales peuvent être envisagées.

Lire aussi: Combien de lait maternel donner à bébé ?

  • Hystéroscopie: Elle permet de diagnostiquer et de traiter les anomalies intra-utérines, comme les polypes et les fibromes. Elle peut consister en l'ablation de ces lésions ou une résection de l'endomètre pour réduire les saignements.
  • Thermocoagulation ou résection de l'endomètre: Ces interventions visent à diminuer l'épaisseur de la paroi interne de l'utérus, afin de réduire les saignements. Il est toutefois à noter que ces procédures peuvent avoir un impact sur la fertilité.
  • Hystérectomie: En dernier recours, et principalement chez les femmes sans projet de grossesse, une hystérectomie (ablation de l'utérus) peut être proposée. Cette solution est définitive et élimine tout risque de récidive.

Traitement des complications associées:

Les règles hémorragiques peuvent entraîner des complications, telles que l'anémie ferriprive due à la perte chronique de sang. Une supplémentation en fer par voie orale est souvent nécessaire pour corriger la carence en fer et réduire les symptômes associés, comme la fatigue, la pâleur, les vertiges et l'essoufflement.

Que faire en cas de symptômes de règles abondantes ?

En premier recours, vous pouvez prendre des anti-inflammatoires non-stéroïdiens (sur avis médical favorable). Ils permettent de réduire le flux des menstruations ainsi que les douleurs au bas ventre.

Si vous souffrez de ménorragies, il est conseillé de se reposer, de manger sainement et surtout de faire de l’exercice régulièrement pour réduire les douleurs. Les traitements à base de plantes ou les remèdes de grand-mère ne fonctionnent pas réellement contre les ménorragies.

Flux peu abondant

À l’inverse, il y a les flux peu abondants. Ceux-là gênent moins, en général. Pourtant, ils sont tout aussi importants à surveiller. Comme pour les règles abondantes, les causes peuvent être multiples :

  • Un sous-poids.
  • Un régime végétarien pas assez compensé en protéines.
  • Du sport intensif (à partir de 6h par semaine).
  • L’endomètre pas assez développé.
  • Une prise d’une contraception hormonale.
  • Un début de grossesse.

Aménorrhée (Absence de règles)

Et si vous n’avez plus de règles du tout sur plusieurs cycles consécutifs, on parle alors d’aménorrhée. La cause la plus courante est la grossesse, mais elle peut aussi se trouver ailleurs. L’absence de règles (aménorrhée) peut avoir de nombreuses causes ; un début de grossesse, la ménopause, un problème de santé, un médicament, un stress ou une pratique sportive intensive. En cas de doute, contactez un professionnel de santé et réalisez un test de grossesse.

Les règles s’arrêtent définitivement à la ménopause, mais elles peuvent aussi s’arrêter temporairement dans différents cas : lors d’une grossesse; en cas de problème de santé (hyperthyroïdie, anorexie, obésité, carence nutritionnelle…); lors de la prise de certains médicaments; lors d’un stress psychologique; en cas de pratique sportive intensive; à l’arrêt d’une contraception hormonale.

Impact de la contraception hormonale

Si vous prenez la pilule, vous n’avez plus de « vraies » règles, mais des saignements de privations. Il est alors très courant d’observer des règles avec un flux peu abondant et sur une période relativement courte.

Quand consulter un professionnel de santé ?

Les variations dans les cycles menstruels sont généralement normales mais il est important de rester attentive aux signaux que votre corps vous envoie. Si vous avez des préoccupations concernant vos règles, telles que l’abondance, la couleur ou la consistance, n’hésitez pas à consulter un professionnel de santé pour obtenir des conseils adaptés. Il est de toute façon recommandé de consulter un professionnel de santé (médecin généraliste, sage-femme ou gynécologue) tous les ans à propos de votre santé gynécologique. Cela vous permettra d’aborder tous ces sujets et d’obtenir l’avis d’un professionnel.

Vous devez rapidement consulter un médecin ou une sage-femme afin d’en déterminer l’origine et trouver un traitement si vous souffrez de saignements abondants, type hémorragies, pendant ou en dehors des règles. Les saignements en dehors des règles suivis d’une absence de menstruation peuvent être liés à une grossesse.

Si vous notez la présence de caillots de sang dans les écoulements, cela n’est pas forcément lié aux règles hémorragiques. Ces caillots sont en effet plus fréquents lors des règles abondantes mais peuvent survenir durant des règles avec un flux léger. Si vous avez présenté au moins deux fois des règles excessivement abondantes ou hémorragiques, nous vous conseillons d’en parler rapidement à votre médecin, un gynécologue ou une sage-femme.

En cas de règles douloureuses ou abondantes, il est nécessaire de consulter un professionnel de santé afin de lever le doute sur une éventuelle endométriose.

Si le retard de règles dépasse deux-trois jours et qu’il y a eu un rapport mal ou non protégé depuis les dernières règles, il est recommandé de faire un test de grossesse et de consulter un médecin ou une sage-femme si le test est positif.

Quelques jours avant les règles, des symptômes tels que des maux de tête, des douleurs aux seins, des ballonnements ou de l’irritabilité peuvent apparaître. On parle alors de syndrome prémenstruel. Chez 5 à 10 % des femmes, ce syndrome peut être sévère et entraîner des problèmes psychiatriques tels qu’une humeur dépressive ou une forte anxiété perturbant leur quotidien à l’approche des règles. On parle alors de trouble dysphorique prémenstruel. Quels que soient vos symptômes, parlez-en à votre médecin dès lors que vous en ressentez le besoin.

Pendant les règles, l'utérus se contracte pour bien évacuer l’endomètre. Cela peut créer un inconfort dans le bas-ventre et, parfois, aussi dans le dos et les cuisses. Ces douleurs durent généralement un à deux jours. Les règles douloureuses sont fréquentes chez les adolescentes et diminuent après 18 ans. Quand les douleurs et les symptômes liés aux règles rendent le quotidien difficile, il ne faut pas hésiter à en parler à son médecin et/ou son gynécologue : cela peut être le signe d’une endométriose.

Conclusion

Comprendre votre cycle menstruel et la perte de sang est crucial pour maintenir une bonne santé reproductive. La quantité de sang perdu pendant vos règles pourrait vous surprendre, mais c'est une partie naturelle et essentielle de votre santé reproductive. Restez à l'écoute de votre corps et n'hésitez pas à consulter un professionnel de santé en cas de doute ou d'inquiétude. Votre santé est précieuse, alors prenez le temps de vous informer et de prendre soin de vous.

tags: #quantité #de #sang #pertes #menstruelles #normales

Articles populaires:

Share: