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Pyélonéphrite chez le Nourrisson : Causes, Symptômes et Traitement

La pyélonéphrite chez le nourrisson est une infection des voies urinaires hautes nécessitant une détection et une prise en charge rapides pour prévenir des complications graves. Cet article vise à fournir une information complète sur les causes, les symptômes et les traitements de cette infection chez les nourrissons.

Introduction

La pyélonéphrite est une infection des voies urinaires qui touche les reins et le bassinet, contrairement à la cystite, qui est une infection de l'appareil urinaire basse. Chez le nourrisson, la pyélonéphrite peut entraîner des complications sévères telles que l'atrophie des reins, des cicatrices rénales, une infection dans le sang (septicémie) et des dysfonctionnements rénaux. Il est donc crucial de reconnaître rapidement les symptômes et d'initier un traitement approprié.

Causes de la Pyélonéphrite chez le Nourrisson

La bactérie Escherichia coli est la cause la plus fréquente de pyélonéphrite. D'autres bactéries et microbes peuvent aussi en être à l'origine. Une cystite prolongée ou mal traitée peut également favoriser l'apparition de la pyélonéphrite chez le bébé. Chez l'enfant et le bébé, un reflux vésico-rénal, souvent lié à l'immaturité du clapet vésico-urétéral, peut être en cause. En plus de ces causes principales, plusieurs facteurs peuvent être à l'origine de cette infection urinaire.

Les fluoroquinolones sont choisies préférentiellement (40 % des souches d'E. les associations amoxicilline-acide clavulanique, ou pipéracilline-tazobactam (40 % d'E.

Symptômes de la Pyélonéphrite chez le Nourrisson

Les symptômes de la pyélonéphrite chez le nourrisson peuvent être non spécifiques, ce qui rend le diagnostic difficile. Voici les principaux signes à surveiller :

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  • Fièvre isolée et inexpliquée : Une température pouvant atteindre 40 °C sans autres symptômes apparents.
  • Changement de comportement: L’enfant est très fatigué, frissonne et n’a aucun autre point d’appel infectieux.
  • Perte d'appétit ou de poids : Le bébé tète peu et peut devenir pâle.
  • Irritabilité : Le bébé est grognon et inconsolable.
  • Troubles digestifs : Vomissements, diarrhées, nausées et douleurs abdominales peuvent être présents.
  • Anomalies urinaires : Présence de sang dans les urines et pleurs fréquents lors de la miction.
  • Urine de couleur inhabituelle

Il est important de noter qu'un nourrisson atteint de pyélonéphrite n'aura pas forcément tous ces symptômes en même temps.

Diagnostic de la Pyélonéphrite chez le Nourrisson

Le diagnostic de la pyélonéphrite repose sur plusieurs examens médicaux :

  1. Analyse urinaire :
    • Récupération directe du jet d'urine : Pour éviter de fausser les résultats, cette méthode est privilégiée.
    • Bandelette urinaire : Une compresse est placée dans la couche du bébé, et la bandelette est appliquée dessus une fois mouillée. La présence de leucocytes et de nitrites indique une réaction positive.
  2. Examen cytobactériologique des urines (ECBU) : Cet examen est essentiel pour identifier précisément la bactérie responsable de l'infection. Chez le nouveau-né, le nourrisson de moins de 3 mois, l’enfant neutropénique, ou en situation de sepsis, l’examen cytobactériologique des urines (ECBU) est réalisé directement. Dans toutes les autres situations, l’ECBU ne devrait être demandé qu’en cas de positivité de la bandelette pour les leucocytes et/ou les nitrites. Toute infection urinaire chez l’enfant doit être documentée avant antibiothérapie.
  3. Échographie rénale : Cet examen permet de rechercher d'éventuelles malformations des reins et des voies urinaires, telles qu'un reflux vésico-urétéral ou un syndrome de la jonction pyélo-urétérale. Une échographie rénale doit être réalisée dans les suites d’un premier épisode de pyélonéphrite chez l’enfant de moins de 2 ans. En effet, dans près d’un tiers des cas, cette infection révèle une uropathie sous-jacente favorisant l’infection, le reflux vésico-urétéral étant la plus fréquente. Les autres examens radiologiques (cystographie rétrograde, scintigraphie au DMSA [acide 2,3 dimercaptosuccinique]) ne sont pas recommandés après un premier épisode de pyélonéphrite. Ils sont, en revanche, à discuter en cas de récidive.
  4. Autres examens : Dans certains cas, des examens sanguins peuvent être nécessaires, surtout en cas de pyélonéphrite aiguë à risque de complication.

Traitement de la Pyélonéphrite chez le Nourrisson

Le traitement de la pyélonéphrite chez le nourrisson repose principalement sur l'administration d'antibiotiques.

