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Avortement chez la chienne : Quand et comment y recourir ?

L'avortement chez la chienne est une interruption prématurée de la gestation avant qu'elle ne soit menée à terme. Cette procédure peut être envisagée pour diverses raisons, allant de la non-désirabilité d'une portée à des impératifs médicaux mettant en danger la vie de la mère. Bien que le terme puisse faire référence à des avortements spontanés, il est souvent associé à un avortement provoqué par des médicaments, parfois désigné comme une « interruption volontaire de grossesse » (IVG) par certains vétérinaires.

Raisons d'envisager un avortement chez la chienne

Plusieurs situations peuvent amener un propriétaire à envisager un avortement pour sa chienne :

  • Saillie non désirée : C'est la raison la plus fréquente. Si une chienne a été saillie accidentellement ou par un mâle non désiré, l'avortement peut être envisagé.
  • Risques pour la santé de la mère : Si la gestation met en danger la vie de la chienne en raison de son âge, de problèmes de santé préexistants (insuffisance rénale, hépatique, cardiaque, diabète, etc.) ou d'une disproportion entre la taille de la mère et celle des chiots attendus, l'avortement peut être une solution.
  • Anomalies congénitales ou maladies génétiques : Si la chienne présente des anomalies congénitales ou des maladies d'origine génétique, il peut être préférable d'éviter la naissance de chiots potentiellement atteints.

Méthodes d'avortement médical chez la chienne

Lorsqu'une gestation n'est pas souhaitée ou qu'elle représente un danger pour la mère, il est possible d'avoir recours à un avortement médical, qui équivaut à une IVG médicamenteuse. Le vétérinaire choisira le protocole le plus adapté en fonction du stade de la gestation. Auparavant, il pourra procéder à un diagnostic de gestation afin de s’assurer que la chienne porte effectivement des petits.

Il existe principalement trois méthodes d'avortement médical chez la chienne, faisant appel à différentes molécules abortives :

  • L'aglépristone
  • Les prostaglandines
  • Les dopaminergiques

L'aglépristrone

L'aglépristone est un stéroïde de synthèse à action antiprogestative. Elle agit en bloquant les récepteurs de la progestérone, l'hormone essentielle au maintien de la gestation. C'est la molécule abortive la plus fréquemment utilisée, car elle est jugée très efficace et relativement facile à administrer. Elle peut être utilisée jusqu'à 45 jours de gestation.

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Pour réaliser l’avortement, le vétérinaire injecte l’aglépristone par voie sous-cutanée à deux reprises à 24 heures d’intervalle à la chienne gestante. Si l’injection se fait après 20 à 30 jours de gestation, la chienne pourra expulser les avortons. En revanche, si l'avortement médical est réalisé plus précocement, l’avortement pourra passer inaperçu pour le propriétaire car les fœtus se résorberont dans les voies génitales de la chienne.

Une dizaine de jours après l’injection, le vétérinaire pourra procéder à un examen clinique de contrôle de la chienne afin de vérifier l’efficacité de l’avortement.

Effets secondaires potentiels : Les effets secondaires d’une injection d’aglépristone peuvent consister en un retour plus précoce des chaleurs de la chienne. Très rarement, l’injection peut être suivie de troubles cardiorespiratoires, une hypersalivation, des vomissements et des signes neurologiques.

Les prostaglandines

Les prostaglandines sont des hormones et médiateurs à action locale, impliquées dans de nombreux processus physiologiques. Chez la chienne, elles ont la propriété de détruire le corps jaune, qui est essentiel à la production de progestérone pendant la gestation.

Il existe plusieurs prostaglandines naturelles ou de synthèse, utilisables chez la chienne. Plusieurs injections en sous-cutané ou en intra-musculaire, réalisées par le vétérinaire sont alors nécessaires. Ces prostaglandines peuvent être utilisées pour des avortements après les 25 jours suivant l’ovulation de la chienne.

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Effets secondaires potentiels : L’administration de prostaglandines abortives peut entraîner une hypersalivation, des vomissements, une défécation et un ralentissement du rythme cardiaque chez la chienne dans l’heure qui suit l’injection. La complexité du protocole ainsi que ses effets secondaires peuvent justifier une hospitalisation de la chienne pendant toute sa durée.

