Introduction
L'infertilité liée à l'âge est un problème croissant dans les pays industrialisés, résultant de l'évolution des normes socioculturelles et des effets des conditions environnementales et des pratiques sociales. Cet article explore la complexité de ce problème, en mettant en lumière les enjeux bioéthiques, les limites de l'horloge biologique féminine et l'influence du rythme circadien sur la qualité des ovocytes.
Le modèle bioéthique français face à l'infertilité
En France, l'assistance médicale à la procréation (AMP) est encadrée par un modèle bioéthique spécifique, défini comme strictement "thérapeutique" et reposant sur la notion d'"infertilité pathologique". Toute demande externe à ce cadre est considérée comme de "convenance". Ce modèle, mis en place depuis 1994, révèle des tensions et contradictions croissantes, en particulier face aux enjeux de genre.
La prégnance du modèle thérapeutique et la référence à l'âge
Une enquête auprès de professionnels de l'AMP montre la prégnance de ce modèle thérapeutique, qui utilise massivement la référence aux limites d'âge. La perspective du genre est capitale, car c'est la référence à la physiologie des femmes qui assoit la "naturalité" du modèle. Les femmes seraient vouées à un destin procréatif ordonné à une implacable "horloge biologique", sans équivalent chez les hommes. Cette image de l'horloge donne une légitimité particulière à la limite administrative de 43 ans maximum imposée aux femmes par la Sécurité sociale.
Les limites de l'image de "l'horloge biologique des femmes"
L'enquête révèle également les limites de cette image de "l'horloge biologique des femmes". Alors qu'elle repose sur un imaginaire quantitatif de la coupure avant/après (épuisement du stock des ovocytes), c'est un processus de déclin progressif de leur qualité qui est constaté par les praticiens. De ce fait, un nombre croissant d'indications dites "pathologiques" sont en réalité liées au processus même du vieillissement, qui n'a rien d'une maladie. Par ailleurs, la dimension sociale du problème de l'infertilité n'échappe à personne, comme le montre l'exemple souvent cité des secondes unions.
L'évolution de la notion d'infertilité et les nouveaux dilemmes
Dans le contexte sociodémographique contemporain, la notion même d'infertilité évolue et met en question le modèle bioéthique français. Par-delà le don d'ovocyte, l'apparition de techniques nouvelles, telles que la vitrification des ovocytes, introduit des dilemmes inédits, obligeant à reconnaître progressivement que l'opposition sur laquelle fut construit le modèle ne fournit plus la référence solide et simple que le débat politique continue d'invoquer.
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Les limites d'âge dans l'accès à l'AMP en France
Un autre cas illustrant les spécificités et particularités du modèle bioéthique français est celui des limites d'âge dans l'accès à l'AMP. La loi ne précise pas quel est l'"âge de procréer" et laisse aux professionnels la responsabilité de définir des cadres d'action plus précis.
La référence à la réserve ovarienne et aux taux de succès de grossesse
Les professionnels mobilisent des référents multiples afin de fixer ces cadres, notamment la réserve ovarienne. Autour de la référence repère de 43 ans, il existe de nombreuses situations : des refus avant 43 ans et des acceptations jusqu'à environ 45 ans. Cependant, ces diverses situations renvoient toutes à un même critère : la réserve ovarienne. La référence au critère de l'âge repose donc en réalité sur les taux de succès de grossesse et du rapport bénéfice/risque.
Le discours des professionnels et l'image de "l'horloge biologique"
Au travers de termes fréquemment employés tels que "réserve ovarienne", mais surtout "horloge biologique", le discours des professionnels présente l'espérance procréative féminine d'une manière qui mérite que nous nous y arrêtions. La fertilité des femmes apparait comme un compte à rebours, comme une réserve d'eau qui se vide, ou une horloge qui à un moment marquera minuit.
Rythme circadien et qualité des ovocytes
Le rythme circadien, cette horloge biologique interne qui régule de nombreuses fonctions physiologiques, joue un rôle crucial dans la fertilité, tant masculine que féminine.
L'impact du rythme circadien sur la qualité du sperme
Une étude scientifique publiée dans la revue "Chronobiology International" a révélé que les spermatozoïdes ont leur propre horloge biologique sur 24 heures. De plus, une augmentation significative de la concentration de spermatozoïdes et du nombre total de spermatozoïdes a été observée au printemps, avec des diminutions significatives en été. Le printemps et le début de l'été seraient donc le meilleur moment pour concevoir un bébé selon l'étude.
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Le lien entre sommeil, travail posté et fertilité féminine
Des études suggèrent que les troubles du sommeil peuvent avoir un impact sur la fertilité. Les horloges circadiennes existent chez les mammifères, y compris les humains, dans la plupart des cellules et tissus de l'organisme. Elles permettent d'orchestrer sur un rythme quotidien notre physiologie et, grâce à un ensemble complexe de molécules, la synchronisation de notre métabolisme avec l'environnement. Une étude a suivi 313 femmes ayant terminé au moins un cycle de traitement de fécondation in vitro (FIV) et qui travaillaient le soir, la nuit ou par quarts de travail. Les résultats suggèrent que la "réserve ovarienne" semble plus faible chez les femmes qui font un travail pénible, cependant, après prise en compte des facteurs de confusion, le déplacement d'objets lourds et l'effort physique, comme le travail par quarts, ne sont pas liés à la réserve ovarienne.
Autres facteurs influençant la qualité des ovocytes et la fertilité
Outre l'âge et le rythme circadien, d'autres facteurs peuvent influencer la qualité des ovocytes et la fertilité féminine.
Facteurs génétiques et état de santé
Des facteurs génétiques peuvent affecter la vitesse à laquelle les ovules meurent. Par ailleurs, des facteurs comme l'état de santé ou le mode de vie jouent également un rôle dans la qualité des ovules, avec l'exposition à certaines toxines environnementales, notamment les pesticides ou les substances contenues dans le plastique, comme le bisphénol A.
Mode de vie et habitudes
Le tabagisme est toxique pour les ovules et les endommage prématurément. Une étude parue en 2022 dans la revue PLoS One montre que les femmes qui fument beaucoup (plus de 10 cigarettes par jour) ou depuis longtemps encourent un risque accru de faible réserve ovarienne. De même, une consommation d'alcool importante peut diminuer la probabilité de tomber enceinte. L'obésité peut également affecter négativement la fertilité d'une femme.
Antécédents médicaux et troubles hormonaux
Des antécédents de maladies sexuellement transmissibles, comme une chlamydia ou une gonorrhée, peuvent entraîner un blocage des tubes utérins ou infliger des lésions affectant la fertilité de la femme. La fertilité peut également être mise à mal par les troubles hormonaux qui interfèrent avec l'ovulation, comme le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) ou l'endométriose.
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Conseils et recommandations
Il est important de planifier sa grossesse avant l'âge de 35 ans. Si possible, essayez de tomber enceinte avant 35 ans ; sinon, envisagez l'autoconservation de vos ovules. Ainsi, la santé de vos ovules sera littéralement congelée dans le temps, pour vous permettre de bénéficier de votre propre don d'ovules à un stade ultérieur.
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