  1. Antibiothérapie :
    • Voie intraveineuse : Pour les bébés de moins de 3 mois, une hospitalisation de quelques jours est nécessaire pour une perfusion d'antibiotiques. L’administration par voie intraveineuse des antibiotiques est envisagée dans le traitement urgent de la pyélonéphrite du bébé.
    • Antibiotiques à large spectre : Le médecin peut démarrer le traitement antibiotique avant d’obtenir les résultats définitifs de l’ECBU qui prennent plusieurs jours, pour ne pas retarder la prise en charge.
    • Adaptation du traitement : En fonction des résultats de l'ECBU et de l'antibiogramme, le traitement antibiotique est ajusté pour cibler spécifiquement la bactérie responsable.
  2. Intervention chirurgicale : En cas de malformation, une intervention chirurgicale peut être envisagée pour corriger l'anomalie. Cette opération n'est pas toujours immédiatement proposée, car les uretères peuvent grandir et retrouver un fonctionnement optimal.
  3. Circoncision : Chez les petits garçons, une circoncision peut éventuellement prévenir ou lutter contre les infections urinaires.

L’hospitalisation est recommandée pour les nourrissons de moins de 3 mois, en cas de suspicion de sepsis ou d’uropathie connue. Chez ces enfants, l’antibiothérapie initiale probabiliste, ciblant une entérobactérie, associe une céphalosporine de troisième génération (C3G) injectable (céfotaxime ou cefriaxone) et l’amikacine. Le traitement est poursuivi par voie parentérale pendant deux à quatre jours, puis un relais oral est pris lorsque l’enfant est apyrétique, tenant compte de l’antibiogramme et en choisissant, par souci d’écologie bactérienne, d’abord le cotrimoxazole puis le céfixime. La durée totale de traitement doit être de dix jours. En cas d’entérobactérie BLSE, une discussion au cas par cas doit se faire avec un infectiologue. Pour les patients ne justifiant pas d’une hospitalisation, l’antibiothérapie initiale peut être au choix l’amikacine en monothérapie ou la ceftriaxone. Du fait d’un pourcentage de résistance plus élevé qu’avec les C3G injectables et de ses performances PK-PD modestes, le traitement initial par céfixime doit être réservé aux patients à bas risque de cicatrices rénales, à savoir les enfants de plus de 3 mois, sans uropathie sous-jacente, en l’absence de sepsis. Une hospitalisation est toujours nécessaire, le traitement initial devant se faire par voie parentérale. Il associe l’administration d’amoxicilline par voie intraveineuse à un aminoside.

Prévention de la Pyélonéphrite chez le Nourrisson

Bien que la pyélonéphrite ne soit pas contagieuse, certaines mesures peuvent aider à prévenir les infections urinaires chez les nourrissons et les enfants :

Lire aussi: Traitement de la pyélonéphrite post-accouchement

  • Bonne hygiène : Nettoyer délicatement la région périnéale à l'eau et au savon, en particulier après chaque selle.
  • Hydratation suffisante : Assurer une bonne hydratation pour favoriser une miction régulière.
  • Alimentation équilibrée : Prévenir la constipation, qui peut être un facteur favorisant les infections urinaires.
  • Mictions régulières : Encourager l'enfant à vider sa vessie régulièrement, au moins 5 fois par jour.
  • Surveillance médicale : En cas de fièvre inexpliquée ou de symptômes suspects, consulter immédiatement un médecin.
  • Bandelettes réactives : Utiliser les bandelettes réactives pour le dépistage des récidives d'infection urinaire après 3 mois, à condition que le recueil des urines soit effectué dans les mêmes conditions que l'ECBU.

Complications Possibles

La pyélonéphrite non traitée peut entraîner des complications graves :

  • Septicémie : Infection généralisée du sang, potentiellement mortelle.
  • Cicatrices rénales : Peuvent compromettre le fonctionnement rénal à long terme.
  • Abcès rénal : Formation d'une collection de pus dans le rein.
  • Destruction des reins : Dans les cas les plus sévères.

Infections Urinaires et Résistance aux Antibiotiques

La résistance des bactéries aux antibiotiques, notamment aux bêtalactamines, est une préoccupation croissante. Des facteurs tels que la prise d'antibiotiques récente, les séjours dans des zones de forte prévalence de bactéries résistantes, et les hospitalisations répétées peuvent augmenter ce risque. La recherche systématique d'un reflux vésico-urétéro-rénal après un premier épisode de pyélonéphrite est discutable, mais essentielle pour dépister les reflux de haut grade à risque de cicatrices rénales.

Importance de la Consultation Médicale

Il est impératif de contacter un médecin immédiatement en cas de symptômes associés à la pyélonéphrite chez le bébé. En cas de fièvre inexpliquée, consulter un pédiatre ou un médecin traitant est crucial.

Lire aussi: Causes, symptômes et traitement de la pyélonéphrite post-partum

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