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Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) et Progestérone : Un Droit et un Processus Médical Encadré

L'avortement, ou Interruption Volontaire de Grossesse (IVG), est un droit fondamental pour les femmes, leur permettant de choisir de ne pas poursuivre une grossesse. En France, ce droit est inscrit dans la Constitution depuis le 8 mars 2024. Comprendre les aspects médicaux, légaux et les différentes étapes de l'IVG est essentiel pour toutes les femmes.

L'IVG : Un Droit Fondamental en France

L’Interruption Volontaire de Grossesse, le plus souvent noté IVG, encore appelé plus communément l’avortement, correspond à la possibilité pour une femme enceinte d’interrompre sa grossesse. En France, toutes les femmes ont droit à l’IVG, quel que soit leur âge, leur état civil, leur nationalité, leur situation ou le contexte de la grossesse. Seules les femmes peuvent en faire la demande. En revanche, il est impératif de respecter un délai. Le droit à l’IVG pour toutes les femmes est inscrit dans la loi, depuis la loi Veil du 17 janvier 1975 (article L.2212-1 du Code de la santé publique). Cette loi sur l’interruption volontaire de grossesse permet à toute femme enceinte, majeure ou mineure, de demander à un médecin l’interruption de sa grossesse. Ce droit à l’avortement a été renforcé le 8 mars 2024, date à laquelle le droit à l’avortement a été inscrit dans la Constitution française.

IVG et IMG : Ne Pas Confondre

À savoir !Il ne faut pas confondre l’IVG avec l’IMG ou Interruption médicale de grossesse, encore appelée l’interruption thérapeutique de grossesse. L’IMG peut être pratiquée jusqu’à un stade tardif de la grossesse et se justifie par l’existence de critères médicaux : malformations congénitales graves, maladie grave du fœtus.

Les Différentes Méthodes d'IVG

Le choix de la technique d’interruption de la grossesse dépend du choix de la femme enceinte, mais aussi du terme de la grossesse. En effet, l’IVG médicamenteuse ne peut être pratiquée que jusqu’à 7 semaines de grossesse, tandis que l’IVG par aspiration peut être réalisée jusqu’à 14 semaines de grossesse. Deux catégories d’avortements sont pratiqués, les IVG médicamenteuses et les IVG chirurgicales, en fonction de la situation de chaque femme.

IVG Médicamenteuse : Une Option Non-Invasive

L’IVG médicamenteuse peut être pratiquée jusqu’à la 7e semaine de grossesse (soit 9 semaines après le 1er jour des dernières règles). Cette méthode peut être proposée par un médecin ou une sage-femme, exerçant en établissement de santé (hôpital ou clinique), en cabinet libéral, en centre de santé sexuelle (ex-centre de planification familiale) ou en centre de santé.

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Le Protocole de l'IVG Médicamenteuse

Après la réalisation des étapes d’information et recueil du consentement, l’IVG peut être réalisée. La méthode médicamenteuse consiste en la prise de deux médicaments à 24-48 heures d’intervalle qui vont permettre à l’œuf de se détacher de l’utérus et d’être expulsé. Ces médicaments vous sont remis par le médecin ou la sage-femme lors du recueil de votre consentement ou vous sont délivrés en pharmacie si vous avez effectué une téléconsultation (dans ce cas la prescription est transmise directement à la pharmacie par le médecin ou la sage-femme). Vous pouvez choisir de prendre les médicaments en présence du médecin ou de la sage-femme qui réalise l’IVG ou à votre domicile.

Première Étape : La Mifépristone

Première étape : la prise du premier médicament, la mifépristone. Ce médicament débute l’interruption de la grossesse. Il est pris soit à domicile, soit à l’occasion d’une consultation. Il bloque l’action de l’hormone nécessaire au maintien de la grossesse (la progestérone), favorise les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin. Dès cette première étape, il peut survenir des saignements et des douleurs plus ou moins importants mais la plupart du temps les symptômes commencent après la prise du 2d médicament.

