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Pré-éclampsie: Définition, Risques et Symptômes

La pré-éclampsie est une complication grave de la grossesse qui nécessite une prise en charge immédiate. Autrefois appelée toxémie gravidique, elle est considérée comme une pathologie affectant 3 à 5 % des grossesses. Dans 1 cas sur 10, la pré-éclampsie se manifeste sous une forme sévère.

Qu'est-ce que la Pré-éclampsie?

La pré-éclampsie est une maladie liée à la grossesse qui peut mettre en danger la vie de la mère et de l'enfant. Elle se caractérise par la présence d'une hypertension artérielle et l'apparition de protéines dans les urines (protéinurie). Elle survient à partir du deuxième trimestre de grossesse (20e semaine d'aménorrhée) ou, dans certains cas, avant ou juste après l'accouchement.

Les Causes de la Pré-éclampsie

L'élément déclencheur de la pré-éclampsie est un dysfonctionnement du placenta, l'organe qui assure les échanges entre la mère et le fœtus et la sécrétion des hormones de grossesse. En cas de pré-éclampsie, son développement s'est anormalement effectué et il fonctionne mal, en raison notamment d'une mauvaise vascularisation. Autrement dit, l'ensemble des vaisseaux sanguins permettant d'irriguer le placenta ne jouent pas pleinement leur rôle.

La pré-éclampsie, autrefois appelée « toxémie gravidique », est causée par une malformation des vaisseaux sanguins du placenta. Cette anomalie a des répercussions sur la croissance du fœtus et sur le fonctionnement de l’organisme de la mère.

Facteurs de Risque

Toute femme enceinte peut souffrir de pré-éclampsie. Cependant, certains facteurs augmentent le risque de développer cette complication. Les risques les plus élevés de prééclampsie sont généralement identifiés chez les femmes enceintes:

Lire aussi: Traitement de l'éclampsie post-partum

  • Âgées de moins de 18 ans ou de plus de 40 ans.
  • Ayant des antécédents de pré-éclampsie ou des antécédents familiaux de pré-éclampsie.
  • Attendant plusieurs bébés (grossesse multiple : jumeaux, triplés, etc.).
  • Ayant connu un changement récent de partenaire sexuel ou qui ont peu été exposées au sperme de leur partenaire (port prolongé du préservatif). La prééclampsie est aussi davantage présente lors d’une procréation médicalement assistée avec don de sperme.

Les risques de prééclampsie sont augmentés si, avant la grossesse, la maman est affectée par:

  • Un diabète, une hypertension artérielle, une maladie rénale ou une obésité (indice de masse corporel > 30).
  • Un syndrome des ovaires polykystiques.
  • Une maladie auto-immune (lupus, syndrome des antiphospholipides, sclérose en plaques).

Entre 70 et 75 % des pré-éclampsies survient lors de la première grossesse d’une femme. Néanmoins, il n’est pas exclu de présenter ce syndrome au cours d’une grossesse ultérieure, notamment en cas de changement de partenaire. La réduction du risque de pré-éclampsie lors d’une deuxième grossesse et des grossesses suivantes, lorsqu’elles impliquent le même partenaire, serait liée à une adaptation du système immunitaire de la mère aux antigènes du père, notamment via des cellules nommées « T régulatrices ».

Symptômes de la Pré-éclampsie

La prééclampsie se déclare le plus souvent pendant le 2e trimestre de grossesse et après la 20e semaine d'aménorrhée. Cela s'explique par le fait que le flux sanguin augmente considérablement durant cette période, afin de favoriser la croissance du fœtus.

Le premier symptôme est l'hypertension artérielle, en particulier si elle est supérieure à 140 mmHg et/ou 90 mmHg après la 20e semaine d'aménorrhée. Elle doit être mesurée deux fois.

La prééclampsie ne provoque pas toujours de symptômes. Souvent la prééclampsie est identifiée lors des consultations mensuelles de suivi de grossesse. Pendant ces visites, la prise de la tension et le recueil des urines permettent de déceler une hypertension et une protéinurie.

