Le diaphragme, principal muscle de la respiration, se contracte de manière involontaire et volontaire plus de 23 000 fois par jour, impliquant une descente puis une montée de celui-ci. Outre son rôle physiologique respiratoire, le diaphragme influence d'autres systèmes du corps humain, notamment les systèmes nerveux, vasculaire, digestif et musculo-squelettique. Il est donc essentiel que le muscle diaphragme soit libre dans ses mouvements et qu'il ne soit pas influencé négativement dans sa physiologie.
Anatomie complexe du diaphragme
L'anatomie du diaphragme est complexe, avec une forme et des insertions multiples au système squelettique. C'est grâce à cette anatomie que nous pouvons effectuer des liens thérapeutiques afin de déceler et travailler les gênes et douleurs du corps causées par une dysfonction du diaphragme.
Le diaphragme délimite le thorax en haut, où se trouvent le cœur et les poumons, et l'abdomen en bas, où se trouvent les organes et les viscères. Il est constitué de deux coupoles (droite et gauche) séparées par un centre tendineux appelé centre phrénique. Seules les deux coupoles sont constituées de fibres contractiles et sont donc en mouvement lors de la respiration, tandis que le centre phrénique n'est composé que de fibres non contractiles et est donc immobile lors de la respiration. Ce centre phrénique est le lieu où le cœur est solidement posé et attaché.
Les insertions musculaires du diaphragme sont nombreuses et entourent toute la partie inférieure du thorax :
- Sternales : Partie basse du sternum et appendice xiphoïde
- Costales : Cartilage commun, 10ème, 11ème et 12ème côtes
- Vertébrales : Piliers du diaphragme (Th12, Lombaire 1 à 3)
Lors des passages des éléments vasculaires (aorte et veine cave inférieure) ainsi que de l'œsophage, le diaphragme possède des orifices laissant passer sans contraintes ces éléments, on les nomme hiatus.
Lire aussi: Comprendre le lien Ovulation-Migraine
Le diaphragme possède une innervation (centre de contrôle) volontaire et involontaire. C'est au niveau des 3ème, 4ème et 5ème étages cervicaux que le nerf phrénique (diaphragmatique) prend son origine. Ce nerf descend le long du cou ainsi qu'au niveau du médiastin (entre les poumons) pour donner ses informations au diaphragme et aux fibres contractiles des coupoles diaphragmatiques.
Physiologie du diaphragme
Le diaphragme peut être schématiquement comparé à un piston de seringue. Le mouvement haut/bas des coupoles fait entrer l'air dans les poumons et chasse l'air des poumons. L'inspiration est dite active car les coupoles se contractent et descendent, alors que l'expiration est dite passive car les coupoles se relâchent et remontent comme un élastique.
- Descente des coupoles lors de l'inspiration
- Entrée passive d'air dans les voies aériennes
- Remontée passive des deux coupoles
- L'air des poumons est chassé par la poussée des coupoles.
Le diaphragme et l'ostéopathie
L'ostéopathie est basée sur le principe de globalité du corps. L'anatomie et la physiologie des structures du corps renseignent l'ostéopathe dans sa stratégie de traitement. Cela est un gage de qualité dans la prise en charge de votre thérapeute. L'ostéopathe, grâce à un examen physique strict, évalue si les douleurs ou gênes du corps sont en mesure d'être traitées par l'ostéopathie ou s'il nécessite des examens complémentaires chez votre professionnel de santé.
Après un diagnostic d'opportunité positif, l'ostéopathe teste la mobilité des différentes structures du corps en liens avec votre motif de consultation et établit un axe de traitement en fonction de vos antécédents (médicaux, traumatiques, chirurgicaux et familiaux) ainsi qu'à votre état de santé au moment de la consultation (âge, fatigue, stress …)
Chaque ostéopathe possède sa propre manière d'aborder le corps mais des axes communs peuvent être mis en commun:
Lire aussi: Tomber enceinte : le guide
Axe Mécanique
Les insertions du muscle diaphragme montrent que les structures sont constamment en contraintes lors des 23 000 cycles respiratoires quotidiens. Lors de traumatismes ou lors de mouvements incorrects, des pertes de mobilité, souvent douloureuses, se font ressentir au niveau des muscles du dos et des articulations vertébrales et/ou costales. Le diaphragme est souvent retrouvé tendu et/ou douloureux à la palpation ce qui montre un impact mécanique du diaphragme sur le défaut de mobilité des zones douloureuses. Le caractère sensible du muscle psoas influence nettement la mobilité du diaphragme entraînant souvent des sensations de diminution de la respiration par exemple.