Mifépristone : Le Blocage de la Progestérone

La mifépristone interrompt la grossesse en bloquant l’action de la progestérone et en favorisant les contractions utérines et l’ouverture du col de l’utérus. La première consultation (prise de Mifépristone : MIFEGYNE) : ce médicament interrompt la grossesse, en bloquant l’action de l’hormone nécessaire au maintien de la grossesse (la Progestérone), favorise les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin. La consultation de prise de la mifépristone (Mifégyne) Il vous sera demandé de signer une confirmation de demande d’IVG lors de cette consultation. Le médicament bloque l'action de l'hormone nécessaire au maintien de la grossesse (la progestérone), favorise les contractions de l'utérus et l'ouverture du col utérin. A l'issue de cette première étape, il peut survenir des saignements plus ou moins importants. Exceptionnellement, la grossesse peut être déjà arrêtée à ce stade.

Effets Indésirables de la Mifépristone

Des effets indésirables cutanés sévères, y compris des cas de nécrolyse épidermique toxique et de pustulose exanthématique aiguë généralisée, ont été rapportés en association avec la mifépristone (voir rubrique 4.8). Chez les patients confrontés à des effets indésirables cutanés sévères, le traitement par la mifépristone doit être immédiatement arrêté. La patiente doit être informée de la survenue de métrorragies prolongées, parfois abondantes, jusqu’à 12 jours après la prise de mifépristone. En raison de métrorragies sévères nécessitant un curetage hémostatique dans 0 à 1,4 % des cas lors de l'interruption médicamenteuse de grossesse, la prudence s'impose chez les patientes souffrant de troubles hémostatiques associés à une hypocoagulabilité ou une anémie. La patiente sera informée de la possibilité de métrorragies parfois abondantes, suivant la prise de mifégyne. Elle sera avertie de la possibilité d’expulsion survenant avant l’acte chirurgical (bien que minime). En cas de suspicion d'insuffisance surrénale aiguë, l'administration de dexaméthasone est recommandée. 1 mg de dexaméthasone peut neutraliser l’action d’une dose de 400 mg de mifépristone. En raison de l'activité anti-glucocorticoïde de la mifépristone, l'efficacité d'un traitement chronique par les corticostéroïdes, y compris les corticostéroïdes inhalés dans le traitement de l’asthme, peut être diminuée pendant 3 à 4 jours après la prise de mifégyne. Un ajustement thérapeutique est recommandé.

Deuxième Étape : Le Misoprostol

Deuxième étape : la prise du second médicament, le misoprostol, entre 24 h et 48 h plus tard. Ce médicament est pris soit à domicile, soit à l’occasion d’une consultation, soit au cours d’une courte hospitalisation. Il augmente les contractions et provoque l’interruption de la grossesse. Les contractions utérines provoquent des douleurs qui ressemblent à celles des règles, parfois plus fortes (douleurs pelviennes) et qui peuvent être réduites grâce à des anti-douleurs (prescrits par le professionnel de santé qui vous suit). Les saignements, souvent assez abondants et accompagnés de caillots, qui accompagnent l’évacuation de la grossesse peuvent se produire très vite après la prise du misoprostol, mais parfois plus tardivement. Il est possible que vous voyez l’œuf lors de son expulsion. Dans 60 % des cas, l’évacuation de l’œuf intervient dans les 4 heures suivant la prise du misoprostol et dans 40 % des cas dans les 24 à 72 heures. Les saignements durent généralement une quinzaine de jours mais peuvent persister jusqu’à 3 semaines.

