Introduction
La puériculture, bien plus qu'un simple ensemble de pratiques, représente un domaine en constante évolution, intimement lié aux mutations sociales, économiques et médicales. Son histoire, riche et complexe, témoigne d'une prise de conscience progressive de l'importance du bien-être de l'enfant et de sa mère. Cet article explore l'histoire de la puériculture, en mettant en lumière son évolution à travers les siècles et son impact sur la ville de La Charité-sur-Loire.
Les Prémices de la Puériculture : de l'Antiquité au Moyen Âge
Dès l'Antiquité et jusqu'au Moyen Âge, l'allaitement maternel est la norme, bien que les femmes de haut rang aient souvent recours à des nourrices pour des raisons de convenance personnelle. Plutarque lui-même vantait les mérites de l'allaitement maternel. Cependant, l'industrie nourricière est très ancienne. Dès le XIIe siècle, des bureaux de placement de servantes et de nourrices existaient à Paris. Ces établissements payants offraient le gîte et le couvert aux jeunes filles en quête de travail.
Les "Recommanderesses" et la Qualité des Nourrices
Ces bureaux étaient tenus par des « recommanderesses ». La qualité d'une nourrice était primordiale. Les origines les plus prisées étaient la Haute Bourgogne, le Nord Pas de Calais et la Bretagne (Côtes d'Armor, Morbihan). La nourrice idéale devait avoir entre 20 et 30 ans, être en bonne santé, de préférence brune plutôt que blonde, mais surtout pas rousse. Une fille-mère était souvent préférée à une femme mariée, car elle était supposée s'attacher davantage à la famille qui l'accueillait. La nourrice devait être propre, intelligente, d'un caractère doux et agréable.
Avant d'être admises au bureau des recommanderesses, les nourrices devaient se soumettre à un examen médical, à l'issue duquel un certificat de bonne santé leur était délivré. En plus de l'examen gynécologique, un contrôle obligatoire de la quantité et de la qualité du lait était exigé.
L'Encadrement des Nourrices : Premières Tentatives de Réglementation
Le 1er mars 1727, une ordonnance interdisait aux nourrices de confier les enfants pris en charge à d'autres. Le 24 juillet 1769, les petits bureaux de placement par les recommanderesses furent supprimés à Paris et remplacés par un bureau unique. La nourrice était tenue de présenter un contrat délivré par la Préfecture, sur présentation d'un certificat de bonnes vie et mœurs délivré par le maire de sa commune et d'un certificat médical délivré par un médecin inspecteur. L'acte de naissance du nourrisson, le texte des articles du Code Pénal et des règlements administratifs concernant les nourrices et les directeurs des bureaux de placement étaient également exigés. À Paris, les bureaux des nourrices étaient placés sous la responsabilité de l'Administration Générale des Hôpitaux.
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Le XIXe Siècle : Prise de Conscience et Premières Initiatives
Le XIXe siècle marque un tournant dans l'histoire de la puériculture, avec une prise de conscience accrue des enjeux liés à la mortalité infantile et à la santé des mères et des enfants. Les pouvoirs publics commencent à s'alarmer de la « dépopulation » qui menace la France.
La Loi Roussel et la Surveillance des Nourrices
Ému par la mortalité infantile, la loi Roussel du 13 décembre 1874 tente de redresser la situation en imposant à la nourrice de campagne la visite mensuelle d'un médecin inspecteur et d'un membre de la commission locale instituée par le Préfet. Les observations de ces visiteurs devaient être consignées sur son carnet. Cependant, les nourrices refusèrent de se soumettre à ce contrôle et l'administration ne fut pas en mesure de faire respecter la loi.
Création des Crèches et Consultations de Nourrissons
Fondée à la fin du XVIIIe siècle, la première crèche parisienne comptait 12 berceaux. La mère venait allaiter son enfant une ou deux fois par jour. L'idée fut reprise en 1844 par F. L'exemple se répandit en province, et devant les résultats concluants, l'État décida de les régir. Le décret du 26 février 1862, suivi d'un règlement ministériel le 30 juin de la même année, entérine cette décision. Dès lors, les crèches se trouvent placées sous la protection de l'autorité publique et des textes fixent leurs conditions d'installation et de fonctionnement.
La première consultation de nourrissons est fondée en 1892 par le docteur Eudin, médecin à l'hôpital de la Charité. Devant le succès de cette première initiative privée, le Conseil Général de la Seine crée le 20 décembre 1894 une consultation gratuite de nourrissons avec distribution de lait stérilisé pour les enfants dont les mères reçoivent le secours temporaire préventif d'abandon.