Axe Vasculaire
Comme vu dans l'étude anatomique du diaphragme, il existe des passages vasculaires diaphragmatiques. Ces signes ne sont pas causés uniquement par un muscle diaphragme tendu mais celui-ci participe au maintien d'une diminution de drainage global du corps.
Axe Nerveux
Le caractère mixte du muscle diaphragme, contractions volontaires et involontaires lui donne une physiologie bien particulière dans le corps. Le nerf phrénique (diaphragmatique) prend comme origine les cervicales moyennes (C3-C4-C5). Ce nerf (gauche et droit) descend le long de la loge viscérale du cou ainsi que dans le médiastin pour donner ses informations au diaphragme.
Dans un abord global, l'ostéopathe évaluera les zones de tensions présents le long du passage de ce nerf afin de lever les différentes contraintes qui s'accumulent autour de lui afin de favoriser un état d'équilibre optimal à la physiologie du diaphragme.
Axe Émotionnel
Proche du muscle diaphragme se trouve le plexus solaire (ou coeliaque). Cette zone est un amas de connexions nerveuses provenant de différentes afférences nerveuses (nerf vague, phrénique, splanchnique etc.). La perturbation et l'état de tension du plexus solaire est nettement en lien avec l'état émotionnel du corps. Un état de stress ou de fatigue chronique entraîne la plupart du temps une zone d'hypo-mobilité au niveau du plexus solaire ainsi qu'au niveau de la mécanique globale du diaphragme. Votre ostéopathe, dans une approche adaptée à votre état de stress ou de fatigue, favorise le retour à la détente de cette zone cruciale pour l'équilibre émotionnel du corps.
Lire aussi: Allaitement et consommation de Maltesers
Conseils d'exercices respiratoires diaphragmatiques
Chaque exercice respiratoire permet un temps de pause à l'organisme et stimule la détente diaphragmatique ainsi qu'aux structures qui lui sont proches (plexus solaire, muscle Psoas, cœur, poumon, rein, organes de la digestion…).
Techniques de respiration pour détendre le diaphragme
Plusieurs techniques de respiration peuvent aider à détendre le diaphragme et à améliorer la respiration. La respiration abdominale, par exemple, consiste à inspirer lentement par le nez en gonflant le ventre, puis à expirer lentement par la bouche en rentrant le ventre. Cet exercice permet d'amplifier la mobilité du diaphragme et de favoriser son relâchement naturel.
La cohérence cardiaque est une autre méthode simple et efficace pour calmer le système nerveux et relâcher le diaphragme. Elle consiste à faire six respirations par minute (soit une inspiration et une expiration de 5 secondes chacune), pendant environ 5 minutes, trois fois par jour.
Exercice de respiration diaphragmatique détaillé
Cet exercice consiste à faire monter votre diaphragme le plus haut possible, et le faire descendre le plus bas.
- Asseyez-vous correctement. Votre assise ne doit pas être trop haute. Vos genoux doivent être dans le prolongement de vos hanches, et au-dessus de vos chevilles. Votre dos est droit.
- Posez une main sur votre sternum, et une main sur votre ventre.
- Vous allez devoir faire des expirations profondes au niveau de votre thorax puis au niveau de votre ventre, sans faire bouger le dos.
- Visualisez votre torse comme une bouteille que vous allez remplir d’eau.
- À l’inspiration l’eau coule de votre bouche au haut de votre torse, puis commence à descendre. Votre torse se gonfle, les poumons se déploient. La main sternale se soulève. Puis l’eau continue sa descente. Elle remplit maintenant la partie basse de vos poumons. Elle prend de la place. Votre ventre est détendu et sort. La main ventrale avance. Vous venez de faire descendre votre diaphragme tout en bas.
