L'âge moyen de la maternité ne cesse de reculer dans les pays occidentaux. De plus en plus de femmes choisissent de fonder une famille plus tard, souvent après 35 ans. Si ce choix est personnel et influencé par divers facteurs socio-économiques, il est important de comprendre les risques potentiels associés à une grossesse tardive, notamment en ce qui concerne l'accouchement par césarienne. Cet article vise à informer les femmes qui envisagent une grossesse après 35 ans, en abordant les risques, les complications possibles et les mesures de prévention.
L'évolution de l'âge à la maternité
Selon l’Insee, en 2023, les femmes ont en moyenne leur premier enfant à 29,1 ans. Cette tendance au recul de l’âge à la maternité s’observe depuis la fin des années 1970, en France comme dans l’ensemble de l’Union européenne. En 2019, 42 800 bébés sont nés de mères âgées de 40 ans ou plus en France hors Mayotte, représentant 5,7 % des naissances. Ce report de l’âge à la première maternité décale logiquement l’âge aux maternités suivantes. Les mères qui ont accouché de leur deuxième enfant en 2023 étaient âgées de 31,6 ans en moyenne, et celles qui mettaient au monde leur troisième bébé avaient en moyenne 33,1 ans.
Risques et complications d'une grossesse tardive
Les données scientifiques montrent qu'un âge maternel élevé (après 35 ans et a fortiori après 40 ans) constitue un facteur de risque de complications pendant la grossesse, l’accouchement et pour l’enfant.
Risques pour la mère
- Augmentation du risque de fausse couche : Les grossesses tardives s’accompagnent d’une augmentation nette du nombre de fausses couches, en lien avec la fréquence plus élevée des anomalies chromosomiques et des malformations associées. À 30 ans, le taux de fausse couche est estimé à 15 %, contre 30 % après 40 ans (voire 50 % à 42 ans, dans certaines études).
- Hypertension artérielle gravidique et prééclampsie : Les femmes de plus de 35 ans présenteraient aussi un risque trois à quatre fois plus élevé de développer une hypertension artérielle gravidique.
- Diabète gestationnel : À partir de 35 ans, le risque de développer un diabète gestationnel est multiplié par trois, en raison d’une diminution de la sécrétion d’insuline et de la sensibilité à cette hormone avec l’âge.
- Placenta prævia : Les femmes de plus de 40 ans présentent un risque multiplié par neuf de placenta prævia.
- Accouchement par césarienne : Les grossesses après 35 ans semblent aussi plus exposées au risque de césarienne que celles des femmes plus jeunes (multiplié par deux à trois, selon certaines études).
- Mortalité maternelle : La mortalité maternelle augmente après 35 ans en lien avec certaines pathologies préexistantes, comme les hémorragies, les accidents vasculaires cérébraux, les troubles liés à l’hypertension, les embolies amniotiques et les infections.
Risques pour l'enfant
- Anomalies chromosomiques : Avec l’âge maternel avancé, le taux d’anomalies chromosomiques augmente. Les trisomies 13, 18 et 21 sont les plus fréquemment observées. Le risque de trisomie 21, estimé à une naissance sur 1 000 chez les mères de 30 ans, augmente à une naissance sur 50 chez celles de 42 ans.
- Retard de croissance intra-utérin : La prévalence des retards de croissance intra-utérin serait liée à la modification de la vascularisation utérine avec l’âge, ce qui diminue aussi l’irrigation du fœtus.
- Naissance prématurée : La plupart des études montrent que la mise en travail prématurée (avant 37 semaines d’aménorrhée) est plus fréquente lors d’une grossesse tardive, notamment chez les primipares (qui mettent au monde leur premier enfant) âgées.
- Poids de naissance : La proportion de nouveau-nés de faible poids, inférieurs à 2 500 g, ainsi que celle des nouveau-nés dits macrosomes, pesant plus de 4 000 g, augmenterait lors de grossesses tardives.
Une étude basée sur les données de plus de 300 000 naissances en Suède, montre que les enfants de mères plus âgées naissent plus souvent prématurément ou avec des complications, en particulier lorsque la mère a 45 ans ou plus. Les chercheurs ont constaté que les enfants de mères plus âgées présentent un risque plus élevé de mortinatalité, de naissance prématurée, d’insuffisance pondérale à la naissance par rapport à la durée de la grossesse et d’hypoglycémie que les bébés nés de mères âgées de 35 à 39 ans. Concernant les naissances prématurées, les chercheurs ont constaté que 4,8 % des cas sont survenus chez les mères âgées de 35 à 39 ans, 6,1 % chez les femmes de 40 à 44 ans et 8,4 % chez les femmes de 45 ans et plus.
Césarienne après 35 ans : Risques spécifiques
Accoucher par césarienne augmente les risques de complications graves pour la mère, en particulier si celle-ci est âgée de plus de 35 ans. Plusieurs études ont suggéré une association entre l’accouchement par césarienne et des complications maternelles graves, avec un risque accru de complications graves chez les femmes qui ont accouché par césarienne, que la chirurgie ait été pratiquée avant ou pendant le travail.