Impact des Œuvres de Bienfaisance
Ces œuvres eurent une action efficace contre la mortalité infantile puisque, depuis leur fondation, celle-ci était tombée pour les enfants examinés en 1920 de 33 à 10%. Ces œuvres de bienfaisance privées croyaient à l'enfance. Ce n'est que 20 ans plus tard que l'État vit le bien-fondé de ces institutions par une nette diminution de la mise en nourrice et des abandons.
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Le XXe Siècle : Institutionnalisation de la Puériculture et Innovations
Le XXe siècle est marqué par une institutionnalisation croissante de la puériculture, avec la création de structures étatiques et associatives dédiées à la protection de la mère et de l'enfant. Les avancées médicales et scientifiques contribuent également à améliorer les pratiques et les connaissances dans ce domaine.
La Protection Maternelle et Infantile (PMI)
L'institution, par l'ordonnance du 2 novembre 1945, de la Protection maternelle et infantile (PMI), est révélatrice de cette volonté qui faisait du progrès démographique la nécessité absolue, la condition indispensable à la renaissance et au développement de la nation. Au cours des décennies suivantes, de nombreux textes viendront modifier et compléter le document initial qui, par son esprit, sinon par sa lettre, demeure fondamental pour l'organisation de la protection sanitaire de l'enfance jusqu'à l'âge de l'école obligatoire.
Évolution des Pratiques et des Mentalités
La prise de conscience des parents faisant le rapport entre mortalité infantile et nourrice au loin contribue à un changement des mentalités. Le biberon devenant peu à peu un instrument d'allaitement sûr, l'enfant va enfin rester dans sa famille élevé par sa mère.
L'UFNAFAAM : Un Acteur Majeur de la Puériculture
L’UFNAFAAM a été créée par un besoin de regroupement des forces autour d’objectifs communs. L’UFNAFAAM intervient auprès des différents ministères dont votre statut professionnel dépend. Il est présent aussi dans différentes instances associatives reconnues de l’Etat et participe a des réunions ou des groupes de travail au niveau national. Il est appelé aussi à former des professionnels ou a organiser des colloques appelés rencontres nationales d’étude et de formation. Les salariés et membres du bureau répondent aussi aux présidents, adhérents ou partenaire associatif. Le travail fait depuis de nombreuses années a fait reconnaitre l’UFNAFAAM comme un acteur aujourd’hui reconnu des pouvoirs publics et politiques. A cet effet, lors d’élaboration des lois au cours des auditions, l’UFNAFAAM est invité à contribuer à faire remonter ses observations qui sont toujours l’écho des associations au niveau national. Par le nombre d’adhérents de nos associations, notre union fédérative est la plus importante et la plus représentative. Notre site, source d’informations fiables, s’enrichit au fur et à mesure de nombreuses aides (calculs, textes…).
L’UFNAFAAM est dirigé par un conseil d’administration composé de droit par les représentants de chacune des associations membres actifs. Le mouvement se compose à l’heure actuelle de 341 membres du conseil d’administrations (Présidents et membres du bureau national). Il se réunit une fois par an, au printemps (juin), sur convocation du président. Y sont invités les assistants maternels, assistants familiaux, les travailleurs sociaux et toutes personnes concernées par le placement en milieu familial. Les contraintes liées à l’administratif et à la réglementation en vigueur font devenir le bénévole tour à tour président, trésorier, secrétaire, ce qui n’est pas toujours évident lorsque celui-ci n’a jamais occupé de telles fonctions. Nous demandons à nos associations adhérentes de s’engager autour d’une approche professionnelle, respectueuse de notre code de déontologie, notre engagement partagé prend forme par l’intermédiaire de notre charte d’engagement réciproque. Nos associations agissent au niveau local et régional et nous informent des actions engagées.
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L’assistant maternel et familial accompagnent de manière éducative les enfants confiés et, comme l’accueillant familial, favorisent un lien social et une autonomie en respectant le rythme propre de chacun. Au-delà des aptitudes naturelles, « l’accueil » requiert des compétences et des connaissances qu’il est nécessaire d’évaluer quotidiennement. L’assistant maternel et l’assistant familial soutiennent l’enfant ou le petit enfant en l’encourageant à développer confiance et estime de soi. Sans prendre la place des parents, ils sont des personnes ressources pour l’enfant et l’aide à se situer dans sa propre histoire familiale. Les professionnels reconnaissent le droit à la différence de chaque individu qu’il s’agisse de nationalité, de culture, de religion ou de situation de handicap. Les professionnels devront évaluer leurs propres émotivités dans ces situations pour ne transmettre que les faits observés sans ajouts d’autres éléments et dénués de toute subjectivité. Ils conserveront les traces écrites en veillant au suivi de leurs actions. L’assistant maternel, l’assistant familial et l’accueillant familial tiennent compte des volontés des familles et n’imposent pas leurs valeurs personnelles mais peuvent proposer d’autres approches d’éducation ou d’intégration sociale. Les professionnels sont responsables de l’enfant ou de l’adulte au quotidien. Les professionnels s’intègrent dans une équipe et doivent à ce titre respecter le rôle des autres intervenants tout en ne confondant pas leur mission. Ils doivent aussi faire reconnaître leur propre compétence ainsi que leur spécificité et les limites liées à leurs activités professionnelles. L’assistant familial, l’assistant maternel et l’accueillant familial construisent des liens basés sur la confiance et la sécurité affective avec la personne confiée. Penser et construire des valeurs communes qui soient le reflet d’une éthique professionnelle. C’est l’objectif de ce code de déontologie dont la première rédaction en 1993 fût votée au cours d’une assemblée générale. Ces professionnels exercent soit dans un cadre contractuel direct soit sont salariés d’un service. Les salariés d’un service font parties à part entière d’une équipe pluridisciplinaire. Tous collaborent au sein d’une équipe de travailleurs sociaux.