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Misoprostol : L'Expulsion de l'Œuf

Entre 24 et 48 heures plus tard, un analogue de prostaglandines, comme le misoprostol. Ce médicament augmente les contractions utérines et provoque l’arrêt de la grossesse, entre 4 et 72 heures après la prise. L’hospitalisation de quelques heures (36 à 48h après la première étape) : prise du Misoprostol, un médicament qui augmente les contractions utérines et provoque l’expulsion de l’œuf. Des antalgiques (médicaments anti douleur) sont prescrits. Dans 60% des cas, l’avortement (l’expulsion de l’œuf) se produit dans les 4 heures suivant la prise de Misoprostol. A l’issue des quelques heures passées dans l’établissement, la femme peut rentrer chez elle, qu’il y ait eu ou non expulsion de l’œuf. La consultation de prise du misoprostol (Misoone), de 36 à 48h plus tard. Vous êtes alors accueillie en Hôpital de jour, pour une durée de quelques heures. Vous êtes installée dans une chambre que vous partagez avec deux autres femmes. Le médicament vous est donné dès votre arrivée. Ce médicament augmente les contractions et provoque l'expulsion de l'œuf. Les contractions utérines provoquent des douleurs ressemblant à celles des règles, parfois plus fortes. Des antalgiques, qui agissent contre la douleur, sont le plus souvent prescrits. Les saignements peuvent parfois se produire très vite après la prise du misoprostol, mais parfois plus tardivement : le plus souvent, l'avortement (expulsion de l'œuf) se produit dans les 2 à 4 heures suivant la prise du misoprostol; plus rarement, l'avortement aura lieu dans les 24 à 72 heures suivant la prise du misoprostol. Les saignements vont durer en général une dizaine de jours.

Suivi Médical Après l'IVG Médicamenteuse

Après une IVG médicamenteuse, une visite de contrôle avec le médecin ou la sage-femme est nécessaire afin de s’assurer que la méthode a fonctionné et qu’il n’y a pas de complications. Le taux de succès de la méthode médicamenteuse est d’environ 95 %. Une visite de contrôle doit avoir lieu durant la période de 14 à 21 jours faisant suite à la prise de la mifépristone, pour vérifier par un moyen adéquat (examen clinique avec dosage de β-hCG ou échographie) qu'une expulsion complète a eu lieu et que les métrorragies ont cessé. La consultation de contrôle (environ 4 semaines après la prise de Mifépristone) : elle est nécessaire pour vérifier que la grossesse est interrompue et s’assurer de l’absence de complications. Les complications après une IVG sont rares.

Que Faire en Cas d'Échec de l'IVG Médicamenteuse ?

En l’absence de saignements dans les 72h qui suivent la prise des médicaments, contactez le professionnel de santé qui vous suit pour la réalisation de l’IVG pour faire le point car il est possible que la méthode n’ait pas fonctionné. Toutefois, les saignements ne sont pas non plus le signe que la grossesse est arrêtée. Il est donc toujours indispensable de réaliser une visite de suivi 14 à 21 jours après la prise du premier médicament. Si l’avortement par voie médicamenteuse n’a pas fonctionné, une intervention chirurgicale est nécessaire.

IVG Chirurgicale : Une Intervention Encadrée

L’IVG chirurgicale ou instrumentale par aspiration consiste à interrompre la grossesse au cours d’une intervention chirurgicale. Elle se déroule obligatoirement dans un établissement de santé autorisé à pratiquer les IVG. Elle est réalisée par une sage-femme, un médecin ou un chirurgien, spécifiquement formés à cette technique.

Le Déroulement de l'IVG Chirurgicale

Au cours de l’intervention, le col de l’utérus est dilaté, grâce à l’administration d’un médicament. Le professionnel introduit ensuite une canule reliée à un dispositif d’aspiration, qui permet d’aspirer l’embryon. L’intervention dure environ 10 minutes et se déroule dans un bloc opératoire, sous anesthésie locale ou générale. Des douleurs peuvent apparaître après l’intervention, en lien avec des contractions utérines. Les complications d’une IVG chirurgicale sont rares. Deux à trois semaines après l’intervention, une visite de contrôle est nécessaire pour s’assurer de l’absence de complications. Une injection de gamma-globulines anti-D sera effectuée chez les femmes dont le groupe sanguin est Rhésus négatif, afin d’éviter des complications lors d’une future grossesse.