Les dopaminergiques

La dopamine est un neurotransmetteur qui inhibe la sécrétion de prolactine, une hormone importante pour le maintien du corps jaune après 30 jours de gestation. Les médicaments abortifs dopaminergiques agissent donc en stimulant ces récepteurs dopaminergiques inhibiteurs.

Les dopaminergiques s’utilisent généralement après les 30 jours qui suivent l’ovulation de la chienne et idéalement après 40 jours. Ils s’administrent à la chienne par voie orale pendant 5 à 6 jours. Ils peuvent être utilisés seuls ou associés aux prostaglandines pour rendre l’avortement plus rapide et diminuer les effets secondaires liés à l’administration des prostaglandines.

Effets secondaires potentiels : Les effets secondaires sont rares, passagers et peu marqués. Ils peuvent consister en une ataxie, une anorexie et des vomissements.

Avortement chirurgical : la stérilisation

Si l'avortement médical n'est pas envisageable ou si le propriétaire ne souhaite pas que la chienne se reproduise par la suite, la stérilisation chirurgicale (ovario-hystérectomie) peut être une option. Cette intervention consiste à retirer l'utérus et les ovaires de la chienne, ce qui met fin à la gestation et empêche toute future reproduction. Cette solution, bien sûre radicale et irréversible, est fortement conseillée en début de gestation.

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Avortements spontanés chez la chienne

Malheureusement, les avortements chez la chienne peuvent être aussi spontanés. La complication la plus fréquemment rencontrée en cas de gestation chez la chienne est l’avortement spontané. Très souvent les avortements sont précoces et ne sont même pas observés par les propriétaires car ils ont lieu dans les premières semaines, avant même qu’un diagnostic de gestation soit possible. En cas d’avortement tardif on va observer des écoulements vulvaires hémorragiques, voire purulents (en fonction de la cause) avec élimination des fœtus non viables.

Plusieurs facteurs peuvent provoquer un avortement spontané chez la chienne, parmi lesquels :

  • Maladies : Certaines maladies infectieuses (bactéries, virus, parasites), ainsi que des troubles hormonaux (insuffisance lutéale, hypothyroïdie, diabète), peuvent entraîner un avortement.
  • Médicaments : De nombreux médicaments sont interdits pendant la gestation, car ils peuvent provoquer un avortement ou des malformations chez les chiots.
  • Traumatismes : Des chocs physiques ou des blessures peuvent également entraîner une interruption de la gestation.
  • Torsions ou ruptures utérines On peut parfois observer des torsions utérines (une corne utérine s’enroule sur elle-même provoquant une obstruction à la circulation sanguine), des hernies utérines (passage d’une corne utérine dans l’anneau inguinal par exemple) ou des ruptures utérines (rupture de l’utérus avec passage de son contenu dans l’abdomen).

Diagnostic de gestation et suivi

Avant d'envisager un avortement, il est essentiel de confirmer la gestation de la chienne. Plusieurs méthodes permettent de diagnostiquer une gestation :

  • Palpation abdominale : A partir de 21 jours, le vétérinaire peut commencer à sentir par palpation les ampoules fœtales (petits sacs contenant le liquide amniotique dans lequel on trouve un chiot) dans le ventre de la chienne.
  • Échographie : A partir de 28 jours de gestation (après l’ovulation), le vétérinaire peut réaliser une échographie de gestation. Cette échographie permet de confirmer une grossesse mais aussi de vérifier l’état de santé des chiots et d’essayer de les compter, ce qui est difficile au-dessus de 4 chiots.
  • Radiographie : A partir de 45 jours de gestation (après l’ovulation), les squelettes des chiots sont suffisamment minéralisés pour être vu sur les clichés radiographiques. Réaliser des radiographies permet de compter avec une plus grande précision les chiots attendus au moment de la mise-bas.

Si l'avortement est pratiqué, un suivi vétérinaire est nécessaire pour s'assurer de son efficacité et prévenir d'éventuelles complications.

Prévention : la stérilisation et la surveillance des chaleurs

L’idéal reste d’éviter toute nécessité d’avortement de la chienne. Dès lors, il existe 2 solutions principales pour éviter d’avoir affaire à ce type de problème :

  • Stérilisation : Si la chienne n’est pas destinée à la reproduction, il est conseillé de la faire stériliser.
  • Surveillance constante : Pour une chienne reproductrice, il est conseillé de mettre en place une surveillance constante de l’animal durant ses chaleurs.