Lire aussi: Gestion de l'éclampsie après l'accouchement

Toutefois, en cas de prééclampsie sévère, la femme enceinte peut ressentir divers symptômes tels que des maux de tête intenses, des troubles de la vision (tâches noires ou lumineuses défilant dans le champ de vision), des acouphènes, des douleurs abdominales (sous les côtes droites), des vomissements ou encore la diminution voire, l’arrêt des urines. Enfin, des œdèmes peuvent apparaître chez certaines femmes au niveau du visage ou des membres ; ils s’accompagnent souvent d’une prise de poids brutale (plusieurs kilos en quelques jours).

Complications Possibles

La prééclampsie peut laisser la place à l'éclampsie : une crise de convulsions qui touche le cerveau maternel. Ce phénomène apparaît en fin de grossesse et/ou après l'accouchement. Heureusement, cette complication est rare car la grande majorité des prééclampsies sont prises en charge à temps.

La pré-éclampsie peut également être à l'origine d'autres complications chez la mère :

  • L’hématome rétroplacentaire, un hématome situé au niveau de la zone de fixation du placenta et de la paroi interne de l’utérus. Cette situation peut provoquer le décollement du placenta, supprimant ainsi (plus ou moins, en fonction du degré de décollement) les échanges nécessaires entre la mère et son bébé. L’hématome rétroplacentaire se reconnaît par : des douleurs brutales au ventre, des pertes de sang noirâtres, des contractions utérines et un rythme cardiaque fœtal anormal.
  • Le syndrome Hellp (hémolyse, cytolyse hépatique, thrombopénie traduit de l’anglais Hemolysis, Elevated Liver enzymes, Low Platelet count) qui associe : une destruction des globules rouges dans le foie, l’augmentation des enzymes hépatiques et la baisse des plaquettes sanguines, entraînant une augmentation du risque d’hémorragie. Ce syndrome peut provoquer un hématome autour du foie, faisant alors ressentir des douleurs à l’abdomen, sous les côtes droites.
  • Un retard de croissance intra-utérin présent dans 7 à 20% des grossesses subissant une HTA, d’après l’Assurance maladie. Ce retard concerne généralement le périmètre de l’abdomen du bébé et peut être révélé par contrôle échographique à effectuer tous les 15 jours.
  • La prématurité : elle est généralement la conséquence d’un accouchement provoqué plus tôt que prévu, en cas d’apparition d’une complication.

Chez la mère, une prééclampsie non traitée peut conduire à une éclampsie. Celle-ci se manifeste en fin de grossesse ou après l’accouchement par la survenue de crises convulsives affectant le cerveau de la mère.

Une prééclampsie peut également être à l’origine d’autres complications chez la mère : Un hématome rétroplacentaire provoquant un décollement du placenta ; Le syndrome HELLP (destruction prématurée des globules rouges, diminution du nombre de plaquettes sanguines, augmentation des enzymes hépatiques) à l’origine d’hématomes autour du foie. Des complications plus rares sont observées chez les femmes atteintes de prééclampsie : accident vasculaire cérébral, insuffisance rénale aiguë, rupture hémorragique du foie, œdème aigu du poumon, décollement de la rétine, etc.

Lire aussi: Comprendre le Syndrome HELLP

Pour le fœtus, la prééclampsie est une cause majeure de retard de croissance pendant la grossesse (intra-utérin). En cas de retard important, un accouchement avant le terme est envisagé. La prématurité est alors l’une des complications d’une prééclampsie. Très rarement aujourd’hui, le fœtus peut décéder en cas de crise d’éclampsie ou d’hématome rétroplacentaire important survenant brutalement.

Diagnostic et Suivi

En tant que femme enceinte, vous êtes normalement suivie chaque mois par votre sage-femme, votre gynécologue ou votre médecin traitant. Ces professionnels de santé mesurent votre tension lors de chaque consultation et vérifient vos résultats d'analyse de sang et d'urine, également effectuées chaque mois.

Outre la prise de la tension et l’analyse des urines réalisées à chaque visite mensuelle, trois échographies sont recommandées au cours d’une grossesse sans risque. Le dépistage de la prééclampsie est aussi réalisé lors de la première échographie du premier trimestre (entre la 11e et la 13e semaine d’aménorrhée).