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Le Cadre Légal et les Démarches de l'IVG

Le déroulement de l’interruption volontaire de grossesse doit respecter le cadre réglementaire en vigueur. Il est donc capital d’initier rapidement les démarches, une fois que la décision d’avorter est prise.

Les Consultations Préalables à l'IVG

Une première consultation d’information et d’orientation sur l’IVG : le médecin ou la sage-femme prend note de la volonté d’interrompre la grossesse et répond à toutes les questions que se pose la femme enceinte. Un guide sur l’IVG est remis en fin de consultation à la femme enceinte, de même qu’une attestation de consultation médicale. La femme est informée des risques et des effets indésirables de l’IVG. Une seconde consultation de confirmation et de choix de la méthode pour l’IVG : la femme enceinte confirme par écrit son souhait d’avorter (consentement). La méthode d’avortement et le lieu de l’IVG sont choisis, en fonction du terme de la grossesse et de la volonté de la femme enceinte. Le choix peut aussi être conditionné par les disponibilités des établissements de santé.

L'Importance du Consentement

Il vous sera demandé de signer une confirmation de demande d’IVG lors de cette consultation.

IVG et Mineures

Si vous êtes mineure Une autorisation parentale n’est pas obligatoire pour une IVG. Vous devez être accompagnée par un adulte de votre choix. Vous devez assister à une consultation psychosociale pour procéder à l’IVG.

Effets Indésirables et Complications Possibles

Des douleurs type douleurs de règles sont fréquemment associées aux contractions utérines et peuvent être soulagées par des médicaments antalgiques. Possibles effets indésirables ou complications d'une IVG médicamenteuse Les événements indésirables immédiats les plus fréquents et non inquiétants sont des douleurs pelviennes, des saignements et parfois des troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhée). Les complications sont très rares. Dans l'interruption de grossesse du 2ème trimestre ou l'induction du travail en cas de mort fœtale au 3ème trimestre, de rares cas de rupture utérine ont été rapportés après la prise de prostaglandines.

Signes d'Alerte Après une IVG

Bien qu’elles soient rares, il existe certaines complications à la suite d’une IVG médicamenteuse. Ces signes peuvent indiquer une infection ou une hémorragie.

Contraception Après une IVG

Quelle que soit la méthode utilisée pour l’IVG, une méthode de contraception est proposée aux femmes lors de la visite de contrôle.

La Progestérone et l'IVG : Un Lien Essentiel

La progestérone est une hormone essentielle au maintien de la grossesse. La mifépristone, utilisée dans l'IVG médicamenteuse, bloque l'action de cette hormone, entraînant l'arrêt de la grossesse.

Rôle de la Progestérone

La progestérone inhibe les contractions de l’utérus, aussi bien pendant la phase lutéale que pendant la grossesse.

Action Anti-Progestative du RU-486 (Mifépristone)

Le RU-486 (mifépristone) et le lévonorgestrel, qui sont des analogues structuraux de la progestérone, sont capables de se lier, au niveau du même site de fixation, au récepteur à la progestérone. Le RU-486 est un antagoniste de la progestérone, et a donc des effets antiprogestatifs : sa fixation sur le récepteur ne l’active pas, mais empêche la progestérone endogène de s’y lier. Il inhibe donc les effets de la progestérone. Le RU-486 présente une action anti-progestative sur l’utérus gravide. Rappelons que la progestérone est « l’hormone de la gestation » : présente lors de la phase lutéale et lors de la grossesse, elle a, entre autres, pour effet d’inhiber les contractions utérines. Ces propriétés font que le RU-486 peut être utilisé lors d’interruptions de grossesse.

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