Chaleurs chez la chienne : comprendre le cycle

De manière générale, les premières chaleurs apparaissent vers l’âge de 6 mois et elles durent environ trois semaines. Ce délai peut être raccourci chez les chiennes de taille naine et allongé pour les races géantes. Elles reviennent en moyenne tous les 6 mois, tout au long de la vie de la chienne (il n’existe pas de ménopause chez les chiens). Il est fortement conseillé d’attendre que votre chienne atteigne l’âge de 2 ans avant de la faire saillir.

Le cycle de reproduction de la chienne se divise en quatre phases :

  • Pro-œstrus : C’est le début des chaleurs, il dure en moyenne 9 jours, mais peut varier de 3 à 21 jours. À cette étape le propriétaire peut remarquer des changements physiques : la vulve gonflée, des pertes vulvaires sanguinolentes (certaines chiennes présentent des pertes discrètes).
  • Œstrus : Période durant laquelle la chienne va ovuler et pourra être fécondée par un mâle. Elle sera fécondable uniquement pendant 2 à 4 jours sur toute la durée de la phase, qui dure en moyenne 9 jours. La femelle va accepter d’être saillie par le mâle. Les pertes vulvaires deviennent plus claires, rosées à transparentes (certaines chiennes ont des pertes sanguinolentes jusqu’à la fin des chaleurs).
  • Diœstrus (ou métoestrus) : C’est la période de gestation, elle dure entre 57 et 68 jours. La chienne refuse à présent la saillie.
  • Anœstrus : C’est la phase ou l’appareil génital se met au repos pendant 2 à 9 mois.

Préparer une gestation chez la chienne

Bien anticiper la grossesse de sa chienne c’est faire en sorte que tout se passe le mieux possible, pour sa santé mais aussi celle des chiots à naître.

L’âge optimal pour une saillie chez la chienne est compris entre 1,5 et 8 ans maximum chez les petites races, entre 2 et 6 ans pour les grandes races. D’une part il faut attendre que la puberté soit atteinte (âge de la maturité sexuelle). La puberté, et donc les premières chaleurs, apparaît vers l’âge de 6 mois chez les petits chiens et entre l’âge de 12 et 18 mois chez les grands chiens. D’autre part il faut attendre la fin de la croissance. En effet, pendant la croissance l’énergie absorbée sera utilisée pour grandir et non pour permettre le développement des chiots in utero. Lorsque les chiennes sont trop âgées, les ovocytes (ovules) libérés sont plus fragiles.

Pour pouvoir être saillie et avoir une chance d’être gestante, il faut qu’une chienne soit en contact avec un mâle pendant une certaine période des chaleurs. Une chienne ne va accepter le mâle et ne pourra s’accoupler que pendant l’œstrus. Il est possible de réaliser chez le vétérinaire un suivi de chaleur et d’ovulation afin d’identifier au mieux cette période et de présenter le mâle au meilleur moment. En effet, la vaccination protège la mère contre des maladies potentiellement graves pour sa santé mais qui peuvent aussi entraîner des malformations chez les chiots voire un avortement. Enfin, protéger sa chienne contre les puces permet de lui éviter une grosse infestation qui la fatiguerait (anémie causée par les repas de sang des puces) et qui serait aussi très gênante pour les chiots. Evitez de faire reproduire votre chienne si elle présente des anomalies congénitales et/ou des maladies d’origines génétiques. Si vous faites saillir votre chienne par un mâle d’une race prédisposée pour certaines maladies d’origine génétique, n’hésitez pas à demander que celui-ci soit aussi testé. Si votre chienne est trop jeune ou trop âgée, faites en sorte de ne pas la mettre dans une situation à risques où elle pourrait être saillie à votre insu.

Suivi de gestation chez la chienne

Pendant les deux mois de la gestation, l’appétit de la chienne pourra fluctuer sans que cela soit inquiétant. La seule façon de savoir avec certitude si votre chienne attend des chiots est de l’emmener chez le vétérinaire pour un examen clinique et des examens complémentaires.

La gestation chez la chienne dure entre 61 et 63 jours après la date de l’ovulation. Savoir quand aura lieu le terme, et donc la mise-bas, est relativement important car les chiots à naître supportent difficilement la prématurité et souffrent de rester trop longtemps dans l’utérus. Des chiots qui naissent trop tôt possèdent des poumons immatures auxquels il manque du surfactant à la surface des alvéoles pulmonaires. Le taux de mortalité des chiots prématurés est très important.

