La pyélonéphrite est une infection de l'appareil urinaire haut, touchant les reins et le bassinet, qui se distingue de la cystite, une infection urinaire basse. Bien que moins fréquente que les infections urinaires basses, la pyélonéphrite chez le nourrisson nécessite une attention particulière en raison de son potentiel de complications graves.
Qu'est-ce que la pyélonéphrite ?
La pyélonéphrite est une infection bactérienne qui affecte un rein ou la voie urinaire reliant le rein à la vessie (uretère). Elle se manifeste souvent par une fièvre soudaine accompagnée de douleurs lombaires d'un seul côté. La pyélonéphrite est une infection grave des reins, plus précisément du parenchyme rénal et du bassinet. Elle est généralement causée par la prolifération de bactéries, le plus souvent Escherichia coli (E. coli) dans 90 % des cas, qui remontent les voies urinaires depuis la vessie.
Pyélonéphrite aiguë vs. chronique
Lorsqu'elle n'affecte qu'un seul rein, l'infection est qualifiée de pyélonéphrite aiguë. Si les deux reins sont touchés, souvent à la suite d'infections urinaires récidivantes, il s'agit d'une pyélonéphrite chronique. La pyélonéphrite aiguë survient généralement de manière soudaine et sévère, tandis que la pyélonéphrite chronique peut être récurrente et progressive. La pyélonéphrite aiguë est également considérée comme une infection urinaire haute, car elle résulte fréquemment d'une cystite aiguë.
Causes et Facteurs de Risque
Plusieurs facteurs peuvent être à l'origine d'une pyélonéphrite chez le nourrisson :
- Infection ascendante des voies urinaires inférieures (cystite) : Une infection non traitée ou mal gérée peut se propager aux reins.
- Bactéries : Escherichia coli (E. coli) est la bactérie la plus courante, mais d'autres bactéries comme Proteus, Klebsiella et Enterobacter peuvent également être impliquées.
- Anomalies structurelles des voies urinaires : Malformations congénitales ou obstructions des voies urinaires peuvent favoriser la prolifération bactérienne. Plus rarement, il peut s'agir d'un syndrome de la jonction pyélo-urétérale.
- Reflux vésico-urétéral (RVU) : Ce reflux anormal de l'urine de la vessie vers les uretères, voire jusqu'aux reins, favorise la remontée des bactéries. Il est identifié chez environ 30 à 40 % des enfants souffrant d’infections urinaires récidivantes.
- Facteurs de risque supplémentaires : Antécédents d'infections urinaires fréquentes, utilisation de cathéters urinaires, calculs rénaux, système immunitaire affaibli, grossesse et diabète peuvent également augmenter le risque.
Symptômes chez le Nourrisson
Chez le nourrisson, les symptômes de la pyélonéphrite peuvent être peu spécifiques, rendant le diagnostic difficile. Cependant, certains signes doivent alerter les parents et inciter à consulter un médecin :
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- Fièvre : Une fièvre isolée et inexpliquée, pouvant atteindre 40°C, est un signe courant. Il faut toujours penser à pratiquer une analyse d’urine chez un nourrisson dont le seul symptôme est une fièvre isolée.
- Changement dans l'urine : Urine de couleur ou d’odeur inhabituelle, voire présence de sang.
- Irritabilité et pleurs : Pleurs excessifs, en particulier lors de la miction.
- Troubles de l'alimentation : Perte d’appétit, refus de manger, ou même perte de poids.
- Troubles digestifs : Vomissements, diarrhées, maux de ventre.
- Déshydratation : Signes de déshydratation tels que diminution des urines, sécheresse de la bouche et des yeux.
- Fatigue et pâleur : Le bébé peut sembler grognon, fatigué et pâle.
Il est important de noter qu'un nourrisson atteint de pyélonéphrite n’aura pas forcément tous ces symptômes en même temps.
Diagnostic
En cas de suspicion de pyélonéphrite chez un bébé, le médecin procédera à plusieurs examens pour confirmer le diagnostic :
- Bandelette urinaire : Un test rapide qui permet de détecter la présence de leucocytes et de nitrites dans l'urine. Pour cela, il suffit de déposer une compresse dans la couche et d’appliquer la bandelette dessus dès que la compresse est mouillée. Si la bandelette est positive et indique la présence d’une infection bactérienne, un ECBU sera pratiqué en laboratoire.