- Puis vous décidez de vider votre bouteille. L’eau va ressortir. Par le bas. Vos abdominaux se contractent. Votre ventre rentre. La main ventrale recule. L’eau remonte en faisant en sorte que votre périnée remonte, les abdos se serrent, pour presser vers le haut. L’eau se retrouve au niveau de votre torse. Qui se vide lui aussi. La main sternale plonge en dedans. Les dernières gouttes s’échappent par votre bouche. Votre diaphragme est remonté au plus haut. Vous venez de faire un cycle complet. Une inspiration. Puis une expiration.
- À l’inspiration le torse se gonfle, puis le ventre.
Cet exercice peut être fait une dizaine de fois. Et relâchez-vous totalement. Vous pouvez aussi bien le faire dans les transports en commun, qu’au bureau, qu’avant de vous coucher. Si jamais il vous est trop compliqué de le faire, ou qu’il provoque des douleurs, n’hésitez pas à consulter votre ostéopathe qui vous examinera pour comprendre d’où vient le problème.
Facteurs pouvant perturber le diaphragme
Plusieurs facteurs peuvent perturber le bon fonctionnement du diaphragme, notamment :
- Chocs physiques ou chutes : L'effet de surprise ou la visualisation d'un choc arrivant (par exemple un accrochage en voiture) fait qu'instinctivement notre corps essaie de se protéger. Il se rigidifie. Les abdos se serrent. Le diaphragme aussi. Les muscles peuvent avoir du mal à récupérer un tonus normal sans une aide extérieure.
- Mauvaises postures prolongées : Des tables trop hautes ou des chaises mal réglées peuvent entraîner une mauvaise posture et une respiration thoracique superficielle.
- Stress : En état d’alerte permanent, notre corps est prêt à l’action ou à la fuite. Il se donne de la force. Souvent il résulte des tensions, des gènes ou des douleurs au niveau du centre phrénique, donc en regard du plexus solaire, sous le sternum.
Conséquences d'un diaphragme dysfonctionnel
Un diaphragme dysfonctionnel peut entraîner divers symptômes, tels que :
- Des tensions ou des douleurs au niveau du centre phrénique, du dos, des cervicales ou de l'abdomen.
- Des crampes digestives, des ballonnements ou de la constipation.
- Une respiration difficile, une sensation de manque d'air ou d'oppression thoracique.
- Une fatigue chronique.
Comment prendre soin de son diaphragme
Il est important de prendre soin de son diaphragme pour assurer une bonne respiration et un bien-être général. Voici quelques conseils :
- Adopter une bonne posture : Réaménagez votre poste de travail. Mettez un repose-pied pour réduire l’angle entre vos cuisses et votre tronc. Ramenez votre dossier en avant. Asseyez-vous bien au fond de votre chaise.
- Réduire le stress : Essayez de comprendre d’où vient votre stress (qui peut être positif : un déménagement, une promotion, une création d’entreprise, une future naissance, un beau projet à préparer…), et essayez de le gérer en ralentissant peut-être. En demandant de l’aide. En faisant des pauses pour vous. En changeant un des facteurs. En visualisant que la période stressante possède une fin. Des méthodes peuvent aussi vous aider à réduire votre état de stress : la méditation de pleine conscience, la sophrologie, la marche, le yoga, les exercices de respirations.
- Pratiquer des exercices de respiration : Les exercices de respiration diaphragmatique peuvent aider à détendre le diaphragme et à améliorer la respiration.
- Consulter un ostéopathe : Un ostéopathe peut évaluer la mobilité du diaphragme et traiter les tensions ou les blocages qui peuvent nuire à son bon fonctionnement.
Le diaphragme et les émotions
Le diaphragme est étroitement lié à nos émotions. Les émotions fortes, en particulier les émotions négatives, peuvent contracter le diaphragme et provoquer une respiration thoracique superficielle. Il est donc important d'être attentif à ses émotions et de les exprimer de manière saine. Sourire, aide aussi à ressentir une profonde détente. Le mieux étant de faire de profondes respirations abdominales. Écouter ses émotions lorsqu’elles délivrent un message au corps. Être aussi attentif à toutes les émotions positives et les mettre à l’honneur. Toutes ces émotions nous aident à ouvrir notre cœur, notre cage thoracique et détendent le diaphragme, libèrent les tensions musculaires du corps.
tags: #pourquoi #le #diaphragme #se #contracte #involontairement