Pendant la gestation, les besoins énergétiques (BE) de la chienne vont drastiquement augmenter pendant les 4 à 5 dernières semaines (ils peuvent tripler !). On recommande d’augmenter de 10% les BE estimés par semaine dès la 5ème semaine de gestation, sans jamais dépasser 50% des BE d’entretiens initiaux. Les besoins en protéines sont augmentés. Les besoins en matières grasses augmentent aussi notamment en acides gras essentiels comme les oméga 3. Ils sont indispensables pour le bon développement cérébral des chiots.

Pour rappel, en fin de gestation, la chienne développe un comportement dit de nidification. Elle cherche alors un endroit calme et confortable pour mettre-bas et cela peut être le canapé. On peut observer une baisse de température de 1°C dans les 24h précédent la mise-bas.

Complications possibles pendant la gestation

Outre les avortements spontanés, d'autres complications peuvent survenir pendant la gestation chez la chienne :

  • Hypocalcémie (éclampsie) : C’est un déficit en calcium. La montée de lait augmente les besoins en minéraux et notamment en calcium. Plutôt rare pendant la gestation, elle se manifeste généralement quelques jours après la mise-bas. C’est assez fréquent chez les chiennes de petits gabarits.
  • Maladies et médicaments : De nombreux médicaments sont interdits pendant la gestation chez la chienne comme dans l’espèce humaine. Certains médicaments peuvent entraîner un avortement et d’autres peuvent favoriser l’apparition de malformations plus ou moins graves chez les chiots.

À garder en mémoire : tout changement de l’état de santé de votre chienne doit conduire à une consultation vétérinaire. Une perte d’appétit, une baisse de forme, des écoulements vulvaires anormaux, etc.

Préparation à la mise-bas

Trois semaines avant la mise-bas, installez votre chienne dans un endroit calme. Ce lieu doit être sans courants d’air et chauffé. Préparez aussi une caisse suffisamment grande pour contenir votre chienne et ses chiots. Veillez à ce que la chienne puisse y rentrer et sortir comme elle le souhaite. Vous pouvez installer dans le fond de la caisse du papier journal, des alaises ou des couvertures. Sachez qu’ils seront souillés pendant la mise-bas et qu’il faudra les retirer et laisser place à du linge propre.

Dans la majorité des cas, la chienne change de comportement. Elle devient très nerveuse, tourne en rond dans la maison, halète ou gémit. C’est le signe des premières contractions utérines (non visible) et de la dilatation du col de l’utérus.

La mise-bas : déroulement et complications

Comme pour la gestation chez la chatte, la plupart du temps la mise-bas de la chienne se passe sans encombre. Vigilance si c’est sa première portée ! Restez à proximité, sans la déranger, au moins le temps que les deux premiers chiots naissent, pour vous assurer que tout se déroule correctement.

Les chiots doivent être expulsés de façon régulière, après quelques contractions, à intervalle d’une demi-heure à une heure. Attention aux difficultés lors de la mise-bas (dystocie). Si la chienne pousse fortement pendant un moment et que rien ne se passe, c’est qu’un chiot est peut-être coincé. Dans ce cas, il faut prévenir le vétérinaire le plus rapidement possible.

Le chiot va généralement naitre tête la première ou par le bassin, ces deux positions sont totalement normales. La plupart du temps, à son arrivée, le chiot est recouvert d’une membrane (amnios). Elle se déchire facilement lorsque la mère lèche son petit pour le libérer et lui permettre de respirer. Elle va couper le cordon ombilical en le rongeant délicatement entre ses dents.

Le chiot doit pousser des cris dans les secondes qui suivent. Si ce n’est pas le cas, vous devrez prendre le relai en libérant ses voies respiratoires. Le placer dans une serviette propre et le frotter vigoureusement tête en bas (en faisant très attention), afin de dégager les voies respiratoires et le stimuler à respirer, jusqu’à entendre ses premiers cris.

Le placenta est généralement expulsé 15 minutes après la naissance du chiot. À la fin de la mise-bas, la chienne se détend et tous les chiots doivent commencer à téter.

Derniers conseils : toujours vous assurer que la mère et les chiots sont installés dans un endroit calme et propre.

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