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Après 35 ans, on considère que le nombre de césariennes est deux fois plus élevé chez les primipares de plus de 38 ans.
Prévention et suivi médical
Malgré ces risques, il est important de souligner que ces complications restent rares, notamment dans les pays développés où un suivi médical rigoureux permet une prise en charge efficace. Un dépistage et un suivi étroit des pathologies maternelles préexistantes, du déroulement de la grossesse et de la croissance fœtale, ainsi qu’une bonne hygiène de vie, permettent de prévenir ces risques de manière significative.
- Dépistage et examens : Une grossesse à partir de 35 ans sera suivie de près. Lors du dépistage, certaines complications pourront être décelées, comme une toxémie gravidique, diagnostiquée autour de la 20ème et jusqu’à la 22ème semaine. Les femmes de plus de 35 ans souffrent également assez souvent de diabète et de myomes. Les anomalies chromosomiques, telles que la trisomie 21 sont plus fréquentes lorsque la future maman est âgée de plus de 37 ans. La première échographie permet de dépister 90% des anomalies chromosomiques chez le fœtus.
- Hygiène de vie : Adopter un mode de vie sain est essentiel pour augmenter les chances de conception et minimiser les risques pendant la grossesse. Il est recommandé d'arrêter de fumer, de réduire sa consommation d’alcool et de caféine, de faire du sport et de manger équilibré. Si vous êtes en situation de surpoids ou d'obésité, perdre un peu de poids peut augmenter vos chances de conception et minimiser les risques une fois que vous serez enceinte.
- Acide folique : Dès lors que vous espérez tomber enceinte, vous pouvez prendre 400 microgrammes d’acide folique par jour. Ce traitement sera poursuivi jusqu’à 12 semaines de grossesse. Il permet de réduire le risque de certains problèmes de développement du fœtus lors des premières semaines.
- Consultation médicale : Consulter un médecin pour vérifier votre état de santé général peut aussi valoir la peine. Il pourra vérifier votre fonction thyroïdienne car un déséquilibre à ce niveau peut affecter vos chances de conception, or c’est une affection qui se traite facilement. Si vous essayez de concevoir depuis un à deux ans sans succès, une consultation médicale devient nécessaire. Cette consultation peut avoir lieu plus tôt, souvent après 6 mois d'essais infructueux, si la femme a plus de 35 ans ou s'il existe une maladie de l'appareil génital connue ou suspectée chez l’un des partenaires.
Accouchement : Voie basse ou césarienne ?
Après 40 ans, l’accouchement peut être plus difficile. Lors du travail, il est possible que vous ayez besoin d’une surveillance rapprochée, car des études montrent que le risque de complications augmente légèrement avec l’âge. Ces complications incluent un risque de déchirure des tissus du périnée, moins élastiques avec l’âge, un accouchement déclenché ou par césarienne, ou encore d’autres interventions.
En revanche, il est tout à fait possible aussi d'accoucher par les voies naturelles après 35 ans. Les accouchements par le siège comme le risque d'hémorragie de la délivrance sont également plus fréquents lors d'accouchements après 35 ans.
Quoi qu'il en soit, il est important de suivre tous les conseils des soignants qui vous suivent. Eux seuls sont à même de savoir si votre grossesse est à risque.
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L'âge idéal pour concevoir : Un choix personnel
Le pic de fertilité survient vers l’âge de 25 ans, mais il n’y a pas d’âge optimal pour avoir un bébé. D’un point de vue psychologique, votre vie peut être plus stable si vous avez un enfant tardivement. Certaines études suggèrent même que ces enfants seraient mieux lotis. Mais si vous attendez que tout soit parfait pour avoir un enfant, il est possible que vous ne vous sentiez jamais prête.
Il est judicieux de parler régulièrement de ce souhait avec votre partenaire afin de vous assurer qu’il est partagé, et de ne pas trop repousser la prise de décision. On ne se sent jamais vraiment prêt à être parent, et il est tout à fait normal d’avoir des doutes à ce sujet. Si c’est le cas, n’hésitez pas à en parler avec votre médecin.
Impact de la césarienne sur le bébé
La césarienne, bien que parfois nécessaire, n'est pas sans risques pour le bébé.
La césarienne peut augmenter le risque d'asthme chez l'enfant.
Des études ont montré que les enfants nés par césarienne ont un risque accru d'être hospitalisés pour cause d'asthme.
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La césarienne peut affecter la flore intestinale du bébé.
La naissance par voie basse permet au bébé d'être colonisé par les germes maternels, ce qui contribue à une meilleure protection immunitaire. Les bébés nés par césarienne peuvent avoir une flore intestinale différente, ce qui pourrait avoir des conséquences sur leur santé à long terme.
La césarienne et le risque d'obésité.
De nombreux travaux pointent l'implication de la flore intestinale dans le surpoids. Cependant, il semble que la naissance par césarienne ne soit pas un facteur de risque d'obésité à l'âge adulte.
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