Lorsque le diagnostic est posé, la future maman est rapidement hospitalisée dans une maternité dotée d'un équipement permettant sa prise en charge, ainsi que celle de son enfant. Et ce, afin d'établir un bilan fœto-maternel : l'évaluation de la sévérité de la prééclampsie et de la vitalité du fœtus, mais aussi pour la traiter au plus vite.

Chez les femmes considérées comme à risque, un examen biologique peut être réalisé à partir de la 20e semaine de grossesse. Il s’agit du dosage de deux biomarqueurs : SFLT1, un récepteur soluble du facteur de croissance vasculaire VEGF, et PGF (Placenta Growth Factor), un facteur de croissance placentaire. Lorsque le rapport SFLT1/PGF est faible (inférieur à 38), le risque de survenue d’une pré-éclampsie peut être exclu avec une grande certitude (très bonne valeur prédictive négative du test). À l’inverse, un rapport SFLT1/PGF élevé (supérieur à 38) ne signifie pas que la patiente développera forcément le syndrome : autrement dit, la valeur prédictive positive du test est médiocre. Si cet examen a donc ses limites, il peut permettre d’écarter un risque de pré-éclampsie chez certaines patientes à risque, par exemple chez certaines femmes obèses.

Traitement de la Pré-éclampsie

L'objectif de cette prise en charge est de prolonger la grossesse le plus longtemps possible, afin que le fœtus puisse continuer à se développer in utero, sans conséquences sur sa santé ni celle de sa mère.

Plusieurs médicaments doivent être administrés, dont un incontournable : un traitement antihypertenseur par voie intra-veineuse, puis par voie orale si possible. Cas particulier : un traitement préventif par aspirine à faible dose peut être prescrit aux patientes avec un antécédent de prééclampsie.

L’accouchement est le seul moyen de mettre fin à la prééclampsie et à une hypertension gravidique.

En cas de prééclampsie, une hospitalisation est indispensable. Elle permet une surveillance continue de la grossesse. Ce suivi inclut l’évaluation de la gravité de la prééclampsie pour la mère et la mesure du retentissement de la maladie sur le fœtus. L’objectif de cette prise en charge est de prolonger le plus longtemps possible la grossesse. L’enfant peut alors poursuivre son développement et les risques sur sa santé et celle de la maman sont nettement diminués.

Cette hospitalisation peut être de courte durée en cas d’hypertension artérielle ou de prééclampsie sans complication. La patiente peut ensuite rester à domicile mais doit être alitée. Un antihypertenseur lui est administré pour l'hypertension artérielle gravidique. Un traitement par corticoïdes injectables est envisagé pour accélérer le développement des poumons du fœtus.

En cas de prééclampsie sévère, la femme enceinte reste hospitalisée. Un accouchement prématuré par césarienne est réalisé à la moindre complication.

Chez les femmes qui ont un antécédent de prééclampsie, un traitement préventif par aspirine à faible dose peut être prescrit avant la 16e semaine d’aménorrhée.

Prévention de la Pré-éclampsie

En cas de désir d’enfant, les femmes qui ont une hypertension artérielle, un diabète, une surcharge pondérale doivent consulter leur médecin traitant. Elles recevront alors une prise en charge adaptée (contrôle de la tension artérielle avant la grossesse, suivi médical régulier, etc.) permettant de limiter les risques d’apparition d’une prééclampsie.

Prévenir la maladie chez les femmes à risque: Chez les patientes qui ont un antécédent de pré-éclampsie, un traitement préventif par aspirine à faible dose peut être prescrit. Il doit être commencé avant la 16e semaine d’aménorrhée.

Pré-éclampsie Post-partum

La prééclampsie peut toujours survenir après la naissance du bébé : immédiatement ou jusqu’à 6 semaines après. La contraception prescrite est décidée en fonction de l’état de santé de la mère : une contraception non hormonale est proposée en première intention. En effet, la contraception hormonale oestroprogestative est déconseillée jusqu’à 6 semaines après l’accouchement, en raison des effets secondaires qu’elle peut provoquer dans ce contexte. Voici pourquoi le suivi médical mis en place consiste à surveiller régulièrement la tension artérielle et la présence de protéines dans les urines, mais aussi à adapter le traitement antihypertenseur lorsque nécessaire et surveiller les facteurs de risque cardio-vasculaire.

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