En 1991, suite à de longues négociations et une manifestation organisée par l’UFNAFAAM sous la Tour Eiffel, les assistant(e)s maternel(le)s employé(e)s par des particuliers bénéficient enfin des cotisations sociales sur le salaire réel. L’année suivante 1992, les assistant(e)s maternel(le) s employé(e)s par des personnes morales les rejoignent et l’ensemble de ces professionnel(le)s deviennent ainsi des salarié(e)s à part entière.
La Formation des Professionnels de la Petite Enfance
Durée de la formation : 120 heures dans les trois ans du 1er contrat. Durée de la formation : 60 heures dont 20 heures dans les deux ans qui suivent l’agrément. La formation est organisée et payée par le Conseil Général qui organise l’accueil des enfants confiés.
Évolution du Statut des Assistants Maternels
En 2001, Ségolène Royal, Ministre délégué à la famille, initie des consultations dans le but de rénover le statut pour son dixième anniversaire. Les travaux de ces groupes entre septembre 2001 et mars 2002 aboutissent à 62 propositions. Les aléas de la politique étant ce qu’ils sont, en mai 2002, le nouveau ministre délégué à la famille, M. Christian Jacob reprend ces dispositions et propose en janvier 2003 16 fiches techniques, 8 pour l’accueil permanent et autant pour l’accueil non permanent. C’est Mme Roig, nouveau Ministre de la famille qui défend le projet devant le Sénat le 25 mai 2004. Mme Marland-Millitello est nommée rapporteur du projet devant l’Assemblée Nationale. avec les associations. En octobre 2004, Mr Douste-Blazy est nommé Ministre de la santé et en charge de la famille. Le projet est voté en première lecture à l’assemblée nationale le 9 février 2005. Le deuxième passage au Sénat intervient le 30 mars 2005. Le deuxième passage à l’Assemblée Nationale le 13 avril 2005. Les textes votés par les deux assemblées n’étant pas strictement identiques, le passage en commission mixte s’impose : ce qui est fait le 10 mai 2005.
La Puériculture à La Charité-sur-Loire : Un Regard Local
La Charité-sur-Loire, avec son riche patrimoine médiéval, n'est pas en reste dans l'histoire de la puériculture. La ville a vu naître des initiatives locales et a bénéficié des avancées nationales en matière de protection de l'enfance.
L'Hôpital de la Charité et le Docteur Eudin
La première consultation de nourrissons est fondée en 1892 par le docteur Eudin, médecin à l'hôpital de la Charité. Cette initiative témoigne d'une prise de conscience locale de l'importance de la santé infantile.
Le Contexte Socio-Économique de la Nièvre
La Nièvre, département où se situe La Charité-sur-Loire, compte environ 216 000 habitants, répartis entre une campagne généreuse et des villes au riche patrimoine. La Charité-sur-Loire attire les amateurs d'architecture médiévale. Le marché local est soutenu par une forte demande d'articles pour bébés, grâce à un taux de natalité supérieur à la moyenne nationale. Le tourisme représente un levier important pour la viabilité d’une boutique de puériculture en Nièvre.
Opportunités et Défis pour la Puériculture Locale
Développer un fonds de commerce à vendre dans ce contexte permet de capitaliser sur le flux touristique tout en proposant des services complémentaires. Le prix moyen d’une Boutique de Puériculture prête à reprendre en Nièvre se situe entre 45 000 € et 120 000 €, selon la localisation, la surface et le chiffre d’affaires. En outre, la présence d’un réseau d’entrepreneurs et investisseurs actifs dans le secteur facilite le partage d’expériences et la mise en place de stratégies marketing ciblées (campagnes locales, partenariats avec crèches et écoles).
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