- Examen cytobactériologique des urines (ECBU) : Cet examen, réalisé en laboratoire, permet d’identifier la bactérie responsable de l’infection et de déterminer sa sensibilité aux antibiotiques (antibiogramme). Il est très important de faire les analyses d’urine (ECBU) dans d’excellentes conditions.
- Échographie rénale et des voies urinaires : Cet examen d'imagerie est réalisé pour détecter d'éventuelles anomalies structurelles, complications (abcès rénal) ou un syndrome malformatif comme le reflux vésico urétéral ou le syndrome de la jonction pyélo urétréale. Chez le nourrisson, la survenue d’une ou de plusieurs cystites, voire pyélonéphrites, doivent pousser à réaliser une échographie pour diagnostiquer une éventuelle malformation.
- Examens sanguins : Dans les cas de pyélonéphrites aiguës à risque de complications, notamment chez les personnes âgées et les femmes enceintes, des tests sanguins (NFS, dosage de la créatinine, hémocultures, etc.) peuvent être réalisés.
- Cystographie rétrograde : Cet examen peut être envisagé dans certaines situations, notamment en cas de rein unique, d'anomalies rénales échographiques ou de récidive de pyélonéphrite, pour objectiver un reflux vésico-urétéro-rénal.
Traitement
Le traitement de la pyélonéphrite chez le nourrisson repose principalement sur l’administration d’antibiotiques.
- Antibiothérapie : Des antibiotiques à large spectre d’action sont souvent prescrits en premier lieu, avant de modifier le traitement en fonction des résultats de l’ECBU et de l’antibiogramme. En fonction du résultat de l’ECBU, de l’antibiogramme et de l’amélioration de l’état du nourrisson, le traitement antibiotique est poursuivi ou modifié.
- Hospitalisation : Chez le nourrisson de moins de trois mois, « l’antibiothérapie se fait par voie intraveineuse et nécessite donc une hospitalisation de quelques jours. Si l’enfant n’est encore qu’un nourrisson (moins de 3 mois), il pourra être hospitalisé quelques jours pour rester sous surveillance et recevoir un traitement par perfusion.
- Chirurgie : Dans certains cas, une intervention chirurgicale peut être nécessaire pour corriger une malformation sous-jacente, comme le syndrome de la jonction pyélo-urétérale. « Il peut aussi guérir spontanément, informe le Dr Lalau Keraly. Sinon, une intervention chirurgicale destinée à corriger la malformation est réalisée.
Complications Possibles
Si elle n'est pas traitée rapidement et efficacement, la pyélonéphrite chez le bébé peut entraîner des complications potentiellement graves :
- Septicémie : Une infection rénale non traitée peut se propager dans la circulation sanguine, provoquant une septicémie (infection généralisée), ce qui peut mettre la vie en danger. Les symptômes de la septicémie comprennent une forte fièvre, une respiration rapide, une léthargie et des signes de détresse respiratoire.
- Abcès rénal : La pyélonéphrite non traitée peut conduire à la formation d'un abcès dans le rein du bébé.
- Cicatrices rénales : L'infection, lorsqu'elle atteint les reins, peut provoquer la formation de pus, voire d’abcès locaux qui vont laisser des cicatrices et réduire la capacité des reins à remplir leur fonction.
- Insuffisance rénale : Dans les cas les plus sévères, l’infection peut gagner le sang et le reste du corps (choc septique, septicémie).
Prévention
Bien qu'il ne soit pas toujours possible de prévenir la pyélonéphrite, certaines mesures peuvent aider à réduire le risque d'infection urinaire chez le nourrisson :
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- Hygiène périnéale : Essuyer toujours de l'avant vers l'arrière après être allé aux toilettes pour éviter la propagation des bactéries de l'anus vers l'urètre.
- Hydratation : Assurer une bonne hydratation pour favoriser la dilution de l'urine et l'élimination des bactéries.
- Traitement rapide des infections urinaires basses (cystites) : Une cystite non traitée peut remonter vers les reins et provoquer une pyélonéphrite.
- Consultation médicale en cas de symptômes évocateurs : Un diagnostic et un traitement précoces d'une infection urinaire basse permettent d'éviter qu'elle ne se propage aux reins.
- Éviter la constipation : La constipation peut être un facteur favorisant les infections urinaires.
- Ne pas se retenir d’uriner: Videz au moins 5 fois par jour la vessie pour éviter toute infection de la voie urinaire.
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